Denise Scharley

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Denise Scharley dans Carmen (cliché Harcourt)
Denise Scharley dans Carmen (cliché Harcourt)

Denise Scharley est une cantatrice française, née le à Neuilly-en-Thelle (Oise)[1], et morte le (à 94 ans) à Versailles[2].

Sa voix puissante et profonde, sa tessiture allant du contre-mi grave au si bémol aigu sur une même couleur de timbre et son tempérament de tragédienne, lui ont permis d'aborder autant les rôles de mezzo-soprano que de contralto.

Biographie[modifier | modifier le code]

Denise Scharley sort en 1942 du Conservatoire de Paris avec trois premiers prix pour débuter à l'Opéra-Comique le 29 novembre suivant dans le rôle de Geneviève de Pelléas et Mélisande. Son répertoire semble constitué: Mignon, Charlotte, Carmen… Dès la fin de la guerre, elle reçoit des engagements des grandes scènes étrangères. La Suisse, la Hollande, l'Angleterre, la Belgique, l'Espagne, l'Allemagne l'applaudissent. Sensible à son timbre rare et à son intensité dramatique qu'elle dégage, l'Italie la réclame aussi. Naples, Bologne, Rome pour Pelléas et Mélisande, puis Carmen en avril 1947, auprès de Mario Del Monaco, partenaire qu'elle retrouvera pour Samson et Dalila au Palais Garnier en 1960.

Son mariage avec Jacques Hivert, baryton de l'Opéra-Comique, et la naissance de deux enfants, Sylvie et Gérard en 1948 et 1949, l'ayant momentanément éloignée de la scène, elle quitte la salle Favart pour le théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Une année durant laquelle elle est titulaire du rôle de Carmen et qui précède son engagement à l'Opéra de Paris en 1951 dans Maddelena de Rigoletto. Elle y chante les principaux rôles de mezzo ou contralto. Le 21 juin 1957, elle crée le rôle de Mme de Croissy (l'ancienne prieure) dans Dialogues des carmélites de Francis Poulenc. Parallèlement, elle poursuivit une brillante carrière à l'étranger, principalement en Europe[3].

Dès lors, elle y assure une activité considérable, abordant entre autres Amnéris (Aïda), Mary (Vaisseau fantôme), Carmen toujours dans la production de Raymond Rouleau et Ulrica (Un ballo in maschera) de 1958 à 1966 auprès de Régine Crespin ou Jon Vickers, dans la mise en scène de Margherita Wallmann. De Wagner, elle chantera aussi Fricka de La Walkyrie, Erda dans Siegfried et la Première Norne dans La Crépuscule des Dieux (Régine Crespin et Rita Gorr étant les deux autres) dans la Tétralogie dirigée en 1958 par Hans Knappertsbusch.

Lors de la création française d'Obéron de Carl Maria von Weber en 1954, elle est Puck, sous la baguette d'André Cluytens, puis le jeune David, lors de la présentation scénique de l’œuvre sacrée d'Arthur Honegger, Le Roi David en octobre 1960. En 1972, elle est à nouveau Mme de Croissy dans la nouvelle production des Dialogues des carmélites, signée Raymond Rouleau.

À Genève, elle a aussi l'occasion d'aborder le répertoire russe, comme La Dame de pique ou La Khovantchina. C'est en 1983, après une série de représentations de Ondine de Jean Yves Daniel-Lesur au théâtre des Champs-Élysées puis de Faust à la Halle aux Grains de Toulouse[4] que la cantatrice fait ses adieux à la scène.

Au cours d'une carrière s'étendant sur plus de quarante ans, Denise Scharley a ainsi occupé une place de premier plan au sein des artistes lyriques français. Deux rôles phares l'ont cependant tout particulièrement marquée, valorisant son tempérament dramatique : celui de Mme de Croissy dans Dialogues des carmélites, et celui de Mme Flora dans The Medium de Menotti, à Marseille en 1961 dans une mise en scène d'Antoine Bourseiller, puis salle Favart (un film sera d'ailleurs tourné pour la télévision en 1968 par le compositeur lui-même, avec Lila De Nobili pour les décors et les costumes).

Répertoire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF no FRBNF139322463.
  2. « Décès de Denise Scharley », sur forumopera.com, Forum Opéra,‎ 29 juillet 2011 (consulté le 29 juillet 2011).
  3. Jean Gourret (dir.), Dictionnaire des cantatrices de l'Opéra de Paris, Albatros, 1987, 320 p. (ISBN 2-7273-0164-2).
  4. Renaud Machart, « Denise Scharley », Le Monde, 3 août 2011, p. 23.