David Fabricius

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David Fabricius (9 mars 1564 à Esens - 7 mai 1617 à Osteel) était un théologien allemand qui fit deux découvertes majeures dans les premiers temps de l'astronomie télescopique, avec son fils aîné, Johannes Fabricius (1587-1615).


Biographie[modifier | modifier le code]

David Fabricius (Latinisation de son nom David Faber ou David Goldschmidt) servit comme pasteur dans des petites villes voisines de son lieu de naissance à Esens en Frise (maintenant au nord-ouest de l'Allemagne et au nord-est des Pays-Bas), à Resterhafe près de Dornum en 1584 et à Osteel en 1603. Comme il était fréquent chez les ecclésiastiques de l'époque, il s'intéressait aux sciences, et dans son cas particulier, à l'astronomie.

Fabricius découvrit la première étoile variable périodique connue (par opposition aux variables cataclysmiques, telles que les novas et les supernovas), Mira, en août 1596. Tout d'abord, il pensa qu'il s'agissait "seulement" d'une autre nova, comme le concept même de variable récurrente n'existait pas à l'époque. Cependant, quand il vit de nouveau briller Mira en 1609, il devint clair qu'un nouveau type d'objet céleste avait été découvert.

Deux ans plus tard, son fils Johannes Fabricius (1587-1615) revint de l'université aux Pays-Bas avec des télescopes qu'ils dirigèrent vers le Soleil. Malgré les difficultés liées à l'observation directe du soleil, ils notèrent l'existence de taches solaires, la première mention confirmée de leur observation (bien que des passages peu clairs dans des annales d'Asie de l'Est suggèrent que les astronomes chinois pourraient les avoir découvertes à l'œil nu auparavant, et Fabricius pouvait lui-même les avoir remarquées sans télescope quelques années plus tôt). Tous deux inventèrent bientôt la télescopie en chambre noire afin de préserver leurs yeux et obtenir une meilleure image du disque solaire, et observèrent que les taches se déplaçaient. Elles apparaissaient sur le bord oriental du disque, se déplaçaient progressivement vers le bord occidental, disparaissaient, puis réapparaissaient de nouveau à l'est après une période de temps identique à celle qu'elles avaient mises pour traverser le disque.

Cela suggérait que le Soleil tournait sur son axe, ce qui avait déjà été postulé auparavant mais jamais étayé par des preuves. Johannes publia Maculis in Sole Observatis, et Apparente earum cum Sole Conversione Narratio ("Narration de taches observées sur le Soleil et de leur apparente rotation avec le Soleil") en juin 1611. Le livre demeurait obscur et fut éclipsé (!) par les découvertes et publications indépendantes sur les taches solaires faites par Christoph Scheiner en janvier 1612 et par Galilée en mars 1612.

En dehors de ces deux découvertes, peu de choses sont connues sur David Fabricius sauf la cause inhabituelle de son décès : après avoir dénoncé un voleur d'oie depuis sa chaire, l'accusé le frappa à la tête avec une pelle et le tua.

Des copies d'une carte de la Frise qu'il dessina en 1589 existent toujours. Il est aussi cité dans De la Terre à la Lune de Jules Verne comme quelqu'un prétendant avoir vu des habitants sélènes avec son télescope, bien que ce fait particulier soit une pure invention de Verne. Le grand (90 kilomètres) cratère Fabricius sur l'hémisphère sud de la Lune porte son nom. En 1895 un monument fut érigé à sa mémoire dans le cimetière d'Osteel où il fut pasteur de 1603 à 1617.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Faecialis cœlestis Romani Aquilae revicturi. Hoc est, De illustri & Nova quadam Stella, conjunctionem magnam Saturni & Iovis anni spacio consecuta; futuram Imperij Romani mutationem, restaurationem & gloriam praesignificante. [s.l.] 1606.
  • Kurtzer und Grundtlicher Bericht/ Von Erscheinung un[d] Bedeutung des grossen newen WunderSterns/ welcher den 1. Octobr. des 1604. Jahrs/ gegen dem Sudtwesten/ nach der Sonnen Untergang/ zu sehen ist : Darbey auch von dem AchthundertJahrigen Climacterio, das ist: Von dem grossen und weitberuffenem Reichstage/ der zween obersten Him[m]lischen Churfursten/ und Planeten Saturni und Iovis, in Decembri des 1603. Jahrs gehalten/ gehandelt wird. [Hamburg?] : Frobenius, 1605.
  • Prodromvs Romani aquilae iam iam renouandi hoc est. De Illustri & noua quadam stella coniunctionem magnam Saturni & Iouis anni spacio consecuta ..., Magdeburg 1606.
  • Himlischer Herhold vnd Geluck-Botte Des Romischen Adelers furstehende Renovation oder vorjungung offentlich ausruffendt ..., Magdeburg 1606.
  • Van Islandt vnde Gronlandt / eine korte beschryuinge vth warhafften Scribenten mit vlyte colligeret / vnde in eine richtige Ordnung vorfahtet / Dorch DAVIDEM FABRICIVM Predigern in Ostfreslandt. Gedruckt Im Jahr / 1616.
  • Kleine Chronica, von etlycken besonderen Geschiedenissen, de sick in Ostfriesland vnd den benarborden Orden tho gedragen. Beschrewen vor desen durch David Fabricium Prediger tho Osteel in Ostfriesland. Nu avererst upt ney upgelecht vnde mit velen denckwordigen saken vermehret, bet uptagenwardiges Jahr. Emden 1640.
  • Calendarium Historicum. Mss. Staatsarchiv Aurich (Dep. 1 Msc. 90 in 2°).

Études critiques[modifier | modifier le code]

  • Berthold (Gerhard), Der Magister Johann Fabricius und die Sonnenflecken, nebst einem Excurse über David Fabricius. Eine Studie. Leipzig : Veit, 1894.
  • Folkerts (Menso), art. « Fabricius, David », Biographisches Lexikon für Ostfriesland. Bd. 2, Aurich : Ostfriesische Landschaftliche Verl.- und Vertriebsges, 1997, p. 106-114.
  • Folkerts (Menso), Der Astronom David Fabricius (1564–1617) : Leben und Wirken, Berichte zur Wissenschaftsgeschichte 23, 2000, 127-142.
  • Folkerts (Menso), Kepler und David Fabricius, in : Kepler, La physique céleste. Autour de l' Astronomia nova, éd. Edouard Mehl, avec la collab. de Nicolas Roudet, Paris : Les Belles Lettres, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]