Diocèse d'Annecy

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45° 53′ 37″ N 6° 07′ 41″ E / 45.89361, 6.12806 ()

Diocèse d'Annecy
(la) Dioecesis Anneciensis
Image illustrative de l'article Diocèse d'Annecy
Nef de la cathédrale Saint-Pierre d'Annecy.
Pays France, Suisse
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse
Création 1822
Affiliation Église catholique en France
Siège Annecy
Titulaire actuel Mgr Yves Boivineau
Langue(s) liturgique(s) français
Calendrier grégorien
Prêtres 170
Territoire Haute-Savoie
canton du Valais
Superficie 4 320 km2
Population catholique 730 848[1] (2010)
Site web www.diocese-annecy.fr
Notice sur hierarchy catholic : Consulter
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Localisation du diocèse

Le diocèse d'Annecy est une circonscription de l'Église catholique romaine en France.

Après la fuite de Genève en 1533 (Mgr de La Baume), le premier évêque de Genève qui s'établit à Annecy fut Ange Justiniani en 1568. Genève était passée à la Réforme (Jean Calvin) en 1536. Toutefois, le chapitre des chanoines cathédraux s'installe progressivement à Annecy dès 1535-36. En 1539 au plus tard, le chapitre de la cathédrale est replié à Annecy, à l'exception donc de son évêque. Le diocèse dans sa forme actuel date de la bulle du pape Pie VII, le 15 février 1822[2].

Territoire[modifier | modifier le code]

Le territoire du diocèse d'Annecy correspond actuellement aux vallées de la Haute-Savoie (provinces du Genevois, du Faucigny et du Chablais) avec la commune valaisanne de Saint-Gingolph. Le diocèse compte 320 communautés locales réparties en 38 paroisses, depuis 2004, divisées en secteurs de 9 doyennés pour 290 communes[1].

En 1793, le diocèse compte environ 300 paroisses[3]. Lors de la recréation du diocèse d'Annecy en 1822, celui-ci compte 277 Paroisses[4]. Cependant, les paroisses de l'Albanais autour de Rumilly (Bloye, Chainaz-les-Frasses, Cusy, Héry-sur-Alby, Lornay, Marigny-Saint-Marcel, Massingy, Moye, Saint-Félix) sont maintenues au diocèse de Chambéry, tandis que les paroisses de Thénésol et d’Allondaz sont données au diocèse de Moûtiers-Tarentaise[4]. Le nombre de paroisses ne varie pas après la réforme de 1825[5],[6].

Au début du XXe siècle, les limites du diocèse d’Annecy correspondent à celle du département, moins les paroisses données en 1822.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, face aux prétentions de la Maison de Savoie sur la ville, la population genevoise (Genève) tend à chercher une véritable émancipation. Par ailleurs, le courant réformiste gagne l'Europe. La cité, de plus en plus secouée, passe à la Réforme. En 1526, le chapitre de la cathédrale quitte la cité pour se réfugier à Annecy. En 1533, l'évêque de Genève, Pierre de La Baume, avait été chassé de la cité épiscopale pour rejoindre ses terres franc-comtoises. Les évêques n'y reviendront plus.

Nommé en 1568, l'évêque Ange Justiniani transfert définitivement le siège épiscopal à Annecy, déjà siège du comté de Genève et en terre savoyarde, d'où ses successeurs tentent de créer un glacis face à la cité calviniste et de reconquérir les territoires perdus. Ils portent ainsi le titre d’évêque de Genève "in partibus". Toutefois, cette installation ne signifie pas qu'il renonce au titre de Genève[7].

Granier, évêque de Genève-Annecy, envoie en mission François de Sales parcourir le Chablais, passé un temps sous le contrôle des Bernois calvinistes, en 1594. Ce travail lui prend 4 ans, alors que le territoire connaît des troubles (guerre entre Berne et la Maison de Savoie), recevant le soutien du duc de Savoie, Charles-Emmanuel Ier. En 1598, à la suite du traité de paix, François de Sales voit ses efforts récompensés par le triomphe des « Quarante heures de Thonon » (Thonon-les-Bains) durant lequel plus de « 3 000 calvinistes chablaisiens abjurent leur foi en faveur du catholicisme », entraînant une vague d'abjuration sur le reste du territoire. Il succède à son oncle à la tête de l'évêché de Genève, dorénavant annécien, en 1602.

François de Sales et Jeanne de Chantal fondent, en 1610, l’Ordre de la Visitation-Sainte-Marie à Annecy.

Durant la Révolution, les troupes françaises envahissent la Savoie (1793) et mettent en place le département du Mont-Blanc. Le 8 février 1793, les réformes religieuses françaises suppriment les diocèses historiques[6]. L’évêque fuit à Turin, capitale des États de la Maison de Savoie. Chambéry reste la capitale administrative de cette nouvelle organisation et par compensation Annecy devient le siège épiscopal[8]. L’abbé Panisset devient le nouvel évêque constitutionnel le 6 mars 1793[9]. Les prêtres constitutionnels ont quelque mal à établir le changement auprès d’une population fortement marquées par le catholicisme. De nombreux prêtres officient de façon clandestine dans les montagnes, alors que les prêtres jureurs sont plus acceptés en plaine et dans l'avant pays[10]. Début janvier 1794, le député Antoine Louis Albitte est envoyé dans le nouveau département afin d'appliquer la nouvelle politique religieuse qui mène à l'abjuration forcée des prêtres ou la destruction des clochers dans ces parties montagneuses.

De 1801 à 1822, toujours sous domination française, on fonde le diocèse de Chambéry et de Genève, suffragant de l’archevêché de Lyon et recouvrant l’ensemble de l'ancien duché de Savoie. De retour dans les possessions de la Maison de Savoie, en 1815, Pie VII[2], en 1822, détache le diocèse de Genève de l’archevêché de Chambéry fraîchement créé. Les paroisses du canton de Genève rejoignent le diocèse helvétique de Lausanne, Genève et Fribourg. En 1821, « à la demande du gouvernement genevois, le pape retire à l'archevêque de Chambéry le titre d'évêque de Genève et le transfère à l'évêque de Lausanne. »

Le 15 février 1822, la bulle Sollicita catholici gregis fait aboutir les tractations qui rétablissent le siège épiscopal à Annecy, sous le nom de diocèse d'Annecy[2]. Mgr de Thiollaz reçut sa nomination par bulle datée du 27 février 1822. Il fut le premier prélat à porter le titre d'évêque d'Annecy[11].

Lors de la période de l'Annexion, la mort de Mgr Louis Rendu en août 1859 favorise les partisans pro-annexionnistes (pour l'union du duché de Savoie à la France impériale). Le travail des pro-français et soutenu par le clergé. Pour l'historien Paul Guichonnet, cette Annexion est « l’œuvre avant tout du clergé »[12]. Le docteur Truchet d'Annecy commentait ainsi cette période « Si les six cents curés savoyards eussent fait opposition à l'annexion, la presque unanimité eût été en sens inverse, soyez-en bien sûrs »[12]. Il faut souligner surtout qu'à cette période, le gouvernement de Cavour menait une politique laïque en parallèle de l'unification de la péninsule italienne.

En 1861, Mgr Claude-Marie Magnin est le nouvel évêque d'Annecy dans la France impérial. Lui succède en 1879, Louis-Ernest-Romain Isoard, alors auditeur de Rote à Rome, premier évêque non-originaire de Savoie[13].

Les évêques d'Annecy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des évêques d'Annecy.

Ordres[modifier | modifier le code]

Listes des différents ordres et congrégations dans le diocèse :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le diocèse d'Annecy », sur diocese-annecy.fr (consulté le 16 décembre 2012)
  2. a, b et c Baud 1985, p. 5.
  3. Baud 1985, p. 180.
  4. a et b Baud 1985, p. 206.
  5. Jean Prieur et Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1999, 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5), p. 151.
  6. a et b Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 11.
  7. Christian Sorrel, « À qui appartiennent les cathédrales ? Annecy ou l’exception française », p. 403, dans Philippe Nélidoff (dir.), Les Cités épiscopales du Midi, Actes du colloque d’Albi (31 mars-1er avril 2005), Albi, Presses du Centre universitaire Champollion, 2006.
  8. Christian Sorrel, « À qui appartiennent les cathédrales ? Annecy ou l’exception française », p. 404, dans Philippe Nélidoff (dir.), Les Cités épiscopales du Midi, Actes du colloque d’Albi (31 mars-1er avril 2005), Albi, Presses du Centre universitaire Champollion, 2006.
  9. Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 318.
  10. Christian Sorrel, « La Savoie, terre catholique : les enseignements des enquêtes de sociologie religieuse », in Le Millénaire de la Savoie. Les fondements historiques et culturels de l’identité savoyarde, Actes du colloque de Ripaille (octobre 2003), Thonon-les-Bains, Académie chablaisienne, coll. « Documents d’histoire savoyarde », 2005, p. 140.
  11. Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. « Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine »,‎ 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 385-387.
  12. a et b Baud 1985, p. 223.
  13. Charles-Marie Rebord, Dictionnaire du clergé du diocèse d'Annecy-Genève, Annecy, Imp. Commerciale, 1922, p. 431.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]