Descente de croix

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La descente de croix de James Tissot

La descente de croix (grec : Ἀποκαθήλωσις, Apokathelosis) et la déposition du Christ, désigne la scène des Évangiles qui racontent, après la Crucifixion et mort de Jésus, la descente de son corps de la croix par Joseph d'Arimathie et Nicodème (Jn 19:38-42). La descente de la Croix est la treizième station du chemin de croix.

La scène inspira de très nombreux artistes. Une des plus célèbres représentations iconographiques est celle de Pierre-Paul Rubens.

Définition[modifier | modifier le code]

D’après le dictionnaire Le Robert, la descente de Croix est la représentation du Christ au moment de son enlèvement de la croix et la déposition de croix est la représentation du corps de Jésus-Christ après la descente de croix. Toutefois, ces deux termes sont souvent considérés comme des synonymes ; l'expression « descente de croix » serait cependant réservée aux représentations artistiques. On appelle aussi les représentations de cette scène « le dépôt ». Certaines scènes sont déduites de cette situation comme la Pietà, montrant Marie tenant Jésus mort dans ses bras, la Déploration ou les Lamentations sur le Christ mort.

Ce passage suit juste la mort du Christ et précède la mise au tombeau[1],[2].

Dans les Évangiles[modifier | modifier le code]

La descente de croix a lieu le soir de la Crucifixion et Joseph d'Arimathie demande à Ponce Pilate l'autorisation d'emporter le corps de Jésus. Ponce Pilate, étonné que la mort soit arrivée si vite, demande la confirmation à Longin le Centurion qui percera le coté droit de Jésus avec la Sainte Lance . Il accorde à Joseph le droit de récupérer le corps. Ce dernier achète un linceul pour y envelopper le corps du Christ et se rend sur le mont Golgotha de même que Nicodème qui apporte un mélange de myrrhe et d’aloès[3].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le nombre de personnes présentes reste inconnu, mais de nombreux éléments restent récurrents.

La présence de Joseph d'Arimathie, Nicodème et Marie ne fait aucun doute. Selon les artistes, sont représentés l'apôtre Jean, Marie Madeleine, un groupe de femmes accompagnant Marie avec ses sœurs (Marc 15:40), des serviteurs aidant à descendre le corps du Christ, une foule de fidèles restés auprès de Jésus et les deux voleurs (larrons) crucifiés à ses côtés.

Les artistes offrent une richesse de décors différents comme Rogier van der Weyden qui encadre ses personnages sur un fond doré ou bien Fra Angelico qui propose une vue sur la cité.

Les détails de la composition varient selon les artistes mais certains éléments reviennent régulièrement : le crâne - en référence à celui d'Adam et à la colline de Golgotha (« le lieu du crâne ») -, la croix avec l’inscription INRI, souvent au centre des tableaux, bien qu'elle en soit parfois absente comme dans La Déposition de croix de Giotto.

Concernant la position de son corps et son état, la tête est tombante et, souvent, sans la couronne d’épines qui lui a été retirée. Son corps sans souillure fait oublier les supplices et les stigmates qui lui ont été infligés avant sa crucifixion. Les stigmates sont même presque imperceptibles sur le tableau de Jacopo Pontormo. Le corps du Christ est descendu de la Croix à la force des bras, les protagonistes étant les uns sur des échelles, les autres au pied de la Croix pour le recevoir. Dans certain cas, les personnages s’aident d’un drap pour le soutenir.

De nombreux objets sont représentés tels que les clous (Arma Christi), la coupelle et l’éponge ayant servi à faire boire Jésus, sa couronne d’épines.

Dans certaines œuvres, pour rappeler que ce moment touche au divin, les personnages peuvent porter des auréoles. Des colombes sont présentes comme figuration du Saint-Esprit, mais aussi des anges et parfois Dieu le Père lui-même.

La Déposition de la Croix est suivie de la Déploration de la Croix.

Dans de rares cas, la Déposition est confondue avec le moment de la mise au tombeau (ou même juste avant) ; le corps du Christ est oint sur la pierre de la Déposition à l’entrée du Saint-Sépulcre.

La Descente de Croix par Rubens[modifier | modifier le code]

La descente de croix de Rubens a été commandée en 1611 par la corporation des arquebusiers pour être disposée dans la Cathédrale Notre-Dame d'Anvers.

Ce tableau peint entre 1612 et 1614 fait partie d'un triptyque dont il occupe le panneau central. Le panneau de gauche concerne la Visitation de la Vierge Marie au cours de laquelle Marie rend visite à sa cousine Élisabeth. Le panneau droit concerne la Présentation au Temple, le grand prêtre Siméon tenant l'enfant Jésus.

L'influence de la renaissance italienne y est présente[4].

On trouve en France, dans le Nord-Pas-de-Calais, quatre autres Descentes de croix de Rubens (Lille, Arras, Valenciennes et Saint-Omer)[5].

Représentation à travers l’Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'art byzantin, le sujet est devenu populaire au IXe siècle, et en Occident au Xe siècle. Avec la Renaissance, le sujet est devenu populaire pour les retables, notamment en raison des défis de la composition et l'adéquation de sa forme verticale.

Au Moyen Âge, la tendance est de représenter le Christ sur une croix basse qui ne nécessite pas d'échelle pour la descente de la croix[6]. Avec la Renaissance la croix devient haute et plus de personnes assistent à la scène afin d'ajouter de l'intensité dramatique.

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Descente de la Croix[modifier | modifier le code]

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Déposition du Christ[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de Descente, Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
  2. Définition de Déposition, Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
  3. La Synopsis des Evangiles de la déposition.
  4. « Il n'est personne qui n'ait présent à l'esprit l'ordonnance et l'effet du tableau, sa grande lumière centrale plaquée sur des fonds obscurs, ses taches grandioses, ses compartiments distincts et massifs. On sait que Rubens en a pris l'idée première à l'Italie et qu'il n'a fait aucun effort pour cacher l'emprunt » in Eugène Fromentin Rubens et Rembrandt, les maîtres d'autrefois éd. Complexe 1991 p. 75 (ISBN 2-87027-415-7)
  5. La Cathédrale de Saint-Omer: Tableaux
  6. Émile Mâle, L'art religieux de la fin du Moyen Âge en France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]