David Kato Kisule

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David Kato Kisule, né en 1964 et mort le , était un militant pour les droits des homosexuels ougandais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

David Kato Kisule avait un frère jumeau aîné John Mulumba Wasswa[1]. Conformément à la tradition baganda, son frère reçut le nom de Wasswa donné au premier des garçons jumeaux, Kato étant le nom donné au second[2].

De 1981 à 1987, Kato suit sa scolarité au King's College Budo (en)[3], une école secondaire du district de Wakiso (en) près de Kampala, où furent par ailleurs formés trois des présidents ougandais. Il étudie ensuite, de 1987 à 1989, à l’Institute of Teacher Education Kyambogo et obtient un diplôme en éducation.

Engagement en faveur des homosexuels[modifier | modifier le code]

En 2009, David Kato Kisule s’oppose à une proposition de loi du député David Bahati, tendant à l’interdiction de l’homosexualité, débattue au parlement ougandais[4],[5].

Sa vie, comme celle d'une vingtaine d'autres personnes, est menacée en octobre 2010 suite à la publication, par le tabloïd ougandais Rolling Stone, d'un appel à « pendre » des homosexuels ougandais dont il diffuse la liste avec sa photo en couverture[4]. Le tabloïd annonce aussi qu’il publiera les noms d’une centaine d’homosexuels ougandais[6].

L'affaire est portée en justice et David Kato Kisule est chargé de plaider pour "Sexual Minorities Uganda (SMUG) contre Rolling Stone"[7],[8]. Ce journal ne pourra plus publier ni les photos ni les noms d’homosexuels, le temps du procès[6].

Le , le juge V. F. Kibuuka Musoke condamne Rolling Stone à cesser sa publication et à payer 1,5 million de shilling ougandais à Kato Kisule et deux autres plaignants[9], pour avoir violé leur droit à la vie privée.

Mort assassiné[modifier | modifier le code]

Dans l'après-midi du 26 janvier 2011, David Kato Kisule est agressé dans son appartement dans la région de Mukono, 15 km à l’est de Kampala. Frappé à la tête avec un marteau, il meurt de ses blessures[5]. Selon son avocat, un homme est entré chez Kato Kisule et l’a tabassé avant de prendre la fuite[10].

En novembre 2013, son assassin est condamné à 30 ans de prison[11].

Liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. «Ouganda: assassinat d'un militant homosexuel mis au pilori par un magazine», AFP sur le site 2424actu.fr, 27 janvier 2011
  2. Francis-Xavier Sserufusa Kyewalyanga, Traditional religion, custom, and Christianity in Uganda, 1976.
  3. David Kato Kisule.doc, 2010.
  4. a et b «Ouganda: Un militant des droits LGBT battu à mort à son domicile», Têtu, 27 janvier 2011.
  5. a et b «Ouganda: David Kato assassiné», BBC, 27 janvier 2011.
  6. a et b (en) «Judge orders Ugandan paper to stop publishing 'gay lists'», CNN International, 2 novembre, 2010.
  7. «Ouganda: “Il faut que le président enterre définitivement le projet de loi anti-gay”», Têtu, 9 janvier 2011.
  8. (nl) «Activist voor homorechten vermoord in Oeganda» (Activiste des droits des homosexuels assassiné en Ouganda), VRT, 27 janvier 2011.
  9. (en) « Court Affirms Rights of Ugandan Gays », Human Rights Firt, 4 janvier 2011.
  10. «Assassinat du militant de la cause homosexuelle David Kato», France 24, AFP, 27 janvier 2011.
  11. (en) "Will Binyavanga Wainaina change attitudes to gay Africans?", BBC News, 24 janvier 2014