Dingy-en-Vuache

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Dingy-en-Vuache
Blason de Dingy-en-Vuache
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois
Canton Canton de Saint-Julien-en-Genevois
Intercommunalité Communauté de communes du Genevois
Maire
Mandat
Éric Rosay
2014-2020
Code postal 74520
Code commune 74101
Démographie
Population
municipale
644 hab. (2011)
Densité 90 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 05′ 34″ N 5° 56′ 43″ E / 46.0927777778, 5.9452777777846° 05′ 34″ Nord 5° 56′ 43″ Est / 46.0927777778, 5.94527777778  
Altitude Min. 510 m – Max. 1 002 m
Superficie 7,18 km2
Localisation

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Dingy-en-Vuache est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dingy-en-Vuache se trouve sur les pentes du Mont Vuache, au nord-ouest de la Haute-Savoie. Un chemin monte au Golet du Pet, un petit col, et permet ensuite de descendre de l'autre côté sur Arcine ou de suivre le chemin de crête (un G.R.) qui va de Chaumont à la chapelle Sainte-Victoire de Chevrier. La colline morainique des Plans, presque inhabitée, sépare le terroir communal en deux ensembles : les hameaux de Dingy et Raclaz d'un côté, ceux de Bloux et Jurens de l'autre. La plupart des habitations se trouve à l'altitude de 400-600 mètres.

La commune est traversée par l'Autoroute A40 (Bourg-en-Bresse à Genève).

Les communes limitrophes sont Vulbens, Valleiry, Chênex, Savigny, Arcine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

À la fin de la Préhistoire (Néolithique) le Vuache était peuplé par des peuples connaissant le métal et l’agriculture. Il y avait deux « pierres à cupules ». Il s’agit de gros blocs de granit où les hommes de la fin de la Préhistoire gravaient des coupes et des rainures, peut-être en raison d’un culte des étoiles lié à l’agriculture.

Gaulois et Gallo-Romains[modifier | modifier le code]

Le nant (ruisseau) de la Vosogne porte un nom celtique désignant une source divinisée. Le mot "Jurens" aussi pourrait venir du gaulois et désigner un bois sur une colline. Dingy pourrait signifier « sous les bois ». Mais ces étymologies ne sont pas sûres.

La commune fut peuplée sous l’empire romain. Selon une autre étymologie, le toponyme "Dingy" viendrait du nom d’un propriétaire gallo-romain se nommant Tincius ou Dimiacus.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les limites du territoire correspondent à l’ancienne paroisse. Ce découpage date des VIe-IXe siècles. Dingy a la forme d’un ruban, du Vuache au Mont Sion. Les hameaux actuels (Bloux, Dingy, Jurens, Raclaz) existaient déjà, mais leur emplacement a peut-être varié. La hauteur des Plans, inhabitée depuis plusieurs siècles, coupe en deux le territoire.

- Raclaz et Dingy se trouvaient sur le chemin de Vulbens à Chaumont. En 1239 on signale une « maladière » (établissement de soins) à Dingy.

Dès le XIVe s., les seigneurs du Vuache (Vulbens) avaient des droits sur Dingy et Raclaz. Au XVe s., les seigneurs de Faramaz possédaient des parcelles et des droits sur Raclaz. La maison-forte de Raclaz date du XVe siècle. Peut-être appartint-elle à une famille noble, puis aux seigneurs de Faramaz avant de passer aux Collomb et aux Blancheville.

En 1439, une forge est tenue par les frères Pugin à Raclaz.

- Un autre chemin allait de Savigny à Valleiry par Jurens. Bloux et Jurens relevaient des seigneurs d’Epagny et des Hospitaliers de Cologny (Vulbens). Ces hameaux dépendaient du mandement de Chaumont.

Temps Modernes[modifier | modifier le code]

Au XVIe s., la seigneurie du Vuache est coupée en deux, une partie relevant de Vulbens et l’autre de Savigny. Les deux sont réunifiées au XVIIe par les seigneurs de Faramaz qui ont fait fortune. Le "Plot" était un nom de lieu à l’ouest du chemin de Dingy d’en haut à Murcier. En 1521 et 1531, il y avait un pilori, aux confins des mandements du Vuache et de Chaumont.

Le "Chemin de l’abbé" part de la maison-forte de Raclaz, va jusqu’au nant du Moulin ou de la Faverge et poursuit jusqu’à l’église (l’autoroute l’a coupé).

Au XVIe s, la famille Groz de Raclaz donne plusieurs serviteurs au seigneur de Vulbens. Il en reste une maison avec la date de 1624. Des notaires exercent à Raclaz et Jurens aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle. À la fin du XVIIe s., les Collomb s’installent à Bloux. Les Dupraz, bourgeois d’Annecy, arrivent à Bloux et Jurens. Au XVIIIe siècle, ils édifient à Jurens une chapelle, actuellement disparue.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La première fruitière se trouvait en amont du nant dit "de Routeran", dans la maison de la "Monime", surnom d’une Monique Burlat. Vers 1885, à l’initiative d’Eugène Chatenoud, une fruitière plus fonctionnelle fut construite de l’autre côté du ruisseau. Vers 1925 il y avait un téléphone ; on comptait alors 36 sociétaires.
En 1889 fut construite l’école de Raclaz.
En 1900, il y a à Raclaz une forge tenue par un Chatenoud. Une épicerie fonctionne à Raclaz de 1896 à 1943. Plusieurs cafés sont ouverts : café Vuetaz, café La Platte. La vogue de Raclaz se tint de 1850 à 2000.
En 1907, inauguration de la nouvelle route de Raclaz à Dingy, construite grâce au député Fernand David, radical.
En 1900, installation de la ligne électrique.
Le monument aux morts de 1914-1918 porte une inscription très sobre.

En 1932, des agriculteurs fondent la « Coopérative laitière agricole de Bloux-Jurens-Les Morraines».
En 1957, elle compte 19 sociétaires. Elle fonctionne jusqu’en 1971.

Pendant la dernière guerre, la ligne de démarcation passe entre La Fontaine et Raclaz. En 1944 Bloux est incendié par les soldats allemands.
Aux municipales de 1945, les électeurs élisent Juliette Groz, communiste (1899-1953), qui devient la première femme-maire du département. Elle se présente aux élections cantonales où elle arrive en deuxième position, mais démissionne en 1947 pour raisons de santé.

En 1976, construction de l’autoroute.
À partir des années 1980, la population augmente. De nombreux frontaliers travaillent à Genève.
En 2000, fermeture des anciennes écoles de Jurens et Raclaz. Construction d’un centre scolaire en face de la mairie.
En 2010, déplacement du monument aux morts.

Source : recherches de Philippe Duret

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les Armes de " Dingy-en-Vuache "se blasonnent ainsi :'De gueules au chevron d'argent accompagné,en chef à dextre,d'une dent de chien au naturel posée en barre,à senestre,à une jonquille aussi au naturel posée en bande, et en pointe, à une tête de chamois d'or.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 François Python PS ...
mars 2008 en cours Eric Rosay ... ...
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 644 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
217 291 299 304 411 517 445 431 448
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
426 448 405 402 387 384 385 358 334
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
273 264 255 249 248 253 220 226 250
1982 1990 1999 2006 2008 2011 - - -
256 336 395 513 546 644 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Juliette Groz (1899-1953), communiste, élue maire en 1945. Première femme-maire de Haute-Savoie.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Maison-forte de Raclaz

Il s'agit d'une maison seigneuriale de la fin du Moyen Age. A Raclaz, à partir du carrefour de la croix une route monte. Comme la pente est forte, elle tourne mais autrefois le chemin était rectiligne. Sur la droite se trouve la maison-forte. On la date du XVe siècle. Le rez-de-chaussée contient un four à pain, une gigantesque meule et des placards en blocs taillés. A l'étage, il y a des fenêtres à accolades doubles ou à linteau trilobé. Une grande cheminée chauffe le bâtiment. Une galerie court au premier étage. A l'angle nord-est se trouvait une tour carrée dont le sommet a été rasé : on dit que les soldats bernois du XVIe siècle en seraient responsables. Non loin se trouvait un puits. En dessous, il y avait des granges et un four. En 1730 la maison appartenait à l'abbé Pierre-Humbert de Blancheville, frère du seigneur du Vuache. Les Anciens racontaient qu'il se rendait à l'église de Dingy par le petit chemin aujourd'hui coupé par l'autoroute.

  • L'ancienne église

Jadis Dingy avait son église. En 1481 elle est dédiée à saint Pierre parce qu'elle dépend de la cathédrale Saint Pierre de Genève. Au XVIe siècle elle fut reconstruite et placée sous la protection de saint Christophe. On peut encore admirer son portail ogival, surmonté d'une date : 1554. Les paroissiens manquaient d'argent pour les réparations. Faute d'entretien, l'église se dégrade au XVIII siècle. A la Révolution elle brûle en partie. En thermidor an XI [juillet 1803] l'évêque réunit les paroisses de Dingy et Chevrier à Vulbens. Toutefois, on continua quelque temps d'inhumer. En 1851 les Collomb d'Arcine font ériger au carrefour un croix portant l'inscription «pietate domini darsine 1851» (pieusement érigé par les seigneurs d'Arcine). Et dessous, «Venez à moi vous tous chargés de misère, Crux ave». Puis le cimetière devint un jardin jusqu'en 1930 on y remontait encore des ossements. La nef servait d'étable. On creusa une fosse à purin à l'extérieur, à l'endroit où se trouvait le chœur. Il n'y a donc plus ni église ni cimetière à Dingy. On va à l'église de Vulbens ou de Valleiry et l'on se fait enterrer à Vulbens.

  • L'ancienne école de Raclaz

A Dingy il y avait jadis deux écoles, l'une entre Bloux et Jurens, l'autre à Raclaz en bas. A Raclaz l'école fut édifiée en 1882. La salle de classe faisait quarante-trois m2. Au-dessus un logement de trois pièces. En bas, un jardin. L'eau se trouvait alors au bachat, dehors. Le conseil municipal se réunissait à l'école et l'instituteur y tenait le secrétariat de mairie. Michel Boitard, ancien instituteur, raconte qu'en 1941 «il n'y avait pas de cour et la récréation se passait à proximité de l'école, sur la route. [...] Quand un paysan passait avec son attelage de bœufs, il s'arrêtait toujours pour échanger quelques mots pendant que les enfants surveillaient ses bêtes». L'école est fermée depuis quelques années, une école plus moderne ayant été bâtie à côté de la mairie.

  • Café La Platte

A l'entrée de Raclaz lorsque l'on vient de La Fontaine, la grande maison sur la droite, après la carrosserie, était vers 1900 un café tenu par Emile Martinet, ancien cheminot de Bellegarde. Le lieu était appelé la Platte en raison d'une grande pierre plate au bord du ruisseau, sur laquelle les femmes faisaient la lessive.

  • L'ancienne fruitière de Raclaz-Dingy

Le principe d'une fruitière (coopérative laitière) consiste à mettre en commun le lait produit. Le producteur reçoit une somme correspondant à la vente, déduction faite des sommes nécessaires pour entretenir le bâtiment et les machines. Cette somme investie devient la propriété de chacun. Vers 1885, à l'initiative d'Eugène Chatenoud, une fruitière fut construite entre Raclaz et Dingy, non loin de l'épicerie, de l'école, de la forge et du café Vuétaz. Le revenu paysan s'améliora. On comptait alors trente-six sociétaires venant livrer leur lait. Au début des années 1980 la fruitière ferma et devint une habitation. L'ancienne étable aux cochons servit d'atelier de menuiserie.

  • L'ancienne fruitière de Bloux-Jurens

Pendant longtemps les cultivateurs de ces hameaux descendaient leur lait à Valleiry. Ce n'était guère pratique. En 1932 plusieurs agriculteurs fondèrent la «Coopérative laitière agricole de Bloux-Jurens-Les Morraines à Dingy-en-Vuache». Les bâtiments, impressionnants, furent construits en amont de la route, non loin de l'école. En 1957 on compte dix-neuf sociétaires. En 1971 la fruitière décida de fusionner avec celle de Valleiry. Les locaux furent loués à un menuisier.

  • Une croix de mission (XIXe s), à côté de l'ancienne école de Raclaz.
  • L'ancienne forge de Raclaz, à droite en montant, à côté de la croix.
  • L'ancien café Vuetaz de Raclaz, entre le bassin et la forge.
  • Le monument aux morts, jadis à côté de la forge de Raclaz, a été déplacé à côté de la mairie.
  • Source : textes de Philippe Duret in "Echos saléviens" numéros 2, 3, 5 et 6.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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