David Weiss Halivni

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Weiss.
David Halivni, chercheur américain-israélien du Talmud (photo Tzahi Lerner, 2009)

David Weiss Halivni (hébreu : דוד הלבני), né en 1926, est un rabbin américano-israélien, survivant de la Shoah, considéré comme une autorité dans le domaine des recherches sur le Talmud.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

David Weiss est né en 1926 ou plus probablement en 1927 dans la petite ville de Koboletzka Poljana en Ruthénie carpatique, alors en Tchécoslovaquie (aujourd'hui en Ukraine). Ses parents se séparèrent quand il avait quatre ans et il grandit à Sighet, Roumanie avec sa mère. Il y est rapidement reconnu comme un prodige dans son apprentissage du Talmud. A quatorze ans, il obtint une ordination de rabbin.

Comme tous les Juifs de la ville, il est déporté en 1944 par les nazis à Auschwitz. Libéré en 1945, il est le seul survivant de sa famille. En 1947, il émigre aux États-Unis avec un groupe de jeunes réfugiés orphelins. Peu de temps après, il rencontre l'érudit talmudiste Saül Lieberman qui deviendra son maître. Étudiant un temps à la Yechivah Hayim Berlin à New York, où sa virtuosité en Talmud est reconnue, il décide de poursuivre des études laïques universitaires en plus de ses études talmudiques. Il obtient une maîtrise en philosophie et un doctorat en Talmud qu'il soutient au Jewish Theological Seminary of America de New York, une institution affiliée au mouvement conservative[1],[2],[3].

Il change un peu plus tard son nom en Halivni, une traduction hébraïque de Weiss (qui signifie "blanc"). Désireux initialement d'abandonner son patronyme Weiss du fait que c'était le nom d'un garde d'un camp de concentration où il était détenu, il décide de le maintenir en souvenir de son grand-père talmudiste Yechayahou Weiss, qui lui avait enseigné le Talmud à Sighet.

Pendant une trentaine d'années, David Halivni poursuit son enseignement et ses recherches sur le Talmud de Babylone au Jewish Theological Seminary. À la suite de désaccords profonds avec la nouvelle direction de l'institution sur les procédures de décision de réformes que celle-ci souhaite voir adoptées, il quitte en 1985 le Jewish Theological Seminary. Il est ensuite nommé professeur à l'Université Columbia à New York où il enseigne jusqu'en 2005, année où il prend sa retraite. David Halivni vit aujourd'hui en Israël, où il poursuit son enseignement et ses recherches.

Halivni et Elie Wiesel, déportés ensemble, sont encore amis aujourd'hui.

David Halivni est l'auteur d'un ouvrage majeur en hébreu, ouvrage d'une vie consacrée au Talmud, intitulé מקורות ומסורות [Meqorot ou-Messorot, Sources et Traditions]. Sept volumes sont actuellement parus. David Halivni est aussi l'auteur d'ouvrages un peu plus accessibles en anglais (américain), notamment Midrash, Mishnah and Guemara (traduit en français), Pshat and Derash, Revelation restored, Breaking the Tablets et une autobiographie, The Book and the Sword (traduit en français).

Il est récipiendaire de plusieurs distinctions prestigieuses, notamment le prix Bialik de pensée juive (1985) et le prix Israël (2008) pour ses recherches sur le Talmud[4],[5].

Thèse et méthode[modifier | modifier le code]

La thèse de David Halivni énoncée sous forme historique est que l'essentiel du texte talmudique du Talmud de Babylone est l'œuvre de sages anonymes qu'il appelle Stammaïm (de l'araméen, "anonymes", par analogie avec l'expression michnaïque), qui œuvrèrent à partir du VIe siècle, après les Amoraïm. Pendant la période tannaïque et amoraïque, seuls les arrêtés de loi se transmettaient sous forme officielle (de manière orale). Les délibérations étaient laissées à la mémoire individuelle des sages qui avaient participé aux débats. Les Stammaïm ne disposaient pas des sources dans leur intégralité et consacrèrent leur travail à reconstruire et à restituer les délibérations et les débats des sages qui les avaient précédés.

Un des éléments clés de l'œuvre de David Halivni consiste ainsi à distinguer la הלכה פסוקה (halakhah psouqah, arrêté de loi) du שקלא וטריא (Chaqle ve-taria, délibérations) dans le texte talmudique. L'organisation de la Guemara en sougyoth est le fruit du travail des Stammaïm. En particulier, les débats dans une sougya donnée ne sont pas toujours entre sages contemporains et sont souvent une reconstitution postérieure des Stammaïm.

Dans le dernier volume de son ouvrage Meqorot ou-Messorot (paru en 2008), David Halivni situe la période d'activité des Stammaïm entre le VIe siècle et le VIIIe siècle, entre les Amoraïm et les Gueonim. Dans cette perspective, les Saboraïm sont les derniers Stammaïm, au moment où l'ensemble du Talmud est déjà proche de la forme que nous connaissons.

Théologie[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

En hébreu
  • מקורות ומסורות [Sources et Traditions], commentaire sur le Talmud de Babylone, actuellement sept volumes : Seder Nachim, Tel Aviv, 1968; Yoma--Haguiga, Jérusalem, 1974; Shabbat, Jérusalem, 1981; Erouvin--Pessahim, Jérusalem, 1981; Baba Qamma, Jérusalem, 1992; Baba Metsia, Jérusalem, 2001; Baba Bathra, Jérusalem, 2008.
En français
  • Le Livre et l’Épée (trad. de l'anglais par S. Finkelstein), Paris, Bibliophane/ Ed. du Rocher, 1999.
  • La justification de la loi (Midrach, Michnah et Guemara, suivi de: La formation du Talmud) (trad. de l'anglais et de l'hébreu), Ed. Wolfowicz, 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Talmud as law or literature -- an analysis of David W. Halivni's Mekorot umasorot (en anglais), by Irwin H. Haut Published in 1982, Bet Sha'ar Press (New York).

Références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Mémoires de David Weiss Halivni -- Le Livre et l’Épée.
  2. « Article du journal israélien Haaretz (en anglais) -- une encyclopédie talmudique vivante »
  3. Article du journal du New York Times (en anglais) -- une vie dans le Talmud, New York Times, 11 septembre 1977 (Israel Shenker).
  4. « site officiel du Prix Israël (en hébreu) - C.V. du lauréat »
  5. « site officiel du prix Israël (en hébreu) - Délibérés »

Liens externes[modifier | modifier le code]