David Edward Kelley

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David Edward Kelley et Michelle Pfeiffer

David Edward Kelley est un scénariste et producteur de séries télévisées américain, né le à Waterville, dans le Maine (États-Unis).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a épousé l'actrice Michelle Pfeiffer en 1993.

Après avoir suivi des études de droit à Boston, Kelley commença à exercer comme avocat dans cette même ville. Dans les années 1980, David Kelley participa à la série La Loi de Los Angeles, d'abord comme scénariste de quelques épisodes puis en tant que producteur. Face à son succès, il se lance alors dans l’écriture plus régulière et crée la série Un drôle de shérif (ou "Picket Fences" en version originale) diffusée de 1986 à 1992. Devenu auteur confirmé, il se fait (re)connaitre au milieu des années 90 par diverses séries dont il devient également producteur exécutif dont La Vie à tout prix ("Chicago Hope" en version originale) en 1994, The Practice : Bobby Donnell et Associés en janvier 1997, Ally McBeal en septembre 1997, Boston Public en 2000, Girls Club en 2003, Boston Justice ("Boston Legal" en version originale) en 2004) et La Loi selon Harry (Harry's Law) depuis janvier 2011.

Bien que traitant de thèmes relativement divers (cadre hospitalier dans "Chicago Hope", cabinets juridiques dans "Ally Mc Beal", "The Practice", "Boston Legal" et La Loi selon Harry (Harry's Law), enseignement pour "Boston Public"), les séries de David Kelley sont caractérisées par leur humour décalé et par les problèmes moraux et éthiques qui obsèdent leur créateur. Ainsi, la majorité des personnages (principaux et secondaires) présentent un univers décalé où règles de bienséance (ou politiquement correctes) et idées reçues sont totalement bouleversées par des retournements de situations permanents ("The Practice") et des airs de comédie musicale récurrents ("Ally McBeal", "Boston Public").


L'univers Kelley[modifier | modifier le code]

  • Le droit en liberté

La majorité des productions de David E. Kelley traitent du droit et de la complexité d’interprétation des règles. Nombre de ses séries mettent en scène des personnages qui usent des lois pour mieux les contourner, voire les détourner, ce qui mène souvent à des jeux de manipulation, que ce soit de la part des avocats, accusés, accusateurs, ou juges eux-mêmes.

Si « Ally Mc Beal », se centrait sur l’univers imaginaire de son héroïne excentrique, égocentrique, névrosée et romantique, « The Practice » s’axait sur des scénarios complexes, fouillés et très sérieux. « Boston Legal » se situait juste entre les deux et peut se considérer comme la version masculine de "Ally Mc Beal". "Harry's law" adopte à nouveau un ton léger bien que mettant en scène de jeunes avocats et une avocate d'âge mûr aux prises avec leurs crises de conscience.

  • Le métier d’avocat

Le charisme et l’argumentation : point commun des avocats principaux, Ally Mc Beal, Richard Fish, John Cage, Bobby Donnell, Eugene Young, Alan Shore, Denny Crane et avocats de la partie adverse font preuve d’un charisme et d’une assurance qui les mène à une victoire quasi systématique (les scénarios offrent toutefois quelques surprises). Si certains (Ally, John, Bobby, Alan) se lancent dans des discours interminables destinés à faire « perdre » ses certitudes au jury, d’autres (Richard et ses « Fishismes », Eugene, Denny) pratiquent l’économie de mots et une logique implacable qui semblent indiquer la seule issue possible.

  • Les types de personnages récurrents

Les excentriques : hormis dans « The Practice » où la majorité des personnages sont « normaux » (à quelques clients et juges psychopathes près), les séries de David E. Kelley mettent la différence à l’honneur. Dans des décors très sérieux (tribunaux, salles de conférences, salles de cours, blocs opératoires) se croisent des personnages au tempérament extrême, souffrant de tics remarquables ou de maladies comportementales les menant à suivant des thérapies diverses et hors du commun (thérapie du sourire, de la cigarette en bois, recours à la musique).

Les égocentriques : Ally Mc Beal et Richard Fish dans « Ally Mc Beal », Alan Shore et Denny Crane dans « Boston Legal », Scott Guber et Marla Hendricks dans « Boston Public », Jeffrey Geiger et Jack Mc Neil dans « Chicago Hope » sont quelques-uns des personnages les plus égocentriques (et d’autre part géniaux) des séries de Kelley.

Les schizophrènes : avocats, clients, médecins, professeurs… quel que soit le cadre ou le métier, les multiples facettes des personnages sont mis en exergue. Qu’il s’agisse de pure schizophrénie, de folie passagère ou d’un trait de caractère plus ou moins développé, ce « trouble », abordé lors de nombreux épisodes, permet de nombreux rebondissements et retournements de situation, procédé particulièrement utilisé dans « The Practice ».

Les intégristes: politique, religion, droits et devoirs envers la Nation sont régulièrement abordés, que ce soit face aux juges, aux professeurs, ou les chirurgiens qui doivent à la fois respecter les droits du patient et les lois. Si certains personnages tels que Bobby Donnell (« The Practice ») ou Philip Watters (« Chicago Hope ») croient fermement en Dieu, en la justice et représentent la droiture, Denny Crane (« Boston Legal »), Jeffrey Geiger et Jack Mc Neil (« Chicago Hope ») n’écoutent que leur conscience et restent convaincus du bon fondement de leurs décisions franches mais « politiquement incorrectes ».

Les faire-valoir : considérés comme personnages secondaires, ils mettent en valeur les « héros » ou jouent le rôle de voix (ou voie) de la conscience. Renée Raddick tire souvent Ally Mac Beal de ses rêves tourmentés, Carl Sacks se charge de rétablir la situation financière du Cabinet « Crane, Poole & Schmidt », Philip Watters doit constamment contrôler les opérations et interventions programmées par Jeffrey Geiger et Jack Mc Neil (« Chicago Hope »), Eleanor Frot (« The Practice ») rappelle régulièrement Bobby Donnell à l’ordre lorsqu’un client ou avocat de la partie adverse tente de le manipuler.

  • L’ambiance

Un style enlevé

« The Practice » : Bien qu’optant pour un ton sérieux, on y voit régulièrement des cas atypiques : histoire de tête coupée retrouvée sur le bureau d’une des avocates, client se prenant pour Superman qu’il faut à tout instant empêcher d’essayer de « voler », cadavres délivrés au Cabinet par un ancien client en guise de « reconnaissance » d’acquittement.

« Ally Mc Beal » regorge de personnages à part, qu’il s’agisse des avocats, des clients…ou des juges. L’univers de l’héroïne est peuplé de musique (Cher, Gloria Gaynor, Tina Turner, Bob Dylan, Al Green) sur lesquelles elle a régulièrement des hallucinations (bébé qui danse, jury se changeant en chorale gospel) ; son côté impulsif et névrosé la mène toujours à des situations cocasses ou embarrassantes (confessions sexuelles à un curé, atteinte physique à un enfant-avocat, disputes dans des supermarchés). Elaine Vassal, secrétaire d’Ally, invente de nouveaux objets après chaque rupture sentimentale : soutien-visage, cassette sur les bruits incongrus de la vie, préservatifs nominatifs, lunettes lacrymales… N’oublions pas de mentionner John Cage, le meilleur ami d’Ally, qui partage une partie de ses névroses : il ne prend confiance en lui (au tribunal et avec les femmes) que sous l’influence des chansons de Barry White pour lesquelles il s’est inventé une chorégraphie endiablée qu’il exécute dans les toilettes de l’entreprise.

« Chicago Hope » alterne scènes d’opérations chirurgicales assez réalistes et personnages névrosés : la femme de Jeffrey Geiger noie leur fils dans un accès de démence ; Alan Birsh, avocat-conseiller, justifie les opérations atypiques réalisées par Jeffrey Geiger, Billy Kronk ou Jack Mc Neil par des arguments « apolitiques » déstabilisants.

Une image propre

Qu’il s’agisse d’une opération chirurgicale (« Chicago Hope »), d’une rixe (« Boston Public ») ou d’un meurtre (« The Practice »), même réaliste, aucune image choquante n’est montrée. De même, si les personnages offrent de prime abord une image correcte de leur corps de métier (enseignement, droit, médecine), les histoires pointent régulièrement du doigt les failles du système et des hommes qui le régissent.

Un rythme soutenu

Mouvements de caméra, virgules entre les scènes, ping-pong verbaux, sujets parallèles et humour cinglant font la recette de ses séries qui entraine rapidement le téléspectateur à suivre la vie fort active et mouvementée des protagonistes.

Amis et invités occasionnels[modifier | modifier le code]

Sans parler de « guest stars », une des caractéristiques de David E. Kelley est sa fidélité à ses acteurs. Ainsi, qui a suivi ses séries ne peut s’empêcher d’avoir des impressions de déjà-vu régulières. Exemples de « clins d’œil » notables :

  • Boston Public

Plusieurs professeurs de "Boston Public" sont des clients du Cabinet « Crane, Poole & Schmidt » : Jeri Ryan, Sharon Leal, Loretta Devine, Thomas McCarthy, Joey Slotnick. Le proviseur et un professeur apparaissent régulièrement en tant que juges dans « Boston Legal » : Anthony Heald, Loretta Devine (à noter ici une petite incohérence puisqu’elle jouait déjà le rôle d’une cliente). Lors d’un « cross-over », le proviseur apparait dans « The Practice ». Il apparaîtra également dans Boston Legal, mais dans un autre rôle (ce qui constitue à nouveau une incohérence puisque « Boston Legal » est la suite de « The Practice »).

  • Les psychiatres

Betty White, psychiatre occasionnelle dans « Ally Mc Beal » revient en « amie » puis secrétaire d’Alan Shore dans « The Practice » et « Boston Legal ». Peter Mc Nicol, avocat dans « Ally Mc Beal », joue le psychiatre de Denny Crane. D’autres psychiatres d’Ally Mac Beal (elle en change régulièrement) apparaissent en tant qu’avocats dans d’autres de ses séries.

Filmographie[modifier | modifier le code]

comme scénariste[modifier | modifier le code]

comme producteur[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]