Der Fliegende Holländer

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Le Vaisseau fantôme ou Le Hollandais volant

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Le Vaisseau fantôme.
Der Fliegende Holländer
Le Vaisseau fantôme
Image décrite ci-après
Richard Wagner en 1842

Genre opéra
Nbre d'actes 3
Musique Richard Wagner
Livret Richard Wagner
Langue
originale
allemand
Sources
littéraires
Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski de Heinrich Heine
Durée
approximative
environ 2 heures 15
Dates de
composition
1840-1841
Création 2 janvier 1843
Königlich Sächsisches Hoftheater, Dresde, Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe,
Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique
Création
française
1893
Opéra de Lille
Personnages

Der Fliegende Holländer[1] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter — en français, Le Vaisseau fantôme — est un opéra allemand de Richard Wagner, créé en 1843.

Quatrième opéra de Richard Wagner, il marque encore une transition entre le style dominant de l'opéra de la première moitié du XIXe siècle et la révolution formelle à laquelle aspirait le compositeur; on y retrouve cependant déjà certains des grands thèmes de l'univers wagnérien, l'errance, l'arrivée d'un personnage inconnu, le sacrifice, la rédemption par l'amour.

L'opéra fut créé le 2 janvier 1843 à Dresde.

En 1860, Wagner révisera partiellement la partition, notamment le finale, afin d'insister sur l'idée de rédemption.

Il dure environ deux heures quinze, sans interruption.

Historique[modifier | modifier le code]

Inspiration[modifier | modifier le code]

Article connexe : Hollandais volant.

Il semble que ce soit dans l'ouvrage de l'anglais George Barrington : A Voyage to Botany Bay[2],[3] publié en 1795 que figure pour la première fois une assez courte référence au « Flying Dutchman ». Il y est fait état d'une croyance superstitieuse propagée par les marins suite au naufrage d'un vaisseau de guerre hollandais durant une tempête, vaisseau qui serait par la suite brièvement apparu sous une forme fantomatique à son ancien bâtiment d'accompagnement.

Mais il faut attendre 1821 pour voir publier une version écrite détaillée de la légende dans un journal britannique. Ce qui parait en être la première version française a été publiée par Auguste Jal en 1832[4]. Elle peut être résumée de la façon suivante :

Un navire hollandais est pris dans une violente tempête alors qu'il tente de franchir le cap de Bonne-Espérance. L'équipage supplie le capitaine de chercher un abri mais il refuse et s'enferme dans sa cabine pour fumer et boire. La tempête s'aggravant encore, le capitaine défie le ciel de couler le navire. Une forme lumineuse se matérialise à bord du bâtiment devant l'équipage terrorisé. Le capitaine injurie alors l'apparition, braque sur elle un pistolet et tire, mais l'arme lui explose dans la main. Une voix s'élève alors pour lui déclarer : « Puisqu'il te plaît tant de tourmenter les marins, tu les tourmenteras, car tu seras le mauvais esprit de la mer. Ton navire apportera l'infortune à ceux qui le verront. ». Cette légende inspira, en 1834, une nouvelle au poète allemand Heinrich Heine : les Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski qui, mêlée à d'autres éléments de la légende, servit de thème au livret de l'opéra de Richard Wagner[5].

Vue de la façade de la maison ou Wagner à terminé l'opéra
Maison de Meudon en France où fut achevé l'opéra.

Wagner est enthousiasmé par le sujet quand en 1838 il lit pour la première fois à Riga les Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski de Heinrich Heine[6]. Malgré son enthousiasme pour cette légende il ne rédige pas immédiatement d'esquisse sur le sujet, ce n'est que durant son voyage avec sa famille vers Paris que la créativité de Wagner est réveillée[7], il embarque à bord d'un navire de commerce en direction de l'Angleterre, le 27 juillet une terrible tempête éclate et le 29 juillet, le capitaine du navire est obligé de faire une escale dans un fjord norvégien : Sandwike[6],[7],[8]. C'est là que Wagner entend les cris et les chants des marins locaux qui deviendra le futur chant des marins de son opéra[9], c'est aussi là qu'il entend le terme « tjenta » (littéralement : « servante ») qui deviendra le nom de l'héroïne de son opéra : « Senta »[10].

Composition[modifier | modifier le code]

À la fin de l'hiver 1840, Wagner commence à composer quelques thèmes comme La Ballade de Senta (Ballade du Vaisseau fantôme), Léon Pillet, directeur du Grand Opéra est séduit par l'idée du Hollandais volant et demande à Wagner de lui céder son plan pour en donner le livret à Paul Foucher (beau-frère de Victor Hugo) et la musique à Louis-Phillippe Dietsch[11], Wagner abandonne son Hollandais volant à la France[12] et a pour projet de composer la musique et le livret d'un Hollandais volant pour l'Allemagne[10]. Entre le 18 et le 28 mai 1841, le manuscrit du Hollandais volant est terminé et Wagner en composa la musique en sept semaines[13].

Révision de 1860[modifier | modifier le code]

En 1860, Wagner révisa partiellement la partition notamment l'ouverture, et le finale en assistant sur l'idée de rédemption (à la manière de Tristan und Isolde)[10].

Création[modifier | modifier le code]

L'opéra est terminé, il faut le faire jouer, Wagner le propose à Leipzig, Berlin et Munich où il est refusé, il est accepté à Dresde mais n'est représenté que quatre fois malgré l'enthousiasme du public[10].

L'opéra est créé le 2 janvier 1843[6],[14] à Dresde au Semperoper sous la direction du compositeur.

Wilhelmine Schröder-Devrient joue le rôle de Senta[14], elle est considérée comme la seule actrice convaincante de la distribution[10], Wagner est alors déçu de ne pas avoir apporter plus de soin dans le choix de ses chanteurs[7],[15].

L'opéra est créé pour la première fois en France en 1893 à l'opéra de Lille[14].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Le Hollandais (baryton-basse) : Ce personnage vit dans un univers mythique (il est condamné à errer sur les mers), de ses colères ressort un sentiment de lassitude, le rôle est fait pour un baryton capable de monter dans les aïgues, l'interprète doit pouvoir utiliser tout son timbre pour permettre de faire ressortir le désespoir et la violence quand le compositeur le demande[19],[20].
  • Daland, un capitaine norvégien (basse) : Ce personnage est la figure du père qui même s'il est attiré par l'or, vend sa fille à un marin inconnu, ce rôle est joué par une basse qui doit pouvoir utiliser la technique du Bel canto[21],[20],[22].
  • Senta (soprano) : C'est la fille de Daland, c'est un être qui fuit la réalité et préfère le surnaturel. Son rôle est joué par une soprano possédant une grande tessiture (du Si bémol grave au Si aigu), ce rôle exigeant nécessite d'être interprété par une grande voix de soprano lyrique[19],[20].
  • Erik (ténor) : C'est un chasseur et aussi le fiancé de Senta, il est l'incarnation de l'amour « banal », ce rôle doit être joué par un ténor lyrique[21].
  • Mary (mezzo-soprano) : C'est la nourrice de Senta, bien que son rôle soit court, il nécessite une voix d'alto puissante[21].
  • Le pilote de Daland (ténor) : Le pilote a une grande importance psychologique, c'est le gardien des hommes. Au niveau musical son rôle n'apporte que du beau chant et des mélodies apaisantes, il doit être interprété par un ténor léger (jusqu'au Si bémol aigu)[21],[22].
  • Matelots norvégiens, l’équipage du Hollandais volant, jeunes filles.

Orchestration[modifier | modifier le code]

L'effectif orchestral comprend : 1 piccolo, 2 flûtes, 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes, 2 bassons ; 4 cors, 4 trompettes, 3 trombones, 1 tuba ; timbales, machine à vent, tam-tam ; harpe, violons, altos, violoncelles, contrebasses[23].

Instrumentation de Der Fliegende Holländer[23]
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses, harpe

Bois
1 piccolos, 2 flûtes, 2 hautbois, 1 cor anglais

2 clarinettes en si ♭, 2 bassons

Cuivres
4 cors en mi ♭, 4 trompettes

3 trombones, 1 tuba

Percussions
timbales, tam-tam, machine à vent

Argument[modifier | modifier le code]

Le prélude est remarquable ; c'est la première fois que Wagner emploie réellement et avec brio le leitmotiv dans une ouverture d'opéra dont la fonction sera dorénavant de résumer l'action. Le prélude commence ex abrupto par le motif vif, féroce, et orageux du Hollandais Volant, l'orchestration atteint déjà un degré de fureur incroyable. Mais le navire mouille sur une côte et l'orchestre s'apaise peu à peu. Le motif du Hollandais est réexposé piano: il espère briser la malédiction. Introduction du motif de Senta (extrait de sa "ballade")[24].

Acte I[modifier | modifier le code]

Pris dans une tempête, le vaisseau norvégien de Daland est obligé de mouiller dans une baie de la côte norvégienne loin de leur village, alors que Daland se voyait déjà retourner auprès de sa fille Senta. Laissant son pilote (Steuermann) veiller, Daland va se reposer.

Le vaisseau maudit du Hollandais arrive, et celui-ci, dans un grand air très dramatique, se désespère de son sort qui l'oblige à errer sans cesse sur les océans pour l'éternité, à moins qu'une femme ne soit capable de l'aimer de manière absolue, jusque dans la mort s'il devait en être ainsi. Sur ces entrefaites, Daland se réveille, remarque l'arrivée du vaisseau du Hollandais, et sermonne son pilote qui s'était entretemps endormi.

Daland et le Hollandais se saluent ; dans la discussion le Hollandais mentionne les richesses que transporte son bateau, éveillant aussitôt l'avidité de Daland. Cependant, pour obtenir ses richesses, Daland devra lui donner sa fille en mariage[24].

Acte II[modifier | modifier le code]

Au village, les femmes attendent le retour des marins. Senta chante la complainte du Hollandais volant, condamné à errer éternellement sur les mers. Elle ne cesse de penser à lui, malgré les mises en garde de Mary.

Sur ce, Daland est de retour, bientôt suivi par le Hollandais. Malgré les protestations de son fiancé, Erik le chasseur, Senta décide d'épouser le Hollandais par pitié pour ses souffrances[24].

Acte III[modifier | modifier le code]

Erik essaie une dernière fois de convaincre Senta de renoncer à ce mariage, en lui rappelant leurs engagements. Senta doute un peu, et sur ces entrefaites le Hollandais arrive et croit que Senta, elle aussi, lui est infidèle.

Il appareille alors précipitamment, croyant comprendre que son sort est scellé pour l'éternité, et voulant épargner à Senta la damnation éternelle s'ils se marient et qu'elle lui soit infidèle par la suite. Dans un ultime geste de fidélité, Senta se jette du haut de la falaise, permettant ainsi la rédemption du Hollandais et leur union dans l'éternité[24].

Analyse musicale[modifier | modifier le code]

Structure[modifier | modifier le code]

L'opéra est composé d'une ouverture et de trois actes, chacun subdivisé en plusieurs scènes [25]:

  • Ouverture
  • Acte I :
    • no 1 - Introduction
    • no 2 - Récitatif et air
    • no 3 - Scène, duo et chœur
  • Acte II :
    • no 4 - Scène, chanson et ballade
    • no 5 - Duo
    • no 6 - Finale
  • Acte III :
    • no 7 - Scène et chœur
    • no 8 - Finale

Ouverture[modifier | modifier le code]

L'ouverture de l'opéra est la dernière partie à être composée, elle se veut un résumé de l'opéra. Elle dure une douzaine de minutes et sa forme en trois parties est facilement distinguable[21].

Partitions du motif musical du Hollandais
(Premier) Leitmotiv du Hollandais.

Les mesures 1 à 96 présentent les leitmotive qui sont attachés aux deux personnages principaux. Le début en ré mineur accompagné seulement d'une quinte, on ne connait alors pas dans ces premières mesures le mode exacte de l'œuvre (cette quinte peut être accompagné d'une tierce majeure ou mineur), ce début symbolise les tribulations du Hollandais et il reviendra précédé chaque apparition du vaisseau fantôme[21]. À la mesure 3, le motif du Hollandais est exposé pour la première fois par les cors et bassons, en nuance forte, molto marcato, le motif est seulement construit sur des intervalles de quarte et de quinte, ces intervalles caractéristiques suffiront bien souvent à évoquer le personnage du Hollandais[26].

Ensuite, viennent sept mesures de chromatisme ascendant jouées par les cordes graves en crescendo qui amènent un fortissimo annonçant la tempête qui va arriver. À la mesure 26 apparaît le leitmotiv associé a l'errance du Hollandais, suivit quelques mesures après de nouveau par le motif du Hollandais (de la mesure 3). Puis avec douceur, un cor solo soutenu par des bois joue une mélodie qui sera le motif de la délivrance associé à Senta[26].

Partitions du motif musical de la Délivrance
Leitmotiv de la Délivrance (ou du Salut), associé à Senta.

La seconde partie de l'ouverture s'étend des mesures 97 à 321, c'est un développement des motifs exposés dans la première partie de l'introduction. De nombreux autres motifs qui seront développés dans l'opéra y sont également exposés. Comme le leitmotiv du découragement, ou celui des chants de marins que nous retrouverons au début de l'acte III. Puis réapparait le motif de la délivrance à quatre reprises dans une nuance fortissimo et en ritenuto, alors Senta apparait sur scène et met un terme au développement du motif et annonce la partie conclusive de l'ouverture[26].

La troisième partie de l'ouverture débute à la mesure 322 avec un changement d'armure. Durant plusieurs mesures les motifs de la délivrance et de l'errance du Hollandais vont s'enchaîner (en ré majeur et ré mineur), signifiant l'accomplissement de la légende, ce qui reviendra à la fin du l'opéra dans le finale du troisième acte[27].

Acte I[modifier | modifier le code]

Le premier acte de l'opéra est divisé en trois parties (chacune correspondante à une scène), d'abord la no 1 : Introduction puis la no 2 : Récitatif et air et la no 3 - Scène, duo et chœur[25].

Introduction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Souhait marin.

Le premier acte s'ouvre avec une première partie intitulée Introduction, celle-ci peut-être divisée en trois parties[25].

Partition du chœur des marin de la scène 1 de l'acte I
Chœur des marins dans l'acte I (Introduction).

Le première partie de la scène débute par des accents joués par les cuivres et un grondement des cordes en trémolo. Après plusieurs gammes chromatiques, le chœur répète longuement des syllabes sur une cellule rythmique (« Ho__ He!__, He!__ Ja!__ ») rappelant le leitmotiv de la Délivrance, le chœur conclut cette intervention en fa majeur (dominante du ton principal)[27].

Daland (le capitaine du vaisseau norvégien) arrive alors sur scène pour exprimer son dépit d'avoir été emporté par la tempête, il s'exclame « Verwünscht » (« Malédiction! »)[28] sur un saut de quarte qui relance le début du leitmotiv du Hollandais. La ligne mélodique est répétée alors que l'orchestre gronde toujours un souvenir de la tempête[27]. Daland abandonne la garde du vaisseau au Pilote pour aller se reposer. Le Pilote s'abandonne à le rêverie dans un chant a cappella s'articulant en trois parties : « Mit Ge wot ter une Stum aux fer n'en Meer, mien Mädel bin dit nah! » (« Par les orages et les tempêtes, du confin des mers, ma mie, je fais route vers toi! »)[28]

La deuxième partie commence dans un tempo plus rapide avec un accompagnement aux cordes, les thèmes évoquent une trame populaire, Wagner a avoué s'être inspirer de chansons folkloriques pour la composition de certaines mélodies[27].

Le troisième partie débute par neuf mesures de réminiscences du chant d'entrée des marins (« Ho__ He!__, He!__ Ja!__ »). Ensuite, l'atmosphère s'assombrit, les signes prémonitoires du sombre futur apparaissent, la voix atteint la note la plus aigüe de sa tessiture (si bémol) et l'orchestre enchaine les gammes chromatiques dans des crescendo puis dans un fortissimo Le cor en solo, lance alors le motif da la future danse des marins (Acte III, Scène 1)[27]. Le Pilote entame ensuite la deuxième strophe de son chant, la thématique est identique à la première[28], mais l'orchestre continue à être agité par des gammes chromatiques. Le leitmotiv du Hollandais réapparait joué par les cors et les bassons en si mineur[27]. Puis repris fortissimo par tous les cuivres, deux mesures plus tard explose un fort coup de tam-tam, s'en suit un decrescendo rapide, la reprise de la danse des marins, la reprise du chant des marins du début de l'acte et de nouveau le leitmotiv du Hollandais joué doucement aux trompettes puis aux cors[29].

Récitatif et air[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Complainte du Hollandais.

La scène 2 du premier acte est constitué d'une partie intitulée : no 2 - Récitatif et air[30].

Le personnage du Hollandais sort de l'ombre progressivement (1er pas à la mesure 1, 2e pas à la mesure 3, 3e pas à la mesure 8), l'orchestre joue des accents, on y distingue un motif aux cordes graves, un avatar du leitmotiv de l'errance du Hollandais, la musique reste ambiguë constituée principalement de l'intervalle de septième diminuée (tierce mineur, quarte triton)[29].

La ligne mélodique du Hollandais se dégage alors, d'abord instable et hasardeuse. Le récitatif va s'animer avec le più moto quand le Hollandais va s'adresser à l'océan (saut de quarte sur les mots « dein Trotz », « ton obstination »)[30], après 8 mesures allegro la voix se brise et le récitatif est terminé[29].

À la suite de ce récitatif débute l'air écrit en do mineur et s'articulant en quatre parties suivant la pensée du Hollandais : la quête de mort, l'interrogation fervente, la vanité de l'espérance et l'unique espoir de salut dans l'anéantissement de l'univers[25].

Partition du leitmotif de l'errance du Hollandais
Leitmotiv de l'Errance du Hollandais.

La première partie est noté en allegro molto agitato, les cordes jouent des doubles cordes et le leitmotiv de l'errance du Hollandais va s'enchaîner avec le leitmotiv du Hollandais. Le Hollandais a alors une ligne mélodique sur un arpège descendant de do mineur[29]. La phrase est en deux périodes de huit mesures, la première conclut sur la dominant (sol mineur) et la seconde offre une modulation inattendu en sol bémol majeur. Après avoir secoué la tonalité, Wagner met en place une pédale de dominante qui assure le retour en do mineur, dans lequel se termine en pianissimo la première partie de l'air du Hollandais[29].

« Le salut que je recherche à terre, jamais
je ne le trouverai! -A vous, vagues des océans du monde,
je resterai fidèle, jusqu'à ce que se brisera dernière des vôtres,
et que s'assèche sa dernière écume ! [31] »

La deuxième partie est un maestoso en la bémol mineur, elle possède une ligne mélodique simple (« Dich fraye ich, gepriesner Engel Gottes » - « Je me tourne vers toi, ange sublime de Dieu »)[30], un crescendo sur un accord de la bémol mineur ouvre ensuite la brève troisième partie (« Vergebne Hoffnung! »). Un dernier mot : « Getan » fait éclater à l'orchestre un nouvel accord de la majeur. Quatre mesures après, l'orchestre repasse en nuance piano qui ramène l'orchestre dans des sonorités graves et au ton de do mineur[29].

Le 4e partie de l'air est plus développée, le Hollandais exprime son dernière espoir de rédemption dans un molto passionato. La mélodie, assez lente, s'élève par palier pour atteindre son premier sommet expressif sur les mots : « Nur sine Hoffung » (« Un seul espoir »)[30]. Ceci est suivi d'un allusion au jour de la résurrection des morts avec un nouveau climax sur les deux dernières phrases du Hollandais. Les dernières paroles du Hollandais sont reprises pianissimo par l'équipage du Vaisseau fantôme (« Éternel anéantissement, emporte nous en ton sein! »[32],[33].

Scène, duo et chœur[modifier | modifier le code]

Acte II[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ballade du Vaisseau fantôme.

L'acte II de l'opéra est aussi divisé en trois parties (chacune correspondante à une scène), la no 4 : Scène, chanson et ballade, la no 5 : Duo et la no 6 - Finale[25].

Acte III[modifier | modifier le code]

Le troisième acte de l'opéra est divisé en deux parties (chacune correspondante à une scène), la no 7 : Scène et chœur et la no 8 - Finale (grand finale de l'opéra)[25].

Leitmotive[modifier | modifier le code]

Le leitmotiv[34] est l'une des grandes innovations que Wagner a amené à l'opéra[35], signifiant « motif conducteur », il n'en invente pas l'idée, mais lui donne tout son sens[36]. Il associe un thème ou une phrase musical à un personnage, un objet ou à un sentiment et celui-ci réapparait au fur et à mesure de l'œuvre. Wagner le veut court et simple pour qu'il soit facile à mémoriser[36].

Le premier leitmotiv à être exposé dans l'œuvre est le motif du Hollandais (à la mesure 3), celui-ci reviendra ensuite de manière fréquente tout au long de l'opéra, associé au personnage de l'Hollandais qui possède également d'autres leitmotive, comme celui de l'errance du Hollandais qui apparait quelques mesures plus tard. Juste après, le leitmotiv de la délivrance associé à Senta est exposé, on le retrouvera dans la Ballade de Senta (Acte II, Scène 1)[26]. Plusieurs leitmotive sont exposés rapidement dans l'ouverture de l'opéra (qui se veut une synthèse de l'œuvre), ils seront développés tout au long de l'opéra. Nous retrouvons donc dans la seconde partie de l'ouverture, les motifs conducteurs associés au marins, au découragement et au désir de la mort[26].

Analyse littéraire[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Réception[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Réutilisation[modifier | modifier le code]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Rôles : le Hollandais volant (H), Senta (S), Daland (D), Erik (E), Mary (M) et le Pilote (P).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement, le « Hollandais volant ».
  2. (en) A Voyage to Botany Bay by George Barrington publié sur le site du Project Gutenberg Australia, chapitre VI Lire en ligne
  3. (fr) Voyage a Botany-Bay, traduction en français sur la 3e édition, publiée an VI (1798) Lire en ligne
  4. Augustin Jal, Scènes de la vie maritime, Charles Gosselin, Paris, 1832
  5. (fr) Daniel Cohen, Encyclopédie des fantômes, Robert Laffont,‎ 1991, p. 294.
  6. a, b et c Guide des opéras de Wagner, p. 62.
  7. a, b et c Wagner : mode d'emploi, p. 55.
  8. « Le Hollandais volant, nouvelle production, La thématique de l'œuvre (page 5) » (consulté le 6 septembre 2014).
  9. « à ce moment, j'avais déjà dans l'esprit un thème qui, sous l'effet de cette impression, prit forme et couleur », Ma vie, Richard Wagner.
  10. a, b, c, d et e Guide des opéras de Wagner, p. 63.
  11. Wagner : mode d'emploi, p. 55.La musique composé par ce compositeur eu très peu de succès et ne fut jouée que 12 fois en 1842.
  12. « il fallait en faire un spectacle en un acte comme en donnait souvent le Grand Opéra avant un ballet, sous la forme de ce qu'on appellé un lever de rideau », Ma vie, Richard Wagner.
  13. « Il me fallut sept semaines pour composer toute la musique du Hollandais volant, orchestration comprise », Ma vie, Richard Wagner.
  14. a, b et c François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 189
  15. « J'avais pensé que ma musique pouvait défendre (l'opéra) toute seule et que les qualités scéniques de mes chanteurs étaient d'importance secondaire... La conclusion qui s'imposa à moi fut qu'il était désormais nécessaire d'apporté un soin plus attentif à l'interprétation dramatique de mes œuvres », Ma vie, Richard Wagner.
  16. Heinrich Heine, (de) Die Memoiren des Herrn von Schnabelewopski, livre I, chapitre VI
  17. a et b Richard Wagner, Ma vie : traduction de Noémi Valentin et Albert Schenk, revue par Jean-François Candoni, Folio,‎ 2013, 528 p. (ISBN 978-2-0704-4764-0), p. 457
  18. Affiche de la première
  19. a et b Guide des opéras de Wagner, p. 64.
  20. a, b et c Wagner : mode d'emploi, p. 60.
  21. a, b, c, d, e et f Guide des opéras de Wagner, p. 65.
  22. a et b Wagner : mode d'emploi, p. 61.
  23. a et b « Le vaisseau fantôme de Wagner », sur opera-online.com (consulté le 24 août 2014).
  24. a, b, c et d « Argument de Der Fliegende Hollander, Le vaisseau fantôme de Wagner », sur livretpartition.com (consulté le 6 septembre 2014).
  25. a, b, c, d, e et f Guide des opéras de Wagner, argument de l'opéra.
  26. a, b, c, d et e Guides des opéras de Wagner, p. 66.
  27. a, b, c, d, e et f Guide des opéras de Wagner, p. 67.
  28. a, b et c Guide des opéras de Wagner, p. 34.Livret de l'opéra du Vaisseau fantôme.
  29. a, b, c, d, e et f Guide des opéras de Wagner, p. 68.
  30. a, b, c et d Guide des opéras de Wagner, p. 35Argument de la scène 2 de l'acte I.
  31. Guide des opéras de Wagner, p. 35.Extrait de la traduction de La Complainte de l'Hollandais par Philippe Godefroid (argument de l'opéra).
  32. Guides des opéras de Wagner, p. 36.Argument de l'opéra traduction par Philippe Godefroid.
  33. Guide des opéras de Wagner, p. 69.
  34. Le terme « Leitmotiv » n'est pas de Wagner, mais de son ami Hanz von Wolzogen. Wagner préfère utiliser le terme « Grundthema » (« Thème fondamental » ou « motif fondamental »), cependant il approuve le terme « leitmotiv ».
  35. Wagner : Mode d'emploi, p. 42 à 45.Qu'est ce qu'un leitmotiv ?
  36. a et b « Le Hollandais volant, nouvelle production, Le leitmotiv Wagnèrien (page 15) » (consulté le 6 septembre 2014).
  37. a et b Guide des opéras de Wagner, p. 81.
  38. Guide des opéras de Wagner, p. 82.
  39. a et b Guide des opéras de Wagner, p. 83.
  40. a et b Guide des opéras de Wagner, p. 84.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Michel Pazdro (dir.), Jean Cabourg, Christophe Capacci, Michel Debrocq, Pierre Flinois, Philippe Godefroid, Stéphane Goldet, François Grandsir, Piotr Kaminski, Lucie Kayas, Fernand Leclercq, Alain Poirier, Pascale Saint-André, Dominique Jameux, Dennis Collins, Françoise Ferlan, Georges Pucher et Dominique Sila, Guide des opéras de Wagner : Livrets — Analyses — Discographies, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique »,‎ 25 novembre 1998, 910 p. (ISBN 9782213020761) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Xavier Lacavalerie, Richard Wagner, Actes Sud,‎ 1997 (ISBN 9782742756995)
  • Christian Merlin, Wagner, mode d'emploi,‎ 2002 (ISBN 9782843851933) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Martin Gregor-Dellin, Richard Wagner, traduit de l'allemand par Odile Demange, Jean-Jacques Becquet, Elisabeth Bouillon et Pierre Cadiot, Fayard,‎ 1981
  • Guy de Pourtalès, Wagner, histoire d'un artiste, Gallimard,‎ 1910
  • Richard Wagner, Ma vie, Paris, Buchet-Chastel,‎ 1983, (traduction de Martial Hulot) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]