Denier de Saint-Pierre

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Le denier de Saint-Pierre (en latin denarius Sancti Petri) est d'abord un tribut annuel versé par l'Angleterre du VIIIe siècle à 1534 au Saint-Siège. Sous le pontificat de Pie IX, le nom est repris pour désigner une contribution volontaire des fidèles à la papauté.

Peter's Pence[modifier | modifier le code]

Le Peter's Pence (ou Romescot) naît au VIIIe siècle dans les royaumes anglo-saxons. Plusieurs traditions différentes expliquent l'origine de cette contribution. Selon la plus vraisemblable, Offa, roi de Mercie, s'y serait engagé en 787 en expiation du meurtre d'Ethelbert de Wessex commis par sa femme Queenrid. L'institution est abolie sous Henri VIII, en 1534.

Le denier moderne[modifier | modifier le code]

Son origine remonte au VIIIe siècle, quand les Anglo-Saxons commencèrent à envoyer une contribution annuelle au pape[1].

Le denier de Saint-Pierre moderne naît en 1860 de l'initiative de fidèles catholiques, d'abord anglais puis belges, français et autrichiens : ils font parvenir au Saint-Siège, par le biais des nonces apostoliques, des fonds destinées à aider la papauté. En effet, celle-ci voit ses finances gravement affectées par le Risorgimento italien et la perte progressive des États pontificaux. Il est reconnu et institutionnalisé le 5 août 1871 par Pie IX dans l'encyclique Sæpe venerabilis. Placé sur un compte du ministère des Finances, le « denier de Saint-Pierre », versé annuellement, évite ainsi à ces États la banqueroute. En 1876, Pie IX nomme le cardinal Simeoni, cardinal secrétaire d'État, administrateur des biens du Saint-Siège, afin de gérer cette source de revenus.

Jusqu'aux accords du Latran, la gestion du denier de Saint-Pierre reste néanmoins assez peu rigoureuse : le pape utilise une partie de ces sommes à titre personnel, et l'administration chargée officiellement de veiller sur les finances varie beaucoup. Ainsi, en 1880, Léon XIII adjoint au secrétaire d'État une commission de cardinaux. En 1891, Mgr Flochi, son secrétaire, se voit contraint de démissionner suite à sa gestion hasardeuse. Pie X, pour sa part, réunit l'administration du Patrimoine et celle des finances sur la tête du jeune secrétaire d'État, Rafael Merry del Val. Enfin, en 1942, le denier de Saint-Pierre tombe sous la coupe de l'Institut pour les œuvres de religion, créé en 1887 pour recueillir les dons et legs aux associations religieuses et rénové par Pie XII.

Jusqu'au pontificat de Jean-Paul II, les montants versés au titre du denier de Saint-Pierre ne sont pas connus. En 1981, le montant global s'élève à 30 millions de lires. En 1992, il passe à 240 millions de lires et à 51,71 millions de dollars américains en 2004. Actuellement, le denier de Saint-Pierre est collecté le 29 juin, (en France, c'est le 1er dimanche de mars) qualifié de « journée mondiale de la charité du Pape. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Picq, Une histoire de l'État en Europe, Presses de Sciences Po,‎ 2013, p. 67

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F.-C. Uginet, « Finances pontificales (époque contemporaine) », Dictionnaire historique de la papauté, s. dir. Philippe Levillain, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-61857-7).

Lien externe[modifier | modifier le code]