Daniele Ganser

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Daniele Ganser

Daniele Ganser, né le 29 août 1972 à Lugano, est un historien suisse[1], professeur d’histoire contemporaine à l'université de Bâle et président de l’ASPO-Suisse (Association for the Study of Peak Oil and Gas)[2].

Sujets d'étude et positions[modifier | modifier le code]

Il a publié un livre – traduit en neuf langues – consacré à ce qu'il appelle « Les armées secrètes de l’OTAN », c'est-à-dire le réseau stay-behind (voir aussi Gladio). Son étude, qui s'appuie notamment sur les rapports parlementaires belge et italien consacrés au réseau Gladio, détaille comment les États-Unis, avec le soutien du Royaume-Uni, ont organisé après-guerre dans divers pays de l'Europe de l’Ouest, et jusque dans les années 1980, des cellules clandestines destinées à organiser la résistance en cas d'invasion soviétique. Ganser se demande si ce réseau ne serait pas à l'origine de certains attentats attribués à des mouvements d'extrême gauche, dans une tentative politique de discréditer aux yeux des électeurs et des populations les partis de gauche. Selon lui, cette stratégie de la tension trouverait un prolongement aujourd’hui dans le terrorisme islamiste, présenté comme une menace à même de justifier des guerres pour le pétrole[3]. Daniele Ganser a participé à un ouvrage collectif mettant en doute les conclusions de l'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001[4]. Il considère que « l’histoire officielle sur le 11 septembre, les conclusions de la commission, ne sont pas crédibles »[3].

Réception de ses travaux et critiques[modifier | modifier le code]

John Prados, membre du National Security Archive, le considère comme un « expert des programmes stay-behind européens »[5]. Henriette Hanke Güttinger pour le journal suisse Horizons et débats, avance que « Ganser présente les faits de manière nuancée et aisément compréhensible pour le profane »[6].

Le Journal of Intelligence History[7] considère au contraire son travail comme surfant sur la vogue des théories du complot devenues à la mode après le 11 Septembre. Cette recension met sérieusement en doute les conclusions de Ganser ainsi que la qualité des sources utilisées, dont une au moins est considérée comme un faux fabriqué par le KGB et estime que « l'approche méthodique et critique utilisée dans la recherche historique semble avoir joué un rôle mineur dans le travail effectué par Ganser sur le sujet à l'aide de quelques sources primaires ». La recension conclut : « le livre de Daniele Ganser devrait être lu avec des yeux très critiques et vu comme un exemple de la manière dont les choses peuvent être déformées si l'on n'est pas conscient de la nature des sources »[8].

Les chercheurs Leopoldo Nuti, de l'Université de Rome III, et Olav Riste, de l'Institut Norvégien d'études de défense, commentent : « Un jeune chercheur suisse, Daniele Ganser, a publié ce qui prétend être l'analyse la plus complète à ce jour de l'organisation Stay-Behind, dans un livre dont les conclusions ambitieuses ne semblent pas être confirmées par une analyse en profondeur des sources disponibles »[9].

Le Département d'État des États-Unis affirme pour sa part que Daniele Ganser a basé ses travaux sur un faux supplément du manuel militaire américain. Ce document, qui aurait été concocté par les services de désinformation soviétiques dans les années 1970, traite en partie des réseaux stay-behind. Cependant, le Département d'État américain ne remet pas en cause l'existence de ces réseaux et cite un ancien directeur de la CIA qui décrit leur mise en place. Il rejette l'accusation qu'ils aient commis des actes terroristes et/ou aient été constitués sans l'accord des gouvernements nationaux[10].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniele Ganser Page d'accueil du site de Daniele Ganser
  2. Peak Oil Site de l'ASPO
  3. a et b « Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN », interview par Silvia Cattori, publiée sur le site web du Réseau Voltaire
  4. David Ray Griffin (dir), 9/11 American Empire : Intellectual speaks out, Olive Branch Press, 2006
  5. « an expert on the European stay-behind programs » in John Prados, Lost Crusader: The Secret Wars of CIA Director William Colby, Oxford University Press, 2003, p. 48.
  6. « L’Europe après la Seconde Guerre mondiale : Démocraties libres ou satellites des USA ? », Horizons et débats, n° 24, 16 juin 2008, p. 4.
  7. Revue publiée par l'association International Intelligence History Association créée en 1993 qui rassemble des « historiens, politologues, cryptologues, anciens membres ou membres actifs du renseignement, ainsi que des militaires » issus de divers pays.
  8. (en) "Daniele Ganser’s book should be read with very critical eyes and seen as an example on how things could be blown out of proportions if one is not aware of the character of the used material." The Journal of Intelligence History, Volume 5, Number 1 été 2005.
  9. The Journal of Strategic Studies  : Preparing for a Soviet Occupation: The Strategy of Stay-Behind, volume 30, issue 6, pages 937-954, Routledge, décembre 2007.
  10. (en) « Misinformation about "Gladio/Stay Behind" Networks Resurfaces », 20 janvier 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]