Derle

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La derle est une terre argileuse utilisée dans l'industrie.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

  • Derle nom ancien, vulg. diele, venant peut-être de terelle, (« lieu d'où on tire la terre pour en faire du mortier » ) def, dife, difle en patois; dein, del, ter del  ; 1328 Namur, derle sordreresse étymologie incertaine. Marle, terre à potier, terre à fouler. Derlière, où l'on tire de la terre, espèce de sablonnière . marga argilacea nom donné en Alsace et en Flandres[1], à la terre à pipe de très bonne qualité servant à fabriquer pipes, céramique, poteries et carreaux de terre cuite. La derle sert aussi dans l'industrie du bronze par exemple pour faire les chapes de moulage des cloches qui nécessitaient une argile de très bonne qualité, à la fabrication des creusets, en verrerie, cristallerie, briqueterie, fabrique de tuyaux, de poteries, de produits réfractaires.
  • Ce nom désignait aussi la terre collante qui servait à fixer au fond d'une ardoisière, la chandelle de l'ardoisier : la boulette de terre glaise était nommée chandelier.

Gîtes[modifier | modifier le code]

Andenne sur la Meuse.

On les trouvait principalement à Namur, dans un gîte à Andenne (« la Blanche Derle »)[2]et aussi à Andenelle, village voisin, Couthuin, commune de Héron, Huy Dinant ( cause de dissension entre Dinant et Bouvignes[3]), Wierde [4]. La derle employée par les batteurs de cuivre vient de Rhisnes.

Trafic de la derle[modifier | modifier le code]

On l'extrayait à la pioche, dans des galeries à étages et on la transportait dans des paniers en osier appelés mandes. Le trafic de la derle se faisait sur la Meuse, vers Gouda. La derle passait en France en suivant la Lys jusqu'à Armentières, puis elle était transportée à Dunkerque et envoyée par mer en Hollande [5].

Au XVIIIe siècle elles étaient déchargées de droits d'entrée dans les Flandres par arrêt du Roi (31 août 1728) [6].

Joseph Wouters faïencier, installe ses usines au bord de la Meuse à Andenne fin du XVIIIe siècle. À cette époque, le trafic de derle se faisait par tonnes. C'était une activité importante de la région.

Le Musée Piperie Léonard (Andenelle) a pendant longtemps montré des moules et modèles de pipes, des collections issues du dernier atelier de pipes en terre d'Andenelle. Il aurait fermé se portes en 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bélièvre en Normandie
  2. Boüesnel 1812, p. 392.
  3. Le 17 juin 1328, le comte Jean de Namur accorde aux batteurs de cuivre de Bouvignes le monopole des derlières d'Andoy et celles qui seraient découvertes sur ses terres. source: [entresambreetmeuse.skynetblogs.be/archive-week/2007-26] et Cartulaire de la commune de Bouvignes
  4. On trouverait une cartes des carrières dans l'Atlas de Belgique de C. Gulinck, Comité national de géographie. Commission de l'atlas national (Watermaal-Bruxelles) - 1966 page 20 (à vérifier)
  5. Musée de la vie wallonne (Liège, Belgium) - 1977
  6. Les merveilles de la céramique ou L'art de façonner et décorer les vases Albert Jacquemart page 51

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Suttor, Vie et dynamique d'un fleuve : La Meuse de Sedan à Maastricht, De Boeck,‎ 2006 (lire en ligne).
  • Jean-Hubert Mabille, Une mine de famille, Les Éditions namuroises,‎ 2010 (lire en ligne).
  • Robert Mordant, La pipe en terre d’Andenne et ses marques, Magermans,‎ 1999.
  • Robert Mordant, Andenne fille de blanche derle, Magermans,‎ 1993.
  • Guy Declef, « Histoire de terres », Terres Ardennaises, no 10,‎ mars 1985, p. 39-40.
  • M. Boüesnel, « Sur les terres à pipe d'Andenne », dans Journal des mines: ou, Recueil de mémoires sur l'exploitation des mines, et sur les sciences et les arts qui s'y rapportent, vol. 1,‎ 1812 (lire en ligne), p. 389-395.

Sources sur le web[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]