Denise Bosc

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Denise Bosc en 1939

Denise Bosc, née Marie-Denise Danviolet le 19 juillet 1916, morte le 9 mars 2002, est une comédienne française, ex-pensionnaire de la Comédie-Française.

Épouse du comédien et compositeur Robert Marcy, elle est la mère du comédien Renaud Marx.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille elle-même des comédiens Henry Bosc et Cécile Guyon, elle est, par sa mère, la descendante d’une lignée d’acteurs. Son grand-père était connu sous le nom d'Alexandre Guyon fils. Son arrière-grand-père celui d'Alexandre Guyon père. Il créa le rôle du bouillant Achille dans La Belle Hélène de Jacques Offenbach, et fut partenaire du mime Baptiste, célèbre membre de la famille Deburau. Son trisaïeul Guyon appartint lui-même à la Comédie-Française. L’une de ses grand-mères créa le rôle du Petit-Gervais dans Les Misérables de Victor Hugo.

Denise Bosc, reçue première à l’unanimité au Concours d’entrée au Conservatoire national de Paris, en est exclue quelques mois plus tard pour cause d’absentéisme, les plateaux de théâtre et les studios de cinéma ne lui laissant pas les disponibilités requises.

En 1942 elle est engagée à la Comédie-Française, où elle joue pendant quatre ans les jeunes premières classiques et modernes de son emploi.

Dès ses débuts, elle intéresse le cinéma qui lui offre des rôles de premier plan. Ses partenaires s’appellent Raimu, Françoise Rosay, Henry Garat, Charles Vanel, Jacques Dumesnil, Pierre Larquey, Jules Berry... Son amour du théâtre l’éloigne peu à peu de l’écran. Elle crée sur les scènes parisiennes des œuvres d’auteurs contemporains : Jean Anouilh, (Le Rendez-vous de Senlis) Jacques Audiberti (La Fête noire) Paul Claudel (Tobie et Sara), Claude-André Puget, Charles Vildrac, Jean-Jacques Bernard, Jean Cocteau, Alexandre Arnoux.

En 1957 elle fonde avec Robert Marcy une compagnie théâtrale, le Groupe Artistique de Paris (GAP) qui pendant plus de trente-cinq ans produira essentiellement des créations.

On peut considérer certaines des interprétations de Denise Bosc comme des événements, tant il est rare de découvrir dans la presse, sous des signatures souvent prestigieuses, un accueil unanime aussi chargé d'émotion. Il en est ainsi à l’occasion de plusieurs personnages de Georges Bernanos[1], de celui de George Sand[2], de celui de Jeanne d’Arc[3],[4] et plus tard Madame Gervaise[5],[6],[7] de Charles Péguy.

Sa carrière de comédienne prend fin en 2001. Cette année-là, au cours des représentations de La Confiance de Jean-Luc Jeener, apparaît le mal qui devait l’emporter. Sa mémoire, soudain altérée par une tumeur cérébrale jusque-là muette, l’égare de jour en jour plus gravement. D’une représentation à l’autre grandit un désarroi pathétique. Certes la comédienne sait l'attribuer à son personnage, mais le mal a finalement raison de son énergie et de son talent. Et c’est en quittant la scène qu’elle entamera son dernier trajet.

Denise Bosc vers 1980

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

- Volpone de Ben Jonson. Colomba mise en scène et avec Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
- L'Avare de Molière. Marianne, mise en scène et avec Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
- La Vie est un songe de Calderon. Estrella, mise en scène et avec Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
- L'Arlésienne d'Alphonse Daudet. Vivette
- Le Misanthrope de Molière. Eliante, avec Jean-Louis Barrault et Alice Cocea
- Le Bal des voleurs de Jean Anouilh. Eva, mise en scène André Barsacq
- Le Roi Cerf de Carlo Goldoni mise en scène André Barsacq
- Marie-Jeanne ou La Femme du peuple d'Adolphe d'Ennery, mise en scène André Barsacq, Théâtre des Arts

Voxographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Si j'ai quelque crédit auprès des lecteurs du Monde, ils iront voir ce beau, cet essentiel spectacle." Gabriel Matzneff. Le Monde, 19 novembre 1980.
  2. "Ils sont là. On les voit vivre, on les entend s'exprimer." Jean-Jacques Gautier, Le Figaro Magazine, 26 mars 1983.
  3. "On n'a d'yeux et d'oreilles que pour Jeanne. Denise Bosc est Jeanne. On la sent bouleversée, concernée, habitée." Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde, 12 février 1962.
  4. "Denise Bosc est peut-être la Jeanne d'Arc la plus émouvante et la plus vraie que j'aie vue au théâtre. Il n'est plus question de rôle, ce qui est digne de toute admiration." Gabriel Marcel, Les Nouvelles Littéraires, 24 et 31 mai 1962.
  5. "Ces minutes balaient de ma mémoire des années de drames pieux." Maurice Clavel, Le Nouvel Observateur, 26 avril 1970.
  6. "Denise Bosc frémissante d'intelligente sensibilité, tour à tour hiératique et enjouée, humaine et mystique. Nous sommes touchés au plus profond." Henri Fesquet, Le Monde, 28 mai 1969.
  7. "Un événement dans le monde du théâtre." Jean-Jacques Olivier, Combat, 27 mars 1969.