Dieffenbach-au-Val

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Dieffenbach-au-Val
Entrée du village de Dieffenbach-au-Val.
Entrée du village de Dieffenbach-au-Val.
Blason de Dieffenbach-au-Val
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Villé
Intercommunalité C.C. du canton de Villé
Maire
Mandat
Bernard Schmitt
2014-2020
Code postal 67220
Code commune 67092
Démographie
Gentilé Dieffenbachois, Dieffenbachoises
Population
municipale
614 hab. (2011)
Densité 208 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 54″ N 7° 19′ 38″ E / 48.315, 7.3272222248° 18′ 54″ Nord 7° 19′ 38″ Est / 48.315, 7.32722222  
Altitude Min. 233 m – Max. 560 m
Superficie 2,95 km2
Localisation

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Dieffenbach-au-Val est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Implantée sur la rive droite du Giessen, la commune de Dieffenbach-au-Val est partagée en trois parties bien distinctes dont la superficie globale atteint 295 ha. La première partie du secteur englobe la vallée alluviale du Giessen qui se rétrécit pour rejoindre l'endroit granitique du Petit et du Grand Hollé. L'autre partie traversée par le ruisseau qui descend de la Basse Nicole vers le Hollé. Enfin un autre secteur rejoint le massif de l'Altenberg dont Dieffenbach-au-Val ne couvre que la partie de basse altitude située à 550 m et les crêtes situées sur le territoire de la commune de Neubois. Le village s'étale entre 280 et 300 mètres d'altitude. Il est rejoint en partie par le hameau de Hirzelbach situé dans un vallon à mi-chemin de Dieffenbach-au-Val et Neuve-Église.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • Hirtzelbach (hameau)

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du nom du village n'a pratiquement pas changé au cours des siècles. On trouve Dieffenbach dès 1336, puis en 1336, puis en 1359, 1369, ensuite Tifenbas (1690). Par la suite on a rajouté au-Val pour ne pas confondre son homonyme Dieffenbach-lès-Wœrth. Un toponyme germanique, Dieffenbach, est donc complété par le français « au Val » . Un exemple concret du bilinguisme qui montre que l'Alsace constitue une zone de contact entre les civilisations germanique et française. Que signifie ce nom ? L'interprétation populaire « rivière profonde » ne correspond guère au site du village dont une partie s'étire le long d'un ruisseau peu encaissé. Dieffenbach-au-Val est situé dans l'avant-vallée aux pentes douces ; la rivière n'est ni profonde, ni abondante, et quasiment à sec en été.

  • /

Histoire[modifier | modifier le code]

Un village faisant partie de la seigneurie de Frankenbourg[modifier | modifier le code]

Les premières mentions écrites se trouvent dans un document de 1336 et dans un acte de vente de 1359, mais l'origine de l'existence du village n'est pas exactement connue. Une charte de 1369 nous permet de penser que le village existait déjà au XIIIe siècle. Faisant partie de la seigneurie de Frankenbourg, il en partage le destin, change de propriétaire au cours des siècles. Ce sont d'abord les comtes de Frankenbourg qui gèrent le village, le château dominant le village du Comte-Ban. À la fin du XIIe siècle le comte Siegebert IV s'établit au château de Werde, près de Matzenheim, et en prend le nom. Le XIIIe siècle voit le déclin de cette famille qui perd une partie de ses biens qui tombent dans la mouvance de l'évêque de Strasbourg.

Le village passe dans la propriété des comtes d'Oettingen[modifier | modifier le code]

Le déclin s'accentue au XIVe siècle et, par mariage le château et le village deviennent la propriété des comtes d'Oettingen. La commune de Dieffenbach choisira d'ailleurs comme armoiries celles des Oettingen. Les comtes d'Oettingen vendent en 1359 leur seigneurie du Frankenbourg à l'évêque de Strasbourg qui en reste propriétaire jusqu'en 1489. À ce moment-là l'ensemble du Comte-Ban et donc Dieffenbach, est acquis par le Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg et cela jusqu'à la Révolution.

La guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Dieffenbach connaît le sort des autres villages de la vallée et les malheurs de la guerre de Trente Ans. Les troupes étrangères déferlent sur la région à partir de 1632. Ce conflit a pour origine l'antagonisme politique entre la maison d'Autriche, l'électeur palatin Frédéric, roi de Bohême, les rois du Danemark et de Suède, secrètement soutenus par Richelieu. Les hostilités commencent en 1618 et s'achèvent, après l'entrée en scène de la France, par la paix de Westphalie en 1648. À la veille de ce conflit le village comptait 14 familles de bourgeois ; en 1649, il ne reste que trois manants et une veuve ; cinq maisons sont encore habitables sur les quatorze édifiées avant 1618.

Le village se repeuple[modifier | modifier le code]

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle le village se repeuple et en, 1690, onze couples, deux veufs, une veuve et 21 enfants, soit 46 personnes, vivent à Tiefenbas ; parmi ces familles on trouve des personnes portant le nom de Four, Mathieu, Thiébault, Viné, des patronymes encore connus de nos jours. Au XVIIIe siècle la population continue d'augmenter, de nombreuses maisons en témoignent, pour atteindre 370 habitants en 1801.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Le curé Kast refuse de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Se sentant menacé il doit immigrer. Il meurt en 1803, quelques mois avant que le village ne soit érigé en paroisse autonome dont Neubois était jusqu'à présent la maison-mère.

La guerre de 1870[modifier | modifier le code]

La guerre de 1870 est faiblement ressentie à Dieffenbach-au-Val, hormis quelques combats à Thanvillé le 17 août. Des actions de harcèlements ont lieu dans cette commune contre les troupes allemandes qui en feront l'amère expérience. En signe de représailles, les cavaliers badois passablement énervés fusilleront le lendemain quelques otages originaires de Thanvillé. L'annexion allemande qui va durer quarante huit ans, aura pour conséquence un importante émigration vers les États-Unis ou la France métropolitaine.

La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

La guerre 1914-1818 surprend tout le monde et fait voler en éclats la région encore imprégnée des traditions et coutumes du siècle précédent. Pendant la deuxième quinzaine du mois d'août 1914, des combats acharnés se produisent dans le Val. Bien que Dieffenbach ait été relativement épargné par les combats on note le passage de Bavarois qui contrôlent les allers et venues de la population.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

General Alexander M. Patch

Après le franchissement du Rhin les 14 et 15 juin 1940, les troupes allemandes mettent en déroute l'armée française qui se replie vers les crêtes vosgiennes par les vallées. Les premières unités de la Wehrmacht s'installent dans la vallée. Des éléments français tentent d'interdire l'accès aux vallées du Giessen et de la Liepvrette. L'administration allemande s'installe progressivement. Nombre de jeunes gens du pays tombent sous l'uniforme que l'occupant les a contraint de revêtir ; d'autres termineront leur courte vie dans les camps de prisonniers en Russie. Beaucoup refusent de se soumettre, et au péril de leur vie et de celle de leur famille, plongent dans la clandestinité ou la Résistance. Pendant la durée de la guerre plusieurs filières d'évasion se mettent en place, grâce à la complicité de passeurs et d'habitants. Ils acheminent par la frontière des centaines d'évadés, de réfractaires ou de résistants. Ces filières ont particulièrement actives dans les secteurs de Steige-La Salcée-le Climont, ainsi que dans les fermes isolées en amont de Fouchy et Lalaye. Le Val de Villé est libéré le 26 novembre 1944 par les troupes américaines du général Alexander Patch, relayées par la Ire Armée française et les goumiers marocains. Préalablement, dès le 28 octobre 1944, des bombardements de l'aviation américaine détruisent plusieurs immeubles dans les alentours, surtout à Villé.

Les années d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Les années d'après-guerre sont essentiellement marqués par la crise du textile survenue dès le printemps 1956. L'entreprise F.T.V. en situation de monopole, est contrainte de licencier 1 500 personnes ne conservant en activité qu'une seule production à Villé. La situation économique et sociale se dégrade rapidement. Le Val de Villé connaît une période noire, à tel point que la population diminue périodiquement. La reconversion est lente, délicate et précaire. Des entreprises s'installent (plasturgie, mécanique), mais un certain nombre d'entre elles disparaissent à nouveau. Le développement des migrations quotidiennes de travail, en particulier vers les entreprises du Centre-Alsace, permettent finalement à la population active du canton de se maintenir sur place.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Dieffenbach-au-Val

Les armes de Dieffenbach-au-Val se blasonnent ainsi :
« Vairé d'or et de gueules de quatre tires, à l'écuson d'azur, au sautoir d'argent brochant sur le tout. »[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Bernard Schmitt[2]    
2001 2008 Bernard Schmitt    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 614 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
351 375 393 402 717 559 553 599 555
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
521 561 559 569 513 494 454 452 454
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
460 447 459 383 383 387 374 384 353
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
387 417 506 504 559 582 630 628 618
2011 - - - - - - - -
614 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Église Saint-Laurent de Dieffenbach-au-Val.

Dieffenbach-au-Val possède probablement l'église la plus ancienne du Val de Villé. Elle est d'ailleurs inscrite pour partie dans l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Sa forme actuelle date pour l'essentiel de 1785, mais la base de la tour-chœur, deux assisses de pierre semblent constituer les vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Laurent de 1369. Cachées sous le toit de la nef, des traces de raccordement de charpente à la tour permettent d'imaginer les différentes étapes de l'évolution de l'église.

De l'ancienne église gothique, il ne reste que la fenêtre située au sud du chœur, sans doute l'une des plus belles de la vallée. L'étage supérieur du chœur est percé de quatre baies, elles aussi de style gothique tardif, avec remplage flamboyant. Ce niveau abrite trois cloches baptisées respectivement Joseph, Laurent et Odile (Causard 1924). La troisième fondue en 1835 par Edel de Strasbourg porte les effigies de Marie, saint Jean au pied de la croix, saint Roch et saint Paul.

La tour est couverte d'un toit à bâtière (à deux pans). Sur le mur oriental du chœur a été dégagé en 1986 un oculus en forme d'entonnoir, aux parois galbées, taillé dans un seul bloc de grès. Il se rétrécit vers l'intérieur et est protégé à l'extérieur par une croix en fer scellée dans la pierre, à l'intérieur par une croix de Saint-André, protégeant ainsi de toute intention malveillante le tabernacle mural.

Chapelle[modifier | modifier le code]

Petite chapelle privée à Dieffenbach-au-Val.

Il s'agit d'une chapelle privée reconstruite en 1833, située au bord de la route à l'entrée du village de Dieffenbach-au-Val, au carrefour de la route de Neubois et Neuve-Église et de la rue de l'Altenberg. Cette chapelle est située sur un ancien emplacement dont la date incrustée dans le mur arrière, 1771, rappelle le souvenir. Elle a été endommagée au début du XXe siècle par un taureau furieux, puis reconstruite en 1975 par une famille du village.

Chapelle de Nazareth[modifier | modifier le code]

Construite en 1970 au-dessus du village à l'intérieur des bois sous la prêtrise du curé Rodet.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les maisons d'habitation sont reliées entre elles par un réseau de rues tortueuses qui forment une toile d'araignée. C'est un village verger. Le village est encore occupé de nos jours par d'anciennes fermes dont le logis est formé par deux étages, coiffé d'un imposant pignon droit. La plus ancienne maison de ce type se trouve au n°17 du chemin de Hirtzelbach. C'est une ferme traditionnelle qui est située parallèlement à la rue. La porte d'entrée du logis est mise en valeur par un encadrement très haut et très massif, orné de moulures et présentant, taillées en méplat dans une cartouche rectangulaire, la date de construction : 1698 ainsi que les initiales du propriétaire : I.T. Sur le linteau cintré de la porte de grange a été gravée en creux une petite croix latine. Dans le village on note la présence d'autres maisons d'habitation des XVIIIe et XIXe siècles sur lesquelles on relève les initiales des occupants et l'année de construction et des symboles religieux ou professionnels.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Autres photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Une grande partie des informations issue de cet article provient de l'ouvrage Le Val de Villé, un pays des hommes, une histoire, rédigé avec le soutien de la Société d'histoire du Val de Villé et la communauté de communes du canton de Villé, 1995. Les textes ont pu être modifiés depuis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Val de Villé, un pays des hommes, une histoire, rédigé avec le soutien de la Société d'histoire du Val de Villé et la communauté de communes du canton de Villé, 1995.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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