Daniel Tilenus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Daniel Tilenus, né le 4 février 1563 à Goldberg en Silésie et mort à Paris le 1er août 1633, est un théologien protestant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Georges Tilenus[1] et de Marthe Lubelian.

Après avoir terminé ses études en Silésie[2], il vint en France, vers 1590. Pour son premier emploi, il fut le précepteur du jeune de la Rocheposay (qui devint archevêque de Poitiers en 1611.)

Il se fit connaître par la publication d'une conférence sur les traditions apostoliques qui eut à Paris en 1597, avec Jacques Davy du Perron, évêque d'Evreux.

En 1599 Tilenus fut appelé à Sedan en qualité de pasteur et de professeur en théologie. À la fondation de l'Académie de Sedan, en 1602, le duc de Bouillon, Henri de la Tour, son fondateur, lui confia les fonctions de professeur en théologie et de conseiller modérateur de l'Académie. Le duc de Bouillon confia à Tilenus l'éducation de son fils cadet Henri, le futur Turenne[3].

En 1605, Tilenus, de concert avec les ministres de l'église de Sedan, envoya huit articles au duc de Laval, pour empêcher sa conversion à la foi catholique. Tristan de Villelongue fit une réponse à ces huit articles [4].

En 1609, l'Église réformée néerlandaise est secouée par une lutte entre l'Arminianisme et le Gomarisme. Tilenus finit par prendre position pour les premiers contre les seconds. À l'issue du Synode de Dordrecht (1618-1619) et de l'application des Canons de Dordrecht, il devient minoritaire dans l’Église réformée. Les calvinistes les plus intransigeants vinrent le pourchasser jusque Sedan, qu'il quitta au milieu de l'hiver 1619, pour gagner Paris.

Il participa encore à un débat, du 24 au 28 avril 1620, avec John Cameron, Théophile Brachet de La Milletière et Louis Cappel, au château de l'Isle, près d'Orléans.

Il fut mandaté par le duc de Bouillon pour calmer les ardeurs républicaines des protestants réunis en assemblée à la Rochelle, en décembre 1620.

Il semble avoir nourri une crainte du calvinisme : Léo Armagnac [5], raconte à son propos :« Ramsay le traite de « calviniste tolérant ». Il était si peu calviniste et si peu tolérant, qu'il disait : « Si je me trouvais dans la nécessité de me faire mahométan ou calviniste, j'aimerais mieux me faire mahométan; car enfin les mahométans adorent un Dieu bon et miséricordieux, au lieu que les calvinistes nous proposent un Dieu cruel et impitoyable qui damne ses créatures de propos délibéré. » ».

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

  • Défense de la suffisance et perfection de l'escriture sainte contre les cavillations du sieur du Perron, évesque d'Èvreux : par lesquelles il s'efforce de maintenir son traité de l'insuffisance et imperfection de l'escriture, La Rochelle, 1598, in-8°, réédité à Sedan  : Jacob Salesse, 1601, in-8°, augmenté de quelques observations de l'auteur (3 éditions 1601, 1602, la 3e dédiée à Henri de la Tour, duc de Bouillon), 254 p[6].
  • Exegesis Aphoristica in trigesimum fidei, quem orthodoxæ in Galliâ profitentur ecclesia articulum, qui est de Antichristo (seu Papâ), Secunda editio ab auctore recognita, et 76 Aphorismorum apolegeticorum accessione aucta, Sedan, 1604, in-4°, 58 p. ; 2e édition : Amsterdam : Jean Jansson, 1640, in-4°, 64 p.
  • Syntagma Disputationum Theologicarum in Academiâ Sedanensi habîtarum, plusieurs éditions : Sedan, 1607, in-8° ; Herbon, 1607, in-8° ; Sedan, 1611 & 1614, in-8° ; Genève : Pierre et Jacques Chouet, 1618 & 1622 [7], in-8°, 1090 pages[8].
  • Consideratio Sententiæ Jac. Arminii de Prædiestinatione, Gratiâ Dei et Libero Arbitrio, Francfort, 1612, in-8°[9].
  • Examen Dogmatis P. Malinæi, de duarum in Christo Naturarum unionis hypostaticæ effectis (sine loco), 1612, in-°8, 117 p.
  • S. Theologiæ Systema in Academià Sedanensi explicatum, Sedan : Jean Jannon, 1617, in-12°, réédité en 1622 & 1656.
  • Disputationes tres R. Bellarmini : prima, de verbo Dei scripto et non scripto : secunda, de Christo capite ecelesiæ :tertia, de summo Pontifice ; cum noti et animadversionibus D. Tileni, Sedan : Jean Jannon, 1618 & 1619, 3 vol. in-4°.
  • Contraversiarum in Belgicis ecclesiis hodie ferventium Hypotyposis Dialogistica, cui adjecta est Parenesis ad scotos Genevensis dissciplinae zelotas, Londres[10] : William Stanby, 1620, in-8°, 72 p., réédition : Horne, 1659, in-8°.
  • Traité de la cause et de l'origine du péché, où sont examinées les opinions des Philosophes payens, des Juifs, des autres Hérétiques, des Libertins, Luther, Calvin et autres nouveaux qui ont traité cette matière, Paris : Fr. Jalliot, 1621, in-8°, 88 p.
  • Advertissement à l'Assemblée de la Rochelle (s. loc.), 1621, in-8°, 30 p., réédité dans Le Mercure français, 1621, t. VII, pp. 223-243 & dans le t. VIII, pp. 156-216 des Discussions de Tilenus avec La Milletière sur L'Assemblée de la Rochelle.
  • Examen d'un escrit intitulé : Discours des vrayes raisons pour lesquelles ceux de la religion prétendue reformée en France peuvent, en bonne conscience, résister par armes à la persécution ouverte que leur font les ennemis de leur religion et de l'estat : où est respondu à l'Advertissement à l'Assemblée de la Rochelle, par un des députés en la dite assemblée, Paris : Nic. Buon, 1622, in-8°, 86 p.
  • Considérations sur le canon et serment des églises réformées, conclu et arresté au synode national d'Alez ès Cevennes, le 6 d'oct. 1620, pour l'approbation du synode tenu à Dordrecht en Hollande les ans 1618 et 1619 (s.loco.), 1622, in-8°, 24 p.
  • Canones synodi Dordracenæ : cum notis et animadversionibus Tileri  : adjectae sunt ad calcem Paralipomena ad amicam callationem quam cum Tileno, ante biennium institutam nuper publicavit Jo. Camero., Paris : Nic. Buon, 1622, in-8°, 228 p[11].
  • La Doctrine des synodes de Dordrecht et d'Alez, mise à l’épreuve de la practique ; où, entre autres mystères, se découvre un moyen très-aisé pour rendre l'homme immortel en ce monde, Paris, 1623, in-8°, 32 p[12].
  • Lettres à un Amy, touchant la nouvelle confession de foy de Cyrille, soi-disant patriarche de Constantinople, nouvellement publiée, tant en latin qu'en français (s. loco), 1629, in-8°, 23 p[13].
  • Response aux articles proposez par quelques ministres d'Hollande, contenans les griefs sur lesquels le synode qui s'y tient doit deliberer, 1630, 62 p. (lire en ligne)[14].

Notes & références[modifier | modifier le code]

  1. Le Georges Tilenus, né à Goldberg en 1557 et mort dans cette ville le 4 mars 1590, inscrit à l'Université en 1574, juriste & conseiller du duc de Munsterberg, semble être son frère.
  2. J.-B. Boulliot pense qu'il fit ses études à Brieg, « où les ducs de ce nom faisoient alors fleurir les études ».
  3. Le fils aîné du duc de Bouillon, Frédéric-Maurice, fut éduqué par Pierre Dumoulin, « calviniste rigide ».
  4. Il s'agit de : Response a hvit articles que le Sieur Tilenus et les ministres de Sedan ont envoié à hault et puissant seigneur, Comte de Laval, pour empescher sa saincte et heureuse conversion au giron de l'Eglise Catholique, apostolique et romaine : Au tres-chrestien Roy de France et de Navarre Henri IIII, Reims : Veuve Iean de Foigny, 1605, in-8°, 192 p. & pièces liminaires.
  5. Léo Armagnac, Histoire de Turenne, maréchal de France, Tours : Mame, 1888, p.10 (lire en ligne)
  6. Du Perron a répliqué par : Réfutation de l'écrit de maistre Daniel Tilenus contre le discours de M. l'évesque d'Evreux touchant les traditions apostoliques, Evreux : Antoine le Marié, 1601, 282 p., dédié à M. de Sully
  7. Cette dernière sous le titre : TILENI: Syntagma tripartitarum Dirputationum Theol. in Acudemiâ Sed. habitatum, et Theologiæ systema - Editio postrema, cui tertia pars acessit
  8. Il parut, en outre, une édition remaniée par l'éditeur, sans l'aval de l'auteur : Editio omnibus aliis, etiam Sedanensi, ab auctore ipso ccorrecta et infinitis pene mendis sublatis emendatior ; accessit Theologiæ systema eodem auctore, Harderwick, 1656. — Tilenus dans la préface de son Hyporyposis, se plaint de ce que cette édition renferme dans quelques endroits une doctrine qui ressemble plus à celle des stoïciens et des manichéens qu'à celle du christianisme.
  9. Jean Arnould Corvin, pasteur de l'église de Leyde, a réfuté cet ouvrage dans le livre : Defensio Sententiæ J. Arminii de Prædestinatione ; Gratiâ Dei, libero arbitrio, etc. adversùs D. Tileni, theol. Sedanensis editam considerationem, Leyde : Jean Patin, 1613 in-8°, 533 p.
  10. Tilenus avait envoyé son manuscrit à Jacques Ier, roi d'Angleterre et ce roi, qui pourtant ne prisait pas l'Arminianisme, fit imprimer ce livre, car Tilenus avait combattu Jacques Davy du Perron et celui-ci avait écrit contre Jacques Ier
  11. Cet ouvrage est dédié à Jacques Ier, roi de Grande-Bretagne.
  12. Il fut traduit en anglais sous ce titre : D. Tileni the Doctrine of Dort and Alez reduced to patrice.
  13. Ces lettres au nombre de trois sont datées de Paris les 27 juin, 1er et 10 juillet 1629 ; elles parlent sur les matières de la prédestination et de la grâce.
  14. Cet ouvrage fut traduit en allemand par Jean Uytenbogard.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]