Dick Giordano

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Dick Giordano

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Portrait de Dick Giordano
réalisé par son collègue Michael Netzer

Nom de naissance Richard Joseph Giordano
Alias
Dick Giordano
Naissance 20 juillet 1932
New York
Décès 27 mars 2010 (à 77 ans)
Ormond Beach, Floride Floride, Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Américaine
Profession
Distinctions
Alley Award
Meilleur éditeur (1969)
Shazam Award
Meilleur encreur
(Dramatic Division)
(1970, 1971, 1973 et 1974)

Richard Joseph « Dick » Giordano (né le 20 juillet 1932 à New York, mort le 27 mars 2010[1]) était un scénariste, dessinateur, encreur et responsable éditorial américain de comics.

Au cours de sa carrière, Dick Giordano a travaillé à divers postes pour de nombreuses maisons d'éditions. Il débute en 1952 en tant que dessinateur et encreur pour Charlton Comics et deviendra rédacteur en chef de cette compagnie en 1965. Il la quittera en 1968 pour devenir le responsable éditorial de DC Comics.

Il a travaillé à plusieurs reprises avec le dessinateur Neal Adams en particulier sur les comic books Green Lantern / Green Arrow ainsi que des récits sur Batman. Ensemble, ils fondront Continuity Associates en 1971. Il retournera travailler chez DC par la suite et en deviendra le rédacteur en chef de 1983 à 1993.

Dick Giordano est reconnu pour ses talents d'encreur[2]. Il a aidé à la découvertes de nouveaux talents. Il a reçu plusieurs récompenses pour ces travaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Richard Joseph « Dick » Giordano est né de Graziano et Josephine Giordano à Manhattan, New York le 20 juillet 1932[2]. Dans sa ville natale, il a suivi des cours à la School of Industrial Art[3],[4].

« En grandissant, mon héros préféré était Batman. Pas tellement parce qu'il avait l'air cool, mais parce qu'il ne possédait pas de superpouvoirs et a été capable de s'entraîner et s'instruire lui-même pour pouvoir accomplir des exploits presque superhéroïques dans son combat contre les criminels qu'il voulait éliminer. J'ai cru qu'il était réel et que si je le voulais je pourrais devenir comme lui[n 1]. »

— Dick Giordano[5]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Dick Giordano débute sa carrière à New York en 1950. Âgé de 19 ans, il apprend le travail d’encreur de comics dans les studios Iger où il a entre autres travaillé sur Sheena[4],[6],. Dès 1952, il est engagé par l’éditeur Charlton Comics où il travaille comme encreur et dessinateur en tant que collaborateur indépendant[2]. L'année 1954 sera une année maigre pour le jeune artiste comme pour l’ensemble de la profession, suite à une crise du média accrue par une mauvaise publicité. Le Comics Code Authority voit en effet le jour suite à la publication de l’ouvrage Seduction of the Innocent du psychiatre Fredric Wertham.

Au début des années 1960, Dick Giordano poursuit toujours sa carrière chez Charlton Comics mais accepte aussi quelques commandes pour d’autres compagnies dont DC Comics. En 1965, Giordano acquiert ses premières fonctions éditoriales chez Charlton. Il se voit confier la mission de relancer d’anciens super-héros du catalogue Charlton et de leur adjoindre de nouveaux personnages munis de superpouvoirs afin de profiter du succès que ce genre connaît chez d’autres éditeurs[7].

Mais Giordano n’est pas enthousiasmé par le projet. Aux super-héros, il préfère des hommes et des femmes capables d’une bravoure exceptionnelle. Il crée donc les Action Heroes où l’on retrouve Captain Atom dont les pouvoirs ont été réduits et des personnages sans pouvoirs surnaturels comme Blue Beetle, The Question, Judomaster, Thunderbolt[7]. Si ces héros ont été oubliés pour la plupart, ils sont pourtant dignes d’intérêt. Les personnages seront rachetés plus tard par DC Comics et l'équipe sera celle utilisée dans le premier synopsis des Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons en 1985[1],[2].

DC Comics[modifier | modifier le code]

Neal Adams, dessinateur avec qu'il a collaboré, ensemble ils fonderont l'agence Continuity Associates. Photo prise à la Big Apple Convention 2008.

À la suite du soulèvement de quelques scénaristes de DC Comics pour de meilleures rémunérations et conditions de travail en 1966, la compagnie licencie le responsable éditorial qui aurait dû selon elle éviter cette situation embarrassante. Carmine Infantino propose alors à Dick Giordano de quitter Charlton et d’occuper le poste laissé vacant. Giordano accepte[8]. Il emmène avec lui plusieurs artistes important de Charlton Comics comme les scénaristes Steve Ditko et Dennis O'Neil[n 2], ainsi que le dessinateur Jim Aparo[9].

Il sympathise avec le dessinateur Neal Adams qui deviendra bientôt l’une des grandes figures de la bande dessinée américaine. Avec lui, Dick Giordano militera auprès des diverses compagnies du comics pour une plus grande reconnaissance du statut des dessinateurs. Cette lutte lente et fastidieuse permettra une augmentation du salaire à la planche. Une meilleure assistance médicale, le retour des originaux, le système de royalties et de pourcentage à la réimpression de l’œuvre ne viendront hélas qu’au début des années 1980, période à laquelle Dick Giordano se rendra en Angleterre pour engager les jeunes talents britanniques qu’il y a découverts. L’homme sait en effet bien s’entourer grâce à son flair et installer un climat de confiance grâce à son affabilité légendaire.

Durant cette période, Giordano a travaillé sur Aquaman[10]. Avec Neal Adams, ils ont travaillé sur les comics basés sur les personnages de Green Lantern et Green Arrow dont la série Green Lantern / Green Arrow ainsi que sur le comic book Superman vs. Muhammad Ali et des récits sur Batman[5],[8],[11].

Continuity Associates[modifier | modifier le code]

En 1970, suite à plusieurs divergences de point de vue, Giordano quitte son poste chez DC pour fonder sa propre agence Continuity Associates avec Neal Adams. C'est un studio de sous-traitance qui travaille pour des maisons d'éditions comme Charlton Comics, Marvel Comics ou encore Atlas Comics[1],[2]. Il fonde une autre agence en 1977, où il sera seul aux commandes.

En 1970, Giordano a travaillé en tant qu'encreur sur le tout premier récit de Human Target avec le scénariste Len Wein et le dessinateur Carmine Infantino. Par la suite, il a aussi illustré les récits suivants et c'est l'une de ses plus longues participations avec DC en tant qu'à la fois dessinateur et encreur[5]. En 1976, il a participé en tant qu'encreur à Superman vs. the Amazing Spider-Man: The Battle of the Century!, le premier grand crossover entre les deux compagnies DC et Marvel[12],[13].

Retour chez DC Comics[modifier | modifier le code]

En 1978, DC se retrouve dans une très mauvaise passe, les ventes atteignent un seuil critique. C’est la « DC Implosion ». En 1981, Paul Levitz (en), responsable éditorial de la ligne Batman, est chargé de mettre sur pied un plan éditorial salvateur qui relèverait la compagnie de ces problèmes financiers. Dick Giordano est sollicité pour reprendre le poste vacant, à nouveau il accepte[14]. Mais en plus de cette tâche, Dick Giordano est mandaté avec Joe Orlando d’une fonction qu’ils mèneront avec de nombreux succès et quelques déconvenues, celle d’éditeur des « projets spéciaux ». Un nouveau type de marché du comics émerge depuis quelques années aux États-Unis et Giordano est chargé de le tester puis de le conquérir au travers de publications au contenu et au format novateurs. Il se tourne vers l’Angleterre pour y débaucher les jeunes talents qui lui permettront de s’immiscer dans le marché prometteur des librairies spécialisées.

De 1983 à 1993, il deviendra rédacteur en chef de DC Comics. Dick Giordano créditera les auteurs que ce soit écrivains et artistes de manière uniforme sur les couvertures[15]. Paul Levitz, président de DC Comics de 2002 à 2009, écrira que Giordano est le premier à avoir eu une telle conduite dans une grande maison d'édition[2]. Durant cette période, il a travaillé avec George Pérez et John Byrne sur l'un des plus grands projets de DC : Crisis on Infinite Earths. Une histoire qui a considérablement chamboulé et simplifié l'univers DC et qui est considéré comme un des symboles de la fin de l'âge d'argent des comics[2],[16].

À la fin des années 1980, avec Jenette Kahn et Paul Levitz, il est à l’origine de la maison d'édition Vertigo, filiale de DC, dirigée par Karen Berger (en)[8].

Dick Giordano en 2008,
Tempa Convention.

Fin de sa vie[modifier | modifier le code]

En 1993, il quitte DC Comics et prend une semi-retraite où il travaille sur des projets de manière occasionnelle[8].

Il a participé à l'œuvre de charité ACTOR (A Commitment To Our Roots). Elle a été créée par des professionnels de la bande dessinée américaine pour aider des artistes en difficulté financière, elle est renommée en 2006 The Hero Initiative[8],[17].

Giordano décède des suites d'une leucémie le samedi 27 mars 2010 à l’âge de 77 ans[1],[4]. Lors d'une messe commémorative de DC en 2010, son fils Richard Giordano Jr. déclara : « Je ne savais pas que j'avais autant de frères[n 3] » après que plusieurs des associés de son père parle de Dick Giordano comme d'une figure paternelle[5].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Dick Giordano a été marié pendant 37 ans à Marie Trapani qui est décédé des suites d'un cancer en 1993. Il a eu deux filles Lisa Giordano-Thomas et Dawn Arrington et un fils Richard Jr[2].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Dick Giordano a reçu plusieurs récompenses pour ses travaux[4].

  • Alley Award dans la catégorie meilleur éditeur (Best Editor) en 1969.
  • Shazam Award dans la catégorie meilleur encreur (Best Inker) en 1970, 1971, 1973 et 1974.
  • Encrier de la bande dessinée (Inkpot Award) du Comic-Con International en 1981.
  • Harvey Award dans la catégorie Best Domestic Reprint Project en 1997 (récompense commune).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Growing up, my favorite hero was the Batman. Not so much because he looked cool, but because he had no superpowers and was able to train and educate himself to be able to accomplish almost superheroic feats in fighting the criminals he sought to eliminate. I believed he was real, and that if I wanted to I could become like him. »
  2. Dennis O'Neil travaillait pour Charlton Comics sous le pseudonyme de Sergius O'Shaugnessy.
  3. (en) « I never knew I had so many brothers ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (fr) « Disparition de Dick Giordano »,‎ 28 mars 2010 (consulté le 4 mars 2011)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h (en) George Gene Gustines, « Dick Giordano, Comic Book Artist, Dies at 77 », The New York Times,‎ 31 mars 2010 (lire en ligne)
  3. Eury et Giordano 2003, p. 9
  4. a, b, c et d (en) « Richard Joseph Giordano, 1932-2010 », The Comics Reporter,‎ 28 mars 2010 (consulté le 5 mars 2011)
  5. a, b, c et d Levitz 2010, p. 477
  6. Eury et Giordano 2003, p. 11
  7. a et b Eury et Giordano 2003, p. 38-39
  8. a, b, c, d et e (fr) Christophe Colin, « Hommage a Dick Giordano », France-Comics.com,‎ 1er avril 2010 (consulté le 6 mars 2011)
  9. Levitz 2010, p. 267
  10. Levitz 2010, p. 348
  11. Levitz 2010, p. 368
  12. (en) Mitchell Brown, « Superman vs. Spider-Man », Comics Talk (consulté le 5 mars 2011)
  13. Levitz 2010, p. 452
  14. Levitz 2010, p. 454
  15. Levitz 2010, p. 559
  16. Levitz 2010, p. 560
  17. (en) « The Hero Initiative :: Home », heroinitiative.org (consulté le 6 mars 2011)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Eury et Dick Giordano, Dick Giordano: Changing Comics, One Day at a Time, TwoMorrows Publishing,‎ octobre 2003, 176 p. (ISBN 1893905276, lire en ligne)
  • (en) Paul Levitz, 75 Years of DC Comics : The Art of Modern Mythmaking, Taschen,‎ 2010, 720 p. (ISBN 9783836526197)

Liens externes[modifier | modifier le code]