Desi

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Desi (ou parfois deshi), est un terme employé par les gens qui vivent ou qui viennent de l'Asie du Sud (le sous-continent indien) pour se désigner (de manière à éviter une allusion à son pays d'origine en faisant référence à une identité commune plus large). C'est également le nom de la subculture trouvée parmi la diaspora sud-asiatique.

Évolution de l'identité desi[modifier | modifier le code]

Le terme vient d'un mot sanskrit, देश, « desh » (« nation » ou « patrie »), commun à la plupart des langues sud-asiatiques. Il signifie « compatriote » et il est employé même pour des personnes originaires d'un autre pays que le sien. Parmi les personnes du sous-continent indien et celles qui s'en sont expatriées, ce terme fait référence au mélange des cultures et des identités des communautés sud-asiatiques, en oubliant les frontières nationales et culturelles qui les ont séparées dans leurs pays ancestraux. D'ailleurs, plusieurs de leurs ancêtres ont émigré du sous-continent avant sa partition ou certains d'entre eux ont des ancêtres provenant de plusieurs pays sud-asiatiques et par conséquent ne se relient pas à un seul pays d'origine. Les sud-asiatiques vivant maintenant en dehors de d'Asie du sud se réfèrent à quelque chose ou quelqu'un lié au sous-continent ou à sa culture comme desi ou deshi ; par exemple, desi se réfère à un pakistanais ou à un indien ou à un bangladaise et ainsi de suite, la cuisine desi se réfère à des plats comme le riz, le curry, le dal, le roti, le chapati etc. La danse desi peut se référer à des danses classiques comme Bharata natyam, Luddi, Kuchipudi, aux danses punjabies, raas, bhangra, danses populaires, desi hip-hop, filmi, etc.

Le sous-continent indien est linguistiquement et religieusement diversifié. Les liens sociaux et les mariages s'effectuent souvent parmi sa propre communauté ; en d'autres termes, parmi des personnes de même religion ou langue et souvent, pour les hindoues et d'autres, selon la caste. Mais les premiers émigrants d'Asie du sud vers les États-Unis, le Royaume-Uni, et le Canada se sont trouvés une petite minorité dans une culture très différente, et ont retissé des liens culturels avec d'autres sudasiatiques (ou desis).

Leurs enfants ont grandi dans un environnement culturel principalement occidental, avec des influences indiennes, pakistanaises, et autres d'Asie du sud, limitées au foyer et à des amis de la famille au sein de la communauté expatriée. Ce groupe partage beaucoup d'expériences liées aux cultures occidentale et sud-asiatique, ce sont souvent des adeptes de religions minoritaires (par exemple hindouisme, sikhisme, jainisme et bouddhisme) peu représentées dans des médias populaires et peu familières pour la majorité des gens.

Certains personnes, en Inde, considèrent que le terme desi s'applique seulement aux sud-asiatiques originaires de ce pays. Ce point de vue vise à rejeter les Pakistanais et les Bangladais. L'argument principal est que desi est un mot d'origine sanskritique (concernant la tradition dharmique) donc que son utilisation devrait être limitée au peuple ayant ce type de religion (opinion enracinée dans l'histoire amère du dernier siècle). Cependant, l'utilisation vernaculaire du mot pour tous les sud-asiatiques est même amplifiée par l'amélioration des relations indo-pakistanaises, l'accroissement de l'importance de l'ASARC, et de l'âge de nouvelles générations de desis.

Littérature desi[modifier | modifier le code]

La liste d'auteurs desi va des écrivains classiques sur le modèle de RK Narayan aux plus contemporains comme Anita Desai, Gita Mehta, Arundhati Roy, Raj Kamal Jha. Ces derniers temps Suketu Mehta (Maximum City), Mitra Kalita (Suburban Sahibs), Monica Ali (Brick Lane) et Jhumpa Lahiri (Namesake) ont écrit au sujet de leur pays d'origine dans la perspective du diaspora desi.

Salman Rushdie (Les Enfants de minuit), Vikram Seth (A Suitable Boy) sont les auteurs desi qui ont trouvé un lectorat global. Chitra Banerjee Divakaruni (The Mistress of Spices) a fait des vagues. Dans la décennie passée l'écriture desi est devenu audacieuse, par exemple, Arundhati Roy (Le Dieu des Petits Riens), et maintenant les auteurs ne sentent pas la nécessité d'expliquer l'utilisation des termes desi qui sont libéralement employés dans leurs histoires.

Musique[modifier | modifier le code]

Un type unique de musique a surgi parmi les communautés desi du Royaume-Uni. Des artistes comme Panjabi MC (qui a un album appelé Desi) et Apache Indian mélangent la musique indienne et la danse de bhangra avec hip-hop et pour le reggae utilisent un mélange d'anglais et de punjabi et ont souvent parlé au sujet de l'expérience d'être tiraillé entre deux cultures. Le groupe pakistanais Junoon (dont certains membres ont grandi en Amérique) mélange la musique folklorique pakistanaise, la poésie sufi, et le rock. A.R. Rahman, un des artistes desi les plus populaires, mélange musique indienne du sud classique et hindoustanis avec la musique occidentale pour faire une musique contemporaine quintessencielle desi. Également, MTV a lancé MTV Desi aux États-Unis.

Institutions[modifier | modifier le code]

Les organisations d'étudiants desi sont devenues de plus en plus communes, organisant des réunions et des événements sociaux et faisant des groupes de danse bhangra. Des associations professionnelles ont commencé à se former dans les années 90, par exemple l'Association de journalistes sud-asiatique et le Réseau des professionnels sud-asiatiques.