Dafydd ap Llywelyn

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David, fils de Léolin
Armoiries de David, selon Matthieu Paris : écartelé d'or et de gueules, à quatre lions de l'un à l'autre armés et lampassés d'azur
Armoiries de David, selon Matthieu Paris : écartelé d'or et de gueules, à quatre lions de l'un à l'autre armés et lampassés d'azur
Titre
Prince de Galles
11 avril 124025 février 1246
Couronnement 15 mai 1240
Prédécesseur Léolin II, fils de Gervais
Successeur Léolin le Dernier et Owain le Rouge, fils de Griffin
Biographie
Dynastie Aberffraw
Date de naissance après 1211
Date de décès 25 février 1246
Père Léolin II le Grand, fils de Gervais
Mère Jeanne d'Angleterre
Conjoint Isabelle de Briouze

Dafydd ap Llywelyn
Princes de Vénédotie

David II de Vénédotie (en gallois Dafydd ap Llywelyn, soit David, fils de Léolin ; né après 1211[1] – mort en 1246) fut Prince des Galles du Nord, puis Prince de Galles. Il fut le premier à porter ce titre.

La jeunesse de David[modifier | modifier le code]

David était le seul fils légitime de Llywelyn le Grand par sa femme Jeanne, fille illégitime du roi Jean d'Angleterre. Il descendait ainsi de la plus importante famille princière du Pays de Galles par son père, et par sa mère il était neveu du jeune roi d'Angleterre, Henri III.

À partir de sa naissance, son père fit tout pour que son fils légitime soit reconnu son successeur, car en Pays de Galles, les fils bâtards avaient autant de droits que ceux issus d'un mariage légal, ainsi son fils aîné et illégitime Gruffydd avait droit à une part de l'héritage.

En 1220, Llywelyn obtint la reconnaissance de David comme seul prince des Galles du Nord après sa mort des principaux nobles gallois, mais aussi du jeune roi Henri III d'Angleterre. Quelques années plus tard, il fit approuver sa décision par le pape Honorius III qui déclara la mère de David, Jeanne, légitime (ses parents n'auraient pas été mariés au moment de sa conception). La position de David était ainsi largement renforcée.

En 1228, Llywelyn négocia le mariage de David à la fille aînée de Guillaume de Briouze, lord d'Abergavenny, un très puissant seigneur des Marches, dotée de la seigneurie de Builth au sud du Powis. Malgré l'adultère de sa mère avec son futur beau-père et l'exécution de ce dernier par Llywelyn le 2 mai 1230, le mariage de David à Isabelle eut lieu.

Vers la fin de son règne, Llywelyn, âgé d'une soixantaine d'années, commença à déléguer de plus en plus de fonctions à son fils. En 1238, tous les nobles du Pays de Galles lui rendirent hommage en tant que successeur désigné de son père. Léolin finit ensuite sa vie au monastère d'Aberconwy, tandis que David, protégeant sa succession, attaqua son demi-frère Gruffydd. Il lui retira d'abord ses seigneuries de Powis méridional, avant de le convier à une réunion pour la paix. Accompagné de Richard, évêque de Bangor, Griffin et son fils Owain se rendent à la réunion qui est en fait un guet-apens : ils sont capturés et enfermés au château de Criccieth, tandis que Richard de Bangor s'exile en Angleterre après avoir excommunié David.

Le règne de David[modifier | modifier le code]

David, Prince des Galles du Nord[modifier | modifier le code]

À la mort de Llywelyn le 11 avril 1240, David put effectivement s'installer sur le trône de Vénédotie, et malgré le soutien porté par plusieurs nobles à son frère Griffin, David est soutenu par les principaux conseillers de son père (le sénéchal Ednyfed Fychan, le diplomate Einion Fychan, et l'évêque de Saint-Asaph). Le 15 mai de la même année, David se rendit à une grande assemblée à Gloucester où il rencontra le roi qui l'adouba, puis le couronna avec le talaith, un diadème symbolisant le rang princier de David. Mais Henri III n'était pas prêt à lui laisser les conquêtes extérieures à la Vénédotie de son père.

Après plusieurs plaintes de l'évêque de Bangor, de Senana, la femme de Gruffydd, et de la sœur de ce dernier Gwenllian, le roi envahit le pays en 1241 avec une facilité déconcertante (une sécheresse récente avait ôté tous les obstacles habituels tels que les marécages qui suffisaient généralement à repousser les anglais). David dut se soumettre, abandonner toutes les terres conquises par son père et envoyer son frère Griffin, jusqu'alors emprisonné, comme otage.

Ainsi, Henri se dotait d'une arme pour contrôler David : si jamais ce dernier venait à se rebeller, le roi pouvait relacher son frère qui remettrait en cause sa position de souverain unique en Galles du Nord. La paix fut ainsi maintenue, jusqu'à ce qu'un accident eut lieu à Londres au début de l'an 1244.

David, Prince de Galles[modifier | modifier le code]

Llywelyn the Great.JPG

Griffin essaya de s'évader de la Tour de Londres où il était tenu prisonnier le jour de la Saint David (patron du Pays de Galles), 1er mars 1244, à l'aide de draps noués entre eux. La corde rompit et Griffin se brisa le cou plusieurs mètres en contrebas. Ceci libéra David de toute entrave et il s'allia avec d'autres princes gallois pour attaquer les possessions anglaises au Pays de Galles. Ces révoltes connurent un succès certain et en 1245, Henri III envahit à nouveau la Vénédotie et fit construire un nouveau château à Degannwy. Des combats acharnés s'ensuivirent, mais cette campagne fut précocement arrêtée par la mort soudaine de David, âgé d'une trentaine d'années, à sa cour d'Aber en février 1246. Il fut enterré avec son père à l'abbaye d'Aberconwy.

La succession[modifier | modifier le code]

Comme le mariage de David à Isabelle, fille de Guillaume de Briouze, seigneur d'Abergavenny, n'avait pas produit d'héritier, ce furent les deux fils de Griffin, Léolin le Dernier et Owain le Rouge, qui se partagèrent la Vénédotie et continuèrent la guerre contre Henri III. En avril 1247, ils rencontrèrent Henri III à Woodstock et parvinrent à un accord en l'échange de pertes de territoire importantes.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Matthieu Paris, La Grand Chronique d’Angleterre
  • (en) Brut y Tywysogion, or the Chronicle of the Princes, ed. John Williams ab Ithel, 1860.
  • (en) Hywel Dda, The Law, edited by Dafydd Jenkins, Gomer Press: Llandysul, 1986.
  • (en) Kari Maund, The Welsh Kings – The Medieval Rulers of Wales, Tempus: Stroud (Gloucestershire), 2000.
  • (en)Huw Pryce, The Acts of Welsh Rulers 1120-1283, Cardiff: University of Wales Press, 2006.
  • (en) David Walker, Medieval Wales, Cambridge University Press (coll. Cambridge Medieval Textbooks), 1990.
  • (en) Huw Pryce, Uses of the vernacular in the acts of Welsh rulers 1120-1283 in Actes du XIe Congrès International de Diplomatique (2003), Éditions en ligne de l’École des Chartes [1]
  • (en) Article « Dafydd ap Llywelyn » dans Dictionary of Welsh Biography Online, sur le site de la Bibliothèque Nationale du Pays de Galles [2]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien que la plupart des sources modernes donnent la date de naissance de David vers 1208, l'acte de soumission de son père à Jean d'Angleterre signé le 12 août 1211 mentionne l'absence de fils de Léolin par sa femme légitime Jeanne
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