Danuta Siedzikówna

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Danuta Siedzikówna

Description de l'image  Danuta_Siedzikowna_Sopot.jpg.
Naissance 3 septembre 1928
Guszczewina, Pologne
Décès 28 août 1946 à 17 ans 11 mois 27 jours
Gdańsk, Pologne
Nationalité Drapeau de la Pologne Pologne
Profession infirmière de l'Armia Krajowa

Compléments

Décoration Polonia Restituta Polonia Restituta (III Class)

Danuta Siedzikówna (pseudonyme : Inka ; nom dans la clandestinité : Danuta Obuchowicz ; née le 3 septembre 1928 et morte en août 1946 à Gdańsk) était infirmière et travaillait au 4e escadron (créé dans la région de Białystok) de la 5e Brigade de Wilno de l'Armia Krajowa polonaise[1]. En 1946, elle servit dans 1re premier Escadron de la Brigade en Poméranie (devenue alors polonaise).

Plaque Danuta Siedzikówna dans la cathédrale de Gdańsk
Monument à Park im. Sanitariuszki Inki à Sopot
Monument à Narewka
La tombe symbolique dans la Nécropole de Gdańsk
Monument Danuta Siedzikówna à Park dr. H. Jordana à Cracovie

Enfance[modifier | modifier le code]

Elle naquit le 3 septembre 1928 dans le village de Guszczewina, près de Narewka, dans le district de Bielsk Podlaski. Son père, Wacław Siedzik était un garde forestier qui avait été déporté en Sibérie sous le régime tsariste pour avoir participé à des organisations indépendantistes polonaises. Il était revenu en Pologne en 1923. En 1940, il fut arrêté par le NKVD et à nouveau déporté en Russie. En 1941, il rejoignit l'Armée polonaise du général Anders mais mourut à Téhéran en 1942. Sa mère, Eugenia, née Tyminskia, membre de l'Armia Krajowa, fut tuée par la Gestapo en septembre 1943. Danuta Siedzikowna grandit avec ses deux sœurs, Wiesława (1927 - 2004) et Irena (1931 ? - 1978), dans le pavillon du garde forestier près de Guszczewina, les filles fréquentèrent le lycée de Narewka jusqu'en 1939. Pendant la Deuxième Guerre mondiale jusqu'en 1943 toutes les trois firent leurs études à l'École des sœurs salésiennes de Różanystok près de Dąbrowa Białostocka[2].

La Seconde Guerre mondiale et immédiatement après[modifier | modifier le code]

Après que leur mère eut été assassinée par la Gestapo à Białystok, Danuta rejoignit l'Armée intérieure en même temps que sa sœur Wiesława, vers la fin de 1943 ou au début de 1944, et elle y reçut une formation d'infirmière[2].

Après que les Soviétiques eurent pris Białystok aux nazis, elle commença à travailler comme employée de bureau dans les services forestiers à Hajnówka[2].

En même temps que d'autres employés de son service, elle fut arrêtée en juin 1945 par le NKVD et la Sécurité intérieure pour collaboration avec la résistance clandestine anticommuniste. Elle fut libérée pendant qu'on la changeait de prison par un groupe de partisans de Wilno ayant isu de l'ancienne Armée intérieure et opérant dans la région ; il était commandé par Stanisław Wołonciej « Konus », qui travaillait sous les ordres de Zygmunt Szendzielarz, « Łupaszko ». « Konus » emmena les prisonniers libérés au camp de « Łupaszko » et certains d'entre eux, y compris Danuta, rejoignirent son groupe. Par la suite elle servit régulièrement comme infirmière dans la troupe de « Konus » puis dans l'escadron du lieutenant Jan Mazur, « Piast » et dans celui du lieutenant Marian Płucinski, « Mścisław ». Pendant une courte période son supérieur fut aussi le lieutenant Leon Beynar « Nowina », adjoint de « Łupaszko », plus tard connu sous le nom de « Paweł Jasienica » - un historien polonais et un écrivain remarquable. Pendant ce temps Danuta se cachait sous le pseudonyme de « Inka »[2].

La brigade Łupaszko fut dissoute en septembre 1945 et Danuta retourna au service forestier à Miłomłyn dans le powiat d'Ostróda sous le nom de « Danuta Obuchowicz ». Cependant, la brigade se reconstitua en réponse à la répression communiste de janvier 1946. Au début du printemps 1946, Danuta entra en contact avec le sous-lieutenant Zdzisław Badocha « Żelazny », qui commandait un des escadrons de Łupaszko. Après la mort de « Żelazny », le nouveau chef, le lieutenant Olgierd Christa « Leszek » ordonna à Danuta de se rendre à Gdańsk pour y prendre du matériel médical.

Elle fut arrêtée encore une fois à Gdańsk par la sécurité intérieure le 20 juillet 1946. En prison, elle fut torturée et battue, mais refusa de fournir des informations sur ses contacts dans la lutte clandestine anticommuniste et les points de rencontre.

Procès et exécution[modifier | modifier le code]

Elle fut accusée d'avoir pris une part active à une attaque violente menée par l'unité de Lupaszko contre des agents de la sécurité intérieure et de la milice civique (nom qu'on donnait à la police du régime) près du village de Podjazy. On ne tint aucun compte du fait qu'elle n'était qu'une infirmière. Elle fut accusée d'avoir tiré sur les policiers et même d'avoir donné des ordres à d'autres partisans. Et pourtant, les témoignages des membres de la milice civique et de la sécurité intérieure qui avaient participé à la lutte se contredisaient : certains prétendaient l'avoir vue tirer et donner des ordres, tandis que d'autres niaient le fait. L'un d'eux (Mieczysław Mazur) certifia même que Danuta lui avait donné les premiers soins après qu'il eut été blessé par d'autres partisans[2]. Elle fut également accusée d'avoir abattu des policiers blessés, et là aussi ce fut également pendant son procès. Devant le conflit des témoignages et l'absurdité des accusations, même le tribunal stalinien dut conclure qu'elle n'avait pas pris une part directe à l'attaque. Malgré cette constatation et sans tenir compte du jeune âge de Danuta (elle n'avait à l'époque que dix-sept ans), le tribunal ne la condamna pas moins à mort. Le président de la République, Boleslaw Bierut[3], refusa la grâce (la demande avait été présentée par l'avocat commis d'office, mais elle-même avait refusé de la signer). Elle fut exécutée (en même temps que Feliks Selmanowicz dit « Zagonczyk »), six jours avant son 18e anniversaire, le 28 août 1946, dans une prison de Gdańsk[4].

Ses derniers instants nous sont connus grâce au témoignage de Marian Prusak, le prêtre qu'on avait appelé pour confesser « Inka » et « Zagonczyk »[4],[2]. Il rapporte que les deux prisonniers étaient calmes avant leur exécution. La jeune fille, après avoir reçu l'absolution, demanda à Prusak d'informer sa famille de sa mort et lui donna son adresse. Ensuite ils furent tous les deux exécutés dans la cave de la prison, attachés à des poteaux de bois, ayant refusé qu'on leur bandât les yeux. Quand le procureur donna au peloton l'ordre de tirer, ils crièrent ensemble : « Vive la Pologne ! ». Danuta était pourtant encore vivante et ce fut le procureur Franciszek Sawicki, présent à l'exécution, qui lui donna le coup de grâce (les membres du peloton de tir ayant refusé de le faire)[4],[2].

Suite des évènements[modifier | modifier le code]

Marian Prusak apprit effectivement à sa famille la mort de Danuta mais elle la savait déjà par d'autres sources. À son insu il était surveillé par la sécurité intérieure et, en 1949, il fut accusé d'« espionnage » pour avoir divulgué des renseignements et il passa trois ans et demi en prison[4]. Après la chute du communisme en Pologne, le principal procureur stalinien au procès de Danuta, qui avait requis la peine capitale, Waclaw Krzyżanowski, fut à deux reprises (en 1993 et en 2001) mis en accusation pour meurtre judiciaire. À chaque fois pourtant il fut déclaré innocent (il soutenait que dans l'affaire son rôle avait été très minime)[4].

Réhabilitation et décorations[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la Journée de l'indépendance, le 11 novembre 2006, le président polonais Lech Kaczyński a conféré à Danuta Siedzikówna à titre posthume la Croix des Chevaliers de l’Ordre Polonia Restituta.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • "Inka 1946 - Ja jedna umrę", par Natalia Korynckia-Gruz (Pologne, 2007)

Patronage[modifier | modifier le code]

Mémoire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Leon Kieres, "Odpowiedź na oświadczenie senator Anny Kurskiej, złożone na 38. posiedzeniu Senatu", 26 juin 2003, consulté le 4 juin 2009, [1]
  2. a, b, c, d, e, f et g Piotr Szubarczyk, "Danuta Siedzikówna – bohaterka spektaklu „Inka 1946”", [2]
  3. Ce président n'était pas enclin à la pitié, voir Elisabeth Becker
  4. a, b, c, d et e Jerzy Morawski, "Lepiej, że ja jedna zginę" (C'est mieux si je suis la seule à mourir), Rzeczpospolita 3/11/2000, [3]

Source[modifier | modifier le code]

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