Daniel Tammet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Daniel Tammet

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Daniel Tammet en mars 2011.

Activités écrivain, poète
Naissance 31 janvier 1979 (35 ans)
Londres Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Distinctions
Membre de la Société royale des arts

Œuvres principales

Daniel Tammet (né Daniel Paul Corney le 31 janvier 1979 à Londres) est un écrivain, poète et linguiste anglais atteint du syndrome d'Asperger. Au Musée de l'histoire des Sciences d'Oxford, il récite (en 5 heures, 9 minutes et 24 secondes) 22 514 décimales de Pi, apprises les 3 mois précédant l'événement

Biographie[modifier | modifier le code]

Daniel Tammet est l'aîné d'une fratrie de 9 enfants et vit une enfance très modeste dans le sud de l'Angleterre. Il souffre de crises d'épilepsie à l'âge de 4 ans (crises aujourd'hui définitivement guéries) qui sont sans doute à l'origine de sa synesthésie. Il sera diagnostiqué autiste Asperger à l'âge de 25 ans au centre de Recherche sur l'Autisme de l'université de Cambridge par le Professeur Simon Baron-Cohen[1]. Il a la particularité d'avoir à la fois développé des capacités de communication proches de la norme, ce qui différencie le syndrome d'Asperger des autres formes d'autisme, ainsi que des aptitudes singulières dans les domaines des nombres et des langues.

Les nombres vont l'aider d'abord à surmonter les douloureuses épreuves qu'il rencontre à cause de sa différence (rejet des autres, incompréhension du monde qui l'entoure et des règles sociales, hyper-sensibilité aux bruits…), comme il le dit lui-même : (les nombres) ils me calment et me rassurent. Enfant, mon esprit se promenait en paix dans ce paysage numérique où il n'y avait ni tristesse, ni douleur[2]. Le jeune garçon et l'adolescent vont être fascinés par la magie des nombres premiers et s'adonner au calcul calendaire (trouver en un instant le jour de n'importe quelle date de naissance).

Il développe également une passion et des facultés extraordinaires pour les langues étrangères (il est capable de les assimiler très rapidement : il en maîtrise actuellement 12 couramment, : l'anglais, le néerlandais, l'allemand, l'espagnol, l'espéranto, l'estonien, le finnois, le français, le gallois, le lituanien, le roumain et l'islandais). Il s'invente une langue personnelle appelée Mänti, et devient professeur d'anglais à l'âge de 19 ans en Lituanie, puis crée en 2002 son propre site Internet d'apprentissage des langues (français et espagnol) appelé Optimnem qui connaît un beau succès[2],[3].

Le 14 mars 2004, au Musée de l'histoire des Sciences d'Oxford, il récite (en 5 heures, 9 minutes et 24 secondes) 22 514 décimales de Pi, apprises les 3 mois précédant l'événement. C'est un record européen qui va le propulser sur la scène médiatique: il fait l'objet d'un documentaire qui lui est entièrement consacré (L'Homme ordinateur (version française du documentaire britannique)[4].) et dans lequel il relève un nouveau défi, linguistique cette fois: apprendre l'islandais en une semaine et répondre à une interview en direct à la TV dans cette langue. Le défi est relevé haut la main. On y voit aussi sa rencontre avec un autre savant autiste Kim Peek, doté d'une mémoire eidétique.

Daniel Tammet, écrivain[modifier | modifier le code]

Daniel Tammet.

En 2007, pour casser l'image d'homme-ordinateur qui lui colle à la peau depuis sa participation au documentaire éponyme, il écrit ses Mémoires Je suis né un jour bleu, un succès autobiographique traduit en 19 langues[5], dans lequel il insiste sur son humanité et sa sensibilité malgré le fait qu'il soit atteint du syndrome d'Asperger, et qui s'accompagne chez lui d'une mémoire hors du commun. L'aventure est insolite, parfois déroutante et souvent captivante[6]. Il nous raconte son enfance un peu bizarre mais heureuse en famille, sa crainte de la foule ou des événements imprévus, ses premiers émois amoureux, les expériences menées avec les chercheurs en neurosciences du monde entier auxquelles il se prête de bonne grâce…"[7].Les scientifiques disent de lui qu'il est la pierre de Rosette de l'autisme[8] car il est l'un des rares individus autistes à pouvoir mettre des mots sur ce qu'il vit, ressent et à en faire la synthèse.

Ce premier livre est un succès international et un document rare pour les scientifiques. L’auteur explique notamment ne pas effectuer mentalement les calculs, mais voir les solutions lui apparaître sous forme de paysages, une notion développée en synesthésie[pas clair] et résume sa philosophie ainsi : « L’important n’est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres » et « apprendre à apprendre ». Pour moi (L. Beccaria, son éditeur français), c'est un écrivain, une véritable plume, il possède une voix, une belle langue et c'est quelqu'un qui a une vision intéressante de la condition humaine[9].

À partir de ce jour, il voyage à travers l'Europe et les États-Unis pour la promotion de ses Mémoires et pour des conférences dans des universités. Cette reconnaissance est une libération qui le pousse à casser un peu plus les routines qu'il décrit dans Je suis né un jour bleu et à bousculer ses habitudes. Il a désormais trouvé sa véritable voie dans le travail d'écriture.

En 2009, il dédie son deuxième livre, Embrasser le Ciel Immense (Les Arènes), à la beauté qui sommeille en chaque esprit. S'appuyant à la fois sur ce qu'il perçoit "de l'intérieur" et sur les expériences scientifiques les plus récentes, il fait un état des lieux des connaissances actuelles sur le cerveau, remet en cause nombre d'idées sur le QI et l'intelligence, donne des méthodes personnelles pour apprendre plus facilement une langue étrangère ou pour mieux comprendre les mathématiques et s'interroge sur l'avenir de l'esprit humain. Surtout, il démontre qu'il est possible d'établir des passerelles entre les capacités du cerveau d'un savant-autiste et celui d'une personne lambda, et qu'il est réducteur de toujours les opposer. Selon certains critiques, il séduit par son intelligence qui ne se cantonne pas à l'abstraction. Tammet a quelque chose d'un petit Prince, comme s'il voyait la Terre d'une autre planète, avec une sage distance[10].

La même année, il s'installe à Avignon avec un ami intime Jérôme Tabet[11].

Il vit aujourd'hui à Paris et est écrivain à plein temps[12].

Le 16 mars 2010, Daniel Tammet est invité par L'Express à poser pour une photographie réunissant les auteurs les plus lus de 2009[13].

Le 17 janvier 2013, il publie son troisième livre L’Éternité dans une heure, une initiation à la poésie des nombres[12]. À cette occasion il reçoit les éloges de J. M. Coetzee, le Prix Nobel de littérature sud-africain[12],[Note 1]; et pour le quotidien Le Monde, « Il y a du Rimbaud chez Daniel Tammet. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres en anglais[modifier | modifier le code]

  • Born on a Blue Day (2006)
  • Embracing the Wide Sky (2009)
  • Thinking in Numbers (2012)

Articles et autres en anglais[modifier | modifier le code]

  • What It Feels Like To Be A Savant, dans Esquire, August 2005
  • Open Letter to Barack Obama, dans The Advocate, December 2008
  • Islands of Genius (2010), préface du livre de Dr. Darold A. Treffert
  • Olympics: are the fastest and strongest reaching their mathematical limits?, dans The Observer, August 2012[14]
  • What I'm thinking about ... Tolstoy and maths, dans The Guardian, August 2012[15]
  • The Sultan's Sudoku, dans Aeon Magazine, December 2012[16]

Livres traduits en français[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « L’Éternité dans une heure », sur Les arènes (consulté le 24 juin 2013) :

    « Toujours enrichissant, toujours divertissant, Daniel Tammet a beaucoup de respect pour le mystère et l’univers des nombres. »

    — J.M. Coetzee (Prix Nobel de littérature 2003)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie du Professeur Simon Baron-Cohen
  2. a et b Le Monde, 05 et 06/08/2007
  3. Daniel Tammet, Je suis né un jour bleu
  4. (en) The Boy With The Amazing Brain
  5. dépêche AFP du 06/02/2009
  6. Télé Z, 25/06/2007)
  7. Psychologies Magazine, octobre 2007
  8. dépêche AFP du 06/02/2009)
  9. Le Figaro Littéraire, 27/09/2007)
  10. Le Figaro Littéraire, 05/03/2009)
  11. La Provence, 11/03/2009
  12. a, b et c Marie Quenet, « Il danse avec les nombres », Le Journal du dimanche,‎ 13 janvier 2013 (lire en ligne).
  13. Au Fouquet's, il pose aux côtés de Jacques Chirac, Amélie Nothomb, Jean d'Ormesson, Claude Lanzmann, Bernard Pivot, Sempé, Lorànt Deutsch, Max Gallo, Pierre Dukan, Mona Ozouf, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express, Daniel Cohen, Éric Fottorino, Jean-Michel Guenassia, Claudie Gallay, Christophe André, Frédéric Lenoir, Éric-Emmanuel Schmitt, Jean-Louis Fournier, François Bayrou, Bernard Giraudeau, Guillaume Musso, Laurent Gounelle, Emmanuel Carrère [1]
  14. « Olympics: are the fastest and strongest reaching their mathematical limits? » (consulté le 13 novembre 2012)
  15. « Olympics: What I'm thinking about ... Tolstoy and maths » (consulté le 13 novembre 2012)
  16. « The Sultan's sudoku » (consulté le 16 août 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]