Dan Leno

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Dan Leno

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Dan Leno

Nom de naissance George Wild Galvin
Alias
Le bouffon du roi (the king's jester)
Naissance 20 décembre 1860
St Pancras (en) (Londres)
Décès 31 octobre 1904 (à 43 ans)
Londres
Nationalité Anglais
Pays de résidence Angleterre
Profession
Activité principale
Ascendants
John Galvin (1826–1864), son père, et Louisa, nom de jeune fille Dutton (1831–1891), sa mère.
Conjoint
Sarah Lydia, nom de jeune fille Reynolds.
Descendants
Georgina, John (1988-?), Ernest (1889-?), Sidney (1891-?) et May (1896-?).
Famille
John et Henry, frères aînés et Frances, sœur aînée.
Signature de Dan Leno

Dan Leno (20 décembre 1860 – 31 octobre 1904), né George Wild Galvin, était un important comédien de music hall et acteur de comédie musicale pendant la fin de l'Époque victorienne. Il était surtout connu, en dehors de ses pièces de music-hall, pour ses rôles de dame (en) dans la pantomime annuelle qui fut populaire au Théâtre de Drury Lane de Londres, de 1888 à 1904.

Né à St Pancras, à Londres, Leno débute sur scène alors qu'il n'est encore qu'un enfant. En 1864, il rejoint ses parents dans leur pièce de music hall, et fait sa première apparition en solo, à l'âge de neuf ans, au Britannia Music Hall (en) à Coventry. Dans sa jeunesse, il fut célèbre pour sa danse clog (en) (ou clogging), et devient, dans son adolescence, la vedette de la pièce de sa famille. Il prend le nom de scène Dan Leno et, en 1884, fait sa première apparition sous ce nom à Londres. En tant qu'artiste solo, il devient de plus en plus populaire de la fin des années 1980 aux années 1990, et est alors l'un des comédiens les mieux payés au monde. Il créa par la suite une pièce de music hall parlant des banalités de la vie, accompagnée de chansons comiques et d'humour surréaliste (en), et créa une foule de personnages issus de la classe ouvrière pour illustrer ses histoires. En 1901, toujours au sommet de sa carrière, il joue son sketch Huntsman pour Edward VII à Sandringham. Le roi fut si impressionné que Leno fut surnommé le bouffon du roi (the king's jester).

Leno est également apparu dans burlesque (en) et, chaque année de 1888 à 1904, dans les spectacles pantomime de Noël du Théâtre de Drury Lane. C'était quelqu'un de généreux et d'actif dans des causes charitables, tout particulièrement au profit des artistes dans le besoin. Leno a continué d'apparaître dans des comédies musicales ainsi que dans ses propres music hall habituels jusqu'en 1902, mais il souffrait de plus en plus d'alcoolisme. Ceci, combiné à sa longue carrière dans ses rôles de dame et ses bouffoneries low comedy (en)(en), l'ont empêché d'être pris au sérieux en tant qu'acteur dramatique, et les rôles de Shakespeare lui ont été refusés. Leno a commencé à se comporter de manière erratique et furieux vers 1902, et a souffert d'une dépression nerveuse au début de 1903. Il a été envoyé dans un asile psychiatrique, mais a été libéré un peu plus tard dans la même année. Après un dernier spectacle, sa santé a décliné et il mourut à l'âge de 43 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Leno est né à St Pancras (en), à Londres. Il était le plus jeune de six enfants, dont deux frères aînés, John et Henry, et une sœur aînée, Frances. Deux autres frères et sœurs sont morts en bas âge[1]. Ses parents, John Galvin (1826–1864) et son épouse Louisa, nom de jeune fille Dutton (1831–1891), ont joué ensemble dans un music-hall, un duo, appelé The Singing and Acting Duettists. Ils étaient connus professionnellement en tant que M. et Mme Johnny Wild[F 1]. Ils n'ont pas beaucoup réussi et la famille a dû lutter dans la pauvreté[F 2],[n 1].

Ayant eu un faible niveau d'étude et ayant été éduqué par des acteurs, Leno apprend la comédie alors qu'il n'est encore qu'un enfant[F 2]. En 1862, les parents de Leno et ses frères apparaissent dans le music hall Surrey à Sheffield, puis dans les villes plus au nord un peu plus tard dans l'année[A 2]. En 1864, à l'âge de 4 ans, Leno rejoint ses parents sur scène pour la première fois, dans le music hall Cosmotheca à Paddington, sous la facture Little George, the Infant Wonder, Contortionist, and Posturer[F 2],[2].

Toujours âgé de 4 ans, son père, devenu alcoolique, décède à l'âge de 37 ans. La famille déménage à Liverpool quelques mois plus tard, où sa mère épousa William Grant (1837–1896)[A 3], le 7 mars 1866[A 4], un comédien de Lancastrian et de descendants irlandais, qui a joué dans des music halls dans toutes les provinces britanniques sous le nom de scène William Leno[F 2],[3]. William Grant était un acteur expérimenté qui avait été employé auparavant par Charles Kean (en) dans sa troupe de théâtre au Princess's Theatre (en) de Londres[4]. En 1866, la maison familiale à Marylebone fut démolie pour la construction de la Gare de Saint-Pancras[5] et, en conséquence, la sœur de Leno, Frances, fut envoyée vivre avec un oncle, tandis que son frère John, qui jouait occasionnellement avec ses parents, fut employé à temps plein[F 2]. Leno, sa mère, son beau-père et son frère Henry ont déménagé vers le nord pour s'installer à Liverpool, où ils ont joué dans diverses salles et théâtres, y compris au Star Music Hall, mais sont souvent retournés à Londres pour jouer dans les music halls de la capitale[F 2],[3].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Leno (en haut) et Johnny Danvers, avec la co-star du Drury Lane, Herbert Campbell (en bas)

En 1865, Leno et son frère Henry, qui lui a d'abord appris à danser, forment un duo de clogging nommé The Great Little Lenos. C'est la première fois que Leno utilise le nom de scène de son beau-père, Leno qu'il n'avait jamais enregistré légalement[F 3]. La même année, Leno apparaît dans sa première pantomime, à Liverpool, dans laquelle il joue le rôle secondaire d'un jeune clown juvénile dans Fortunatus; or, The Magic Wishing Cap aux côtés de ses parents, apparaissant sous le nom de "Mr and Mrs Leno – Comic Duettists"[A 4]. Le 18 juillet 1866, Leno, Henry et ses parents apparaissent à la soirée d'ouverture du Cambridge Music Hall à Toxteth (Liverpool) sous la facture Mr and Mrs. Leno, the Great, Sensational, Dramatic and Comic Duettists and The Brothers Leno, Lancashire Clog, Boot and Pump Dancers[A 5]. L'année suivante, les frères font leur première apparition sans leurs parents au Théatre Britannia (en) à Hoxton[F 2]. Ayant d'abord du succès, le couple connaîtra de nombreuses périodes de chômage et va souvent jouer dans la rue et dans des pubs londoniens pour gagner leur vie[F 3]. Fatigués de survivre avec peu ou pas d'argent, Henry arrête le clogging pour exercer un autre métier à Londres, forçant Leno à envisager une future carrière solo. Henry crée plus tard une école de danse.[n 2] Cependant, assez rapidement, Henry est remplacé par intermittence dans la pièce par l'oncle des garçons, Johnny Danvers, qui était plus âgé d'une semaine que Leno[F 3],[n 3] Leno et Danvers étaient proches depuis leur plus jeune âge[A 6].

Leno débute sa carrière solo d'acteur en 1869, de retour au Britannia music hall à Hoxton, où il est connu sous Le magnifique petit Leno, la quintessence des comédiens irlandais (The Great Little Leno, the Quintessence of Irish Comedians).[n 4] Le nom fut suggéré par son beau-père, William, qui pensait qu'un lien irlandais amènerait de l'audience lors de leur prochaine visite à Dublin[F 4]. En arrivant en Irlande, la même année, les Lenos éprouvent des difficultés financières et doivent rester avec la famille de William. En plus de ses rôles dans la pièce familiale, le jeune Leno apparait dans une pièce en solo sous un nom à consonance irlandaise, Dan Patrick[1]. Cela lui permet de gagner un pourboire de 23 Shilling (Shilling (monnaie britannique) (en)) par prestation en plus des frais de subsistance[F 4]. Le nom Dan fut choisi en mémoire de Dan Lowery, un comédien et propriétaire de music hall nordiste que les Lenos avaient rencontré quelques mois plus tôt[A 7]. Au cours de cette tournée en Irlande, les Lenos apparaissent à Dublin dans une pantomime écrite par le père de Leno en 1869 Old King Humpty; or, Harlequin Emerald Isle and Katty of Killarney, dans laquelle Leno reçoit les éloges de Charles Dickens, qui était dans le public et lui dit « Bon petit homme, vous allez faire carrière! » (« Good little man, you'll make headway! »)[F 5].

En 1870, les Lenos apparaissent dans une autre pantomime du père de Leno, Jack the Giant Killer; or, Harlequin Grim Gosling, or the Good Fairy Queen of the Golden Pine Grove, dans laquelle Leno joue le personnage du titre ainsi que le personnage vedette dans le spectacle de variété qui a précédé la pantomime. C'est son dernier rôle théâtral jusqu'en 1886[A 8]. Durant les années 1970, Leno et ses parents jouent sous le nom Le trio comique (Mr & Mme. Leno et Dan Patrick) dans leur pièces, chansons et danses vraiment drôles (The Comic Trio (Mr & Mrs. Leno and Dan Patrick) In Their Really Funny Entertainments, Songs and Dances)[1]. Dans la pièce familiale avec ses parents et Danvers, le jeune Leno prend souvent le rôle principal dans le sketche le mariage de Wicklow (The Wicklow Wedding) à la place de son beau-père. Dans un autre de leur sketches le projet de loi Torpedo (Torpedo Bill), Leno joue également le rôle principal, un inventeur d'engins explosifs. Ses parents jouent les rôles de blanchisseuse et de cordonnier comique[F 4]. Ceci a été suivi par un autre sketch Pongo le singe (Pongo the Monkey)[H 1]. À l'ouverture du Pullan's Theatre of Varieties à Bradford le 20 mai 1878, cette parodie avec en vedette Leno en singe échappé est devenu durant cette période son sketch préféré[F 4].

La popularité croissante de l'adolescent Leno l'a conduit à des réservations, entre autres, au Varieties Theatre à Sheffield et au Star Music Hall à Manchester[F 6]. Au même moment, le clogging de Leno est si bien qu'en 1880 il remporte le championnat du monde au Princess's Music Hall à Leeds[1], pour lequel il reçut une ceinture d'or et d'argent pesant 44,5 oz (1,26 kg)[2],[3]. Son biographe, le librettiste de pantomime J. Hickory Wood, décrit son interprétation: « Il a dansé sur la scène, sur un piédestal, sur une dalle d'ardoise, il en a redemandé encore et encore, mais tout au long de sa performance, jamais il n'a prononcé un mot. »[H 2]

Années 1880[modifier | modifier le code]

"The Railway Guard", 1890

En 1878, Leno et sa famille déménagent à Manchester[F 7]. Il rencontre Lydia Reynolds, qui, en 1883, rejoint la troupe de théâtre familiale de Leno, laquelle comprenait déjà ses parents, Danvers et Leno. L'année suivante, Leno et Reynolds se marient; à cette époque, il adopte le nom de scène Dan Leno[F 7]. Le 10 mars 1884, la famille Leno prend la direction du Grand Varieties Theatre à Sheffield[A 9]. Les Lenos se sentent à l'aise avec son public de la classe ouvrière. À leur soirée d'ouverture, plus de 4000 patrons sont venus au théâtre, payant 6 pence, pour voir la vedette Dan Leno en Doctor Cut 'Em Up. En octobre 1884, face à une rude concurrence, les Lenos renoncent à la location du théâtre[A 10].

En 1885, Leno et son épouse déménagent à Clapham Park (en) (Londres), où Leno gagne du succès avec un pièce en solo qui comprend des boniments comiques, de la danse et du chant[F 7]. La nuit dans ses débuts à Londres, il apparait dans trois music halls: the Foresters' Music Hall à Mile End, Middlesex Music Hall (en) au Drury Lane et Gatti's-in-the-Road (en référence à Carlo Gatti (en)) où il gagnait 5£ par semaine (soit 457£ en 2013, ajusté par rapport à l'inflation[6])[F 8]. Bien que présenté en tant que Le grand vocaliste irlandais et champion de clogging (The Great Irish Comic Vocalist and Clog Champion) au début, il élimine progressivement sa danse en faveur d'études de personnages, tels que Going to Buy Milk for the Twins[3], When Rafferty Raffled his Watch et The Railway Guard[1]. Sa danse l'avait rendu populaire dans les provinces, mais Leno a constaté que le public londonien préférait ces sketches et comédies musicales[2],[H 3]. les autres lieux où Leno apparaissait à la fin des années 1880 comprenaient the Collins Music Hall à Islington, the Queen's Theatre à Poplar et the Standard à Pimlico[F 9].

Leno est un remplaçant dans le rôle du personnage grecque ancien Atalanta de Leontes dans le musical burlesque (en) durant l'année 1888 au Strand Theatre (en), dirigé par Charles Hawtrey (en)[7]. Il a été écrit par le frère de Hawtrey, George P. Hawtrey, et a été joué par Frank Wyatt (en), Willie Warde (en) and William Hawtrey[8]. Le magazine Illustrated Sporting and Dramatic News (en) fait l'éloge du chant et de la danse de Leno et déclare « Il apporte une bonne dose d'humour et d'originalité à la partie peu importante de Leontes »[9] Leno accepte le rôle à court terme, sans avoir l'opportunité d'apprendre le script. Mais sa comédie improvisée a permis de prolonger la vie du spectacle. Quand Leno et un autre acteur de premier plan sont partis quelques mois plus tard la production s'est achevée[A 11]

Music hall[modifier | modifier le code]

Leno en "the Beefeater"

Durant les années 1890, Leno est l'artiste de premier plan pour les pièces de music hall, seulement rivalisé par Albert Chevalier (en), qui entre dans le music hall à partir du legitimate theatre (en)[A 12],[10]. Leurs styles et intérêts sont vraiment différents: les personnages de Leno représentent la rude classe ouvrière réalistes, tandis que ceux de Chevalier débordent de romantisme, et son jeu décrit un point de vue plus aisé (richissime). Les deux représentaient les pôles opposés de la comédie cockney[A 12],[n 5].

Pour ses pièces de music hall, Leno crée des personnages basés sur des observations de la vie à Londres, comprenant des shopwalkers (en), des assistants d'épicier, des beefeaters, des chasseurs, des turfistes, des pompiers, des pères de famille, des maris dominés par leur femme, des épouses pipelettes, des dames pantomimes, un officier de police, un bandit espagnol et un coiffeur[1]. L'un des personnages était Mme Kelly, une commère. Leno chantais le morceau d'une chanson, puis commencait un monologue, souvent son habituel « Vous connaissez Mme Kelly ? »[n 6], qui est devenu une phrase culte bien connue « Vous voyez nous avons eu une dispute une fois, et c'était tout au long Mme Kelly. Vous connaissez Mme. Kelly, bien sûr. ... Oh, vous devez connaître Mme Kelly; tout le monde connait Mme Kelly.  »[n 7][2],[J 1],[I 1]

"the Shopwalker", 1891

Pour ses pièces à Londres, Leno achetait les chansons d'éminents auteurs de music hall et de compositeurs. L'un d'eux, Harry King, en a écrit plusieurs qui ont été les premiers succès de Leno[A 13]. D'autres compositeurs bien connus à l'époque, tels que Harry Dacre et Joseph Tabrar écrivirent pour Leno des numéros[A 13]. À partir de 1890, Leno fait appel à George Le Brunn pour composer la musique instrumentale de plusieurs de ses chansons, telles que The Detective, My Old Man, Chimney on Fire, The Fasting Man, The Jap, All Through A Little Piece of Bacon et The Detective Camera[A 13]. Les chansons de chaque morceau deviennent instantanément distinctifs et familiers au public de Leno, mais ses changements occasionnels de personnages garde leur fraîcheur et leur actualité[A 14].

The Railway Guard fait apparaître Leno dans la peau délirante d'un contrôleur de gare vêtu d'un uniforme mal ajusté, avec une barbe hérissée et un sifflet. Le personnage a été créé en exagérant le comportement d'un vrai employé que Leno avait vu à la gare de Brixton qui s'occupait des affaires des autres alors que, dans le même temps, il ne pas faire son travail[A 15]. The Shopwalker est plein de petites phrases comiques et a été fortement influencé par la pantomime. Leno joue le rôle d'un employé de magasin, encore une fois au comportement maniaque, incitant la clientèle à entrer dans le magasin avant de se lancer dans une technique de vente frénétique et chantée en poésie[A 16]. La description de Leno dans Le serveur (The Waiter), vêtu d'une veste de smoking sur-dimensionnée et un plastron ample blanc, qui était rabattu vers le haut et qui frappait son visage, était celle d'un homme consumé dans l'apitoiement de soi et dans l'indignation. Surmené, excédé et débordé par le nombre de ses clients, le garçon donne des excuses pour le mauvais service plus rapidement que les clients pourraient se plaindre[A 16],[I 1] : « Oui, Monsieur! Non, Monsieur! Oui, Monsieur! Lorsque je suis venu ici la première fois ces pantalons étaient des culottes courtes. Les jambes se sont usées par l'attente. Monsieur! Qu'avez-vous dit ? Dans combien de temps votre skeak sera cuit ?  Oh, dans quatre pouces je dirais, dans quatre pouces. Non, Monsieur désolé Monsieur. Vous ne pouvez pas revenir en arrière maintenant, Monsieur. Vous avez coincé votre fourchette dedans et avez laisser sortir la vapeur! »[n 8]

Pantomime[modifier | modifier le code]

Augustus Harris, surnommé Le père de la Pantomime moderne et Augustus Druriolanus, dirigèrent le Théâtre de Drury Lane à partir de 1879.

La première apparition de Leno dans la pantomime de Londres se fait sous Dame Durden dans Jack et le haricot magique (Jack and the Beanstalk), qu'il a joué au Surrey Theatre de Londres en 1886, et où il a été repéré en chantant Going to Buy Milk par le directeur du Surrey Theatre, George Conquest[F 10]. Conquest a également embauché l'épouse de Leno pour jouer dans la production[F 11]. La pantomime est un succès, et Leno reçoit des critiques élogieuses, ce qui aura pour conséquence d'être réservé pour jouer en tant que Tinpanz the Tinker dans la pantomime de l'année suivante, qui a eu l'unique titre de Sinbad and the Little Old Man of the Sea; or, The Tinker, the Tailor, the Soldier, the Sailor, Apothecary, Ploughboy, Gentleman Thief[F 11].

Après ces spectacles de pantomime rendus populaires auprès du public, Leno est embauché en 1888 par Augustus Harris (en), directeur du Théâtre de Drury Lane, pour paraître dans la pantomime de noël de cette année, Babes in the Wood (en)[A 17]. Les spectacles de pantomime d'Harris dans l'immense théâtre étaient connus pour leur extravagance et leur splendeur. Chacun avait une distribution de plus d'une centaine d'acteurs, danseurs de ballet, acrobates, marionettes et animaux, et comprenait une scène de transformation élaborée et un arlequinade énergique. Ils étaient souvent écrits par Harris[11],[A 18]. Herbert Campbell (en) et Harry Nicholls (en) commencent avec Leno dans les quinze spectacles de noël suivants au Drury Lane. Campbell était apparu au cours des cinq pantomimes précédentes du théâtre et était l'auteur favori du producteur de ses spectacles, E. L. Blanchard (en). Blanchard quitte le théâtre quand Leno a été embauché, estimant que les acteurs de music hall était inappropriés pour ses pantomimes de noël[A 17]. Ce n'était pas une vision partagée par le public ou les critiques, dont l'un a écrit « Je suis enclin à penser que le couronnement pour l'humour espiègle est donné par le néophyte pimpant, M. Dan Leno, qui joue la baronne galvanique dans la danse merveilleusement amusante qui fait rugir la salle. Les petits substantiels, M. Herbert Campbell et M. Harry Nicholls, n'auraient aucune excuse à ne pas rivaliser dans la drôlerie avec Dan Leno l'aérien »[12]

Harry Nicholls and Herbert Campbell, les deux co-vedettes de Leno dans plusieurs pantomimes

Babes in the Wood a été un triomphe: le théâtre a enregistré un record d'affluence, et la pièce a été prolongée jusqu'au 27 avril 1889[F 12]. À la suite de cela, Leno reduit considérablement ses contrats dans le music hall[F 12],[A 19]. Néanmoins, entre avril et octobre 1889, Leno apparaît simultanément à l'Empire Theatre (en) et à l'Oxford Music Hall (en), pour réaliser son one-man show[A 19]. Durant cette période, Leno était très demandé et eu des réservations pour les trois années suivantes. Le 9 mai 1889 il joue pour George P. Hawtrey en une matinée en Penelope, une version musicale d'une célèbre comédie The Area Belle, au profil du Holborn Lodge pour la boutique de filles. Grâce à cela, il joua le rôle de Pitcher en face de Gilbert et Sullivan et l'acteur chevronné Rutland Barrington (en)[A 19]. Le magazine The Times a considéré que sa prestation était « beaucoup trop à la manière de pantomime »[n 9] Durant la longue association de Leno avec les Drury Lane pantomime (en)s, il est surtout apparu en tant que dame (en)[G 1]. Après qu'Harris soit décédé en 1896, Arthur Collins (en) devient le directeur du théâtre et superviseur (qui a souvent aidé à rédier) les pantomimes[F 12].

Dans leurs pantomimes, le minuscule Leno et l'énorme Campbell étaient visuellement un duo comique[14]. Ils s'écartaient souvent du script, improvisant librement. Cela a été accueillie avec un certain scepticisme par les producteurs, qui craignaient que les scènes ne seraient pas drôle pour le public, mais ont observé, en tout état de cause, qu'ils n'avaient rarement été aussi bons seulement quelques jours après l'ouverture[1]. George Bernard Shaw a écrit sur une apparition « j'espère ne plus jamais avoir à endurer quelque chose de plus tristement futile »[n 10] et l'essayiste et caricaturiste anglais Max Beerbohm a déclaré que « Leno ne se fait pas justice en collaborant avec le public » [n 11]. Il a cependant noté que Leno « fut exceptionnel en donnant une personnalité bien à elle à ses dames, de la reine extravagant aux commérages naïfs » [n 12]. Dabs Sleeping Beauty, Leno et Campbell ont fait rire le public même quand il ne pouvait pas les voir: il arrivaient sur scène dans des palanquins et échangeaient les lignes, « Avez-vous quelque chose à faire cet après-midi ma chère ? Non, je n'ai rien à faire » [n 13], avant d'être à nouveau emporté[1]. Les pantomimes de Leno et Campbell à partir de 1889 ont été Jack and the Beanstalk (1889 et 1899), Beauty and the Beast (1890 et 1900), Humpty Dumpty (1891 et 1903), Little Bo-peep (en) (1892), Robinson Crusoé (1893), Dick Whittington and His Cat (en) (1894), Cinderella (1895), Aladdin (1896), The Babes in the Wood (en) (1897) and the Forty Thieves (1898)[A 20].

Dan Leno en tant que Sœur Anne dans Bluebeard, 1901

Leno a qualifié les rôles de dame dans ses deux dernières pantomimes, Bluebeard (en) (1901) et Mother Goose (1902), écrits par J. Hickory Wood, comme étant ses préférés. Il fut payé 200£ (soit 18 384£ en 2013, ajusté par rapport à l'inflation) pour chacune des saisons de pantomime[15],[A 21]. Leno apparu au Drury Lane en tant que Sœur Anne (Sister Anne) dans Bluebeard, un personnage décrit par Wood comme « une personne vive, un peu en dessous de la cinquantaine qui se dirigeait vers une aliénation mentale et qui n'avaient pas encore abandonné l'espoir »[n 14] La critique de théâtre de The Times nota: « C'est un peu particulier et original Sœur Anne, qui danse du breakdowns et chante des ballades étranges à une harpe encore inconnue et joue au ping-pong avec une poêle à frire et des pommes de terre avec des burlesques en Sherlock Holmes et porte les plus étranges des vêtements et vêtit ses cheveux comme Miss Kenwigs Morleena et parle d'une voix fluette - en bref, c'est nul autre que Dan Leno que nous connaissons tous. »[n 15] Mother Goose a confié à Leno l'un des rôles les plus difficiles de sa carrière, dans lequel il était nécessaire de présenter la même femme dans plusieurs formes différentes. L'idée de Wood, que ni la fortune et ni la beauté apporterait le bonheur, fut illustrée par une série de transformations magiques de personnages[A 22]. La pauvre, inculte et généralement laide, Mother Goose est finalement devenue une riche et belle, mais insipideparvenue à la recherche d'un prétendant. La production a été l'une des pantomimes les plus réussies de Drury Lane, continuant jusqu'au 28 mars 1903[A 22].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Dan Leno's Comic Journal, Issue No. 1, 26 February 1898

En 1896, l’imprésario Milton Bode aborda Leno avec une proposition pour une comédie musicale de voiture conçu pour lui appelée Orlando Dando, le Volontaire (Orlando Dando, the Volunteer), par Basil Hood (en) avec la musique de Walter Slaughter (en). L'agent de Leno refusa l'offre, car son client était déjà fortement réservé pour deux ans. Bode proposa 625£ (soit 77 812£ en 2013, ajusté par rapport à l'inflation[6]) à Leno pour une présentation de six semaines en 1898. En entendant cela, le comédien outrepassa son agent et accepta l'offre[F 14]. Leno parcouru les provinces dans la pièce qui fut un succès immédiat. Sa performance fut si populaire que Bode le réengaga pour deux spectacles à venir: la farce musicale In Gay Piccadilly! (1899), par George R. Sims, dans laquelle l'oncle de Leno, Johnny Danvers apparaît (The Era dit que Leno « séduis les grandes maisons »[n 16] et le déclara « atrocement drôle »[n 17])[17] ; et la comédie musicale Mr Wix of Wickham (1902). Les deux tournées après leurs courses originales[F 14],[18],[E 1]. En 1897, Leno est allé en Amérique et a fait ses débuts le 12 avril de cette année au Hammerstein's Olympia Music Hall (en) à Broadway, où il fut présenté comme « L'Homme le plus drôle de la Terre » (« The Funniest Man On Earth »). Les critiques furent mitigées: un journal a rapporté que la maison a hurlé son approbation tandis qu'un autre s'est plaint que l'humour anglais de Leno était dépassé[F 15]. Son engagement américain a pris fin un mois plus tard, et Leno déclara que « c'était le sommet de ma carrière »[F 16]. En dépit de sa jubilation, Leno était conscient des quelques commentaires négatifs qu'il avait reçus et a rejeté toute offre ultérieure pour tourner aux États-Unis et en Australie[F 16].

La même année, le comédien prêta son nom et ses talents d'écriture au Journal humoristique de Dan Leno (Dan Leno's Comic Journal). Le journal fut principalement destiné aux jeunes adultes et présenta une version mythique de Leno; le premier journal humoristique à prendre son nom, basé sur un personnage central, une personne vivante. Publié par C. Arthur Pearson (en), la première publication (Issue No. 1) parut le 26 février 1898 et le journal s'est vendu en 350 000 exemplaires en un an[F 14]. Leno a écrit la plupart des histoires et des blagues comiques du journal et Tom Browne(en) a beaucoup contribué aux illustrations[A 23]. Le comédien a conservé le contrôle éditorial du journal, en décidant quels articles omettre[F 17]. Le Journal fut connu pour ses slogans, dont « une touche de Leno fait la grimace au monde entier » ("One Touch of Leno Makes the Whole World Grin") et « je ne laverai pas les vêtements, mais les polluerai de mélancolie » ("Won't wash clothes but will mangle melancholy"). La couverture montra toujours une caricature de Leno et son équipe de rédaction au travail et en représentation. À l'intérieur, les caractéristiques incluaient « le journal de Daniel » ("Daniel's Diary"), « les gémissements du Martyr » ("Moans from the Martyr"), deux récits, une vingtaine de dessins animés, « Les dernières de Leno - nouvelles blagues et farces faits sur les lieux »[F 18] Après une course de près de deux ans, la nouveauté s'est estompée, et Leno a perdu tout intérêt. Le journal s'est arrêté le 2 décembre 1899[A 23],[F 17].

Le « bouffon du roi » portant l'épingle à cravate royale.

Un journaliste a écrit, vers la fin des années 1890, que Leno était « probablement le comique le mieux payé du monde »[n 18]. En 1898, Leno, Herbert Campbell et Johnny Danvers ont formé un consortium pour créer le Granville Theatre à Fulham, qui a été démoli en 1971[19]. Leno publia une autobiographe, Dan Leno: Hys Booke, en 1899, écrit en réalité par un nègre, T. C. Elder[3]. Le biographe de Leno, J. Hickory Wood commenta: « Je peux dire en tout honnêteté que je ne l'ai jamais vu rester tranquille. Il était toujours en train de faire quelque chose, et avait autre chose à faire par la suite ; ou venait de quelque part et avait d'autres rendez-vous à suivre. »[n 19] Durant cette année, Leno joua le rôle de "waxi omo" (de l'argot désignant un acteur au visage noir)[A 24] au Doo-da-Day Minstrels, un acte qui comprenait Danvers, Campbell, Bransby Williams(en), Joe Elvin(en) et Eugene Stratton(en), le seul spectacle de charité de la troupe au Pavillion de Londres le 29 mai 1899. La chanson de Leno The Funny Little Nigger a beaucoup amusé le public. Son biographe Barry Anthony a considéré la performance comme étant « plus ou moins, le dernier souffle des ménestrels aux visages noircis en Grande-Bretagne ».

Entre 1901 et 1903, Leno a enregistré plus de vingt-cinq chansons et monologues(en) au Gramophone and Typewriter Company label[F 19]. Il a aussi réalisé 14 courts métrages vers la fin de sa vie, dans lesquels il incarne un bouffon maladroit qui a du mal à effectuer des tâches quotidiennes, comme faire du vélo ou ouvrir une bouteille de champagne[20]. Le 26 novembre 1901, Leno, accompagné de Seymour Hicks(en) et son épouse, l'actrice Ellaline Terriss(en), ont été invités au Sandringham House pour prendre part au Royal Command Performance(en) pour amuser King Edward VII, la Reine Alexandra, leur fils George et son épouse, Mary, le prince et la princesse de Galles. Leno réalisa une pièce en solo de trente-cinq minutes qui comprenait deux de ses chansons les mieux connues: "How to Buy a House" et "The Huntsman". Après la prestation, Leno a rapporté, « Le roi, la reine et le prince de Galles m'ont très gentiment serré la main et m'ont dit combien ils avaient apprécié. La princesse de Galles allait me serrer la main, quand elle a regardé mon visage, et ne pu pas la serrer bien longtemps, car elle riait tellement. Je n'avais pas l'intention d'être drôle - je semblais être vraiment digne et courtois, mais je suppose que je ne pouvais pas m'en empêcher. »[n 20] Comme souvenir, le roi a offert à Leno un bijou royal incrusté, une épingle à cravate, et par la suite, Leno est devenu connu comme étant "le bouffon du roi". Leno a été le premier acteur de music hall à donner un spectacle sur demande du roi durant son règne[21],[F 21].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Plaque bleue de commémoration à la mémoire de Dan Leno sur la maison où il a vécu à Akerman Road (Lambeth).
Plaque bleue de commémoration à la mémoire de Dan Leno sur la maison où il a vécu à Akerman Road (Lambeth).
Vue d'ensemble de la maison où on peut y voir la plaque bleue sur la façade.
Vue d'ensemble de la maison où on peut y voir la plaque bleue sur la façade.

En 1883, Leno rencontre Sarah Lydia Reynolds (1866–1942), une jeune danseuse et chanteuse de comédie de Birmingham, ils sont apparus tous deux au King Ohmy's Circus of Varieties, Rochdale[22]. La fille d'un charpentier de scène[A 25], Lydia, comme elle fut connue professionnellement, était déjà une actrice adolescente accomplie: grâce à sa performance dans Sinbad the Sailor en 1881, une critique indique qu'elle « joua très bien Zorlida pour un jeune artiste. Elle est bien connue dans ce théâtre et son propre entraînement révélera une actrice très intelligente. »[n 21] Elle et Leno se sont marié en 1884 dans une cérémonie discrète à l'église St. George, à Hulme, Manchester, peu de temps après la naissance de leur première fille, Georgina[A 26]. Un second enfant est mort en bas âge[A 27], et John né en 1888[1]. Leurs trois plus jeunes enfants – Ernest (b. 1889), Sidney (b. 1891) et May (b. 1896) – ont tous suivi leur père sur scène. Sidney joua plus tard en tant que Dan Leno, Jr.[A 28] Après que la mère et le beau-père de Leno quittèrent la scène, Leno les aida financièrement jusqu'à leur mort[H 6].

Leno posséda 2 acres (8 094 m2) de terre dernière sa maison à Clapham Park(en), et vécu en autosuffisance, produisant des choux, pommes de terre, du beurre et élevant de la volaille. Choses qu'il envoyait en cadeaux à ses amis et famille[C 2]. En 1898, Leno et sa famille déménagèrent au 56 Akerman Road à Lambeth où il vécurent plusieurs années. Une plaque bleue fut érigée à cette adresse en 1962 par le London County Council[24].

Charité et collecte de fonds[modifier | modifier le code]

La Terriers Association (l'Association des terriers) fut fondée en 1890 pour venir en aide aux artistes à la retraite ayant besoin d'un soutien financier. Leno fut un collecteur de fonds très actif, ainsi que dans l'association Music Hall Benevolent Fund (Fonds de charité du Music Hall)[1]. Il fut aussi l'un des premiers membres de l'association caritative de divertissement Grand Order of Water Rats (en), laquelle venait également en aide aux artistes dans le besoin, et dont il a été le dirigeant, surnommé le roi rat (the King Rat), en 1891, 1892 et 1897[10]. Vers la fin de sa vie, Leno a cofondé l'Association des Artistes de Music Hall de chemins de fer (The Music Hall Artistes Railway Association), avec laquelle il a conclu un partenariat avec les rats d'eau (the Water Rats) pour former le premier syndicat de music hall[A 29]. Certaines des donations de Leno furent discrètes et méconnues[A 30].

À la fin des années 1890, Leno a formé une équipe de cricket appelée les Dainties (Friandises), pour laquelle il a recruté de nombreux comédiens et des vedettes de musique hall alors en plein succès[25]. Ils jouèrent pour des œuvres de charité contre plusieurs équipes d'amateurs disposées à mettre en place avec eux un grabuge comique, tel qu'en Metropolitan Police Force de Londres; les pitreries de Leno et de ses coéquipiers sur le gazon amusaient les grandes foules sur lesquelles ils tiraient[26],[27]. De 1898 à 1903, les Dainties ont continué de jouer des matches à travers Londres. Deux films de ces matches ont été produits en 1900 pour les spectateurs de ce nouveau support. En septembre 1901, lors d'un grand match de charité, la presse à noté une atmosphère de carnaval. Les comédiens portaient des costumes ridicules; Leno était habillé en croque-mort, puis en écolière montée sur un chameau. Les fanfares jouaient et les clowns circulaient à travers la foule. L'équipe rivale de joueurs de cricket professionnels de l'équipe de Surrey avait été convaincue de porter de grands chapeaux pendant le match. 18.000 spectateurs y ont assisté, en contribuant aux collectes de fonds pour des organismes de charité du music-hall et des joueurs de cricket, entre autres[27],[28].

Déclin et faiblesse mental[modifier | modifier le code]

Leno en Mother Goose

Leno a commencé à boire beaucoup après les spectacles, et, vers 1901, comme son père et son beau-père avant lui, il est devenu alcoolique[1]. Il déclina peu à peu physiquement et mentalement et était fréquemment pris de crises de comportement erratique qui ont commencé à affecter son travail[F 22]. Vers 1902, le comportement colérique et violent de Leno envers ses collègues acteurs, ses amis et sa famille était devenue fréquent. Une fois calmé, il avait des remords et s'excusait[F 22]. Son comportement erratique a souvent été le résultat de sa capacité décroissante à se souvenir de ses textes et de ses prestations inaudibles[1]. Leno souffrait également de sa surdité croissante, ce qui lui posait bien des problèmes sur et hors scène. En 1901, au cours d'une production de Bluebeard, Leno a manqué sa réplique et, en conséquence, est resté muet durant plus de vingt minutes. À la fin de son interprétation de Mother Goose en 1903, le producteur Arthur Collins a rendu hommage à Leno en lui remettant, au nom de la direction du théâtre de Drury Lane, un coûteux service de table en argent. Leno se leva et dit: « Gouverneur, c'est un magnifique cadeau ! Je vous félicite et vous le méritez ! »[F 22].

Frustré de ne pas être pris au sérieux en tant qu'acteur, Leno est devenu obsédé par l'idée de jouer Richard III et d'autres grands rôles Shakespeariens, submergeant l'acteur-manager Herbert Beerbohm Tree par ses propositions[1]. Après sa dernière interprétation de Mother Goose au Théâtre Drury Lane au début de 1903, les désillusions de Leno's l'accablent. Lors de la soirée de clôture, et à nouveau peu de temps après, il s'est rendu à la maison de Constance Collier, qui était la directrice de Beerbohm Tree au His Majesty's Theatre (en) et qu'il avait suivi là lors de répétitions[A 31]. Il tenta de la persuader de jouer à ses côtés dans une saison shakespearienne que Leno était prêt à financer. Lors d'une seconde visite à son domicile, Leno lui apporta une boîte à bijoux contenant une plaque incrusté de diamants. Reconnaissant que Leno faisait une dépression nerveuse, elle refusa doucement et tristement son offre, et Leno est resté désemparé[A 31].

Deux jours plus tard, il fut admis dans un asile de fous[F 23]. Leno a passé plusieurs mois au Camberwell House Asylum à Londres sous la surveillance du Dr. Savage qui traita Leno avec « du calme et de la tranquillité et un peu d'eau colorée »[29]. À son deuxième jour, Leno dit à une infirmière que l'horloge l'indiquait pas la bonne heure. Quand elle déclara qu'elle était à l'heure, Leno fit la remarque « Eh bien, si c'est vrai, alors qu'est-ce que ça fait là ? ». Leno a tenté plusieurs fois de quitter l'asile, et réussi à deux reprises. Il fut retrouvé à chaque fois et ramené rapidement[F 24].

Dernières années de sa vie[modifier | modifier le code]

Le mémorial de Dan Leno au cimetière de Lambeth, à Londres. On peut lire : « En mémoire de mon cher amour, mon mari George Galvin "Dan Leno" qui s'est endormi le 31 octobre 1904 à l'âge de 43 ans. Ici sommeille le roi des fabricants de rires. Dors bien cher amour, jusqu'à ce que les rois de la gloire te réveillent. »

Après la libération de Leno de l'établissement en octobre 1903, la presse publia beaucoup de commentaires accueillants et spécula quant à savoir s'il apparaîtrait dans la pantomime du Drury Lane de l'année, prévu sous le titre Humpty Dumpty. Craignant une rechute de Leno, Arthur Collins a employé Marie Lloyd (en) pour prendre sa place[30]. Cependant, au moment des répétitions, Leno a persuadé Collins qu'il allait suffisamment bien pour participer, et la distribution a été remaniée pour l'incorporer. Leno est apparu avec succès. Après avoir reconnu sa signature dans la chanson, le public lui a fait une standing ovation qui a duré cinq minutes[F 25]. Il a reçu un télégramme de la part du roi le félicitant pour sa performance[31].

Le partenaire de scène de Leno, Herbert Campbell, est décédé en juillet 1904, peu après la pantomime, à la suite d'un accident à l'âge de cinquante-sept ans. La mort a profondément affecté Leno, et il commença à décliner. À cette époque, il apparaissait au Pavillion de Londres, mais le spectacle a dû être annulé en raison de son incapacité à se souvenir de ses textes[F 22]. Les critiques étaient si dures que Leno a écrit un communiqué, publié dans The Era, pour défendre l'originalité du spectacle[32]. Le 20 octobre 1904, Leno a joué pour la dernière fois dans le spectacle. Par la suite, il s'arrêta au Belgrave Hospital for Children (en) de Kennington pour faire un don de 625£[A 32].

Leno décéda à son domicile à Londres le 31 octobre 1904, à l'âge de 43 ans, et fut enterré au cimetière Lambeth, à Tooting[F 26],[33]. La cause de la mort n'est pas connue.[n 22] Sa mort et ses funérailles firent la une nationale. Le Daily Telegraph a écrit dans sa rubrique nécrologique: « Il n'y avait qu'un Dan. Ses méthodes étaient inimitables, son visage faisait sa fortune… Qui l'a vu dans l'un de ses déguisements et n'a pas réussi à rire? »[n 23] Max Beerbohm dit plus tard après la mort de Leno: « Une lanterne si petite et frêle ne pouvait pas porté longtemps une si grande flamme »[n 24]. Son mémorial est entretenu par le Grand Ordre des Rats d'Eau (Grand Order of Water Rats), qui a commandé la restauration de sa tombe en 2004[A 33],[n 25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louisa et John se sont mariés à la chapelle Saint-Jean, Waterloo, Londres, le 2 janvier 1850 et ont vécu à Ann Street, près de Waterloo. John est né à Middlesex, et Louisa à Worthing dans le Sussex. Le père de John's, Maurice Galvin, était un maçon irlandais. Le père de Louisa's, Richard Dutton, était un artiste, qui a fini comme patient dans le Pauper Lunatic Asylum Middlesex[A 1].
  2. L'école de danse annonçait: « Le clogging enseigné par H. Wild, frère et tuteur de Dan Leno, JH Haslam, etc. » Citation originale « Clog dancing taught by H. Wild, Brother and Tutor of Dan Leno, J. H. Haslam, etc. »[F 4]
  3. Né à Sheffield, Danvers a déménagé à Glasgow encore enfant et est devenu plus tard un ouvrier en orfèvrerie, précisément plaqueur en argent[A 6].
  4. Comédien fait référence ici à un acteur de comédie musicale[F 3].
  5. Chevalier a écrit toutes ses chansons, tandis que Leno achetait les chansons d'auteurs et compositeurs[A 12],[D 1]
  6. Citation originale « You know Mrs. Kelly »
  7. Citation originale « You see we had a row once, and it was all through Mrs. Kelly. You know Mrs. Kelly, of course. ... Oh, you must know Mrs. Kelly; everybody knows Mrs. Kelly. »
  8. Citation originale « Yes, sir! No, sir! Yes, sir! When I first came here these trousers were knee-breeches. Legs worn down by waiting. Sir! What did you say? How long would your steak be? Oh, about four inches I should say, about four inches. No, sir! sorry sir. Can't take it back now, sir. You've stuck your fork in and let the steam out! »
  9. Citation originale « too much in the manner of pantomime »[13].
  10. Citation originale « I hope I never again have to endure anything more dismally futile »[F 13]
  11. Citation originale « Leno does not do himself justice collaborating with the public »
  12. Citation originale « was exceptional in giving each of his dames a personality of her own, from extravagant queen to artless gossip »[B 1]
  13. Citation originale « Have you anything to do this afternoon, my dear?" – "No, I have nothing on »
  14. Citation originale « a sprightly, somewhat below middle aged person who was of a coming on disposition and who had not yet abandoned hope »[H 4]
  15. Citation originale « It is a quite peculiar and original Sister Anne, who dances breakdowns and sings strange ballads to a still stranger harp and plays ping-pong with a frying-pan and potatoes and burlesques Sherlock Holmes and wears the oddest of garments and dresses her hair like Miss Morleena Kenwigs, and speaks in a piping voice – in short it is none other than Dan Leno whom we all know. »[16]
  16. Citation originale « attracting huge houses »
  17. Citation originale « excruciatingly funny »
  18. Citation originale « probably the highest paid funny man in the world »[C 1]
  19. Citation originale « I can honestly say that I never saw him absolutely at rest. He was always doing something, and had something else to do afterwards; or he had just been somewhere, was going somewhere else, and had several other appointments to follow. »[H 5]
  20. Citation originale « The King, the Queen and the Prince of Wales all very kindly shook hands with me and told me how much they had enjoyed it. The Princess of Wales was just going to shake hands with me, when she looked at my face, and couldn't do it for some time, because she laughed so much. I wasn't intending to look funny – I was really trying to look dignified and courtly; but I suppose I couldn't help myself. »[21],[F 20]
  21. Citation originale « played Zorlida very well for a young artiste. She is well known at this theatre and with proper training will prove a very clever actress. »[23]
  22. No medical records survive. At least three theories for the cause of death have been given by various sources: The New York Times stated he had died of heart disease « Dan Leno Dead" »,‎ 1 Novembre 1904. The Oxford Dictionary National Biography, on the other hand, states that he died of tertiary syphilis[1]. Finally, his biographer Gyles Brandreth claimed that Leno had succumbed to a brain tumour, which Brandreth thought would help explain his erratic behaviour. Leno stated in 1904: "the cause of my brain trouble was attributed to a fall off my bicycle"[F 20].
  23. Citation originale « There was only one Dan. His methods were inimitable; his face was indeed his fortune ... Who has seen him in any of his disguises and has failed to laugh? »[34]
  24. Citation originale « So little and frail a lantern could not long harbour so big a flame »[B 2]
  25. Arthur Roberts, a close friend, commented after Leno's death: "It seems an extraordinary thing to say, but I really believe that King Edward's kindness was the unconscious means of hastening Dan Leno's mind over the borderline of insanity ... Poor Dan had been fluttering outside the cage of the madhouse for some years, and the great honour and dignity which he received at the hands of the King just tilted the scales of divine injustice. He went inside"[F 21].

Références[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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