Denis Pierre Jean Papillon de La Ferté

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Eau-forte de Papillon de la Ferté par Adolphe Varin.

Denis Pierre Jean Papillon de La Ferté, né à Châlons-en-Champagne le 17 février 1727[1] et guillotiné à Paris le 7 juillet 1794, est un intendant français des Menus plaisirs de la Maison du roi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre Papillon de la Ferté (~1682-1753), seigneur de la Ferté, président trésorier de la généralité de Champagne, lieutenant du roi de Châlons, Papillon de la Ferté acheta en 1756, pour 260 000 livres, la charge d’intendant des Menus plaisirs de la Maison du roi qu’il conserva jusqu’en 1792. Détenant le titre de commissaire du roi auprès de l’Académie de musique, Papillon de la Ferté exerça, à l’Opéra, une influence dominante, supérieure même à celle du ministre qui détenait le pouvoir nominal[2], mais qui laissait son second gouverner. Il imagina et proposa, dans ce poste qu’il occupa pendant les dix années qui précédèrent la Révolution, quantité de projets pour l’Opéra.

La Ferté a beaucoup écrit durant son passage aux affaires (de nombreuses lettres et rapports de sa main sont aux Archives nationales). Sa carrière administrative, sa vie publique et privée, ses menées artistiques, ont été documentées grâce aux nombreuses pièces publiées par Adolphe Jullien dans divers articles, brochures ou livres sur l’Opéra au XVIIIe siècle, d’après ses lettres et ses papiers manuscrits conservés aux archives de l’Opéra et à la bibliothèque de la ville de Paris.

Castil-Blaze appela néanmoins celui qui joua un tel rôle dans l’histoire musicale française un « vieux dévot, libertin et frappé d’imbécillité dès ses plus jeunes ans[3] ».

On doit également plusieurs ouvrages à cet homme de sciences et amateur d’art, collectionneur passionné de paysages, principalement par Boucher, Robert, Fragonard et Vernet, dont il a commandé une série de sept grands panneaux décoratifs pour son hôtel particulier[4] : Éléments de géographie, agrémenté de 20 cartes en 1783, un Système de Copernic ou abrégé de l’astronomie, la même année ; en 1784, il publie Traité élémentaire sur les mathématiques, enfin, en 1787, Éléments d’architecture de fortifications et de navigation. Amateur d’art, il publia en 1776 l’ouvrage Extraits des différents ouvrages publiés sur la vie des peintres, en 2 volumes, sera réédité sous un pseudonyme en 1796.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Acte de Baptême à Châlons-en-Champagne (paroisse Notre Dame) http://archives.marne.fr/ark:/86869/a011310543773btJcoR/1/184
  2. Adolphe Jullien, Un potentat musical, Papillon de La Ferté son règne à l’Opéra de 1780 à 1790, Paris, A. Detaille, 1876, p. 5.
  3. Adolphe Jullien, L’Opéra secret au XVIIIe siècle, Paris, E. Rouveyre, 1880, p. 4.
  4. Après son exécution, sa collection fut saisie, en partie au profit des collections nationales et en partie rendue à sa famille, avant d’être vendue en février 1797.

Référence[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Jullien, Un potentat musical, Papillon de La Ferté son règne à l’Opéra de 1780 à 1790, avec un portrait de lui gravé à l’eau-forte par Adolphe Varin, Paris, A. Detaille, 1876.

Sources[modifier | modifier le code]

  • François-Joseph Fétis, Arthur Pougin, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, Paris, Firmin-Didot, 1881, p. 301.
  • Journal de Papillon de la Ferté : intendant et contrôleur de l'argenterie, menus-plaisirs et affaires de la chambre du Roi, 1756-1780, Paris, éd. Ernest Boysse, Ollendorff, 1887 ; réédition Versailles, éd. Menus-Plaisirs du Roy, 2011 (ISBN 978-1-4477-4628-7).