Bernard Pivot

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Bernard Pivot
Image illustrative de l'article Bernard Pivot
Bernard Pivot au Salon du livre de Paris en 2009.

Naissance 5 mai 1935 (79 ans)
Lyon
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Journaliste, animateur de télévision
(Émissions culturelles)
Distinctions honorifiques Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports (1987)
Prix Alphonse-Allais (2009)
Médias
Média principal Presse écrite, télévision
Pays France
Presse écrite Le Progrès
Le Figaro littéraire
Le Figaro
Lire
Le Point
Journal du dimanche
Télévision ORTF, Antenne 2, France 2

Bernard Pivot, né le 5 mai 1935 à Lyon, est un journaliste français, animateur d'émissions culturelles à la télévision. Il préside l'académie Goncourt depuis janvier 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Bernard Pivot est le fils des épiciers lyonnais Charles Pivot et Marie-Louise Dumas. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père est fait prisonnier en Allemagne. Sa mère se réfugie dans la maison familiale, à Quincié-en-Beaujolais, où Bernard Pivot est scolarisé[1],[2]. Lors du retour de Charles Pivot, en 1945, la famille regagne Lyon, avenue du Maréchal-Foch dans le 6e arrondissement, et reprend son commerce. À 10 ans, Bernard est placé en pension religieuse au pensionnat Saint-Louis[1],[3]. Il se passionne pour le sport, ce qui fera « oublier » à ses maîtres sa médiocrité dans les autres matières, à l'exception du français et de l'histoire. Élève au lycée Ampère puis étudiant en droit à Lyon, le jeune Bernard Pivot s'inscrit ensuite à Paris au Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1955[1],[3]. Il y rencontre sa future épouse, Monique Dupuis, avec qui il aura deux filles, Agnès et Cécile, et en sort vice-major de sa promotion[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Presse écrite[modifier | modifier le code]

Après un stage au Progrès, à Lyon, il se forme au journalisme économique pendant un an, puis entre au Figaro littéraire en 1958. En 1971, l'hebdomadaire disparaît et Bernard Pivot devient chef de service au Figaro[4]. Il quitte le journal en 1974 lorsque Jean d'Ormesson en devient directeur général[5]. Jean-Louis Servan-Schreiber lui propose alors un projet de magazine qui débouche, un an plus tard, sur la création du magazine Lire[4].

Entre 1974 et 1977, il tient une chronique dans l'hebdomadaire Le Point[4]. Il est chroniqueur littéraire au Journal du dimanche[6].

Radio[modifier | modifier le code]

De 1970 à 1973, Pivot tient une chronique quotidienne mi-sérieuse mi-comique sur Europe 1. Il travaille également pour la station RTL durant les années 1980[4].

Télévision[modifier | modifier le code]

Début de carrière

Bernard Pivot apparaît pour la première fois à la télévision le jour du nouvel an 1967, pour parler de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. En 1968, il est invité par Jean Prasteau dans l'émission À la vitrine du libraire pour parler de la critique littéraire.

À partir d'avril 1973, il produit et anime l'émission Ouvrez les guillemets, diffusée sur la première chaîne de l'ORTF[4],[7].

Apostrophes

L'année suivante, l'ORTF éclate et l'animateur lance l'émission Apostrophes sur Antenne 2, qu'il rejoint à la demande de Marcel Jullian, le président de la chaîne[8]. L'émission est diffusée en direct chaque vendredi soir à 21 h 30 à partir du 10 janvier 1975. Durant 75 minutes, Pivot débat avec plusieurs invités. Il est parfois reçu par les écrivains auxquels ils consacre une émission spéciale, comme Marguerite Duras et Alexandre Soljenitsyne[9]. Apostrophes, qui rassemble jusqu'à deux millions de téléspectateurs et stimule les ventes de livres, devient le « magazine littéraire de référence » de la télévision française jusqu'à son arrêt en 1990 après 724 numéros[7],[9],[10]. Elle est récompensée par cinq 7 d'or[9]. Après la diffusion du dernier épisode, un entretien entre Pivot et Pierre Nora paraît dans la revue Le Débat[7].

Bouillon de culture

À partir de 1991, Bernard Pivot présente Bouillon de culture, qui traite de l'actualité littéraire, mais aussi de cinéma, de théâtre, etc. Diffusée à 22 h 40, elle est regardée par plus d'un million de téléspectateurs avant de connaître une chute d'audience. En juin 2001, son arrêt provoque l'émoi dans le monde de l'édition et des médias. Le Journal du dimanche consacre un numéro spécial à Bernard Pivot[10].

Championnats d'orthographe

En 1985, Pivot crée et présente les championnats de France d'orthographe, puis les championnats du monde d'orthographe, renommés Dicos d'or. Il coanime l'émission avec Catherine Matausch, puis Florence Klein. Elle n'est plus diffusée à la télévision depuis 2005.

En 2008, il coanime avec Laurence Boccolini et Jean-Pierre Foucault une émission spéciale diffusée par TF1 intitulée Français, la Grande interro !.

Double je

De janvier 2002 à décembre 2005, Bernard Pivot s'ouvre à la rencontre d'étrangers qui ont choisi d'ajouter la culture et la langue françaises à leur propre culture originelle. Cette émission, intitulée Double je, est diffusée une fois par mois sur France 2 le dimanche soir.

Juré[modifier | modifier le code]

Bernard Pivot a fait partie du jury du prix Interallié[4]. Élu en 2002, il avait succédé à Jean Couvreur, mort l'année précédente[11]. En octobre 2004, il est le premier non-écrivain élu à l'académie Goncourt[1]. En janvier 2014, l'écrivain Edmonde Charles-Roux lui cède la présidence de l'académie[12].

Auteur[modifier | modifier le code]

En 1959, son roman L’Amour en vogue est édité chez Calmann-Lévy. Bernard Pivot évoque son parcours dans un abécédaire biographique, Les Mots de ma vie, paru chez Albin Michel en 2011[13],[14]. L'année suivante, les éditions NiL publient son autobiographie romancée, intitulée Oui, mais quelle est la question ?. Le livre met en scène le personnage d'Adam Hitch, un journaliste atteint de « questionnite »[6],[15]. En 2013, Pivot compte plus de 120 000 abonnés sur l'outil de microblogage Twitter, qu'il considère comme une « école de la concision ». Les tweets sont des chats, un recueil de ses messages, paraît chez Albin Michel[16]. En 2006, Plon publie son Dictionnaire amoureux du vin. L'ouvrage est réédité en 2013 dans une version illustrée[17].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Bernard Pivot double un personnage dans la version française de la série télévisée d'animation Silex and the City. L'épisode, intitulé Les Pivot-Sapiens, est diffusé pour la première fois en septembre 2013 sur Arte[18].

En décembre 2009, Bernard Pivot crée le Comité de défense du Beaujolais, avec son ami journaliste et chroniqueur gastronomique Périco Légasse, afin de protéger un « symbole de l'identité française ». Depuis le millésime 2009, la cave de Quincié-en-Beaujolais produit la cuvée Bernard Pivot en AOP beaujolais-villages. Le journaliste, propriétaire d'un hectare de vignes, est adhérent à la cave[19].

Bernard Pivot entre au conseil de surveillance du groupe Express-Expansion en 2005. Il en assure la vice-présidence[20]. Il est membre du conseil d'administration de la Fondation du Crédit agricole - Pays de France présidée par Yves Barsalou depuis fin 2007.

Appréciations de Bernard Pivot[modifier | modifier le code]

L'animateur est apprécié pour ses qualités d'intervieweur, et son ton convivial et spontané[12],[13]. Le chroniqueur littéraire Jean-Pierre Tison estime que « sa manière si simple de poser des questions permettait [à tous les publics] de rentrer de plain-pied dans le débat. À aucun moment, le téléspectateur ne se sentait écrasé. »[7]. À l'inverse, le philosophe Gilles Deleuze a des mots très durs pour Bernard Pivot et Apostrophes dans son ouvrage Pourparlers 1972 - 1990. Il avance notamment que l'émission représente « l'état zéro de la critique littéraire, la littérature devenue spectacle de variétés. »[7],[21].

Bernard Pivot est le titre d’une chanson écrite, composée et interprétée par Pierre Perret et figurant dans l’album Irène édité en 1986, où il loue l'apport culturel de ses émissions.

Récompenses[modifier | modifier le code]

En 1966, Bernard Pivot obtient le prix de la chronique parisienne d'un jury composé de Philippe Bouvard et Paul Guth et reçoit son poids en champagne. En 1987, il reçoit le prix Henri Desgrange de l'académie des sports pour ses chroniques sportives. En 2009, il est récompensé par le prix Alphonse-Allais.

Au cours de sa carrière télévisuelle, Bernard Pivot remporte huit 7 d'or. En 1983, le prix de la critique de l'Académie française lui est décerné[4]. En 2014, le centre méditerranéen de littérature (CML) lui décerne le prix des écrivains gastronomes pour son Dictionnaire amoureux du vin[17].

Hommages[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de Quincié-en-Beaujolais, à laquelle il a fait don de nombreux livres, porte son nom depuis 1994[3]. En 2013, l'école communale de Vaux-en-Beaujolais est baptisée école Bernard Pivot[22].

Une entrée à son nom figure dans Le Petit Robert et Le Petit Larousse[23].

Animateur de télévision[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Livre de l’orthographe, présentation de Bernard Pivot, 1989.
  • Remontrance à la ménagère de moins de 50 ans, Plon, 1998.
  • Le Métier de lire, réponses à Pierre Nora, Gallimard, 1990. Réédité et complété, col. « Folio », juin 2001.
  • Préface à Cuisine en famille de Georges Blanc, Albin Michel, 1999.
  • 100 mots à sauver, Albin Michel, 2004.
  • Les Dictées de Bernard Pivot, Albin Michel, 2006.
  • Dictionnaire amoureux du vin, Plon, 2006. Édition illustrée, octobre 2013, Prix des écrivains gastronomes 2014
  • 100 expressions à sauver, Albin Michel, 2008.
  • Les Mots de ma vie, autobiographie, Albin Michel, 2011.
  • Oui, mais quelle est la question ?, Roman autobiographique, NiL,
  • Les tweets sont des chats, Albin Michel, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Émission Empreintes - Bernard Pivot sur France 5 en octobre 2010
  2. a et b Patrice Trapier, « Bernard Pivot, l'homme qui aimait les femmes », Le Journal du dimanche,‎ 2 avril 2011
  3. a, b et c « La seconde vie des livres de Bernard Pivot à la Bibliothèque de Quincié-en-Beaujolais », France Télévisions,‎ 20 avril 2011
  4. a, b, c, d, e, f et g « Biographie de Bernard Pivot », Académie Goncourt
  5. « Quincié-en-Beaujolais : Bernard Pivot, entre les lignes, entre les vignes », Le Progrès,‎ 9 août 2012
  6. a et b Françoise Dargent, « Oui, mais quelle est la question ? de Bernard Pivot », Le Figaro,‎ 3 octobre 2012
  7. a, b, c, d et e Daniel Garcia, « L'homme d'"Apostrophes" », L'Express,‎ 5 avril 2011
  8. Christine Rousseau, « Magazines littéraires, une exception française », Le Monde,‎ 26 août 2013
  9. a, b et c « Apostrophes », Institut national de l'audiovisuel,‎ 28 janvier 2007
  10. a et b Alain Salles, « Bernard Pivot, chevalier servant des lettres, ferme les guillemets », Le Monde, no 17708,‎ 1er janvier 2002, p. 18 (lire en ligne) (inscription nécessaire)
  11. « Pivot au jury Interallié », La Dépêche du Midi,‎ 31 mai 2002
  12. a et b « Bernard Pivot prend les rênes de l'Académie Goncourt », AFP,‎ 7 janvier 2014
  13. a et b Raphaëlle Rérolle, « Bernard Pivot, serviteur des mots », Le Monde des livres,‎ 7 avril 2011
  14. Pierre Assouline, « Pivot, Bernard, mesmotsrialiste », La république des livres,‎ 17 avril 2011
  15. François Busnel, « Tout ce que vous vouliez savoir sur Bernard Pivot sans oser le demander… », Lire,‎ 3 octobre 2012
  16. Mohammed Aïssaoui, « Bernard Pivot, maître ès-tweets », Le Figaro,‎ 3 mai 2013
  17. a et b « Bernard Pivot, écrivain gastronome », AFP,‎ 28 mai 2014
  18. Vincent Ostria, « “Silex and the City” : la rigolerie de la caverne », Les Inrockuptibles,‎ 2 septembre 2013
  19. Nicolas Barriquand, « Bernard Pivot, l'avocat du beaujolais », L'Express,‎ 8 novembre 2012
  20. Pascale Santi, « Nouveau conseil de surveillance à "L'Express" », Le Monde,‎ 21 juin 2005
  21. Gilles Deleuze, Pourparlers, Minuit, Paris, 1990, p. 175-176.
  22. « Bernard Pivot retourne à l'école primaire », AFP,‎ 21 juin 2013
  23. « Bernard Pivot dans le Petit Larousse: "J'étais déjà dans le Petit Robert sans le savoir" », AFP,‎ 7 juin 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur Bernard Pivot[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]