Chèvre des fossés

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Chèvre des fossés
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Chèvre des fossés et ses chevreaux
Chèvre des fossés et ses chevreaux

Espèce Chèvre (Capra aegagrus hircus)
Région d’origine
Région Haute-Bretagne, Basse-Normandie, Drapeau de la France France
Caractéristiques
Taille Moyenne
Robe Couleur variable
Cornes À section triangulaire, aplaties
Autre
Diffusion Locale
Utilisation Lait et viande

La chèvre des fossés est une race caprine française originaire des rives de la Manche. C'était autrefois la chèvre des plus démunis qui la faisaient pâturer sur le bord des fossés et en tiraient de quoi survivre. Cette chèvre à la robe à la couleur variable et aux poils longs a ensuite pendant longtemps demeuré dans sa région sans que l'on s'y intéresse vraiment. Le regain d'intérêt pour la race est très récent, et ne date que des années 1990. Les chèvres des fossés restantes sont alors recensées, afin qu'un programme de conservation puisse être mis en place. La principale qualité de cette race et sa capacité à débroussailler et valoriser les ligneux, et donc à entretenir certains espaces naturels. Elle est reconnue officiellement depuis 2005, et compte en 2006 environ 515 animaux dans 96 élevages.

Origine[modifier | modifier le code]

Chèvres Sauvages de la Hague

C'est la chèvre commune du Nord Ouest de la France. Elle provient des régions limitrophes du rivage de la Manche. Comme son nom l'indique, elle était utilisée à l'entretien des talus et fossés, souvent attachée à un piquet ou gardée par les enfants. Elle valorisait donc un espace inculte tout en le maintenant propre[1]. C'était ainsi typiquement la « vache du pauvre », qui valorisant des espaces délaissés, permettait à leur détenteur, qui n'avait parfois pas de terres à eux, de survivre en produisant lait, fromage, viande et peau[2].

La race s'est conservée au fil du temps sans qu'un intérêt particulier n'y soit porté. Un troupeau sauvage se constitue même à la Hague dans les années 1970 à partir d'animaux lâchés et il est toujours présent sur le site. Les démarches de sauvegarde de cette chèvre sont très récentes, et datent des années 1990, quand les premières opérations de recensement des derniers animaux sont lancées. En 2006, on compte environ 515 animaux dans 96 élevages, alors qu'il n'y en restait moins de 100 en 1999.

Morphologie[modifier | modifier le code]

De taille moyenne à petite, elle porte une robe de couleur variable, souvent un mélange de poils blancs, gris, noirs et brun. En effet son phénotype n'a jamais été réellement standardisé. Les poils sont longs et pendants. Elle porte des cornes de section triangulaires plus ou moins aplaties. Ses oreilles sont petites et fines, dressées sur la tête[2].

Aptitudes[modifier | modifier le code]

Elle était traditionnellement élevée pour son lait, parfois transformé en fromage. Peu productive, elle est aujourd'hui surtout utilisée pour débroussailler. En effet, elle a de très bonnes aptitudes pour valoriser les ligneux, et s'attaque volontiers aux broussailles. En fait on ne dispose pas réellement de références sur sa production laitière qui n'a jamais été contrôlée sur un nombre satisfaisant d'animaux.

Élevage[modifier | modifier le code]

La chèvre des fossés est souvent élevée par des amateurs passionnés, qui utilisent cet animal docile et familier principalement pour débroussailler et entretenir de petits parcs. Leur but est surtout de conserver la race. La chèvre des fossés peut également trouver sa place dans l'entretien d'écosystèmes protégés et de divers espaces naturels à l'abandon, puisqu'elle consomme les broussailles et divers arbustes. Par ailleurs, certains éleveurs commencent à développer une production agricole plus conventionnelle, par la production de lait transformé en fromages fermiers vendus directement à la ferme, et la vente de chevreaux lourds et légers[2].

Sauvegarde[modifier | modifier le code]

Le programme de sélection de la chèvre des fossés n'a débuté que récemment, quand l'institut de l'élevage a entamé à recenser les animaux de la race dans les années 1990. Il est rapidement aidé dans cette action par diverses organisations locales, parmi lesquelles on retrouve notamment l'écomusée du Pays de Rennes, l'arche de la nature du Mans ou le conservatoire du littoral. Les inventaires sont depuis renouvelés annuellement, et a permis de retrouver un certain nombre d'animaux. Il faut dire que l'on est dans une région où la production caprine n'est pas du tout développée, et les animaux retrouvés sont souvent de race pure car non croisés avec les races plus productives qui ne se sont jamais implantées sérieusement dans la région. Tous ces efforts ont conduit à la reconnaissance officielle de la race en 2005 par le ministère de l'agriculture. En 2008 est créé l'association de sauvegarde et de promotion de la chèvre des fossés, rassemblant des passionnés et qui joue depuis un rôle important dans la sauvegarde et la promotion de la race[3].

Diffusion[modifier | modifier le code]

La chèvre des fossés est toujours aujourd'hui principalement basée dans sa région d'origine, dans le nord-ouest de la France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la race chèvre des fossés sur le site de l'association de sauvegarde et de promotion de la chèvre des fossés, consulté le 11 avril 2010.
  2. a, b et c « La chèvre des fossés » (consulté le 6 mars 2011)
  3. Coralie Danchin-Burge et Delphine Duclos, « Situation et perspectives d'avenir des races caprines à petits effectifs »,‎ juillet 2009 (consulté le 9 mars 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]