Diabète insipide

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Diabète insipide
Classification et ressources externes
Arginine vasopressin3d.png
La vasopressine ou hormone antidiurétique est en cause dans le diabète insipide.
CIM-10 E23.2 N25.1
CIM-9 253.5 588.1
OMIM 304800

125800

DiseasesDB 3639
MedlinePlus 000377
eMedicine med/543 
MeSH D003919
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Le diabète insipide (du grec διαϐαι ́νειν passer à travers) est une maladie caractérisée par une soif excessive et l'excrétion de grandes quantités d'urine très diluée, qui ne peuvent être réduites par une réduction de l'apport de liquides. La réduction d'apport hydriques n'augmente pas la concentration des urines. Le diabète insipide est dû à une déficience en hormone antidiurétique ou à une insensibilité des reins à cette hormone. Il peut être d'origine iatrogénique. Il est nommé insipide car il n'y a pas de sucre dans les urines (les médecins goûtaient les urines avant le développement des techniques de biologie médicale). L'incidence du diabète insipide dans la population générale est de 3 sur 100 000[1].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Signes et symptômes[modifier | modifier le code]

Le patient présente un diabète. Il boit sans cesse (polydipsie) (surtout de l'eau fraiche ou glacée)[2], parfois même la nuit et n'arrive jamais à étancher sa soif. Cliniquement, la maladie se manifeste de manière brutale ou rapidement progressive, par une polyurie qui peut atteindre 8 à 10 litres par jour. Ces urines, peu concentrées, ne contiennent ni sucre, ni albumine.

Démarche diagnostique[modifier | modifier le code]

On doit rechercher des symptômes associés orientant vers une pathologie neurologique (céphalées, troubles de la vision) ou psychiatrique (retard mental, troubles cognitifs, délires) ou une histoire de traumatisme crânien ou d'insuffisance rénale. A l'examen clinique, on recherche une hémianopsie bitemporale, des signes de localisation neurologique, des signes de déshydratation ou d'hyperhydratation (œdèmes, prise de poids).

Le diagnostic est confirmé par des épreuves dynamiques.

Le test de restriction hydrique permet de déterminer si le diabète insipide est causé par

  1. une potomanie, prise de liquide excessive
  2. un défaut cérébral de sécrétion de vasopressine (ADH) par l'hypothalamus
  3. un défaut de réponse rénale à la sécrétion de l'ADH

L'épreuve est pratiquée en milieu hospitalier, pour compenser rapidement une éventuelle déshydratation. On surveille le poids, la pression artérielle et la diurèse. La réponse normale du corps à la déshydratation est la concentration des urines et la diminution du volume des urines. Dans la potomanie, l'osmolalité urinaire doit augmenter et se stabiliser autour de 280 Osm·kg-1 pendant la restriction hydrique. Une stabilisation à un taux plus bas signe un diabète insipide[3]. Parfois, la mesure de l'ADH pendant le test est nécessaire mais le dosage est complexe, long et coûteux. En l'absence de réponse au test, et de concentration des urines pour distinguer les formes 2 et 3, on donne de l'ADH au patient et on regarde son effet. Le patient doit ensuite boire s'il a soif uniquement. Si le patient répond et concentre ses urines, on a compensé un défaut de sécrétion d'ADH. Il faudra faire une imagerie cérébrale. Si le patient ne répond pas et ses urines continuent à être diluées, il s'agit d'une insensibilité rénale à l'ADH. L'épreuve cesse quand le malade présente des signes de désagrément : angoisse, sécheresse des muqueuses, accélération du pouls, baisse de la pression artérielle et du poids. L'association de la déshydratation et de l'impossibilité par le rein de concentrer les urines malgré la suppression de boissons, permet le diagnostic. Dans un vrai diabète insipide, on ne peut pas mener cette épreuve jusqu'à son terme.

Le test à la vasopressine permet de reconnaître la carence en ADH.

D'autres tests peuvent être pratiqués, les plus utilisés sont les épreuves thérapeutiques qui utilisent la propriété antidiurétique de certains médicaments.

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

  • Le diagnostic doit être porté avec certitude, car il existe une maladie au tableau clinique comparable : la potomanie. Il s'agit d'un trouble du comportement qui provoque un besoin impérieux de boire ; la quantité de liquide ingérée peut être supérieure à celle absorbée dans un diabète insipide ; évidemment la polyurie est également très importante, parfois plus que dans le diabète insipide.
    Le diagnostic différentiel avec la potomanie peut être difficile même après ces épreuves, car une potomanie prolongée peut inhiber la sécrétion d'hormone ADH (diabète insipide induit). Un diabète insipide peut guérir mais les comportements du malade peuvent persister. Il va donc uriner en quantité excessive (diabète insipide auto-entretenu). Il peut exister des perturbations primitives du centre de la soif (par une lésion ou une tumeur au niveau de l'hypothalamus). Parfois le médecin recourt à une épreuve de déconditionnement, avec une psychothérapie adaptée. Le but est de persuader le malade de boire moins, avec un régime désodé, éventuellement un médicament antidiurétique qui est remplacé progressivement par un placebo.
    Le dosage de l'hormone antidiurétique montre sa diminution.
  • Diabète sucré

Causes[modifier | modifier le code]

Il y a diverses formes de diabète insipide :

  • central : défaut de sécrétion de l'ADH (= hormone anti-diurétique, vasopressine) au niveau de l'hypophyse) ;
  • néphrogénique : diminution ou abolition de la réponse rénale à l'ADH ;
  • dipsogénique : dû à défaut ou des dommages de mécanisme de la soif qui est localisé dans l'hypothalamus [4] ;
  • gestationnel : lié à l'augmentation de vasopressinase produite par le placenta. Cette protéine dégrade l'ADH[5]. Le diabète insipide est aussi associé à des pathologies sévères qui ont lieu pendant la grossesse (pré-éclampsie, HELLP syndrome) ;
  • iatrogène : (lithium).

Traitement[modifier | modifier le code]

Traitement médicamenteux[modifier | modifier le code]

La desmopressine est un analogue de l'ADH dont l'action antidiurétique est puissante. L'administration se fait en général par voie endonasale.

Attention un surdosage de desmopressine (ex : suite à une perte de poids du patient) peut entrainer une hyponatrémie. L'eau est ainsi retenue dans le corps anormalement et vient diluer le sang entrainant une baisse du taux de sodium pouvant causer des convulsions, le coma et la mort.

Un diabète insipide néphrogénique induit par le lithium peut être efficacement traité grâce à de l'amiloride, un diurétique épargneur du potassium souvent utilisé avec des diurétiques thiazidiques ou des diurétiques de l'anse[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DOI:10.1542/pir.21-4-122
  2. (en) USA, « Diabetes insipidus - PubMed Health », Ncbi.nlm.nih.gov (consulté le 2012-05-28)
  3. (en) Elizabeth D Agabegi; Agabegi, Steven S., Step-Up to Medicine (Step-Up Series), Hagerstwon, MD, Lippincott Williams & Wilkins,‎ 2008 (ISBN 0-7817-7153-6)
  4. (en) Perkins RM, Yuan CM, Welch PG, « Dipsogenic diabetes insipidus: report of a novel treatment strategy and literature review », Clin. Exp. Nephrol., vol. 10, no 1,‎ mars 2006, p. 63–7 (PMID 16544179, DOI 10.1007/s10157-005-0397-0)
  5. (en) Kalelioglu I, Kubat Uzum A, Yildirim A, Ozkan T, Gungor F, Has R, « Transient gestational diabetes insipidus diagnosed in successive pregnancies: review of pathophysiology, diagnosis, treatment, and management of delivery », Pituitary, vol. 10, no 1,‎ 2007, p. 87–93 (PMID 17308961, DOI 10.1007/s11102-007-0006-1)
  6. (en) Finch CK, Kelley KW, Williams RB, « Treatment of lithium-induced diabetes insipidus with amiloride », Pharmacotherapy, vol. 23, no 4,‎ avril 2003, p. 546–50 (PMID 12680486, DOI 10.1592/phco.23.4.546.32121)