Dialogue sur les deux grands systèmes du monde

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Ouvrage " Dialogue sur les deux grands systèmes du monde " publié par Galilée en1632.
Portrait de Galilée par Giusto Sustermans en 1636.

Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (en italien dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo) est un ouvrage demandé à Galilée par le Pape Urbain VIII vers 1623[1] et publié en 1632. Il est rédigé comme un dialogue entre trois personnes, la première favorable au système héliocentrique de Copernic, la deuxième au système géocentrique de Ptolémée, et la troisième sans opinion préalable sur la question. Galilée laisse clairement entendre sa préférence pour les thèses héliocentriques, alors interdites par l'Église catholique romaine. L’année suivante, lors d’un procès qui eut un grand retentissement, il se voit contraint de rétracter ses idées.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article connexe : révolution copernicienne.

La publication de cet ouvrage eut un retentissement particulier en Europe, du fait du procès de l'église catholique qui fut intenté à Galilée en 1632 et 1633, pour cet ouvrage qui contrevenait aux interdictions des écrits favorables à l'héliocentrisme, survenues en 1616.

Galilée fut condamné à l'âge de 69 ans à renier ses théories hérétiques devant le tribunal Inquisiteur catholique sur demande du Pape Urbain VIII en juin 1633 ce à quoi il se résigna pour ne pas brûler vif sur un bûcher. Urbain VIII le fit assigner à résidence où il put continuer ses recherches dans la discrétion durant 9 ans jusqu'à sa disparition.

L'ouvrage[modifier | modifier le code]

Le Dialogue se déroule à Venise sur quatre journées entre trois interlocuteurs :

  • Filippo Salviati, un Florentin, porte-parole de Galilée,
  • Giovan Francesco Sagredo, un Vénitien éclairé mais sans a priori,
  • Et Simplicio, un défenseur de la physique aristotélicienne, un personnage dans lequel Urbain VIII se serait reconnu[2].

Mais, lorsqu'on lui reprocha le caractère ostensiblement péjoratif de Simplicio, Galilée répondit qu'il s'agissait de Simplicius de Cilicie.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Galilée face au tribunal de l'Inquisition catholique romaine peint en 1857 par Cristiano Banti.

Descartes apprit l'issue du procès de Galilée en novembre 1633. Il reçut l'ouvrage Massimi sistemi par son ami Beeckman en 1634.

Descartes avait lui-même écrit un traité du monde et de la lumière. Pensant que ce projet était risqué pour lui, il renonça à publier cet ouvrage, et se lança dans une carrière philosophique. C'est de là que viennent le Discours de la méthode (1637), les méditations métaphysiques (1641), les Principes de la philosophie (1644), etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'affaire Galilée, cardinal Poupard, édition de Paris, octobre 2005 ;
  • Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, Galilée, publié en 1632, traduction par René Fréreux et François de Gandt. Paris, Seuil, Points Sciences, 2000. ISBN 2-02-041635-2 ;
  • Descartes, Samuel S. de Sacy, Seuil, réédité en 1996 ;
  • Galileo Galilei, 350 ans d'histoire (1633-1983), ouvrage collectif sous la direction de Mgr Poupard, Desclée International, Tournai1983.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Costabel, « Galilée », sur l'Encyclopædia Universalis (consulté le 27 juin 2013)
  2. « Urbain VIII pouvait s’y reconnaître sous les traits de Simplicio, l’aristotélicien trop soucieux de défendre la tradition, et Galilée perdit les puissants appuis dont il avait bénéficié jusque-là. » Pierre Costabel, « Galilée », sur l’Encyclopædia Universalis (consulté le 26 août 2013)