Dahlia Rabikovitch

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Dalia Ravikovitch dans les années 1950.

Dalia Ravikovitch est une poétesse lyrique et traductrice israélienne, née en 1936 à Ramat Gan en Palestine sous mandat britannique, et morte en 2005 à Tel Aviv, en Israël.

Elle est une des figures principales de la nouvelle littérature israélienne de la fin des années 1950. Encouragée par le grand poète Abraham Shlonsky pour ses premiers poèmes, elle publie à 23 ans le recueil L'Amour d'une orange qui est immédiatement reconnu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dalia Rabikovitch est née le 27 novembre 1936, à Ramat Gan. Son père, Levi, un juif d'origine russe, était un ingénieur qui regagna la Palestine sous mandat britannique depuis la Chine. Sa mère, Mih'al, était issue d'un foyer religieux et enseignait. Dahlia apprit à lire et à écrire dès 3 ans. L'année de ses 6 ans, son père fut renversé et tué par un conducteur ivre. Elle déménagea alors avec sa mère au kibboutz Geva (Gheva) mais ne s'y plut pas : la mentalité collectiviste ne lui convenait pas. C'est pourquoi elle fut placée à 13 ans dans une famille d'accueil, la première d'un longue liste.

Dalia se maria à 18 ans mais divorça trois mois plus tard. Chacun de ses mariages suivants se finirent également par un divorce. Elle eut un fils, Idon Kalir.

Après son service militaire, elle étudia à l'Université hébraïque de Jérusalem. Elle exerça les métiers de journaliste et d'enseignante. Elle traduisit également William Butler Yeats, T.S. Eliot, Edgar Allan Poe, et Pamela L. Travers (Mary Poppins) en hébreu.

Elle était impliquée dans le mouvement israélien pour la paix. Elle collabora avec des artistes, des musiciens, et des personnalités de l'époque, militant pour la paix, l'égalité et la justice sociale.

Durant les dernières années de sa vie, elle souffrit d'une sévère dépression. Le 31 août 2005, Dalia Ravikovitch fut retrouvée morte dans son appartement : les premiers rapports laissaient supposer un suicide mais l'autopsie révéla la cause réelle, à savoir de soudaines irrégularités cardiaques.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Les premiers poèmes de Dalia Ravikovitch parurent dans la revue littéraire Orlogin (Horloge) tenu par Abraham Shlonsky. C'est lui qui l'encouragea à poursuivre une carrière littéraire. Son premier recueil de poème, L'Amour d'une Orange, fut publié en 1959. Il contribua à l'imposer comme une des figures principales de la nouvelle génération de poètes israéliens (années 1960) qui a rompu avec la littérature idéologique sioniste des années 1940, bien que la poétesse soit légèrement excentrée de ce mouvement.

En effet, ses premiers poèmes montrent sa maîtrise de la technique et des formes classiques (à la différence de ses contemporains qui optent pour des structures plus libres) sans pour autant sacrifier la sensibilité du propos. Bien qu'elle n'abandonna jamais les figures et structures traditionnelles du poème, elle développa au cours du temps un style plus simple et prosaïque dans les dernières décennies de son travail. Son poème "La Fin de L'automne" (également nommé "La Raison de La Chute") publié en 1987 fut rédigé durant cette période. Comme dans la majeure partie de l’œuvre de Dahlia Rabikovitch, il est possible que le lecteur soit frappé par la diversité des interprétations exploitables selon l'axe choisi, qu'il soit métaphysique ou politique : "Si un homme tombe d'un avion au milieu de la nuit/ Seul Dieu peut le relever...". Les thèmes abordés ont l'avantage d'avoir une portée universelle tout en portant sur des expériences, événements personnels.

En tout, Dalia Ravikovitch publia dix volumes de poésie en hébreu, traduits en 23 langues. Elle écrivit également en prose, notamment trois collections de nouvelles, et des histoires pour enfants. Son travail de traduction de l'anglais vers l'hébreu est remarquable et demeure une référence.

Plusieurs de ses poèmes, sur le modèle du lied allemand, furent adaptés en chansons (accompagnés par un ou plusieurs instruments). Nombreux sont ceux qui sont enseignés à l'école. Son poème le plus célèbre est Bouba Mémoukénet (Poupée Mécanique).