David d'Huntingdon

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David d'Huntingdon (115217 juin 1219) était le 3e fils d'Henri d'Écosse et d'Ada de Warenne. Il fut administrateur du comté de Lennox de 1174 à 1185, seigneur de Garioch en 1182 puis comte de Huntingdon de 1185 à 1219 et héritier présomptif du royaume d'Écosse de 1214 à sa mort.

Origine[modifier | modifier le code]

David est le plus jeune des enfants, trois fils et trois filles, du Prince Henri d'Écosse († 1152) et de son épouse Ada de Warenne († 1178). Son grand-père David Ier, en l'honneur de qui il a été nommé et ses deux frères aînés, Malcolm IV et Guillaume le Lion, sont successivement roi d'Écosse de 1124 à 1214[1]. Il adopte les valeurs Anglo-Normandes et joue un rôle important dans la transformation de l'Écosse en un puissant royaume féodal européen.

Seigneur en Écosse[modifier | modifier le code]

Envoyé comme otage à la cour d'Angleterre en juillet 1163, il revient en Écosse avec Guillaume Ier d'Écosse immédiatement après l'accession au trône de ce dernier en 1165. Bien qu'il n'ait jamais été désigné officiellement comme l'héritier du royaume, David intervient régulièrement dans les chartes royales comme principal témoin et occasionnellement il est nommé avec son frère dans l'exercice de l'autorité royale. Ses responsabilités sont importantes et augmentent par des donations de grands domaines dans des régions où Guillaume Ier cherche à consolider vigoureusement l'étendu de son contrôle[2].

En 1174 David reçoit le comté de Lennox, qu'il tient au nom du roi jusqu'à ce que la lignée des comtes locaux soit restaurée. Il semble pas que David a officiellement contrôlé le Lennox dans le cadre d'une minorité, mais il apparaît plus probable que son rôle était de faire respecter l'autorité royale à la suite d'une déclaration de déchéance, plus tard annulée, contre les dirigeants du comté [3]

Vers 1182 il reçoit la charge d'un important domaine dans la région de la Tay et dans le centre de l'Aberdeenshire, où il contrôle le « district frontière » du Garioch, qui sera sa principale base territoriale de pouvoir en Écosse. Le Garioch est une importante base de départ pour des opérations, défensives et offensives, contre les Hommes de Moray et de Ross dans le nord. Ses acquisitions sont centrées sur des villes forteresse s qu'il établit à Dundee et à Inverurie, le chef-lieu du Garioch, consolidant sa situation d'un des principaux magnats du royaume d'Écosse et renforcant son influence locale par le biais d' innovations selon le modèle Anglo-Normand. Il contribue ainsi dans une bonne mesure à développer le pouvoir de la couronne particulièrement en renforcant sa domination au nord des Monts Grampians[4]

Relations avec l'Angleterre[modifier | modifier le code]

David est armé chevalier par Henri II d'Angleterre à Windsor le 31 mai 1170 et avec son frère Guillaume Ier il jurent allégeance au fils du roi Henri le Jeune, le 15 juin après le couronnement de ce dernier. Apparemment, avec une certaine réticence, David retourne en Angleterre comme allié de son frère en avril ou mai 1174 afin d'appuyer la rébellion du Henri le Jeune, qui a débuté l'année précédente. In 1173 Guillaume offre à David l'Honneur et le comté Huntingdon; mais seulement en don additionnel à celui du Lennox. Pendant les opérations militaires il connait un cerain succès opérant à partir d' Huntingdon et de Leicester il rallie les insurgés des midlands, impose sa souveraineté sur l'« Honneur d'Huntingdon », et défie Henri II jusqu'à la nouvelle de la capture de son frère Guillaume Ier à Alnwick en juillet 1174[2]. David est un des principaux intervenant au traité de Falaise en décember 1174, et en août 1175 il vient avec Guillaume Ier le Lion à York, où il reconnaissent publiquement Henri II comme le suzerain de l'Écosse. L'Honneur d' Huntingdon, confisqué en 1174, lui est restitué en mars 1185 après la mort de son cousin Simon III de St Lyz à qui il avait été attribué[2].

À partir de 1185, David comte d'Huntingdon intervient en permanence pour modérer la politique guerrière de l'Écosse vis-à-vis de l'Angleterre une attitude qui n'est pas uniquement déterminée par son intérêt personnel[2]. En effet l'expérience acquise lors des événement de l'année 1174-1175 l'a convaincu que le maintien de la paix avec le puissant royaume voisin est essentiel pour la sécurité de l'Écosse alors que curieusement, la plus grande crainte du gouvernement anglais est l'attitude belliqueuse des écossais ce qui lui permet de profiter de la faveur royale[2]. David fait preuve d'une loyauté sans faille envers Richard Ier d'Angleterre, qui lui ménage une union avantageuse avec Maud (ou Matilda † 1233), sœur de Ranulf (III), comte de Chester, qu'il épouse le 19 août 1190. Il est possible mais pas certain qu'il accompagne le roi Richard à la troisième croisade et il assiège les ennemis de Richard à Nottingham en mars 1194[2].

Il est capitaine en Normandie en juillet 1194, où il sert de nouveau en 1197. Il fréquente assidument la cour anglaise et intervient dans les discussions des affaires Anglo-Écossaise, comme le 5 décembre 1189, quand Richard Ier renouvelle la proclamation de la suzeraineté anglaise. Lorsque la perspective de devenir roi s'éloigne avec la naissance en 1198 d'Alexandre, l'héritier tant attendu de Guillaume le Lion, sa situation devient plus dépendante de la paix Anglo-écossaise et il s'active avec énergie lors de la prise de pouvoir par Jean sans Terre en 1199 quand Guillaume Ier réclame de nouveau avec force la restitution des comtés frontaliers[2].

Il est régulièrement employé par le roi Jean Ier comme émissaire auprès des Écossais entre 1199 et 1209, il le soutient également en Normandie, Maine et Anjou de 1199 à 1203. Pendant la crise Anglo-écossaise qui se clos avec la négociation du traité de 1209; sa présence à la cour d'Écosse renforce la position de ceux qui sont partisans que Guillaume Ier recherche un accord avec Jean sans Terre à Norham[2]. L'intransigeance du roi Jean Ier affaiblit la position des modérés, mais le traité écarte pendant un certain temps la menace d'une agression écossaise.

L'utilité de David pour le roi Jean ayant diminué, il commence à tomber sous le coup de l'arbitraire et de la rapacité du roi d'Angleterre. En août 1212, il s'était suffisamment éloigné du roi pour que ce dernier le soupçonne d'avoir conspiré avec d'autres magnats dans le but de le tuer ! Assassin peu crédible, David doit néanmoins abandonner son château de Fotheringhay, le siège de son pouvoir anglais[2]. Le déclin de son influence politique est accéléré par son vieillissement et la maladie. Sa fragilité est remarquée lorsqu'âgé de 62 ans il participe au banquet de l'intronisation d'Alexandre II d'Écosse les 6 et 7 décembre 1214 et qu'il n'apparaît pas parmi les conseillers du jeune roi[2].

En Angleterre, David ne prend pas part non plus à l'opposition baronniale à l'époque où la Magna Carta est imposée au roi Jean Ier et sa rébellion en demi-teinte, est différée jusqu'à ce que les Écossais envahissent l'Angleterre en octobre 1215[2]. Il s'empresse de faire la paix avec la couronne anglaise dès septembre 1217 et finalement reçoit ses lettres de pardon le 13 mars 1218[2].. Il était sans doute un conciliateur autant par nature que par nécessité et David a l'amère satisfaction d'avoir eu raison lorsque les efforts mis en œuvre par Alexandre II en 12151217 s'avèrent vains[2].

Son influence sur la politique royale ne doit pas être surestimée cependant sa carrière démontre la possibilité de servir en même temps à la fois les intérêts écossais et anglais aussi bien que d'obtenir les avantages liés à l'appartenance à une élite transfrontalière. Finalement son attitude a ouvert la voix à la période de paix et souvent d'amitié qui a caractérisé les relations Anglo-écossaise entre 1217 et 1296[2].

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Le 19 août 1190, il épousa Maude de Chester († 1233), fille d'Hugues de Kevelioc. Le couple aura 7 enfants[5] :

Littérature[modifier | modifier le code]

Parti guerroyer loin de sa patrie, il fut, sur le chemin du retour, le héros d'aventures romanesques. Il a inspiré à Walter Scott le personnage de Kenneth, dans Le Talisman[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Richard Oram Domination and Lordship. Scotland 1070-1230 The New Edinburgh History of Scotland III. Edinburgh University Press, (Edinburgh 2011) (ISBN 9780748614974) « The Scottish royal sucession from Mlcolm III to Alexandre II » Table 1.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Keith Stringer, « David, earl of Huntingdon and lord of Garioch (1152–1219) » Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. (en) John.L.Roberts Lost Kingdoms Celtic scotland and the Middle Ages Edinburgh University Press (Edinburgh 1997) (ISBN 0748609105) p. 56
  4. (en) Richard Oram op.cit p. 286-287
  5. (en) Richard Oram op.cit, Table 2 « Marriage connections of the Scottish royal house »
  6. « Introduction » de Walter Scott, Le Talisman, Phébus, 2007, « Libretto », p. 9.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) G.W.S. Barrow Kingship and Unity Scotland 1000~1306 Edinburgh University Press, Edinburgh (1981) (ISBN 074860104X).
  • (en) Richard Oram Domination and Lordship. Scotland 1070-1230 The New Edinburgh History of Scotland III. Edinburgh University Press, (Edinburgh 2011) (ISBN 9780748614974).
  • (en) Michael Brown The Wars of Scotland 1214-1371 Edinburgh University Press. Edinburgh (2004) (ISBN 0748612386).
  • (en) Keith Stringer, « David, earl of Huntingdon and lord of Garioch (1152–1219) » Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.