Deșteaptă-te, române!

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Deșteaptă-te, române! (ro)

Éveille-toi, Roumain !

Partition de l'hymne roumain.
Partition de l'hymne roumain.

Hymne national de Roumanie Roumanie
Paroles Andrei Mureșanu
1848
Musique Musique populaire roumaine
Adopté en 1989 en Roumanie Roumanie
1991 en Drapeau de la Moldavie Moldavie
Utilisé jusqu'en 1994 en Drapeau de la Moldavie Moldavie
Remplacé par Limba noastră en Drapeau de la Moldavie Moldavie
Fichiers audio
Deșteaptă-te, române! (Instrumental)
Deșteaptă-te, române! (Vocal)
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Deșteaptă-te, române! (Éveille-toi, Roumain !) est l'hymne national de la Roumanie. Les vers ont été écrits par Andrei Mureșanu (1816-1863), poète de facture romantique, journaliste, traducteur, un véritable tribun de l'époque marquée par la Révolution de 1848. La musique a été choisie parmi plusieurs chansons populaires par Gheorghe Ucenescu[1] (1830-1896), chanteur et professeur de musique.

Le poème Un răsunet (Un écho) d'Andrei Mureșanu, rédigé et publié pendant la Révolution de 1848 à Brașov, a été mis en musique en quelques jours seulement, puisqu'il a été chanté pour la première fois à la fin de mai 1848 à Brașov[2] (la Révolution a commencé le 11 juin). Le poème deviendra un hymne sous le titre Deșteaptă-te, române!, en remportant aussitôt la gloire reconnue, grâce à son message énergique et stimulant.

Dès lors, cet hymne a été chanté durant chaque conflit majeur en Roumanie, étant donné le message de patriotisme et de liberté qu'il véhicule. Ce fut le cas notamment lors de la révolution roumaine de 1989, remplaçant en même temps l'hymne communiste Trei culori (Trois couleurs).

Pendant quelques années, Deșteaptă-te, române! est l'hymne national de la Moldavie avant d'être remplacé en 1994 par l'hymne actuel, Limba noastră (Notre langue maternelle).

Historique[modifier | modifier le code]

À partir de 1848, Deșteaptă-te, române! a été un chant très cher aux Roumains en leur insufflant le courage lors des moments cruciaux de la Guerre d'Indépendance (1877-1878) et lors de la première et de la Seconde Guerre mondiale. En particulier lors de la crise issue du coup d'État du 23 août 1944, lorsque la Roumanie s'est détournée de l'Allemagne de Hitler et s'est jointe aux Alliés, cette chanson fut chantée spontanément par tous et émis sur les stations de radio.

Une fois instaurée la dictature communiste le 30 décembre 1947, lorsque le roi Michel a été forcé d'abdiquer, Deșteaptă-te, române! ainsi que d'autres marches et chants patriotiques ont été interdits. Si on les fredonnait, on risquait une peine de plusieurs années de prison. À partir des années 1970, la mélodie a pu de nouveau être chantée, mais sans les vers originaux. Le 22 décembre 1989, lors de la révolution anticommuniste, l'hymne a résonné dans les rues, accompagnant les masses énormes de gens, dissipant la peur de la mort et unissant le peuple entier dans les nobles sentiments du moment. De la sorte, sa consécration en tant qu'hymne national a été tout à fait spontanée, sous la formidable pression des manifestants.

La signification de l'hymne[modifier | modifier le code]

Le message de l'hymne Deșteaptă-te, române! est à la fois social et national ; social, parce qu'il impose un état permanent de vigilance, afin d'assurer la transition vers un monde nouveau ; national, parce qu'il rattache cet éveil à la tradition historique. L'hymne contient ce sublime « maintenant ou jamais », présent dans de nombreux hymnes nationaux, comme dans La Marseillaise des Français. C'est peut-être la raison pour laquelle Nicolae Bălcescu a nommé Deșteaptă-te, române! « la Marseillaise des Roumains ».

L'invocation de la destinée nationale est le sommet le plus haut qu'un peuple puisse atteindre dans son envol vers la divinité. Ce « maintenant ou jamais » concentre toutes les énergies vitales, en produisant une stimulation maximale.

Autre hymne roumain[modifier | modifier le code]

Outre cet hymne, les Roumains possèdent Hora Unirii (La Ronde de l'Union), écrite en 1855 par le grand poète Vasile Alecsandri (1821-1890) qui a été chantée lors de l'Union des Principautés (1859) et, en général, elle est chantée à toutes les occasions où les Roumains aspirent à l'union et à l'harmonie. Hora Unirii est chantée, au rythme d'une danse lente mais énergique, réunissant l'assemblée en son entier. La danse en cercle (hora) est elle-même un ancien rituel qui symbolise la communauté spirituelle, l'égalité et le vœu des Roumains de mener leur vie les uns aux côtés des autres.

Paroles[modifier | modifier le code]

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L'hymne national de la Roumanie est formé de onze strophes, dont quatre sont chantées lors des grandes occasions.

Paroles officielles (ro) Traduction en français

Deșteaptă-te, române, din somnul cel de moarte,
În care te-adânciră barbarii de tirani!
Acum ori niciodată croiește-ți altă soartă,
La care să se-nchine și cruzii tăi dușmani!

Acum ori niciodată să dăm dovezi în lume
Că-n aste mâni mai curge un sânge de roman,
Și că-n a noastre piepturi păstrăm cu fală-un nume
Triumfător în lupte, un nume de Traian!

Priviți, mărețe umbre, Mihai, Ștefan, Corvine,
Româna națiune, ai voștri strănepoți,
Cu brațele armate, cu focul vostru-n vine,
« Viață-n libertate ori moarte! » strigă toți.

Preoți, cu crucea-n frunte! căci oastea e creștină,
Deviza-i libertate și scopul ei preasfânt,
Murim mai bine-n luptă, cu glorie deplină,
Decât să fim sclavi iarăși în vechiul nost' pământ!

Éveille-toi, Roumain, du sommeil de la mort
Dans lequel t'ont plongé les barbares tyrans.
Maintenant ou jamais construis-toi un autre destin
Devant lequel se prosterneront aussi tes cruels ennemis.

Maintenant ou jamais montrons au monde
Que dans ces veines coule toujours un sang romain
Et que dans nos cœurs nous gardons avec fierté un nom
Triomphant dans les batailles, le nom de Trajan!

Regardez, ombres grandioses, Michel, Étienne, Corvin,
La nation roumaine, vos descendants,
Avec les bras armés, avec votre feu dans les veines,
Tous crient : « Vivre libres ou mourir! ».

Prêtres, avec la croix devant ! car l'armée est chrétienne,
Sa devise est liberté et son but est sacré,
Mieux vaut mourir glorieusement en combattant,
Que d'être encore des esclaves sur notre terre ancienne!

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vasile Oltean - Imnul Național Deșteaptă-te, române!, Ed. Salco, Brașov, 2005.
  2. L'histoire de l'hymne national de la Roumanie sur le page de Musée des Mureșeni en Brașov