Departamento Administrativo de Seguridad

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Le Departamento Administrativo de Seguridad ((en français : « Département Administratif de Sécurité »), DAS) est un service de renseignement colombien fondé en 1953 et dissous le 31 octobre 2011[1].

Ses attributions sont relativement étendues: renseignement intérieur et extérieur, missions de police et anti-terrorisme, contrôle des flux migratoires. Ce service est dirigé depuis août 2007 par Maria del Pilar Hurtado Afanador, la première femme à occuper ce poste, qui a remplacé Jorge Noguera, impliqué dans le scandale de la parapolitique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le prédécesseur du DAS, dénommé Servicio de Inteligencia Colombiano (Service de renseignements colombien, SIC) a été créé en 1953. En 1960, il est renommé Departamento Administrativo de Seguridad, dans le cadre de changements institutionnels importants ayant lieu lors de la Violencia.

Le 6 décembre 1989, un camion piégé a explosé devant le bâtiment du DAS à Bogota, faisant 50 morts et plus de 600 blessés, et des dégâts matériels importants, sur la façade du bâtiment visé et ceux environnants. Il fut attribué au cartel de Medellín dans le cadre du « narcoterrorisme », véritable guerre déclarée à l'État colombien par Pablo Escobar et Gonzalo Rodríguez Gacha "El Mexicano", qui avaient déjà essayé de tuer le chef du DAS, Miguel Maza Marquez, quelques mois plus tôt.

Scandale de la parapolitique[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 2005, Jorge Noguera, directeur du DAS, est destitué de ses fonctions et interdit de poste officiel pour une durée de 18 ans. Il était accusé d'avoir mis le DAS au service des groupes paramilitaires (notamment Rodrigo Tovar Pupo alias "Jorge 40") et de liens avec les narcotrafiquants (scandale dit de la parapolitique), ainsi que « d'augmentation injustifiée de son patrimoine »[2]. Il aurait de plus utilisé le service pour bloquer les investigations sur lui ou ses associés.

Début 2006, Andrés Peñate Giraldo le remplace, et mène une politique d'assainissement du service pour restaurer la confiance qu'il avait perdu et assurer qu'il n'y a pas d'« infiltration paramilitaire ». Pour cela il met en place des tests avec polygraphe, la création d'une commission d'enquête, la réforme de la partie contre-espionnage du DAS, et des investigations poussés des plus hautes autorités judiciaires du pays[3]. Il reste à ce poste jusqu'en août 2007, où il est remplacé par Maria del Pilar Hurtado Afanador.

Symboles[modifier | modifier le code]

La devise du DAS est « Lealtad, Valor y Honradez » (Loyauté, Bravoure et Intégrité) qui figure sur le blason. Ce blason compte également une torche, une clé et la balance de la justice formée avec une épée, sur un fond bleu ciel et blanc.

Fonctions[modifier | modifier le code]

  • Produire le renseignement d'État pour le gouvernement et formuler des politiques dans le secteur administratif en matière de renseignement pour garantir la sécurité nationale intérieure et extérieure de l'État colombien.
  • Participer aux politiques décidées par le gouvernement en matière de sécurité.
  • Rechercher l'information dans les champs nationaux et internationaux en relation avec la sécurité nationale, avec la production de renseignement d'État, pour appuyer la Présidence de la République dans la formulation de politiques et la prise de décisions.
  • Participer à l'élaboration de l'Agenda de Requerimientos de Inteligencia de Estado proposée par la Présidence de la République.
  • Diriger l'activité de renseignement stratégique de l'État dans les champs nationaux et internationaux.
  • Coordonner l'échange d'informations et la coopération avec les autres organismes nationaux et internationaux agissant dans des domaines similaires.
  • Mener des actions de contre-espionnage visant à protéger les intérêts de l'État, pour contrer les activités hostiles d'origine intérieure ou extérieure.
  • Réaliser les études de sécurité et de fiabilité des hauts fonctionnaires du gouvernement.
  • Coordonner avec le ministère des Relations Extérieures et d'autres institutions de l'État la détermination de la politique migratoire.
  • Exercer le contrôle migratoire de la population nationale et des ressortissants étrangers et tenir un registre d'identification des étrangers.
  • Exercer des fonctions de police judiciaire, en coordination avec le bureau du procureur général (Fiscalía General de la Nación), pour mener des investigations de caractère criminel, en relation avec la nature et le but des institutions.
  • Tenir les fichiers d'identification des criminels et délinquants, et délivrer les certificats judiciaires (le certificat judiciaire est un document officiel nécessaire notamment pour obtenir des visas, voyager à l'étranger, postuler à certains emplois, obtenir le droit de porter une arme ou autres formalités administratives).
  • Agir comme Office Central National (OCN) d'Interpol dans l'échange d'informations, l'assistance réciproque, conformément aux prescriptions et statuts établis.
  • Assurer la sécurité du Président de la République et de sa famille, du vice-président et de sa famille, des ministres et des anciens présidents.
  • Former et spécialiser les fonctionnaires du Département et des candidats, ainsi que d'autres fonctionnaires de l'État colombien, d'autres gouvernements ou d'organismes multilatéraux, dans le cadre de la culture de renseignement global et de la coopération internationale.
  • Toute autre fonction que lui assigne la loi.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Delcas, « En Colombie, le président Santos démantèle les services de renseignements, compromis par plusieurs scandales », Le Monde,‎ 3 novembre 2011, p. 4
  2. Articulo OnLine Archivado Procuraduría destituyó y suspendió por 18 años a Jorge Noguera por «parapolítica»
  3. :: Sne ::

Liens externes[modifier | modifier le code]