Danse orientale

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La danse du ventre, Jean-Léon Gérôme, XIXe siècle.
La Danse du harem (Giulio Rosati).
Danseuse orientale.

La danse orientale, qui comprend de nombreuses danses folkloriques fort différentes, est plus souvent connue par le style très savant et noble dit sharqi et d'un autre plus populaire appelé baladi ou encore le saïdi sans oublier le tsifteteli grec, danse guerrière masculine à l'origine et reprise par les femmes, se caractérisant par l'usage de cannes et de nombreux sauts de jambes. Mais ces styles sont loin de représenter comme on le croit souvent toute la danse dite orientale et qui englobe de nombreuses danses plus ou moins locales, comme les danses tsiganes d'Égypte, etc. Bref cette danse ancestrale semble être commune à quelques différences près à tous les peuples d'Asie, d'Égypte et aussi traditionnellement à tous l'est du bassin méditerranéen.

Élèves du Institut de technologie et d'études supérieures de Monterrey dansent á la Semana de la Cultura

Histoire[modifier | modifier le code]

La danse orientale (le terme « danse du ventre » vient du "rite de fertilité" mais en réalité tout le corps travaille) ou baladi (terme utilisé chez les Canadiens français) est une danse originaire du Moyen-Orient et des pays arabes, dansée essentiellement par des femmes, mais aussi, depuis toujours (et de plus en plus) par des hommes, à travers le monde. Ce sont les hommes qui sont les principaux "maitres" : Zaza Hassan, Tito, Mayodi, Wael Mansour. Ils ont souvent davantage de technique et de puissance et transmettent volontiers leurs connaissances.

En arabe, elle est appelée Raqs al sharqi (littéralement : danse orientale) et en turc Oryantal dansı, qui a donné le terme de « danse orientale ». Elle est reconnue comme l'une des plus anciennes danses du monde, surtout dans les pays du Moyen-Orient (Liban, Égypte, Turquie, Syrie, Irak), et de la Grèce.

On pense que l'origine de cette danse remonte aux anciens rites de fertilité, associés à la fois à la religion et à l'ésotérisme[réf. nécessaire]. Très peu de sources valables d'informations sont accessibles sur le sujet, voilà pourquoi il existe autant de mythes autour de l'origine et de l'évolution de cette danse. Elle se développe particulièrement en Égypte au Xe siècle avec l'arrivée d'une population d'Inde.

Suzanne de Soye : "Du temps des pharaons, les prêtresses sacrées faisaient tournoyer leur corps et ondulaient leur ventre afin que la déesse de l’amour et de la fécondité, vienne prendre possession d’elles ; ensuite la divinité qu’elles étaient devenues, s’offrait aux hommes."

C’est en 1926 que fût ouvert au Caire par la danseuse et actrice syrienne Badia Massabni, le premier cabaret égyptien “Le Casino Opéra”. Si de nos jours c’est la forme égyptienne qui domine dans les cours et spectacles, c’est en raison de la notoriété acquise par les danseuses égyptiennes lorsque le Caire devint capitale du spectacle dans les années 1930.

On danse par inspiration ou par élévation (pour les Derviches, les chamans, les druides…).

Sa gestuelle rappelle celles des moudras indiens. Il n’existe pas de documents précis concernant les pas, la codification ou la chorégraphie.

Au sens large, le terme désigne la danse orientale sous toutes les formes qu'elle connaît aujourd'hui.

La danse orientale est adulée, aimée, reniée, voire interdite dans certains pays dont ceux d'origine. Les danseuses égyptiennes sont considérées comme des prostituées tandis qu'en Occident, les jeunes générations présentent cet art dans les théâtres.

Elle soulève parfois le voile du tabou et du sacré.

Les Français ont découvert la danse orientale lorsque les soldats de Bonaparte débarquèrent pendant la campagne d'Égypte. Venant d'une société relativement pudibonde, la moindre nudité leur était alors perçue comme un puissant aphrodisiaque[réf. nécessaire]. En voyant ces femmes se déhancher langoureusement, ils assimilèrent la danse orientale à une invitation à la prostitution et il est vrai que certaines prostituées se sont improvisées danseuses causant de graves préjudices à l'art. Plusieurs fois interdite, la danse du ventre devint dans les années 1930 le morceau de bravoure des comédies musicales égyptiennes.

Danse orientale[modifier | modifier le code]

Paire de sagattes en action

La danse orientale est traditionnellement pratiquée par les femmes, qui expriment par cet art leur féminité, leur vitalité, mais aussi leurs sentiments, joies et peines. Il en existe plusieurs styles, dépendant du pays d'origine, et aussi de multiples fusions émergentes. De façon générale, cette danse se caractérise par la dissociation des parties du corps (isolations) qui peuvent bouger indépendamment l'une de l'autre. Cet art compose aussi bien avec les rythmes saccadés que lents et fluides. Elle peut utiliser comme accessoire un voile (ou deux : double voile voire plus), des ailes d'isis (voile plissé), canne (Saadi: parodie de la danse des hommes (rasq tahtib) avec leurs bâtons), Melaya Leff (grande étoffe séparée au milieu par une broderie et décorée avec des paillettes dorées ou argentées), sagattes, Shamadan (candélabre porté sur la tête) ...

La pratique de la danse orientale est apparue en Europe et en Amérique dans les cabarets au milieu des années 1930 et années 1940, d'où est issu l'étincelant costume deux pièces brodé de pierres et de paillettes. Depuis les années 1990, cette danse connaît un essor fulgurant partout dans le monde.

Contrairement à ce que l'on peut penser, la danse orientale ne se limite pas à des mouvements du bassin. En effet, elle sollicite souplesse et tonicité du buste, des épaules, des bras, des mains, du bassin et du ventre. Elle permet de tonifier les cuisses, d'assouplir les articulations, de bien développer les abdominaux et d'entretenir le dos. Certains mouvements amples demandent une souplesse extrême du dos mais l'essentiel réside dans la contraction musculaire, si bien qu'on peut pratiquer cette danse à tout âge en fonction des limites de chaque danseuse ou danseur.

Le danseur étoile Patrick Dupont a récemment dansé "oriental" à l'IMA et déclaré "Il est temps aussi que L’Orient et l’Occident se tiennent la main et que l’Orient puisse envahir les théâtres et montrer que la danse orientale n’est pas qu’une danse de cabaret mais plutôt une danse sacrée." Une chance inouïe que Patrick Dupont a pu offrir à l’Orient grâce à son nom[1]

Sur la trace des Tziganes[modifier | modifier le code]

Dans les villages égyptiens, on appelle une danseuse professionnelle une "raqasa" (de "raqs al sharqui" (raqasa, qui est aussi une insulte) oughaziya ("envahisseuse des cœurs" et au pluriel, ghawazi) ou . À l'origine, les ghawazi étaient des Tziganes. C'est maintenant un terme générique qui désigne les danseuses en général, et non plus une tribu particulière ou des tribus comme autrefois. Le rôle important qu'ont joué les tziganes dans l'évolution des danses profanes se retrouve dans la langue turque où le vieux terme de danseuse (cengi) vient de cingene (tzigane). « La vie est comme une Ghaziya, elle ne danse qu'un instant pour chacun. » (proverbe égyptien).

En Arabe égyptien, ghawazi signifie envahisseur ou étranger, et il est vrai que les Tziganes ont toujours vécu à la périphérie des villes et en marge de la société.

Leur origine fait polémique, mais il semble qu'elles venaient d'Inde, de la tribu des Nawar ("gitan" en arabe).

Les danses du Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Danse orientale égyptienne[modifier | modifier le code]

En Égypte, trois formes principales de la danse traditionnelle sont associées à la danse orientale : la danse populaire, la danse classique et la danse de cabaret. Les termes souvent utilisés sont, respectivement, Sha'abi, Baladi (ou Beledi) et Sharqi.

Le baladi est un style populaire des tribus arabes qui s'installèrent dans le nord de l'Égypte. Cependant, ce terme s'est vu attribuer une utilisation distincte pour la danse populaire qui continue à être exercée par les classes travailleuses de l'Égypte urbaine. Le style de danse qui tente plus rigoureusement de retenir les traditions populaires de la campagne ou des tribus est souvent appelée Ghawahzee. Les danseurs Ghawahzee ont aussi été connus pour être au cœur du conflit en Égypte sur la bienséance des danses performées en public. Les sœurs Mazin sont généralement réputées pour être les dernières pratiquantes authentiques de la danse Ghawahzee. Khayreyya Mazin est en 2009 la dernière de ces danseuses à continuer l'enseignement et la pratique du Ghawahzee[2].

Le sharqi est basé sur le style baladi mais fut développé par Samia Gamal, Tahia Carioca, Neima Akef et d'autres danseurs dont la célébrité s'établit pendant l'âge d'or de l'industrie du film égyptienne. Ce style vint à être considéré comme le style classique de la danse égyptienne. Ces danseurs furent célèbres non seulement pour leurs rôles dans les films égyptiens, mais aussi pour leurs performances à l'« Opera Casino » ouvert en 1925 par Badia Masabni. Il s'agissait d'un endroit apprécié par les musiciens et choréographes d'influence d'Europe et des États-Unis qui s'engagèrent dans les performances et carrières des danseurs ; beaucoup des développements de l'âge d'or qui y furent conçus peuvent être considérés comme de nouveaux développements de la danse. Les danseurs suivants qui basèrent leurs styles en partie sur la danse de ces artistes sont Sohair Zaki, Fifi Abdou, Nagwa Fouad. Ils devinrent célèbres entre 1960 et 1980 et sont toujours populaires aujourd'hui. Quelques-uns de ces danseurs furent les premiers à choréographier et pratiquer des danses avec un « orchestre » complet et une mise en scène, ce qui a eu une grande influence sur ce qui est considéré comme le style « classique ».

Bien que les mouvements à la base du Raqs Sharqi n'aient pas changé, la forme de la danse continue à évoluer. Nelly Mazloum et Mahmoud Reda ont incorporé des éléments du ballet dans leurs danses et leur influence s'est fait sentir chez les danseurs égyptiens modernes.

Malgré le fait que les danseurs occidentaux voient l'Égypte comme le berceau de la danse orientale, les danseurs en Égypte ne sont pas bien vus par la société [3]. Les Égyptiens ne considèrent pas la danse orientale comme une profession respectable et la plupart des danseurs donnant des performances pour les touristes en Égypte aujourd'hui sont des étrangers. Les danseurs n'ont pas le droit de pratiquer certains mouvements ou de travailler au sol et les danseuses doivent désormais cacher leur nombril. La télévision d'État égyptienne ne transmet plus de danse orientale. Un projet pour établir un institut d'État afin d'entraîner les danseurs en Égypte fut lourdement attaqué car, d'après le membre du parlement Farid Esmail, il « compromet sérieusement les traditions de la société égyptienne et viole clairement la constitution »[4].

À cause de l'action des religieux et de certaines danseuses égyptiennes plus dénudées encore que les occidentales, qui se prostituent et offrent un spectacle lascif, parfois même vulgaire elles se font rejeter. La vision occidentale a heureusement changé la donne grâce notamment aux spectacles dansés dans les théâtres, cabaret et cinéma (Kaouther Ben Amor danseuse et chorégraphe dans le film "Hors la Loi" de Rachid Bouchareb) et aux cours (loisirs) enseignés dans les salles de sport.

Le tsifteteli grec[modifier | modifier le code]

Le bien connu "tsifteteli" vestige de l'occupation de 400 ans du territoire grec par les Turcs et des vague successives d'immigration des grecs d’Anatolie qui ont quitté leur terre millénaire pour se réfugier en Attique. ils ont également ramenés des traditions très vivantes connu comme le "smyrneika". Le "tsifteteli" pourrait être considéré comme une forme légère de la danse du ventre. Il est caractérisé par des mouvements très sensuels suivant le rythme greco-orientale, pas de règles spécifiques mais une musique et une danse très anatolienne qui rappellent immanquablement le passé moyen-oriental de la Grèce.

Plus précisément le tsifteteli ( grec : τσιφτετέλι, turc : Çiftetelli), est un rythme et de danse de l'Anatolie et des Balkans avec un motif rythmique de 2 / 4. La danse est probablement d'origine turque d’ailleurs en turc cela signifie «double cordes ». Il y a également des suggestions que la danse existait déjà dans la Grèce antique, connue sous le nom de danse d'Aristophane. La musique byzantine au niveau de la danse est évidente. Il est répandu dans la Grèce et la Turquie, mais aussi dans l'ensemble des région de l'ancien Empire ottoman (Arabes du Moyen-Orient et du Maghreb) .

Notes et références[modifier | modifier le code]


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