Der Fliegende Holländer

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Le Vaisseau fantôme ou Le Hollandais volant

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Der Fliegende Holländer
Le Vaisseau fantôme
Image décrite ci-après
Richard Wagner en 1842

Genre opéra
Nbre d'actes 3
Musique Richard Wagner
Livret Richard Wagner
Langue
originale
allemand
Sources
littéraires
Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski de Heinrich Heine
Durée
approximative
environ 2 heures 15
Dates de
composition
1840-1841
Création 2 janvier 1843
Königlich Sächsisches Hoftheater, Dresde, Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe,
Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique
Création
française
1893
Opéra de Lille
Personnages

Der Fliegende Holländer[1] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter — en français, Le Vaisseau fantôme — est un opéra allemand de Richard Wagner, créé en 1843.

Quatrième opéra de Wagner et premier de ses dix opéras majeurs, il marque encore une transition entre le style dominant de l'opéra de la première moitié du XIXe siècle et la révolution formelle à laquelle aspirait le compositeur; on y retrouve cependant déjà certains des grands thèmes de l'univers wagnérien, l'errance, l'arrivée d'un personnage inconnu, le sacrifice, la rédemption par l'amour.

L'opéra fut créé le 2 janvier 1843 à Dresde.

En 1860, Wagner révisera partiellement la partition, notamment le finale, afin d'insister sur l'idée de rédemption (à la manière de Tristan).

Il dure entre deux heures et deux heures trente, sans interruption.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'opéra fut créé le 2 janvier 1843[2] à Dresde sous la direction du compositeur, avec Wilhelmine Schröder-Devrient dans le rôle de Senta[2].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

Maison de Meudon en France où fut achevé l'opéra
  • Le Hollandais (baryton-basse) : Ce personnage vit dans un univers mythique, de ses colères ressort un sentiment de lassitude, le rôle est fait pour un baryton capable de monter dans les aïgues, l'interprète doit pouvoir utiliser tout son timbre pour permettre de faire ressortir le désespoir et la violence quand le compositeur le demande[6].
  • Daland, un capitaine norvégien (basse) : Ce personnage est la figure du père qui même s'il est attiré par l'or, vend sa fille à un marin inconnu, ce rôle est joué par une basse qui doit pouvoir utiliser la technique du Bel canto[7].
  • Senta (soprano) : C'est la fille de Daland, c'est un être qui fuit la réalité et préfère le surnaturel. Son rôle est joué par une soprano possédant une grande tessiture (du Si bémol grave au Si aigu), ce rôle exigeant nécessite d'être interprété par une grande voix de soprano lyrique[6].
  • Erik (ténor) : C'est un chasseur et aussi le fiancé de Senta, il est l'incarnation de l'amour « banal », ce rôle doit être joué par un ténor lyrique[7].
  • Mary (mezzo-soprano) : C'est la nourrice de Senta, bien que son rôle soit court, il nécessite une voix d'alto puissante[7].
  • Le pilote de Daland (ténor) : Le pilote a une grande importance psychologique, c'est le gardien des hommes. Au niveau musical son rôle n'apporte que du beau chant et des mélodies apaisantes, il doit être interprété par un ténor léger (jusqu'au Si bémol aigu). [7].
  • Matelots norvégiens, l’équipage du Hollandais volant, jeunes filles

Orchestration[modifier | modifier le code]

L'effectif orchestral comprend : 1 piccolo, 2 flûtes, 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes, 2 bassons ; 4 cors, 4 trompettes, 3 trombones, 1 tuba ; timbales, machine à vent, tam-tam ; harpe, violons, altos, violoncelles, contrebasses[8].

Argument[modifier | modifier le code]

Le prélude est remarquable ; c'est la première fois que Wagner emploie réellement et avec brio le leitmotiv dans une ouverture d'opéra dont la fonction sera dorénavant de résumer l'action. Le prélude commence ex abrupto par le motif vif, féroce, et orageux du Hollandais Volant, l'orchestration atteint déjà un degré de fureur incroyable. Mais le navire mouille sur une côte et l'orchestre s'apaise peu à peu. Le motif du Hollandais est réexposé piano: il espère briser la malédiction. Introduction du motif de Senta (extrait de sa "ballade")

Acte I[modifier | modifier le code]

Pris dans une tempête, le vaisseau norvégien de Daland est obligé de mouiller dans une baie de la côte norvégienne loin de leur village, alors que Daland se voyait déjà retourner auprès de sa fille Senta. Laissant son pilote (Steuermann) veiller, Daland va se reposer.

Le vaisseau maudit du Hollandais arrive, et celui-ci, dans un grand air très dramatique, se désespère de son sort qui l'oblige à errer sans cesse sur les océans pour l'éternité, à moins qu'une femme ne soit capable de l'aimer de manière absolue, jusque dans la mort s'il devait en être ainsi. Sur ces entrefaites, Daland se réveille, remarque l'arrivée du vaisseau du Hollandais, et sermonne son pilote qui s'était entretemps endormi.

Daland et le Hollandais se saluent ; dans la discussion le Hollandais mentionne les richesses que transporte son bateau, éveillant aussitôt l'avidité de Daland. Cependant, pour obtenir ses richesses, Daland devra lui donner sa fille en mariage.

Acte II[modifier | modifier le code]

Au village, les femmes attendent le retour des marins. Senta chante la complainte du Hollandais volant, condamné à errer éternellement sur les mers. Elle ne cesse de penser à lui, malgré les mises en garde de Mary.

Sur ce, Daland est de retour, bientôt suivi par le Hollandais. Malgré les protestations de son fiancé, Erik le chasseur, Senta décide d'épouser le Hollandais par pitié pour ses souffrances.

Acte III[modifier | modifier le code]

Erik essaie une dernière fois de convaincre Senta de renoncer à ce mariage, en lui rappelant leurs engagements. Senta doute un peu, et sur ces entrefaites le Hollandais arrive et croit que Senta, elle aussi, lui est infidèle.

Il appareille alors précipitamment, croyant comprendre que son sort est scellé pour l'éternité, et voulant épargner à Senta la damnation éternelle s'ils se marient et qu'elle lui soit infidèle par la suite. Dans un ultime geste de fidélité, Senta se jette du haut de la falaise, permettant ainsi la rédemption du Hollandais et leur union dans l'éternité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement, le « Hollandais volant ».
  2. a et b François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 189
  3. Heinrich Heine, (de) Die Memoiren des Herrn von Schnabelewopski, livre I, chapitre VI
  4. a et b Richard Wagner, Ma vie : traduction de Noémi Valentin et Albert Schenk, revue par Jean-François Candoni, Folio,‎ 2013, 528 p. (ISBN 978-2-0704-4764-0), p. 457
  5. Affiche de la première
  6. a et b Guide des opéras de Wagner, p. 64.
  7. a, b, c et d Guide des opéras de Wagner, p. 65.
  8. « Le vaisseau fantôme de Wagner », sur opera-online.com (consulté le 24 août 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Pazdro (dir.), Jean Cabourg, Christophe Capacci, Michel Debrocq, Pierre Flinois, Philippe Godefroid, Stéphane Goldet, François Grandsir, Piotr Kaminski, Lucie Kayas, Fernand Leclercq, Alain Poirier, Pascale Saint-André, Dominique Jameux, Dennis Collins, Françoise Ferlan, Georges Pucher et Dominique Sila, Guide des opéras de Wagner : Livrets — Analyses — Discographies, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique »,‎ 25 novembre 1998, 910 p. (ISBN 9782213020761)
  • Xavier Lacavalerie, Richard Wagner, Actes Sud,‎ 1997
  • Christian Merlin, Wagner, mode d'emploi,‎ 2002
  • Jean Claude Berton, Richard Wagner et la tétralogie,‎ 1986

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]