Il était une fois en Amérique

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Il était une fois en Amérique

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Lieu de l'affiche du film, le Pont de Manhattan à Brooklyn, New York.

Titre original Once Upon a Time in America
(C'era una volta in America)
Réalisation Sergio Leone
Scénario Roman :
Harry Grey
adaptation :
Sergio Leone
Piero De Bernardi
Enrico Medioli
Franco Arcalli
Franco Ferrini
Leonardo Benvenuti
Stuart M. Kaminsky
(dialogues additionnels)
Ernesto Gastaldi
(non crédité)
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Romance
Gangster
Sortie 1984
Durée 229 min (director's cut)
251 min (extended)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Il était une fois en Amérique (Once Upon a Time in America) est le dernier film réalisé par Sergio Leone sorti en 1984. Il s'agit d'un film américano-italien adapté du roman The Hoods de Harry Grey sorti en 1952. Les acteurs principaux sont Robert De Niro, James Wood et Elizabeth McGovern.

Le film raconte, en quarante ans (à partir des années vingt aux années soixante), les vicissitudes dramatiques du mafieux David Aaronson dit « Noodles » et de ses amis dans leurs évolutions progressives du ghetto juif vers les plus hautes sphéres du crime organisé de New York correspondant à la période de la Prohibition à celle de la post-Prohibition.

Il était une fois en Amérique (envisagé au départ sous le titre Il était une fois l'Amérique) n'est autre que le troisième volet de la grande saga portant sur plusieurs périodes-clés de l'histoire américaine. Le premier opus, Il était une fois dans l'Ouest, se situait à l'époque de la conquête de l'Ouest. Le second, Il était une fois la révolution, se déroulait en pleine révolution mexicaine, et enfin Il était une fois en Amérique, revenait sur la période de la prohibition et l'avènement du gangstérisme.

Il s'agit de l'œuvre testamentaire du grand Sergio Leone qui mourut cinq ans après la sortie de ce film. L'année de sa mort, il s'était consacré à un projet portant sur le siège de Léningrad.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Intrigue[modifier | modifier le code]

L'intrigue du film ne suit pas un ordre chronologique. Elle alterne entre trois phases de la vie du protagoniste principal, David Aaronson, dit "Noodles" (ce qui signifie "nouilles"): son adolescence en 1922 où il côtoie le milieu des petits voyous du quartier juif, qu'il habite avec sa famille, à l'âge adulte en 1933 et sa vieillesse en 1968.

1933 : Pourchasse et fuite de New-York[modifier | modifier le code]

New-York en 1933, quatre tueurs de la mafia sont à la recherche de David "Noodles" Aaronson (Robert De Niro), un gangster de la prohibition. Sa fiancée, Eve, dit ne pas savoir où il se trouve et elle est assassinée. Moe "Fat" Gelly, propriétaire du bar de Noodles, est torturé et finit par dire où se trouve Noodles. Il est dans une fumerie d'opium chinoise qui se trouve dans un théâtre pour s'y changer les idées. En effet, Noodles essaye d'oublier la mort de ses trois amis "Patsy", "Cockeye" et "Max". Un flashback montre un camion brulé, des bouteilles de whiskies cassées à terre et les cadavres des trois gangsters, dont celui de Max complètement carbonisé. Noodles, confus, observe la scène à distance parmi la foule.

Dans la fumerie, il doit cependant s'en aller de toute urgence : deux des quatre hommes du « milieu » font irruption dans le théâtre chinois. Il arrive à se réveiller et à s'échapper par une autre sortie. Il se rend au bar de Moe. Il sauve Moe, qui avait été passé à tabac et pris en otage, en tuant le troisième bandit, qui s'avère être l'assassin d'Eve. Moe lui apprend qu'Ève est morte.

David n'a plus rien. Ses amis sont morts, Déborah est partie, Ève est morte et il est en danger de mort avec des tueurs à ses trousses. Voulant fuir, il se rend à la planque à billet de banque qui se trouve à la gare, qui s'avère vide. C'est donc sans un sou qu'il part de New York pour Buffalo pour échapper à ses assaillants. Il ne sait pas encore qu'il part pour un exil de 35 ans.

1968 : Retour à New-York[modifier | modifier le code]

35 ans ont passé, Noodles est de retour à New York, sous un nom d'emprunt, et se retrouve dans la même gare qu'il avait fui des années auparavant. Le vieil homme rend visite à son ami Fat Moe qui dirige toujours le même bar et qui vit de manière modeste. Manifestement, il n'a pas dérobé le million $ de la bande. Tous les deux discutent d'une étrange lettre reçue par Noodles écrite par un inconnu. Dans cette dernière, le rabbin de la synagogue du quartier explique que les corps de ses trois amis doivent être déplacés dans un autre cimetière et l'invite à venir à New York pour discuter des modalités. Fat Moe écoute Noodles qui lui explique lorsqu'il en a parlé au rabbin, il a découvert qu'en fait, la question du cimetière avait déjà été réglée depuis longtemps, la dernière lettre d'avertissement a été envoyée il y a huit mois. Fat Moe confirme qu'il a reçu une lettre similaire à la même période. Noodles apprend par le rabbin que les corps de ses amis ont été transféré dans le meilleur cimetière de la ville par un bienfaiteur inconnu. Tout cela ne peut avoir qu'une seule signification : Noodles, qui a voulu disparaître sans laisser de trace durant des décennies, se rend compte que, malgré sa fausse identité, quelqu'un veut lui faire comprendre qu'il a toujours su où il se cachait. Par conséquent, Noodles estime qu'il n'a plus aucune raison de se cacher, c'est pourquoi il décide de retourner à New York et faire face aux fantômes du passé. Fat Moe va dormir et laisse Noodles errer dans le restaurant. Les souvenirs resurgissent. Dans le bar, une fente qui donne dans l'entrepôt la ramène à un souvenir d'enfance.

1922 : l'enfance, formation de la bande[modifier | modifier le code]

Dans la fente, Noodles se replonge dans son adolescence où il espionne la belle Deborah (Jennifer Connelly), la sœur de Fat Moe qui veut devenir danseuse. Ce sera le grand amour de sa vie. Après avoir rencontré le malin Maximilian "Max" Bercovicz, qui vient de déménager dans le Bronx, Noodles décide avec lui et leurs amis Patsy, Cockeye et Dominique de créer leur propre gang et pour lequel ils "ne veulent pas de maîtres".

Durant son enfance, David et ses amis ne fréquentent pas l'école. Ensemble, ils réalisent des petits boulots pour Bugsy, le voyou qui a implanté ses petits trafics dans le quartier Juif. Ces boulots se résument à terroriser les mauvais payeurs, à savoir les victimes du racket qui refusent de payer et leur apportent de maigres récompenses. Alors qu'ils se rendent à l'endroit habituel pour récupérer leur salaire, un bar, les enfants, menés par Noodles, tentent un coup audacieux : ils renoncent au salaire en échange du droit de faire les poches à un client. Au moment où ceux-ci s'apprêtent à commettre leur larcin, Dominic aperçoit le policier chargé de la surveillance du quartier, qu'ils connaissent déjà plus que de raison. Le plan semble à l'eau, mais Noodles n'en démord pas et attend le passage d'une charrette pour tenter de subtiliser la montre en argent du client éméché. Mais au moment où ce dernier s'apprête à mettre son manteau sur la tête du pauvre homme, un gamin à l'avant de la charrette descend et embarque la victime, prétextant vouloir l'aider.

Le temps passe. On en apprend plus sur Noodles, sa pauvreté, ses soucis familiaux... Lors d'une promenade dans le quartier, il aperçoit le jeune homme qui lui a « volé » sa victime. Il profite du fait que celui-ci soit lourdement occupé pour récupérer son butin, qui finit quelques secondes plus tard dans les mains de l'agent de police. Le jeune homme inconnu, portant à ce moment-là un lustre, commence à ne plus tenir. David l'aide. C'est la naissance d'une grande amitié, celle de David Aaronson et Max Bercovicz.

La bande, qui compte désormais un membre de plus, voit en grand, et rêve de mettre Bugsy au chômage en lui prenant sa place. C'est pourquoi, au moment de faire chanter le policier grâce à une photo compromettante, en plus de reprendre « leur » bien, Max et David exigent de l'homme de loi qu'il ferme les yeux, comme pour Bugsy, sur leurs activités illicites. Celui-ci accepte, en se moquant de leur audace, les mettant en garde quant aux répercussions de la part de Bugsy. Et il voit juste, puisque, quelques jours après, Max et Noodles sont passés à tabac pendant la fête juive du Pessa'h, en plein milieu de la rue, déserte pour l'occasion. Cet événement va marquer profondément la bande. C'est après ça qu'elle va prendre de l'ampleur. En effet, Noodles, fin d'esprit, à mis au point un système ingénieux et peu coûteux pour récupérer les cargaisons d'alcools jetées à la mer pour éviter les contrôles policiers. Ils se rendent donc chez un certain Al Capuano, gangster influent à New York, afin de lui proposer leurs services. D'abord raillés, ils sont engagés de suite après la démonstration, prenant ainsi le travail de Bugsy.

Alors qu'ils ressortent de leur planque à billets (un casier à la gare), ils sont attaqués par Bugsy qui passait dans le coin. Dominic, qui n'a pas le temps de fuir, est abattu d'une balle dans le dos. Noodles, file à son secours, mais il est trop tard. Le jeune enfant lui livre ses derniers mots. Les mains couvertes de sang, David tue le malfaiteur à coups de couteau. Deux policiers essayent de l'arrêter. L'un est poignardé à son tour, dans la folie causée par le chagrin de Noodles, l'autre parvient à contrôler le jeune homme. Le jeune homme est jugé, et envoyé en prison pour une dizaine d'années.

1968 : Visite aux caveaux de ses trois amis et découverte stupéfiante[modifier | modifier le code]

Ses amis Max, Philip, Dominic et Patrick ont vu leurs corps déplacés, et ont maintenant un caveau de luxe commun dans un cimetière qui l'est tout autant. En s'y rendant, il voit une plaque indiquant qu'il est lui-même le bâtisseur de ce lieu funéraire. Il trouve une clef de consigne de gare. Il se rend à l'ancienne planque à billets. La clef ouvre le casier qu'ils utilisaient pour cacher leur butin commun. Là, il trouve une valise remplie de billets, d'une contenance totale d'un million de dollars. Sur une des liasses, il lit l'inscription « une avance sur ton prochain contrat ».

1932 : l'âge adulte, sortie de prison et Bercovicz & associés[modifier | modifier le code]

Noodles sort de prison en 1933. À peine dehors, il est accueilli par un étranger, qui s'avère être son vieil ami, Max. Ils échangent quelques mots. Max lui apprend que la bande, Noodles compris, est toujours formée et possède une entreprise de pompes funèbres, Bercovicz & associés, couverture pour leurs activités clandestines. Arrivé sur les lieux de leur boîte de nuit illégale, Noodles retrouve ses amis d'enfance, Patrick, Philip et Moe, ainsi que son amour de toujours, Déborah, sœur de Moe.

Ensemble, Patrick, David, Max et Philip commettent des casses, des assassinats, des transports de cargaisons d'alcool, et bien d'autres affaires, pour le compte de Frank Minoldi et de son associé Joe (Burt Young), un parrain de la Mafia très puissant. Après un casse par le gang dans un bijouterie de Detroit, Noodle viole la vendeuse, Carol (Tuesday Weld) Au cours d'une de leurs missions, Noodles fait part à la bande, particulièrement à Max, de sa frustration de travailler avec Frank, et de sa peur par rapport à cette association qui met en péril leur amitié. Ils décident d'un commun accord de se mettre pleinement à leur compte et de cesser toute activité avec Frank.

1968 : Agression contre le sénateur Bailey[modifier | modifier le code]

Noodles est dans le bar de Fat Moe, alors que la télévision annonce aux informations qu'une attaque a eut lieu contre le sénateur Bailey et que ce dernier y a miraculeusement échappé. Cet attentat s'imbrique dans une affaire de corruption dans laquelle deux témoins ont déjà été assassiné.

1933 : Protection du syndicaliste James Conway O'Donnell et projet du vol de la réserve fédérale[modifier | modifier le code]

La bande est contactée par un commanditaire anonyme, qui demande à ce que soit protégé un chef syndicaliste, James Conway O'Donnell, qui proteste contre le travail des immigrants, afin d'éviter aux grands patrons de subir la responsabilité face aux médias de la mort de ces derniers. Ils le sauvent d'une bande rivale. Peu après, Noodles organise un rendez-vous romantique avec Déborah, où il compte bien démarrer une vraie relation avec elle. C'est un coup de massue pour lui quand celle-ci lui annonce qu'elle part pour Hollywood pour devenir actrice, lassée des activités illégales de David. En réaction, celui-ci viole Déborah à l'arrière de la limousine. Le lendemain, Déborah part de New York. S'ensuit une absence de Noodles dans la bande pendant un certain temps. De retour « Chez Fat Moe », il reçoit un coup de téléphone de James Conway, qui n'a pas le temps d'expliquer sa requête et se fait cribler de balles au niveau de la jambe. La répression ne se fait pas attendre, et deux membres de la bande abattent le commanditaire et ses hommes.

La prohibition n'en a plus pour longtemps. Des tensions se créent de nouveau. Max voit en grand, mais pas Noodles. Après une dispute, ils décident de partir en vacances ensemble, loin du « boulot », pour calmer leurs différends. C'est là que Max fait part de son rêve à Noodles : braquer la réserve fédérale. Otages, armes, fumigènes, [...] Max a tout prévu et en fait part à sa compagne Carole, qui s'empresse de proposer à Noodles de dénoncer ses camarades pendant leur dernière tournée, afin qu'ils soient incarcérés pendant une courte période, et qu'ils retrouvent la raison. Noodles suit ce plan, mais l'affaire tourne mal. Ses camarades Maximilian « Max » Bercovicz, Philippe « Cockeye » Stein et Patrick « Patsy » Goldberg sont abattus par la police.

1968 : la vieillesse, retour au foyer[modifier | modifier le code]

Il a reçu une invitation à une réception d'un certain « Sénateur Bailey ». David rend visite à Carole, placée dans un hospice. Il aperçoit la photo de la marraine de l'association responsable du lieu, qui n'est autre que Deborah. Le vieil homme se rend à une représentation de Marc-Antoine et Cléopâtre où celle-ci tient le rôle de la reine d’Égypte. Ils se parlent nerveusement. Aaronson apprend que Deborah est la compagne de l'homme qui l'a invité. Au moment de s'en aller, Noodles croise le fils du sénateur en question, prénommé David. Il est le portrait craché de Max adolescent.

Peu de temps après, Noodles se rend à la réception et est reçu par le sénateur, qui s'avère être Max, qui par un stratagème s'est fait passer pour mort et a changé d'identité. Il a appelé son fils David en hommage à son meilleur ami. Il sait ses jours comptés, sa tête est mise à prix par des grands patrons véreux avec qui il a fricoté. Il demande donc à Noodles de réaliser trois choses en une : se venger de la trahison de son meilleur ami, rendre un dernier service à ce dernier, et surtout, commettre son dernier contrat. David refuse, se rappelant avec émotion leur enfance. Il s'en va. Au loin, il aperçoit Max qui semble se jeter dans un camion-broyeur. Il cherche à mieux voir, mais plus de traces de quiconque.

1933 : épilogue[modifier | modifier le code]

Le film se termine en 1933 par une vue en plongée de Noodles, détendu par l'opium, les yeux clos et souriant.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sergio Leone, sur le tournage du film.

Premier doublage[modifier | modifier le code]

  • Version Française : S.P.A.R.T.–Jacques Barclay
  • Direction artistique : Sergio Leone
  • Adaptation Française : Éric Kahane
  • Ingénieur du son : Jacques Thomas-Gerard
  • Enregistrement : Auditorium S.I.S.
  • Mixage : Auditorium Auditel

Distribution[modifier | modifier le code]

Robert De Niro et Elizabeth McGovern à la projection de la version restaurée du film, lors du festival de Cannes 2012.

Légende : Doublage de 1984 ; Redoublage de 2003

Remarque : Jacques Frantz a également participé au premier doublage : Il double le premier gangster au début du film, celui qui interroge Eve et Moe.

Production[modifier | modifier le code]

Pré-Production[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, le demi-frère de Leone, Fulvio Morsella, lit une traduction italienne du roman de Harry Grey, The Hoods à Sergio. Le livre affirme être une autobiographie d'un gangster juif du Lower East Side de New-York et qu'il avait été ecrit par Grey alors qu'il était incarcéré à la prison de Sing-Sing. Leone s'appropria le livre pour s'en servir d'inspiration principale pour en faire un film de gangster capturant l'esprit de l'Amérique[1]. Grey rencontra Leone plusieurs fois dans les années 1960 et 1970 et il était un grand des Westerns de ce dernier. Dès le début du projet, Sergio Leone approcha John Millius, un grand fan de dernier, pour travailler sur le film. Cependant, Milius travaillait déjà sur les scripts du Le Lion et le Vent, sorti en 1975 et Apocalypse Now, sorti en 1979 et ne pouvait être disponible[1].

Avant de s'attaquer définitivement à Il était une fois en Amérique, il lui fut proposé par Paramount Pictures de porter à l'écran la célèbre saga Le Parrain, dont Mario Puzo était l'auteur, mais il refusa pour se consacrer entièrement à son propre projet, lui-même tiré d'un roman intitulé À main armée, de Harry Grey, basé sur une histoire vraie d'un ancien gangster tourné informateur pour le gouvernement[2]. La rédaction du scénario de Il était une fois en Amérique allait lui demander un travail de près de douze ans, et la collaboration de nombreux scénaristes. Pour cela il rencontre Harry Grey à plusieurs reprises pour tenter de recréer l'Amérique qu'avait connu Grey (Speakeasy, fumerie d'opium...)[1]. Leone tenta de faire une autre trilogie sur l'histoire américaine[2].

Le scénario achevé, c'est un producteur qu'il lui fallait trouver, et ce ne fut pas une tâche des plus aisées à nouveau pour Sergio Leone. C'est une des raisons qui a fait que la pré-production est prit autant de temps. Un autre producteur, Dan Curtis, avait racheté les droits d'adaptation du roman de Grey "The Hood" et refusa de les céder jusqu'en 1976. Année où Alberto Grimaldi persuade Curtis de lui céder les droits du roman en contrepartie du financement de Trauma avec Oliver Reed et Bette Davis[1]. Mais heureusement, Arnon Milchan, un tout jeune producteur, se présenta à lui pour concrétiser son œuvre sur la pellicule. Le tournage put commencer en 1982. Après que le script final ne soit terminé en octobre 1981 et fasse 317 pages[1].

Tournage[modifier | modifier le code]

Pour se préparer au rôle de Noodles, Robert De Niro demanda à s'entretenir avec Meyer Lansky, un gangster dont s'inspire très fortement son personnage. Mais sa requête ne put aboutir[1]. Cette démarche est très représentative du comédien issu de l'Actors Studio, une école où on ne vous apprend pas à jouer la comédie, mais à incarner des personnages. Ainsi, De Niro est entre autres connu pour avoir pris près de trente kilogrammes pour jouer le célèbre boxeur Jake LaMotta dans Raging Bull.

Cette grande fresque fut tournée du 14 juin 1982 au 22 avril 1983[1]. Dans un premier temps, Sergio Leone envisagea d'édifier tous les décors à Cinecittà, les célèbres studios de cinéma d'Italie. Mais des repérages dans le Lower East Side de New York le séduisirent à tel point qu'il fit reconstituer les structures de trois rues entières dans le style des années 1930, pour les monter ensuite sur des immeubles new-yorkais déjà existants (technique employée dans Le Parrain). Au début du film, le téléphone sonne 24 fois[1]. Les scènes de Miami Beach sont tournées au Don Cesar resort à St. Petersburgh en Floride[1].

D'autres scènes furent tournées à Boston, Montréal, Paris, Nice, Venise allant de simples prises de vue à certaines scènes essentielles au long métrage. À Paris, les scènes de la consigne furent tournées à la gare du Nord. Aménagée de manière à évoquer Grand Central Terminal de New York, elle servit aussi de décor au départ de Deborah pour Hollywood[3]. Quand son train quitte la gare, découvrant à droite les voitures restées à quai, on distingue très nettement le logo de la SNCF sur le dernier wagon. En outre on peut lire, au-dessus du train à l'arrêt, « voie 13 » en français.

Le film demanda finalement un investissement de plus de 30 millions de dollars (budget dépassé par le réalisateur).

Casting[modifier | modifier le code]

Leone a auditionné énormément d'acteurs durant toute la phase précédent le tournage. Robert de Niro est le premier acteur à être auditionné pour le film alors qu'il est en train de tourner le Parrain II. Il est approché pour le rôle de Noddles et, plus tard, il prendra une part active dans le reste du choix du casting[1]. À l'origine, en 1975, Gérard Depardieu, qui devait apprendre l'anglais avec un accent de Brooklyn, devait jouer le rôle de Max et Jean Gabin jouant Max vieux. Richard Dreyfuss a été auditionné pour le rôle de Noodles avec James Cagney jouant Noodles vieux[1]. En 1980, Leone parle de Tom Berenger pour le rôle de Noodles avec Paul Newman jouant Noodles vieux. Cependant Cagney et Dreyfuss refusèrent car Cagney avait les mains qui tremblaient et Dreyfuss estimait que c'était pas le bon moment pour interpréter Max[1]. Parmi les acteurs auditionné pour le rôle de Max, plus de 200 selon Leone[1], ils y avaient Dustin Hoffman, Jon Voight, Harvey Keitel, John Malkovich, John Belushi, ce dernier mourant avant le début des auditions[1], et Klaus Kinski qui avait déjà joué sous la direction de Sergio Leone dans Et pour quelques dollars de plus. Leone voulait que des stars des années 1940 fassent des apparitons dans le film, spécialement George Raft, James Stewart, Henry Fonda et Glenn Ford[1]

De 1980 à 1982, Leone divise son temps entre l'audition de plus de 3000 acteurs pour plus de 110 rôles parlant (dont 500 auditions sont enregistrées sur vidéos), le repérages de lieux de tournage et la supervision du script[1]. Au début de 1981, après avoir vu The Blue Lagoon, Leone proposa à Brooke Shields le rôle de Deborah Gelly adulte, estimant qu'elle avait le potentiel pour jouer un personnage mature[1]. Une grève des scénaristes annula le projet, avant que Shields ne passe l'audition[1]. Elizabeth McGovern fut alors choisie. Jennifer Connelly, dont c'est le premier rôle, interprétera son personnage plus jeune[1]. Au départ, Sergio Leone pensait confier le rôle de Noodles à Steve McQueen, mais l'écriture du scénario prit beaucoup plus de temps que prévu et Steve McQueen décéda en 1980. C'est alors qu'il pensa à une star montante du cinéma en la personne de Robert De Niro.

Le rôle de Max fut un temps envisagé par plusieurs comédiens mais c'est finalement James Woods qui incarna le personnage. Joe Pesci, partenaire de Robert De Niro dans de nombreux films, retrouve ce dernier pour la deuxième fois, après leur première rencontre dans Raging Bull. Danny Aiello auditionna aussi pour plusieurs rôles et obtint celui du chef de la police avec lequel il partage, par pur hasard, le même nom de famille[4].

Claudia Cardinale, déjà présente au générique d’Il était une fois dans l'Ouest, se présenta à nouveau à Sergio Leone pour interpréter Carol[1], mais le réalisateur lui préféra Tuesday Weld, craignant que l'actrice italienne ne soit pas assez convaincante dans le rôle d'une New Yorkaise. Julie Andrews et Kay Lenz se sont vu offrir le rôle mais toutes deux déclinèrent[1]. C'est le dernier film de James Hayden[1].

Montage[modifier | modifier le code]

C'est au montage du film que le réalisateur va se heurter à la tâche la plus difficile de l'entreprise. En effet, Sergio Leone a signé un accord avec la Warner Bros. pour une durée ne dépassant pas les h 45. Or, lors du premier montage, Leone a soumis un montage de h 25 qui fut refusé. De son propre chef, Sergio Leone coupa quelques scènes pour aboutir ce qui deviendra plus tard la version européenne de h 49, version dont il ne pouvait se résoudre à réduire encore davantage sans que cela entrave la logique narrative[5].

Le studio choisit finalement de passer outre les souhaits de Leone en distribuant une version raccourcie de h 19 aux États-Unis, une décision qui a fait scandale à l’époque et qui a tellement déprimé le cinéaste italien qu’il n’a plus tourné de film jusqu’à sa mort, en 1989. Non seulement le film est quasiment réduit de moitié, mais tout est replacé dans un ordre chronologique dénaturant le film, car ce qui faisait la force de la narration et du film en lui-même était son montage qui voyageait entre passé, présent et futur. Cela explique le désastre aux États-Unis, où le film ne récolta que 2,5 millions de dollars de recettes et des critiques houleuses. Il fut complètement évincé de la cérémonie des Oscars où Ennio Morricone aurait pu concourir pour le prix de la musique s'il avait été crédité au générique américain.

Le film sera cependant distribué tel que le souhaitait le réalisateur en France et dans d'autres pays européens, et surtout lors du festival de Cannes 1984 où il ne figure que hors compétition. Les critiques sont élogieuses. Pourtant le film n'arrivera pas à convaincre un large public. Avec 1,5 million de spectateurs en France, il est très loin des 15 millions d’Il était une fois dans l'Ouest.

Une version restaurée, avec 22 minutes supplémentaires, a été projetée le 18 mai 2012 lors du festival de Cannes 2012. La restauration a été réalisée par la cinémathèque de Bologne, aidée par la Film Foundation de Martin Scorsese, selon les volontés de montage de Sergio Leone[6].

Différentes versions[modifier | modifier le code]

Ces différentes coupes et remontages auront eu pour conséquence de laisser différentes versions du film :

  • La version cinéma américaine de 139 minutes avec récit dans l'ordre chronologique, aujourd'hui disparue.
  • La version director's cut de 229 minutes, la plus connue, sortie au cinéma en France, puis en VHS et Laserdisc en 1994. Elle sera redoublée en 2003 pour une sortie DVD collector.
  • La version restaurée extended director’s cut de 251 minutes, diffusée lors du festival de Cannes 2012, et sortie en Blu-Ray en 2014. Elle contient des scènes inédites :
  1. Une scène où Noodles s'entretient avec la directrice du cimetière de Riversdale incarnée par Louise Fletcher. (1968)
  2. Noodles fonce avec la voiture et plonge dans le lac. On peut voir l’anxiété de ses amis lorsqu’il ne refait pas surface tout de suite. (1933)
  3. À l’entrée du théâtre, Noodles attend l’arrivée de Deborah, et discute avec son chauffeur (1933)
  4. Trois scènes montrant comment Noodles rencontre Eve. On apprend qu'elle était prostituée (1933)
  5. Deborah prend un café au bar (1933)
  6. Deborah joue Cléopâtre. Noodles est présent dans le public (1968)
  7. Scène de rencontre entre le secrétaire Bailley (Max) et Jimmy O'Donnell (1968)

Bande-originale[modifier | modifier le code]

La bande originale est composé par son collaborateur de longue date, Ennio Morricone. Du fait de la longue durée de production, la plupart des musiques ont été composées avant le début du tournage[1].

Ennio Morricone, compositeur attitré de Sergio Leone, composa même la partition du film plus de dix ans avant le tournage. Mais ceci était une habitude des deux hommes. Sergio Leone pouvait alors diffuser la musique sur haut-parleur durant le tournage pour que l'équipe du film et les comédiens s'imprègnent de l'ambiance particulière de ses productions. Cela l'aidait aussi personnellement dans son propre travail, afin d'adapter le rythme de mise en scène ou le découpage qu'il imaginait déjà[1].

  1. "Once Upon a Time in America"
  2. "Poverty"
  3. "Deborah's Theme"
  4. "Childhood Memories"
  5. "Amapola"(José Maria Lacalle Garcia)
  6. "Friends"
  7. "Prohibition Dirge"
  8. "Cockeye's Song"
  9. "Amapola, Pt. 2"
  10. "Childhood Poverty"
  11. "Photographic Memories"
  12. "Friends"
  13. "Friendship & Love"
  14. "Speakeasy"
  15. "Deborah's Theme-Amapola"
  16. "Suite from Once Upon a Time in America (Includes Amapola)"
  17. "Poverty" [temp. version]
  18. "Unused Theme"
  19. "Unused Theme" [version 2]
  • En plus de la musique de Morricone, on peut entendre les morceaux suivants :
  1. Irving Berlin – God Bless America
  2. The Beatles – Yesterday
  3. Joseph LaCalle – Amapola
  4. Gioachino Rossinis Ouvertüre – Die diebische Elster
  5. George Gershwin – Summertime
  6. Cole Porter – Night and Day
  7. Traditional – St. James Infirmary

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1985 - Golden Globe
    • Nomination en tant que meilleur réalisateur de Sergio Leone
    • Nomination pour la meilleure musique originale pour Ennio Morricone
  • 1985 - BAFTA
  • 1985 - ruban d'argent
  • 1985 - Prix de l'Académie japonaise
    • Meilleur film étranger
  • 1984 - Los Angeles Film Critics Association Award
    • La meilleure bande originale de Ennio Morricone
    • Nomination meilleur film
    • Nomination meilleur réalisateur pour Sergio Leone
  • 1985 - Prix Kinema Junpō
  • 1986 - Sant Jordi Prix

Protestations[modifier | modifier le code]

Le scénario[modifier | modifier le code]

En raison de sa manière de dépeindre la communauté juive, Sergio Leone n'échappa pas aux critiques de cette dernière. Le gouvernement israélien parla même d'une « terrible humiliation ».

Les mouvements féministes s'opposèrent également au long métrage, voyant d'un mauvais œil les violences commises sur les femmes.

Le pont de Manhattan[modifier | modifier le code]

Une des scènes les plus célèbres du film est la mort d'un des adolescents de la bande au pied du pont de Manhattan, à l'angle de Water Street et Adams Street, scène sublimée par la musique d'Ennio Morricone et le ralenti. Ce plan du pont de Manhattan est un classique du cinéma qui fut par la suite beaucoup repris dans diverses productions, une des dernières en date étant le King Kong de Peter Jackson. Actuellement, ce quartier de Brooklyn, Dumbo, a limité l'accès de ce site aux diverses productions à la suite des plaintes des riverains.

Source[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x http://www.imdb.com/title/tt0087843/trivia
  2. a et b Hughes Crime Wave:The Filmgoers' guide to the great crime movies p. 156–157.
  3. http://movie-locations.com/movies/o/onceamerica.html#.VJeN6sBM
  4. Grey rencontra Leone plusieurs fois dans les années 1960 et 1970 et il était un grand des Westerns de ce dernier.
  5. http://www.festival-cannes.com/fr/theDailyArticle/59209.html
  6. http://www.latimes.com/entertainment/movies/la-et-mn-once-upon-a-time-america-leone-deniro-20141003-story.html

Liens externes[modifier | modifier le code]