Daniel Steibelt

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Daniel Steibelt

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Naissance 22 octobre 1765
Berlin, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès 20 septembre 1823
Saint-Pétersbourg, Drapeau de la Russie Russie
Activité principale Compositeur, pianiste
Lieux d'activité Paris, Londres, Saint-Pétersbourg

Daniel Steibelt est un compositeur et pianiste virtuose allemand, né à Berlin le 22 octobre 1765 et mort à Saint-Pétersbourg le 20 septembre 1823[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son instruction musicale, commencée avec son père, facteur de pianos, put être perfectionnée, grâce au prince héritier de Prusse, Friedrich Wilhelm, auprès de Johann Philipp Kirnberger, un des grands pédagogues berlinois. Pour des "erreurs de jeunesse" dont on ne connaît pas la teneur, Steibelt fut placé comme soldat par son père. Point fait pour l'état militaire, il déserta et dut fuir la Prusse en 1784[1]. Commencèrent alors des années de voyage. Dès 1787, ses trois sonates pour piano avec accompagnement de violon op.1 furent publiées à Paris, chez Boyer. En 1788, il publia à Munich trois sonates pour clavecin avec accompagnement de violon ; en 1789, il parcourut la Saxe, se produisit à Dresde, poursuivit vers Hanovre, et atteignit Mannheim. Début 1790, il s'installa à Paris : il y acquit une grande célébrité en tant que pianiste virtuose, et spécialement grâce à une sonate intitulée la Coquette, qu'il composa pour la reine Marie-Antoinette. Il connut également le succès avec son opéra Roméo et Juliette créé au Théâtre Feydeau le 10 septembre 1793.

En 1796, il quitta Paris pour Londres[1], où il se maria avec une excellente exécutante au tambourin. Il est possible mais non prouvé que ce départ soit lié à sa kleptomanie et son peu de scrupules en affaires (il vendit comme neuves des partitions déjà publiées et à peine modifiées). À Londres, il attira l'attention du public par ses talents de pianiste. En 1798, il composa son Concerto n° 3 en mi bémol qui contient le fameux Rondo pastoral, avec une scène d'orage, composition qui lui assura une grande renommée. L'année suivante, il entama une tournée en Allemagne et, après s'être produit favorablement à Hambourg, Dresde, Prague et Berlin (après que son père eut réussi à le faire radier de la liste des déserteurs), il arriva en mai 1800 à Vienne et fut confronté à Beethoven dans une joute musicale au piano[2]'[3]. Selon le témoignage postérieur de Ferdinand Ries, il y perdit la face, Beethoven ayant improvisé de manière magistrale sur un thème de Steibelt après avoir posé une partition de ce dernier à l'envers sur le pupitre. Après cette aventure malheureuse, il jura de ne jamais retourner à Vienne tant que Beethoven y serait. Cette anecdote, mal documentée à l'époque des faits, a beaucoup contribué, de façon très injuste, à jeter le discrédit sur Steibelt et sa musique.

En août, Steibelt revint à Paris, où il dut reconquérir les faveurs du public et se refaire un nom. Ayant apporté la partition de l'oratorio La Création de Joseph Haydn, il demanda au vicomte de Ségur de lui en versifier le livret en français, auquel il adapta la musique. Steibelt tenait la partie de clavier lors de la première exécution parisienne de l'oratorio, le 24 décembre 1800[2] à l’Opéra, le soir où Bonaparte Premier Consul échappa de peu à la « machine infernale » royaliste en se rendant à ce concert. Steibelt venait de publier sa « Grande Sonate pour piano dédiée à Madame Bonaparte »[2].

Après la signature de la paix d'Amiens, Steibelt retourna à Londres (été 1802), d'où il revint à Paris à l'automne 1805. Le 4 février 1806, Napoléon et Joséphine assistèrent à la création de son "intermède musical" La Fête de Mars, destiné à célébrer le retour de l'Empereur après la campagne conclue victorieusement à Austerlitz. En octobre 1808, alors que les répétitions de son opéra La Princesse de Babylone venaient de commencer, il quitta Paris pour aller tenter sa chance à la cour de Russie, où il arriva au printemps 1809, après avoir donné en route des concerts à Francfort, Leipzig et Dresde. À Saint-Pétersbourg l'empereur de Russie Alexandre Ier le nomma son maître de chapelle en 1810 où il succéda à Boïeldieu[1]'[2]. Après que l'armée napoléonienne eut été forcée de battre en retraite à l'automne 1812, Steibelt composa La destruction de Moscou, œuvre pour piano dans laquelle il fait entrer les Français à Moscou sur l'air de Marlbrough-s'en-va-t-en-guerre (Beethoven utilisera ce même thème en 1813 pour caractériser les Français dans La Bataille de Vitoria) et les fait se plaindre de leur défaite au son de la Marseillaise en mode mineur.

C'est à Saint-Pétersbourg que Steibelt vécut jusqu'à sa mort[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Outre ses compositions pour la scène, Steibelt a écrit un grand nombre d'œuvres pour le piano-forte. Son jeu, très brillant, n'atteignait peut-être pas le niveau exceptionnel de ses contemporains Joseph Woelfl, Johann Baptist Cramer et Muzio Clementi ; cependant, il possédait un réel talent et sa réputation n'était pas surfaite. Hanon dans son livre Le pianiste virtuose assure que Steibelt faisait frissonner son public lorsqu'il exécutait le trémolo au piano.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Variations sur deux chansons populaires russes, Irina Ermakova, piano (Arte Nova ANO 516260, 1996)
  • Sonate en mi majeur, Hiroko Sakagami, piano (Hans Georg Nägeli, éditeur et compositeur, MGB CD 6193, 2002)
  • Grande Sonate en mi bémol majeur, op. 45, dédiée à Madame Bonaparte, Daniel Propper, piano (L'Echo des batailles, Forgotten Records, fr 16/17P, 2012)
  • La Destruction de Moscou, une grande fantaisie, Daniel Propper, piano (L'Echo des batailles, Forgotten Records, fr 16/17P, 2012)
  • Grand concert pour la harpe, Masumi Nagasawa, harpe, Kölner Akademie, dir. Michael Alexander Willens (Ars Produktion, ARS 38 108, 2012)
  • Sonate en ut mineur, op.6 n°2, Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • Etudes op.78 (n°50, 32 et 3), Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • Grande sonate martiale, en ré majeur, op.82, Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • Concerto en sol mineur, n°6, Le voyage au Mont St. Bernard, Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 1064
  2. a, b, c, d et e Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 1341
  3. Maynard Solomon, Beethoven, Fayard,‎ 2003, 570 p. (ISBN 978-2-2136-1305-5), p. 97