Dassault Mirage G

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dassault Mirage G
{{#if:
Image illustrative de l'article Dassault Mirage G

Constructeur Drapeau : France Dassault
Rôle Avion de chasse à géométrie variable
Premier vol 8 mai 1971 (G8)
Mise en service Jamais mis en service
Date de retrait Abandonné dans les années 70
Nombre construits 3 prototypes
Équipage
1 ou 2 pilotes
Motorisation
Moteur SNECMA Atar 9K50
Nombre 2
Type turboréacteur
Puissance unitaire 70,1 kN
Dimensions
Envergure (ailes repliées) 8 70 m
(ailes dépliées) 15 40 m
Longueur 18 80 m
Hauteur 5 35 m
Surface alaire 37 m2
Masses
À vide 14 740 kg
Maximale 23 800 kg
Performances
Vitesse maximale ~2 400 km/h (Mach 2,2)
Vitesse de décrochage 197 km/h
Plafond 18 500 m
Rapport poussée/poids 0,969

Dans la seconde moitié des années 1960, le constructeur aéronautique français Dassault a étudié quatre projets d'avions à géométrie variable : les Mirage III G, Mirage G4 et G8 et LTV V-507. Quatre prototypes ont été construits, répondants à différents besoins, mais aucun n'a débouché sur une fabrication en série.

Conception[modifier | modifier le code]

Mirage III G[modifier | modifier le code]

En 1964, Dassault est chargé de concevoir un avion à géométrie variable destiné à équiper l'Armée de l'Air et l'aéronavale françaises. Le constructeur propose une formule basée sur la cellule du Mirage F2 et propulsé par un réacteur américain Pratt & Whitney TF 306, pour lequel la SNECMA devait obtenir une licence de fabrication. Un prototype est commandé en octobre 1965 et sa construction débute dès janvier 1966. Le Mirage III G fait son vol inaugural le 18 novembre 1966 avec une aile bloquée à 20° de flèche. Plusieurs vols d'essais sont alors effectués, l'avion dépassant Mach 2 trois semaines plus tard. En octobre 1969, l'avion est transféré au Centre d'essais en vol.

Mirage G4[modifier | modifier le code]

Entre temps, l'Armée de l'Air a demandé l'étude d'une formule biplace, biréacteur équipé de SNECMA Atar 9K50, qu'elle destine à des missions de reconnaissance, d'attaque, de guerre électronique lointaine (programme RAGEL). L'avion doit être capable d'emporter soit une arme nucléaire soit une lourde charge d'armement classique. Alors que deux prototypes du Mirage G4 sont commandés et que la conception est bien avancée, les études budgétaires montrent que le coût du programme sera trop important au vu des 60 exemplaires prévus. Ceci entraine naturellement l'abandon du projet, fin 1968.

Mirage G8[modifier | modifier le code]

À la suite de l'abandon du Mirage G4, l'Armée de l'Air fait une nouvelle fois évoluer ses besoins : elle réclame maintenant un avion d'interception monoplace, propulsé par deux réacteurs SNECMA M53. Le premier prototype du Mirage G4 est alors modifié en Mirage G8 01 (biplace) et fait son premier vol le 8 mai 1971[1]. Le second Mirage G4 est transformé en monoplace, la place arrière étant occupée par des équipements, et devient le Mirage G8 02, avant de faire son premier vol le 13 juillet 1972[1]. Celui-ci reçoit par ailleurs un système d'arme complet[1]. Les deux Mirage G8 restent propulsés par des SNECMA Atar 9K50.

Le 13 juillet 1973, le Mirage G8 02 piloté par Jean-Marie Saget établit un nouveau record de vitesse pour un avion conçu en Europe de l'ouest, en atteignant Mach 2,34 à 12 800 m. Ce record n'a pas été battu à ce jour.

Coopération autour du LTV V-507[2][modifier | modifier le code]

La société Ling-Temco-Vought (LTV) est à la recherche de compétences sur les ailes à géométrie variable, dans le cadre du programme Light Weight Fighter (futur McDonnell Douglas F/A-18 Hornet) et du VFX (futur Grumman F-14 Tomcat). Elle décide de coopérer avec la société Avions Marcel Dassault, qui vient de réussir avec succès le développement du Mirage G. Deux accords sont signés en 1968, l’un de coopération générale et l’autre sur les ailes à géométrie variable. Le prototype LTV V-507[3], inspiré du Mirage G, est rejeté au profit du Grumman F-14 Tomcat. À la lecture du dossier du LTV V-507, la société Grumman demande de nombreux renseignements complémentaires, devant l’intérêt des solutions techniques retenues pour le Mirage G. Le Pentagone envisage un temps d’utiliser comme base cet avion pour le programme Light Weight Fighter, puis d’autres solutions sont préférées.

Fin du programme[modifier | modifier le code]

Aucun avion de série ne sera cependant finalement construit. Le Mirage G effectue plus de 300 vols d'essais, dont certains avec des pilotes américains aux commandes, avant d'être détruit lors d'un accident le 13 janvier 1971 à cause d'une panne sur un servo-mécanisme électrique[1]. Le Mirage G8 01 est transféré au Centre d'essais en vol en octobre 1972 et effectue plus de 200 vols d'essais jusqu'en juillet 1973. Il est désormais exposé au Musée du Bourget. Le Mirage G8 02 effectue environ 125 vols, le dernier ayant eu lieu le 22 novembre 1974. Il est désormais exposé au Musée européen de l'aviation de chasse (MEAC) à Montélimar.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Mirage G : avion expérimental basé sur le Mirage F2, équipé d'un réacteur Pratt & Whitney TF 306 (1 exemplaire)
  • Mirage G4 : projet d'une version biplace équipée de deux réacteurs Snecma Atar 9 K 50 (2 prototypes qui n'ont jamais volé)
  • Mirage G8 : projet d'une version monoplace équipée de deux réacteurs Snecma Atar 9 K 50 (2 prototypes obtenus à partir de ceux du G4)
  • LTV V-507 : projet d'une version biplace équipée de deux réacteurs Pratt & Whitney TF-30-P-412

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Robert J. Roux, Les Avions militaires du monde, vol. 1, Paris, Éditions Larivière, coll. « Docavia »,‎ 1974, 52 p.
  2. Claude Carlier, Une formule aérodynamique gagnante. La grande aventure des « Mirage » à géométrie variable, 2, Le Fana de l’aviation, n° 537, août 2014
  3. The Vought V-507. Posted on July 2, 2014 by Ian D'Costa - [1] ; Blast from the past....Ling-Temco-Vought (LVT) V-507 [2] ; Vought designs the 1960s-1970s [3]
  • Claude Carlier, Une formule aérodynamique gagnante. La grande aventure des «Mirage» à géométrie variable, 1 et 2, Le Fana de l’aviation, n°536, 537 et 538, juillet, août et septembre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Développement lié

Liens externes[modifier | modifier le code]