Deep End

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Deep End

Réalisation Jerzy Skolimowski
Scénario Jerzy Skolimowski
Jerzy Gruza
Boleslaw Sulik
Acteurs principaux
Sociétés de production Helmut Jedele
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau de la Pologne Pologne
Genre Film dramatique, Romance
Sortie 1970
Durée 90 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Deep End (ou Grand bain) est un film britannico-polono-ouest-allemand réalisé par Jerzy Skolimowski, sorti le 1er septembre 1970 à la Mostra de Venise.

Peinture crépusculaire du Swinging London finissant[1], où la révolution sexuelle débouche sur la marchandisation des corps et des sentiments, Deep End a été un succès public et critique immédiat, avant de disparaître des écrans jusqu'à sa ressortie en salle et en DVD en version restaurée en 2011[2].

Le titre du film fait allusion à l'expression anglaise « to be thrown in at the deep end » (« être jeté tout de suite dans le bain »)[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Au tout début des années 1970, Mike, un adolescent de 15 ans, abandonne l'école et trouve un premier travail dans un établissement de bains publics d'un quartier pauvre de Londres. Il passe dès lors son temps dans l'univers crasseux et sordide de la piscine.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Deep End reçut un excellent accueil critique et public lors de sa première sortie en salle et il fut presque immédiatement classé dans la catégorie des « films cultes[3]. » Présenté à la Mostra de Venise, il fut considéré comme le plus sérieux prétendant à l'obtention du Lion d'or, si celui-ci avait été décerné cette année-là[4] (de 1969 à 1979, la Mostra eut lieu sans palmarès).

Pour Olivier Père, Deep End est un chef d'œuvre[5] : « Le film enfin restauré avec ses rutilantes couleurs pop venant balafrer la grisaille londonienne est un chef-d’œuvre de mélancolie et de cruauté, ancêtre pas si lointain des teen-movies sensibles signés Gus Van Sant dans son exploration empathique des émois définitifs de l’adolescence. »

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • La majeure partie de l'action du film se déroule dans un établissement de bains publics londoniens aux couleurs « pop », mais poisseuses et défraîchies, qui sont comme la métaphore de la décadence de la période du Swinging London, dont l'un des sex symbol, l'actrice Diana Dors interprète un petit rôle dans le film où elle apparaît « adipeuse, bouffie, méconnaissable [...] symbole vivant de la fin d'une époque[6]. » La Révolution sexuelle opérée à la fin de la décennie précédente a donné naissance à une réification et à une marchandisation effrénée des corps, dans un monde où, par une curieuse inversion des valeurs, un jeune homme romantique qui avoue des sentiments amoureux se voit traité de « sale petit pervers » par le gérant d'une salle de cinéma qui diffuse des films pornographiques[7].
  • Ce film est considéré par certains critiques [Qui ?] comme le meilleur de son auteur. L'action se déroule dans le Londres de années 70, baignée par la chanson de Cat Stevens But I might die tonight. Mais l'histoire, c'est-à-dire les relations amoureuses entre Mike et Susan se passe à l'intérieur de ce bain public dans lequel le garçon va rapidement tomber amoureux de la jeune femme, qui est beaucoup plus expérimentée. Et c'est dans cette piscine qu'il va découvrir l'amour, la sexualité et la mort [réf. nécessaire].
  • Jerzy Skolimowski apparaît en caméo dans la scène du métro, où il figure un passager lisant un journal communiste [8].
  • Le film est entièrement tourné en Allemagne aux Studios Bavaria.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Valentin Noël, « La Dévotion sexuelle », in Youri Deschamps (dir.), Jerzy Skolimowski. Dissidence poétique, revue Éclipses no 50, 2012, p. 72.
  2. Youri Deschamps, « Dans la course », in Youri deschamps (dir.), Jerzy Skolimowski. Dissidence poétique, no 50, 2012, p. 3-4.
  3. Youri Deschamps, « Dans la course », in Youri deschamps (dir.), Jerzy Skolimowski. Dissidence poétique, no 50, 2012, p. 3.
  4. (en)Ryan Gilbey, « Deep End: pulled from the water », The Guardian, 1 May 2011.
  5. Olivier Père, « "Deep End": le sublime ancêtre des teen-movies », Les Inrockuptibles,‎ 12 juillet 2011 (lire en ligne).
  6. Valentin Noël, « La Dévotion sexuelle », in op. cit., p. 73, pour la citation et l'ensemble du passage.
  7. Valentin Noël, « La Dévotion sexuelle », in op. cit., p. 74.
  8. Nausica Zaballos Dey, « Deep End, réédition par Carlotta Films », 29 décembre 2011, sur le site Cinémapolis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]