Meuse-Rhin-Yssel

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MEUSE-RHIN-YSSEL
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Image illustrative de l'article Meuse-Rhin-Yssel

Espèce Vache (Bos taurus)
Région d’origine
Région Pays-Bas et Allemagne
Caractéristiques
Taille Grande
Robe Pie rouge
Autre
Diffusion Continentale
Utilisation Mixte

La Meuse-Rhin-Yssel ou MRY est une race bovine néerlando-allemande. En Allemagne, elle porte le nom de Deutsches Rotbunt.

Origine et répartition[modifier | modifier le code]

Elle appartient au rameau des races bovines du littoral de la mer du Nord. Le sigle MRY a été retenu, car il a la même signification dans toutes les langues : Meuse-Rhin-Yssel, Mossa-Reno-Yssel, Maas-Rijn-Ijssel[N 1]..., le berceau de cette race se situant dans une région délimitée par les trois rivières.
Elle a une origine commune avec la pie noire de Hollande jusqu'aux années 1700. Des animaux pie rouge ou noir peuplaient la région du nord de la Belgique au Danemark. La sélection des sujets hautement productifs en lait a eu lieu en Hollande, région d'herbages riches, donnant une race pie noir. Dans la zone des trois rivières, région de culture, des sujets mixtes lait et travail ont été conservés, donnant une race pie rouge. Le registre généalogique est ouvert en 1874 et la race est officiellement créée en 1905[1] avec la clôture du registre[N 2].

Le groupe actuel résulte de la fusion au XXe siècle de la pie rouge de Hollande et de munster d'Allemagne. La race est supranationale. A partir des années 70, entre 5 et 20 % de semence de red holstein venue des États-Unis et du Canada est introduit sous contrôle dans le registre pour améliorer la production quantitative. Aux Pays-Bas, le registre généalogique recensait 500 000 vaches en 1975, mais dans les années 90, l'introduction de semence red Holstein augmente très fortement, faisant sortir une grande quantité de génisse du registre. Les effectifs chutent de moitié entre 31 000 en 1999 et 14 124 en 2004[1]. En parallèle, la diversité génétique s'effondre ; en 1995, 26 % des veaux provenaient du même père et en 2004, seules 12 fermes travaillent encore en totale race pure[2]. Il s'agit d'un croisement d'absorption[N 3].

Des mesures conservatoires sont mises en œuvre pour protéger la race originelle de l'absorption, parmi lesquelles le stockage de semence de 420 taureaux des années 60 à 2008[3], une prise de conscience des éleveurs de leur potentiel génétique et une élévation du nombre de génisses testées[2] L'effectif de la race est remonté à 25 000 bovins en 2011[1].

Avec la Deutsches rotbunte allemande, elle a fortement contribué à la création des races Pie rouge des plaines en France et Pie rouge belge en Belgique. Ces races sont regroupées dans un grand pool génétique européen sous le nom de « pie rouge des plaines européennes » par opposition au pie rouge des montagnes. Elle a été exportée en Espagne, Irlande et Europe de l'est[2].

Morphologie[modifier | modifier le code]

Animal pie rouge à ventre blanc, sans cornes, présentée tête haute par son propriétaire.
Génisse « holsteinisée » au concours agriflanders 2009

Elle porte une robe pie rouge et a une tête rouge au chanfrein blanc. Le ventre et le bas des pattes restent majoritairement blanc. Ses muqueuses sont claires et ses courtes cornes sont en croissant.

Elle est de taille moyenne à grande: 135 cm au garrot pour un poids de 650 kg et 150 cm pour 1 100 kg chez le mâle. Ses cuisses sont musclées sur des membres forts[2].

Production[modifier | modifier le code]

Animaux rouges à ligne dorsale, ventre et pattes blancs
Vache et veau de type ancien

C'est une race élevée pour son lait : la vache produit en moyenne 6 740 kg[N 4] de lait à 4,45 % de matière grasse[1]. Elle est cependant classée mixte grâce à la valeur des carcasses des veaux et des vaches de réforme. Sa viande est de bonne qualité.

Elle doit son succès à ses qualités d'élevage : rusticité, calme et robustesse. Les vaches ont une bonne longévité et sont résistantes : peu de problèmes d'onglons, bonne fertilité. Les coût d'intervention du vétérinaire en sont diminués[1]. C'est une race efficace dans la transformation de fourrage en viande et lait. Elle est très bien adaptée dans un système d'élevage extensif sur prairies riches[2].

L'introduction de sang red holstein, très spécialisée en production laitière, a progressivement fait dévier la mixité vers une race laitière plus productives et moins mixte.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En néerlandais, l'IJ a valeur d'Y
  2. Pour créer un registre, les éleveurs recensent une population homogène et inscrivent les individus les plus représentatifs dans un registre. Après quelques années, le registre est fermé, sous-entendu aux animaux exogènes : la race est élevée exclusivement entre les reproducteurs inscrits dans le registre.
  3. Un croisement d'absorption consiste à utiliser des taureaux d'une race A sur les vaches d'une race B. Au bout de la quatrième génération la population comporte statistiquement 93 % de gènes de la race A.
  4. La production laitière est généralement exprimée en kilogramme plutôt qu'en litre dans la littérature spécialisée.

références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Maas-Rijn-IJssel », Site « dad.fao.org » de la FAO (consulté le 17 décembre 2014)
  2. a, b, c, d et e (en) « Meuse-Rhine-Yssel cattle (MRY) », Site de l'European Régional Cattle Breeds (EURECA) (consulté le 16 février 2014)
  3. (en) « Performance Dual Purpose Breeds For Crossbreeding : MRY (Meuse Rhine Yssel) », Site de Rengab Genetics,‎ 2010 (consulté le 16 février 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]