Denis Kambouchner

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kambouchner.

Denis Kambouchner, né le 26 juin 1953 à Paris dans une famille de journalistes (il est le neveu de Kamb, le dessinateur de Pif Gadget), est un philosophe et historien de la philosophie français.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Après une brillante scolarité parisienne (reçu 1er à l'École normale supérieure en 1974, puis à l'agrégation de philosophie en 1976), il a enseigné dans les universités de Besançon, Clermont-Ferrand et Paris X Nanterre, ainsi qu'à l'École normale supérieure (rue d'Ulm). Il est actuellement professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est, de 2008 à 2011, président du jury des concours externe et interne de l'agrégation de philosophie.

Il s'est orienté vers l'étude de la philosophie de Descartes depuis la rédaction d'une thèse d'État en 1990 sous la direction de Geneviève Brykman. Il s'intéresse d'abord aux relations entre l'âme et le corps et engage une approche anthropologique du sujet cartésien, à travers la théorie des passions. Il s'efforce de définir ensuite, à partir de Descartes, « la plus parfaite installation de l'ego dans son monde ». Il accorde à ce titre une place centrale au jugement. Le concept d'« espacement du vrai », qu'il a forgé, caractérise une rationalité assurée de son savoir, mais capable de prendre ses distances à l'égard d'elle-même, à travers l'ironie notamment. Il dirige actuellement l'édition de l'œuvre complète de Descartes, à paraitre dans la collection « La Pléiade ». Il s'intéresse également à la philosophie de la période classique, à la philosophie générale et morale, à la philosophie de l'éducation. Enfin, c'est un lecteur de Derrida dont il fut l'élève.

Historien de la philosophie très documenté, Denis Kambouchner est à l'origine d'une réflexion particulièrement riche sur Descartes. Il s'inscrit dans la lignée des commentateurs pour lesquels les sédiments bibliographiques forment un objet d'étude inépuisable. Il occupe, au sein de la philosophie française contemporaine, une place de premier plan.

Interventions politiques[modifier | modifier le code]

Il s'est illustré dans le débat public par des interventions concernant les politiques éducatives. En août 2000, il publie un traité de réfutation des positions pédagogiques de Philippe Meirieu, sous le titre polémique Une école contre l'autre [1]. Il affirme l'urgence d'ouvrir à nouveau la réflexion philosophique sur l'école : « Exception faite de quelques travaux courageux, il faut bien faire état d'une sorte d'assèchement, dont témoignent aussi bien l'inexistence presque absolue de la philosophie de l'éducation comme spécialité universitaire que le faible intérêt marqué dans l'Université et autour d'elle pour la définition des tâches, contenus et structures d'un nouvel enseignement de masse. »[2]

Hostile aux réformes proposées par Lionel Jospin, il prône le retour à une éducation plus classique. Lorsque Luc Ferry et Jack Lang publient une tribune contre Xavier Darcos et les nouveaux programmes scolaires[3], il prend la plume pour apporter son soutien dans Le Monde à la politique du Ministre de l'Éducation nationale[4]. Il reprend d'ailleurs la rhétorique du Gouvernement pour justifier la réforme : « Au principe « enseigner moins pour enseigner mieux », il s'agit donc de préférer cet autre : « enseigner mieux en enseignant plus » - « plus ne voulant pas dire ici plus longtemps, mais en transmettant davantage, à commencer par les bases. Un tel principe est-il réactionnaire ? Nullement. Sera-t-il aisément reçu ? C'est autre chose ». »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'homme des passions, ouvrage issu de sa thèse d'état, Albin Michel, 2 vol., 1995.
  • Une école contre l'autre, Puf, 2000 (télécharger l'avant-propos)
  • Le vocabulaire de Descartes, avec Frédéric de Buzon, Ellipses, 2002
  • Les Méditations métaphysiques de Descartes I, PUF, 2005
  • Descartes et la Philosophie morale, Hermann, 2008
  • L'Ecole, question philosophique, Fayard, 2013

L'auteur a participé à l'organisation de travaux collectifs :

  • Notions de philosophie, Folio-Gallimard, 1995, 3 vol., dont il a dirigé l'édition et où il a signé l'article sur la culture
  • avec François Jacquet-Francillon, il a organisé le colloque La crise de la culture scolaire : origines, interprétations, perspectives (actes parus aux PUF, 2005)
  • Les Passions de l'âme à l'âge classique, dir. Pierre-François Moreau, PUF, 2006
  • Il a été le responsable du numéro de la Revue de Métaphysique et de Morale : « Penser l'éducation aujourd'hui », automne 2007.
  • Derrida. La déconstruction., dir. Charles Ramond, PUF, 2008.

Denis Kambouchner en débat avec Philippe Meirieu, dans la Revue française de pédagogie, n° 137, 2002, ("La pédagogie et les savoirs" en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aux Presses Universitaires de France, collection « Questions actuelles ».
  2. Ibidem, p. 7.
  3. Le nouvel observateur du jeudi 13 mars 2008.
  4. « École, révision indispensable », Le Monde, 9 avril 2008.