Luc Lafnet

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Nature morte, collection privée

Lucien Lafnet, né à Liège le 22 janvier 1899 et mort à Rueil-Malmaison le 29 septembre 1939, est un artiste-peintre et dessinateur de bande dessinée belge.

Études[modifier | modifier le code]

Son érudition était grande, mais il n'aimait pas étaler son savoir. Il fit ses études au collège Saint-Servais, rue Saint-Gilles à Liège, puis continua à l'académie des beaux-arts de Liège, rue des Anglais, sous la férule de François Maréchal. À l'âge de 19 ans, à l'occasion d'une exposition de ses œuvres, qui produisit des critiques élogieuses, la ville de Liège fit l'acquisition de deux aquarelles : La Toilette de la morte et Le Château hanté. Ces œuvres sont conservées au Cabinet des Estampes et des Dessins de la Ville de Liège dans le parc de la Boverie.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ceci est le témoignage de sa nièce, Lucienne Defawes : Lorsqu'il peignit son auto-portrait en 1918[1], il demanda à la deuxième femme de son père, Marguerite Delhaes, de poser pour reproduire les mains, ce qui explique le caractère efféminé qu'elles peuvent produire[réf. nécessaire].. On ne distingue pas très bien la lavallière noire sous le col blanc, ce qui prête à penser qu'il s'agit d'un ecclésiastique, mais peut-être était-ce voulu !

Portant la lavallière, que les artistes peintres portaient volontiers, agrémentée d'un chapeau noir à large bord et d'une grande cape, suivi d'une nuée de copains artistes, y compris Georges Simenon, il était la figure emblématique du centre de Liège. En 1917, il posa sa candidature pour le prix de Rome, mais n'obtint que le second prix. Celui qui eut le premier prix s'appelait Van Dyck, descendant du prestigieux peintre flamand (ceci expliquant peut-être cela). Ensuite il alla vivre à Paris à l'âge de 21 ans.

Ceci est le témoignage de sa nièce, Lucienne Defawes : Il mesurait environ 1,70 m, était très mince, et malgré cette apparence petite et frêle il possédait une voix de ténor. La première nuit de Noël qu'il passa à Paris, il prit soin d'ouvrir la fenêtre de son atelier, qui surplombait Montmartre, joua les premières notes, sur un petit harmonium, et chanta de sa voix puissante Minuit Chrétiens, c'est l'heure solennelle où notre Dieu descendit jusqu'à nous... Par pur hasard, l'évêque de Liège, revenant d'avoir officié la messe de minuit (peut-être à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre), entendit ce cantique résonnant dans la nuit froide parisienne et guidé par le son, trouva le peintre chanteur, fit sa connaissance, et ce fut par ce prêtre que Luc Lafnet eut la possibilité de décorer plusieurs églises autour de Paris, ainsi que les murs de la chapelle d'un petit monastère de Pont l'Abbé d'Arnoult et la chapelle de Saint-Pierre de Billancourt à l'hôpital de Saint-Jean-d'Angély en Charente-Maritime.[réf. nécessaire].

Son autoportrait ainsi que la Légende de Saint-Hubert (qui avait été commandée pour un pavillon de chasse et qui devait faire pendant avec un autre, le Jugement des animaux qui montrait un chasseur de taille réduite, face à ses juges, au moins 5 fois plus grand que lui, représentés par des animaux) sont restés dans la famille du peintre.

L'eau-forte en couleurs, La Cour des miracles, numérotée 7/10, se trouve à Genève. Ces dix eaux-fortes n'ont pas été aquarellées. Luc Lafnet a tiré 6 plaques, une par couleur, en reproduisant le même dessin et en les faisant correspondre à chaque tirage sur la presse qu'il possédait dans son atelier au 54 rue Notre-Dame de Lorette à Paris. Travail titanesque qu'il jura ne jamais refaire.

L'admirable Bâtisseur de cathédrales se trouve dans le sud-ouest de la France à Cantenac-Brown, ainsi que l'eau-forte en couleurs numérotée 3/10, ainsi qu'une petite toile, Le Pain et le vin, avec beaucoup d'autres. Lorsque Luc Lafnet partit vivre à Paris, vers le mois de juin 1920, il laissa toutes ses œuvres de jeunesse à son père Léonard Lafnet.

Ceci est le témoignage de sa nièce, Lucienne Defawes : À la mort de son père, en 1946, Yvonne Lafnet (1905-1965), sœur du peintre, hérita de toutes ses œuvres. Pendant quelques mois toutes ces peintures, y compris le deuxième prix de Rome, furent disposées dans l'appartement de la rue Louvrex 30 à Liège ; ensuite elle décida que cela revenait de droit à Jeanne Valmalderen[2]. L'épouse de Luc Lafnet, en remerciement, lui donna l'autoportrait du peintre[réf. nécessaire].

Puis Jeanne Valmaldren laissa tous ces chefs-d'œuvre aux bons soins de Joseph Lambert[3], afin qu'il les restaure. Jeanne, l'épouse de Luc Lafnet se remaria en 1945 avec André de Wilde et vécut à 30 km au nord de Bordeaux, au château Cantenac-Brown, (à 3,5 km au sud de Margaux et à 2,5 km au nord-ouest de Macau), elle y décéda vers 1964.

Une eau-forte, représentant un cortège d'animaux traînant une sorte d'énorme baudruche, s'intitule réellement Le Carnaval des animaux.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Il collabore aux premières aventures de Bibor et Tribar. C'est à lui que Rob-Vel, créateur de Spirou et accaparé par d'autres revues, confie en fait la réalisation des premières planches de Spirou en 1938. Il est donc le premier dessinateur de Spirou jusqu'à son décès, avant que Rob-Vel n'en reprenne le dessin jusque pendant la guerre.

Il a illustré de nombreux ouvrages sous son nom dont, entre autres, les Légendes flamandes de Charles De Coster, mais il est surtout connu pour ses illustrations de nombreux ouvrages érotiques tirés à petit nombre, voire uniques, dont Baudelaire, Sade, Théophile Gautier et même Le Grand 13 de son ami Simenon. Il utilisa divers pseudonymes pour ses illustrations de la collection Les Orties Blanches, consacrée à des œuvres de flagellation : Viset, O. Lucas, Pol et Luc.

Mort de sa fille[modifier | modifier le code]

Sa tombe se trouve au centre du petit cimetière de Maule près de Paris. On peut dire qu'il est mort de chagrin, ne pouvant surmonter la douleur que lui causa la mort de sa fille, Anne-Marie, décédée à l'âge de 13 ans, rue Saint Vincent à Maule, à la suite d'une longue maladie.

Ses grands-parents maternels (Valmalderen) la veillèrent jusqu'à son dernier jour, et Luc Lafnet exigea qu'on ne touchât à rien dans la chambre de sa fille où tout fut laissé tel quel, et où très souvent il s'enfermait. Après ce deuil douloureux, un cancer du pancréas le rongea, qui causa sa mort un an plus tard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Renaissance du Livre, Le Dictionnaire des Peintres Belges du XIVe siècle à nos jours, La Renaissance du Livre Editions, Bruxelles 1995
  • Jacques Goijen, Dictionnaire des peintres de l'école liégeoise du paysage, Ecole Liégeoise du Paysage Editions, Liège 2009

Galerie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

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  1. Sa mère, Élisabeth Boileau, née le 1er juillet 1866, épouse de Léonard Lafnet, 1868-1947, décéda d'une péritonite le 1er décembre 1911
  2. Fille du peintre liégeois Valmalderen, spécialisé dans les décors de l'Opéra royal de Wallonie
  3. Peintre liégeois et ami du peintre