Bataille d'Ypres (1915)

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Bataille d'Ypres
Carte de la bataille
Carte de la bataille
Informations générales
Date du 22 avril au 24 mai 1915
Lieu Ypres, Belgique
Issue Indécise
Belligérants
Drapeau français France

Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni

Drapeau de la Belgique Belgique

Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau du Canada Arthur Currie
Drapeau de la France Henri Gabriel Putz
Drapeau de la Belgique Théophile Figeys
Drapeau de la Belgique Armand De Ceuninck
Drapeau de l'Allemagne Albert de Wurtemberg
Forces en présence
Drapeau de la Belgique armée belge
6e DI
Drapeau de la France Détachement d'armée de Belgique
45e DI, 87e DIT
Drapeau du Royaume-Uni 5e corps d'armée
1re division canadienne
27e DI, 28e DI
4e armée allemande
23e corps de réserve
26e corps de réserve
27e corps de réserve
15e corps d'armée
Pertes
70 000 morts, blessés ou disparus 35 000 morts, blessés ou disparus
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

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Front du Moyen-Orient


Front africain


Bataille de l'Atlantique

Coordonnées 50° 53′ 28″ N 2° 58′ 44″ E / 50.891, 2.97950° 53′ 28″ Nord 2° 58′ 44″ Est / 50.891, 2.979  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille d'Ypres (1915).

La Deuxième bataille d'Ypres est une bataille de la Première Guerre mondiale opposant la IVe Armée allemande aux troupes alliées britanniques, belges et françaises du 22 avril au 25 mai 1915. Cette bataille est la seconde tentative allemande pour prendre le contrôle de la ville flamande d'Ypres en Belgique, après celle de l'automne 1914. C'est lors de ces combats que l'Armée allemande utilise pour la première fois des gaz de combats toxiques à grande échelle sur le Front de l'Ouest.

Cette bataille peut être séparée en quatre parties distinctes :

  • Bataille de Gravenstafel : 22 au 23 avril 1915
  • Bataille de St Julien : 24 avril - 4 mai 1915
  • Bataille de Frezenberg : 8 - 13 mai 1915
  • Bataille de Bellewaarde : 24 - 25 mai 1915

Chronologie[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

  • le 17 avril 1915 : Arrivée des troupes canadiennes de la 1re division canadienne d'infanterie sur le front d'Ypres. Cette position correspond aux 4 kilomètres à gauche de la position britannique.
  • 20 avril 1915 : Les Allemands bombardent la ville d'Ypres. On croit que c'est une vengeance contre les attaques britanniques aux environs de la cote 60, mais c'est en fait le début d'une offensive allemande par un bombardement préliminaire.

Bataille de Gravenstafel[modifier | modifier le code]

22 avril 1915[modifier | modifier le code]

Le 22 avril, la deuxième bataille d'Ypres est un baptême du feu violent pour le Canada. C'est une bataille défensive qui se déroule alors que les tranchées sont encore peu développées, car on croit à ce moment que la guerre ne va pas durer. Cette bataille est pour les Canadiens un apprentissage de l'assaut de tranchée, qui annonce la fin des batailles rangées et le début de la guerre des tranchées. Ces assauts, marqués principalement par des initiatives héroïques, manifestent plusieurs lacunes : d’abord à cause d’un manque d’appui de l’artillerie. Pour la contrer, les soldats utilisent la grenade et le mortier ; ensuite à cause du fusil Ross, inefficace car la boue l’obstrue et un tir trop rapide l’enraye. Toutefois, un appui avec des mitrailleuses sur les flancs aide l’assaut. La bataille sur le front occidental débute avec l’utilisation d'un gaz toxique, le chlore. Les Allemands avaient rassemblé 5 730 cylindres de ce gaz que leur IVe armée utilise pour monter à l’attaque. Sans protection aucune contre les gaz, les deux divisions françaises qui tiennent le flanc Nord du saillant paniquent et s’enfuient, Les Grenadiers Belges de la 6 D.A reprennent le terrain que les troupes françaises ont abandonné. Les Français reviendront par trois fois à la charge pour reprendre leur terrain perdu. Les combats de Steenstraet dureront trois jours et coûteront 900 hommes au Régiment belge des Grenadiers. Cette attaque allemande ouvre ainsi une brèche de 8 km de large dans la ligne de front. Au centre, les troupes canadiennes devront se redéployer pendant la nuit pour couvrir leur flanc exposé par cette débandade.

Bataille de St Julien[modifier | modifier le code]

24 avril[modifier | modifier le code]

Les Allemands libèrent de nouveau des nuages de gaz toxiques lors de leur offensive sur le saillant d'Ypres. Leur attaque se concentre sur Saint-Julien, position tenue par la 1re division canadienne, qui improvise des protections à l'aide de mouchoirs imbibés d'eau ou d'urine, et qui empêche une percée allemande.

4 mai[modifier | modifier le code]

Les troupes canadiennes sont enfin relevées par des troupes britanniques, françaises et indiennes.

6 mai[modifier | modifier le code]

Le commandant de la IIe armée britannique d'Ypres, le général Sir Horace Smith-Dorrien, est limogé après avoir suggéré qu'un retrait tactique réduirait la pression sur le saillant. Son supérieur, le maréchal Sir John French, désapprouve et continue d'ordonner des contre-attaques, mais aucune ne lui permet d'avancer de façon significative. Smith-Dorrien est remplacé par le général Herbert Plumer.

Tir de barrage allemand contre les tranchées alliées durant la bataille.

Bataille de Frezenberg[modifier | modifier le code]

  • 8 mai : Les Allemands s'emparent de la crête de Frezenberg, qu'ils conservent malgré les contre-attaques alliées.

Bataille de Bellewaerde[modifier | modifier le code]

24 mai[modifier | modifier le code]

L'offensive allemande dirigée contre la crête de Bellewaerde, tenue par les Britanniques, permet de gagner des positions, mais les troupes allemandes doivent reculer suite à une contre-attaque britannique. Les combats cessent le 25, marquant la fin de la deuxième bataille d'Ypres. Les pertes humaines britanniques s'élèvent à 58 000 hommes depuis le début de l'offensive, les pertes allemandes à 35 000 et les pertes françaises à 10 000 environ. La deuxième bataille d'Ypres coûta en tout 6 035 Canadiens à la 1re division canadienne d’infanterie et 678 au Princess Patricia's Canadian Light Infantry. Les troupes britanniques n'ont reculé que de 5 km sur le front.

À la fin de la bataille, les troupes belges qui tenaient un saillant en forme de crochet à Steenstrate, ont perdu 1 469 hommes, surtout du fait des gaz, mais elles sont parvenues à contre-attaquer pour reconquérir les positions qu'elles avaient perdues sous l'effet de surprise.

Ruines de la place du Marché à Ypres

Juillet-août[modifier | modifier le code]

La route de Menin à Ypres (l'actuelle N8) fait l'objet de violents combats au niveau du village de Hooge. Des cratères de mines sont successivement pris et repris par les belligérants.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • [1] Illustrations de François Flameng

Notes[modifier | modifier le code]

François Flameng, peintre officiel de l'armée a immortalisé ces cruels événements, dans des croquis et dessins qui parurent dans la revue L'Illustration.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Buffetaut, La Première attaque aux gaz : Ypres, 22 novembre 1915 : Bretons, coloniaux et Normands dans l'enfer des gaz, Louvier, Ysec, coll. « Un jour de la Grande guerre »,‎ 2003, 80 p. (ISBN 2-84673-020-2).
    Titre de couverture : Ypres, 22 avril 1915.
  • Yves Buffetaut, Batailles de Flandres et d'Artois, 1914-1918, Paris : Tallandier, 1992. (OCLC 30607604)
  • Joseph Clément et Jean-Pierre Cotte (dir.), Carnets de guerre d'un officier d'infanterie territoriale, lieutenant Clément Joseph, au 76ème RIT, 5 octobre 1914 au 20 novembre 1918 et La première attaque aux gaz du 22 avril 1915, Plessala, Association Bretagne 14-18,‎ 2006, 99 p. (ISBN 2-913518-37-0).
  • Albert Londres, La Bataille des Flandres six mois de guerre, 1915. (OCLC 179792642)
  • Desmond Morton, Une histoire militaire du Canada; 1608-1991, Sillery: Les éditions du Septentrion, 1992, p. 205-206 (ISBN 978-2-921114-70-7)
  • L. Serant, La guerre chimique, mars 1924, Versailles
  • George F.G. Stanley, Nos soldats; L'histoire militaire du Canada de 1604 à nos jours, Montréal: Les éditions de l'homme, 1980, p. 245-246 (ISBN 978-2-7619-0105-5)
  • Général Verraux, La Bataille des Flandres en 1917, Paris : G. van Oest, 1920. (OCLC 38792168)