Diffuseur de presse en France

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Enseigne des diffuseurs de presse en France

Le diffuseur de presse est un métier soumis en France à une réglementation spécifique. Un agrément est requis qui s'obtient en soumettant sa demande à une commission spécifique. Cette profession est en proie, malgré cette règlementation spécifique contrôlant les entrées, à des difficultés.

La règlementation[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, les élus et les pouvoirs publics français ont eu la volonté de mettre en place un dispositif réglementaire sur la presse, pour défendre la liberté de la presse et garantir une diffusion équitable. Cette volonté a donné lieu à des débats, notamment entre le parti communiste français partisan d'un contrôle par l’État et le MRP, partisan d'un fonctionnement coopératif. Le 2 avril 1947, Robert Bichet (MRP) déclare à l'Assemblé nationale: «Une des conditions nécessaires de la véritable liberté de la presse est donc la garantie donnée à tous les journaux, à tous les périodiques, d’équitables et justes conditions de transport et de diffusion.»[1].

Concernant la distribution, un rôle central a été donné à l'époque aux Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (société détenue par une coopérative d'éditeurs de magazines et une coopérative d'éditeurs de quotidiens, dénommée aujourd'hui Presstalis).

Concernant les diffuseurs de presse, ces dispositifs réglementaires ont portés en particulier sur les points suivants :

  • Un agrément obligatoire : a personne qui désire créer ou reprendre un point de vente de Presse, doit obtenir un mandat d'agent de la vente; ce mandat doit être demandé au grossiste répartiteur local avant que n'intervienne la création ou la reprise. Toute demande passe devant une commission qui se réunit tous les mois. Il s'agit de la C.O.V. (Commission d'Organisation de la Vente). Après étude, cette commission décide si la création peut être acceptée et rend une réponse.
  • Un devoir de neutralité : le diffuseur de Presse est tenu de mettre en vente toute la Presse et de ne faire aucune distinction entre les titres.
  • Des obligations de diffusion et de suivi des ventes : le diffuseur est obligé de respecter les choix de répartition des titres faits par les éditeurs de la presse, et remonte un suivi des ventes permettant de modifier les quantités reçues lorsque celles-ci sont trop importantes ou pas assez importantes.

Base de rémunération du diffuseur de Presse[modifier | modifier le code]

  • 13 % sur le montant fort des ventes sur les quotidiens et les publications périodiques, 14 % pour les quotidiens
  • dans les villes de Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux : 18 % pour les publications et 17 % sur les quotidiens,

Autres taux de rémunération sans discrimination: . Assimilés Librairie : 23 % . Para-Papeterie : 28 %

Une réflexion est en cours sur le cadre législatif définissant ces rémunérations : les rémunérations seraient particulièrement faibles en France par rapport aux constats faits en Europe, et ceci est accentué par la baisse des volumes de ventes sur la presse. Il est dénombré en 2014 27 000 diffuseurs. 3 000 points de vente auraient disparus depuis 2005[2].

Ventes Hors-Presse[modifier | modifier le code]

Les diffuseurs de presse, pour la plupart, commercialisent plusieurs familles de produits complémentaires. Parmi les produits les plus courants on peut citer traditionnellement: la librairie, la papeterie, la carterie et la confiserie. Des produits et services nouveaux se sont développés aussi. Il s'agit des jeux de la Française des Jeux et du P.M.U., les titres de transport, le fax, la photocopie, le développement des photos, la délivrance des colis des Sociétés de vente par correspondance (exemple la Redoute). Le diffuseur apporte à sa clientèle un service de proximité (proximité de son domicile, de son lieu de travail, du son lieu de loisirs, de son lieu de consommation). Les choix de complémentarités sont notamment fonction des potentialités de la zone de chalandise, de la place disponible dans la surface de vente et des moyens en personnel.

La diffusion de la presse se fait aussi par des commerces autres, non spécialisés en presse, qui s'adjoignent cette activité complémentaire.

Modernisation des poins de vente[modifier | modifier le code]

En juillet 2004, une aide des pouvoirs publics de 3,5 millions d'Euros sur 2005 a été annoncée par le premier ministre[3]. Cette aide concerne la modernisation et l'informatisation des points de vente. Le montant de cette subvention s'est élevé jusque 10 millions en 2011, puis est revenu à 4 millions en 2014[4]. Un dispositif spécifique a également été mis en place pour l'informatisation des kiosques[2].

Difficultés de la profession et aménagements[modifier | modifier le code]

Le nombre de points de vente spécialisés sur la diffusion de la presse est en régression, ainsi que leur chiffre d'affaires. Ils sont en concurrence avec d'autres diffuseurs pour lesquels la presse n'est qu'un complément de revenus. Cette diminution des diffuseurs spécialisés sur la presse est à mettre en regard de la baisse de la vente de journaux au numéro : une baisse de 25 % prévue entre 2011 et 2015, selon le Conseil supérieur des messageries de presse. Ils sont également en concurrence avec le rayon presse des grandes surfaces, et, de plus en plus, avec les kiosques numériques permettant de recevoir son journal sur sa tablette[4].

A ceci s'ajoute d'autres difficultés. Les conditions de travail sont pénibles en terme d’horaires : ouverture matinale, et fermeture souvent tardive pour un revenu limité. Le nombre de titres est très conséquent bien que ces diffuseurs aient obtenus en 2012 de choisr les titres qu'ils vendent, alors qu'auparavant, les éditeurs imposaient les points de vente sur lesquels ils voulaient être présents et le nombre d'exemplaire sur ces points de vente[4],[2].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Salles, « Le quatrième " Observatoire de l'écrit " La diffusion de la presse a diminué de 0,9 % en 1993 », Le Monde,‎ 28 juin 1994 (lire en ligne).
  • Gilles Feyel (dir.), La Distribution et la diffusion de la presse, du XVIIIe siècle au IIIe Millénaire, colloque organisé par l'Institut français de presse, Université Panthéon-Assas,‎ 2002.
  • Rédaction Le Monde, « Des aides de l'Etat pour la modernisation », Le Monde,‎ 29 septembre 2004 (lire en ligne).
  • Frédérique Roussel, « La presse va un peu moins Bichet », Libération,‎ 27 juin 2011 (lire en ligne).
  • Isabelle Hanne, « Les kiosquiers chaos debout », Libération,‎ 21 février 2013 (lire en ligne).
  • F. SC., « Une profession en proie à de multiples difficultés », Les Échos,‎ 3 juin 2014 (lire en ligne).

Sources sur le web[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://www.unionpresse.fr : le site internet des diffuseurs de presse.