Datame

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Pièce en argent de Datame.

Datame ou Datamès (en grec Δαταμης ; décédé en 361 av. J.-C.) est un général des Perses et satrape de Cappadoce sous Artaxerxès III.

Origine[modifier | modifier le code]

Selon Diodore de Sicile, les rois de Cappadoce font remonter leur origine à Cyrus et ils affirment aussi qu'ils descendent d'un des sept Perses qui ont fait mourir le mage (i.e. Smerdis). Ils établissent ainsi leur généalogie à partir de Cyrus : Atossa était sœur légitime de Cambyse Ier, père de Cyrus ; elle eut d'un certain Pharnakès, « roi de Cappadoce », un fils appelé Gallus qui engendra Smerdis, père d'Artamnès, lequel eut un fils nommé Anaphas, homme courageux, entreprenant, et l'un des sept Perses meurtriers de Smerdis[1].

Toujours selon Diodore de Sicile, Anaphas ou Otanès aurait obtenu la souveraineté sur la Cappadoce sans payer de tribut aux Perses ; il aurait eu un successeur homonyme qui laissa en mourant deux fils, Datame et Arimnée.

Toutefois, selon son biographe Cornélius Népos, Datamès était le fils d'un nommé Camisarès qui « gouvernait la portion de Cilicie qui touchait la Cappadoce et qu'habitent les Syriens blancs »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Datamès commence sa carrière sous le règne d'Artaxerxès II. C'est un homme distingué par son courage guerrier et loué pour son gouvernement. Il remporte d'importantes victoires sur les ennemis de ce prince, en premier lieu lors des guerres contre les Cadusiens en 385/384 et 374, sur Thuys de Paphlagonie dans les années 380, et enfin sur Aspis de Cataonie.

C'est alors que la rupture avec le Grand-Roi intervient. Alerté par son ami Pandantès, « gardien du trésor royal », qu'un complot de courtisans jaloux s'ourdit contre lui à la cour d'Artaxerxès III, Datamès se résout à faire sécession. Il se révolte en Cappadoce et défait le satrape Artabaze envoyé contre lui. Malgré la trahison de son propre beau-père Mithrobarzanès, qui fait défection avec sa cavalerie[3], il parvient de la sorte à maintenir son indépendance pendant quelques années.

Datamès est ensuite trahi par son fils aîné, Sysinas, qui passe du côté du Grand-Roi. Datamès est ensuite attaqué par Autophradatès, satrape de Sardes, qui a reçu des instructions royales et qui, dans l'incapacité de vaincre son adversaire, conclut une trêve avec lui. C'est la trahison qui vient finalement à bout du rebelle. Mithiridate, fils d'Ariobarzane, mandaté par le roi, attire Datamés dans un guet-apens et le tue en 361[4].

Cornélius Népos a écrit sa Vie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fragment du livre XXXI, chapitre 28 de Diodore de Sicile, Excerpt. Photii, Bibliothèque de Photios, p. 517-518.
  2. Cornélius Népos, Vies des grands capitaines, « Datame », I.
  3. Diodore de Sicile, Livre XV, chapitre 91, § 3.
  4. Pierre Briant, Histoire de l'Empire perse, de Cyrus à Alexandre, Fayard, Paris, 1996 (ISBN 2213596670), p. 678-679.

Bibliographie[modifier | modifier le code]