Deuxième Bureau

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L'expression Deuxième Bureau désigne communément le service de renseignements de l'armée française, entre 1871 et 1940, en référence au deuxième Bureau de l'État-major général dont il était une composante.

Historique[modifier | modifier le code]

Création et place du deuxième bureau au sein de l’État-major[modifier | modifier le code]

Le SR-Guerre français a été créé en 1871 au sein de l’État-major des Armées.

L'État-major est alors composé de quatre bureaux :

  • le 1er Bureau, chargé des effectifs, doit être en mesure de donner très exactement la situation des unités, avec les variations subies par les effectifs et les dotations en matériel ; il traite également les questions d’organisation, de service courant et de relations administratives avec les autorités civiles.
  • le 2e Bureau, chargé du renseignement et des plans d'attaque ou de défense ;
  • le 3e Bureau, chargé des opérations et de la traduction de la tactique de guerre en ordres précis pour les unités intéressées ;
  • le 4e Bureau, chargé des transports et du ravitaillement, s’occupe des questions pratiques liées aux ordres du commandement (plans de circulation, infrastructures, casernements, questions cartographiques, etc).

Le Deuxième Bureau fut dirigé par le colonel Jean Sandherr entre 1886 et 1895, puis Georges Picquart entre 1895 et 1896, et Hubert-Joseph Henry de 1897 à 1898.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le Deuxième Bureau fut dirigé par le colonel Charles Joseph Dupont de 1913 à 1917 puis par le colonel de Cointet.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Armée de l'Armistice : les BMA[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bureau des menées antinationales.

Après l'armistice de 1940, le SR Guerre est officiellement dissout. Les services de renseignements militaires sont clandestinement restructurés.

Le 5e bureau EMA est commandé par le colonel Louis Rivet. Officiellement, c'est le M.A.3. Sous son autorité, Paul Paillole dirige le contre-espionnage militaire offensif. Ce service est camouflé sous le nom d'une entreprise de travaux ruraux (T.R.).

Les services spéciaux français font du renseignement en zone occupée et en zone interdite d'une part, du contre-espionnage en zone non-occupée d'autre part.

Pour le contre-espionnage, les activités du SR Air et des TR sont communes. En zone libre, les enquêtes et les arrestations sont du ressort de la Police Spéciale de Surveillance du Territoire créée en 1937. Les BMA et les TR ciblent non seulement les espions de l'Axe, mais encore les agents britanniques, les « gaullistes » et « communistes » considérés comme agents de l'étranger. La situation est compliquée. Au départ, Henri Frenay, Robert Guédon, Pierre de Froment, sont parrainés par le colonel Baril. Maurice Chevance est un correspondant de Rivet. Frenay et Paillole sont des amis.

En août 1942, sous la pression allemande, les BMA sont dissous par Pierre Laval, aussitôt remplacés par un Service de Sécurité Militaire (SSM) par décret signé du même Laval.

Après les débarquements alliés en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre, la direction du SSM part en AFN. Rivet et Paillole, passés à Alger, poursuivent leur activité clandestine, en liaison avec les réseaux de métropole : "TR Ancien" et "TR Jeune", réseau Kleber, etc.

France Libre : le BCRA[modifier | modifier le code]

Simultanément, la France libre met en place, à Londres, son propre service de renseignement, le « 2e Bureau » puis le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), sous la direction du colonel Passy (André Dewavrin).

La DGSS[modifier | modifier le code]

Lors du rapprochement Giraud-de Gaulle, le comité français de la Libération nationale ordonne la fusion du BCRA et des services de renseignement de Rivet dans une nouvelle structure, la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Opposé aux conditions de cette fusion, Louis Rivet démissionne.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

La DGSS devient la Direction générale des études et recherches (DGER) le 6 novembre 1944. En 1946, elle est remplacée par le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), qui deviendra la DGSE en 1982.

Équivalent contemporain[modifier | modifier le code]

Les officiers G2 dans les états-majors au format OTAN sont chargés du renseignement.

Les directeurs du deuxième bureau[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Paillole : Services Spéciaux, éditions Robert Laffont, 1975
  • Henri Navarre : Le Service de Renseignements (1871-1944), édition Plon, 1978 (ISBN 2-259-00416-4) (coécrit avec un groupe d'anciens membres du SR)
  • Les romans de Paul Kenny mettent également en scène des agents du deuxième bureau, dont le célèbre Francis Coplan alias FX-18