Daulis

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Daulis (grec Δαυλίς, plus tard Δαυλία, Daulia) était une ancienne cité grecque de Phocide, proche de la frontière avec la Béotie, sur la route d'Orchomène et de Chéronée à Delphes, et située sur les contreforts orientaux du Parnasse. Elle fut, à la fin de l'Antiquité, le siège d'un évêché, qui est devenu par la suite le titre d'évêques in partibus de l'Église catholique. Quelques vestiges de l'antique Daulis sont visibles près de la ville moderne de Davlia.

Daulis en Phocide ne doit pas être confondue avec une ville du même nom située en Épire[1].

Mythologie[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie grecque, Daulis était la ville de Térée, fils d'Arès. La ville tirerait son nom de celui de la naïade Daulis, fille de Kephis(s)os, dieu-fleuve béotien[2]. La cité est mentionnée par Homère[3]. On connaît aussi l'histoire d'un de ses rois, Pyrénée, qui avait voulu violenter les Muses ; Ovide précise que Pyrénée s'était emparé de Daulis à la tête de ses soldats thraces et qu'il tenait la cité sous un joug illégitime (iniusta regna)[4].

Non loin de Daulis, sur la route de Delphes, se trouvait le chemin qui fourche (σχιστὴ ὁδός) ; c'est à cet endroit qu'Œdipe tua son père Laïos[5].

Histoire grecque[modifier | modifier le code]

Situation de Daulis

La ville fut détruite en 480 av. J.-C., durant la seconde guerre médique. En 346 av. J.-C., elle fut à nouveau détruite pendant la troisième guerre sacrée par Philippe II de Macédoine. Les Romains, sous la conduite de Titus Quinctius Flamininus, s'en emparèrent en 198 av. J.-C. ; Tite-Live précise qu'en raison de sa situation sur une hauteur elle ne pouvait être prise par la force et que les Romains usèrent d'un stratagème[6].

Il y avait à Daulis, selon Pausanias[7], un temple d'Athéna. Près du chemin qui fourche se trouvait le lieu où se réunissait l'assemblée des députés des cités de Phocide[8].

Évêché[modifier | modifier le code]

Daulis fut à la fin de l'Antiquité le siège d'un évêché. Il fut créé tardivement, peut-être en remplacement d'Élatée, à une époque où les Grecs se replièrent vers le sud, en raison de l'invasion slave[9]. Cet évêché était suffragant d'Athènes.

Le titre de Daulis a été utilisé par l'Église catholique comme évêché in partibus ou siège titulaire du XVIe au XXe siècles[10]. Parmi les titulaires, on trouve le théologien écossais George Hay.

Le site[modifier | modifier le code]

Le site de Daulis se trouve sur une colline dominant la ville moderne, à une hauteur d'environ 468 mètres. Les remparts de la cité, en appareil polygonal, sont assez bien conservés. Il y a sur le site une église de Haghios Theodoros, construite avec les pierres de l'ancienne cité[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. N.G.L. Hammond, Epirus : the Geography, the ancient Remains, the History and the Topography of Epirus and adjacent areas, Oxford, 1967, p. 657.
  2. Pausanias, Description de la Grèce, X, 4, 7. (En ligne). Mais Pausanias cite une autre étymologie : le nom viendrait de δαύλος, « hirsute », et ferait allusion à la nature boisée de la région.
  3. Iliade, II, 520.
  4. Ovide, Métamorphoses, V, 274 et suiv.
  5. Pausanias, ibid, X, 5, 3. En fait, le lieu où Œdipe croisa Laïos diffère selon les auteurs. Le carrefour mentionné par Pausanias est « appelé aujourd'hui Carrefour de Mégas, à l'endroit où se rencontrent les routes venant de Daulis et de Thèbes pour former la route qui monte à Delphes le long de la vallée » (P. Grimal, op. cit., p. 324).
  6. Daulis, quia in tumulo excelso sita est, nec scalis nec operibus capi poterat. (Tite-Live, XXXII, 18.)
  7. Ibid, X, 4, 9.
  8. Pausanias, ibid, X, 5, 1-2.
  9. Ce siège n'est pas encore mentionné dans une liste datant de 458. L. Duchesne, « Les anciens évêchés de la Grèce », Mélanges d'archéologie et d'histoire, 15 (1895), pp. 375-385.
  10. Liste des titulaires sur le site catholic-hierarchy.org.
  11. The Princeton Encyclopedia of Classical Sites, loc. cit..

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionary of Greek and Roman Geography, William Smith ed. (1854), s.v. Daulis or Daulia. (En ligne)
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, PUF, 3e éd., 1963.
  • The Princeton Encyclopedia of Classical Sites, Richard Stillwell, William L. MacDonald, Marian Holland McAllister ed., Princeton, N.J., Princeton University Press, 1976, s.v. Daulis or Daulia, Phokis, Greece. (En ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Quelques vues de l'ancienne acropole figurent sur le site de la ville moderne de Davlia.