Raymond Depardon

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Raymond Depardon (né le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône, Rhône, France) est un photographe, réalisateur, journaliste et scénariste français, considéré comme l'un des maîtres du film documentaire[réf. nécessaire]. Il est membre de Magnum Photos depuis 1979[1].

Sommaire

[modifier] Biographie

Raymond Depardon s'intéresse très tôt à la photographie et prend ses premiers clichés dans la ferme familiale du Garet[2]. Lucien dune lui transmet son savoir. Après son certificat d'études, il devient apprenti dans une boutique de photographie de Villefranche-sur-Saône[3] avant de suivre par correspondance des cours de photographie[4] et d'installer un petit laboratoire de photographie dans la ferme de ses parents[5]. En octobre 1958, il devient l'assistant de Louis Foucherand à Paris[6]. Mais en 1959 ce photographe s'associe avec Louis Dalmas pour fonder l'agence Dalmas et ne peut alors le garder comme employé ; Raymond Depardon devient alors pigiste de cette agence[7] et finit à force de persévérance[8] par être reconnu comme photographe : en août 1960, alors qu'il n'a que dix-huit ans, Dalmas lui propose de partir au Sahara avec un forfait de 800 francs pour suivre une expédition cherchant à étudier la résistance du corps humain à la chaleur[9].

En arrivant l'expédition est confrontée à un fait divers : quelques jeunes appelés du contingent qui, le jour du 15 août, étaient partis chasser la gazelle et qui se sont perdus[10]. Les membres de l'expédition partent à leur recherche, escortés de militaires et de médecins de l'hôpital américain. Il les ont trouvés et ont pu en sauver trois sur sept. Raymond a photographié « l'événement ». Ensuite, à leur arrivée à Tabalbala, le capitaine de la légion a fait appeler Depardon dans son bureau et lui a dit « il faut que vous me donniez vos films ». Quelques mois plus tôt, on lui avait appris à l'agence Dalmas qu'il ne devait jamais donner ses films à la police[réf. souhaitée]. À son retour, son reportage fait la une de France-Soir et de Paris-Match. Raymond Depardon devient alors reporter salarié au sein de l'agence Dalmas[11].

Raymond Depardon couvre ensuite les conflits (Algérie et Viêt Nam) mais aussi des sujets d'actualité, et traque les « people » comme un authentique « paparazzo ».

En 1966, il fonde avec Gilles Caron l'agence Gamma[1].

En 1969, il filme pour l'agence Gamma la cérémonie en l'honneur de Jan Palach, jeune tchèque qui s'est immolé par le feu pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie[12].

Parallèlement à son travail de photographe, il commence dès 1963 à réaliser des documentaires.

En 1974, à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, il tourne un film sur sa campagne électorale. Sa projection sera longtemps refusée par le nouveau Président, et ce n'est qu'en février 2002 que 1974, une partie de campagne est diffusé à la télévision et au cinéma. Son titre initial était 50,81%, le pourcentage des voix obtenu par Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle.

En 1978, il rejoint l'agence Magnum[1].

En 1979, il se rend en Afghanistan où il suit pendant cinq semaines une colonne de maquisards. Ses photos et les textes qui les accompagnent sont publiés sous le titre de Notes chez Arfuyen. La même année son premier long métrage "Numéro Zéro" pour lequel il reçoit le prix Georges Sadoul.

En 1981, son film Reporters reste sept mois à l'affiche du cinéma Quartier Latin[1].

Il reçoit le Grand Prix national de la photographie en 1991[1].

À partir de 1998, il travaille à une trilogie sur le monde paysan.

Début 2006, Depardon expose à la Maison européenne de la photographie à Paris ses portraits de personnalités politiques. La même année, il est le commissaire invité des Rencontres internationales de la photographie d'Arles (37es du nom) du 4 juillet au 17 septembre 2006.

Le 12 décembre 2008, il est honoré du prix Louis-Delluc pour son film Profils paysans, la vie moderne.

[modifier] Œuvre cinématographique

Depardon a touché à presque tous les genres du documentaire et réalisé de nombreux films importants, portant son regard humaniste aussi bien au Tchad - son film de 1989, La Captive du désert, met en scène Sandrine Bonnaire dans le rôle de l'archéologue Françoise Claustre, une Française qui fut deux ans et demi otage au Tchad d'Hissène Habré et qu'il interviewa pendant sa captivité - que sur un asile psychiatrique, aux urgences, dans les palais de justice ou sur les problèmes du monde paysan dont il est issu.

Deux de ses premiers films suivent le travail de la presse et de ses fournisseurs : Numéros zéro montre les préparatifs d'un nouveau quotidien, Le Matin de Paris ; Reporters suit pendant tout le mois d'octobre 1980 les photographes de l'agence Gamma, entre couverture de l'actualité et chasses aux people pour des clichés de paparazzi.

[modifier] Œuvre photographique

Un des traits les plus caractéristiques de l'œuvre photographique de Raymond Depardon est la revendication de la subjectivité du photographe et de sa volonté de photographier des « temps morts », ce en quoi il se détache de l'école du reportage humaniste européenne de Cartier-Bresson et se rapproche de l'école américaine et des photographes tels que Walker Evans et Robert Frank. Son ouvrage le plus significatif, le recueil Notes publié en 1979, est composé d'une centaine de photographies accompagnées de textes écrits à la première personne, entre l'exigence journalistique (le monde extérieur) et l'autobiographie (le monde intérieur).

Son ouvrage Photographies de personnalités politiques illustre encore cette démarche : Raymond Depardon cherche à photographier les personnalités politiques dans l'authenticité de leur action, en y ajoutant son regard : « Montrer la solitude de la personnalité politique est au centre de mon travail »[13].

Selon lui, l'âge d'or de la photographie politique se situe entre mai 1968 et 1982. C'est l'ère de « la photo de contact ». Il voit dans la période actuelle un retour à la tendance « détestable » des débuts de la Ve République avec le contrôle absolu des responsables de la communication[réf. nécessaire].

[modifier] Filmographie

[modifier] Livres

[modifier] Expositions

[modifier] Distinctions

  • 1981 césar du meilleur documentaire pour REPORTERS
  • 1985 césar du meilleur court métrage
  • 1991 : Grand Prix National de la Photographie[1].
  • 1995 : César du meilleur documentaire pour Délits Flagrants[1].
  • 12 décembre 2008 : prix Louis-Delluc pour Profils paysans, la vie moderne.

[modifier] Sources

  • Raymond Depardon. Fotograaf en filmer/Photographer and Filmmaker, Frits Gierstberg (ed.), Nederlands Fotomuseum/Nederlands Filmmuseum, Rotterdam/Amsterdam, 2005
  • La place et le photographe, film documentaire de Arno Gaillard, 1991, 4 minutes[15].
  • Sami Gnaba, « Raymond Depardon : dans les règles de l’art », Séquences : La revue de cinéma, n° 262, 2009, p. 12-13, lire en ligne.
  • Sami Gnaba « Raymond Depardon : questions humaines », Séquences : La revue de cinéma, n° 262, 2009, p. 14-15, lire en ligne.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Références

  1. a, b, c, d, e, f et g Sa biographie sur le site de l'agence Magnum Photos
  2. Raymond Depardon, La Ferme du Garet, Actes Sud, 1997 (ISBN 2-7427-4285-9), p. 136 
  3. Depardon 1997, p. 132
  4. Depardon 1997, p. 146
  5. Depardon 1997, p. 134
  6. Depardon 1997, p. 184
  7. Depardon 1997, p. 189
  8. Depardon 1997, p. 196
  9. Depardon 1997, p. 200-201
  10. Depardon 1997, p. 202
  11. Depardon 1997, p. 200
  12. Sami Gnaba « Raymond Depardon : questions humaines », Séquences : La revue de cinéma, n° 262, 2009, p. 14-15, http://id.erudit.org/iderudit/1858ac
  13. Michel Guerrin et Claire Guillot, « Depardon, le jeu de jambes du photographe », dans Le Monde, 25 janvier 2006 
  14. La France de Raymond Depardon sur bnf.fr, 2010
  15. La place et le photographe sur forumdesimages.fr
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