Dactyles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dactyle.

Dans la mythologie grecque, les Dactyles idéens (en grec ancien Δάκτυλοι Ἰδαῖοι / Dáktyloi Idaĩoi, littéralement « les doigts idéens »), c'est-à-dire du mont Ida en Crète, avaient, dit-on, enseigné les cérémonies théurgiques des mystères à Orphée qui les porta en Grèce, ainsi que l'usage du fer.

Comme les Telchines, ils étaient fils d'Hélios et d'Héra selon les uns, de Cronos et d'Alciope selon d'autres. On les dit même fils de Zeus et de la nymphe Ida, car ce dieu ayant ordonné à ses nourrices de jeter derrière elles un peu de poussière prise de la montagne, il en résulta les Dactyles. C'étaient des hommes industrieux ; en qualité de prêtres, ils offraient à Rhéa ou la Terre des sacrifices dans lesquels ils portaient des couronnes de chêne. Après leur mort, ils furent honorés comme des dieux protecteurs ou dieux Lares. On les appelait les Doigts du mont Ida, sans doute car ils avaient leurs forges dans cette montagne, et qu'ils étaient dix, comme les doigts des mains.

Le texte le plus intéressant est un fragment de l'épopée archaïque la Phoronide (VIIe siècle av. J.-C. ?) :

Là sont les sorciers (goêtes),
les hommes phrygiens de l'Ida qui ont leur demeure dans la montagne,
Kelmis et le grand Damnameneus et Akmôn débordant de violence (huperbios)
les serviteurs à la main habile (eupalamoi) de la montagne Adrestêiê,
qui les premiers, grâce à l'art (tekhnêis) d'Héphaïstos plein d'intelligence rusée (polumêtios)
ont trouvé dans les vallons des montagnes le fer couleur de violette,
l'ont apporté au feu et ont forgé leur oeuvre excellente.
(trad. Pierre Sauzeau, La quatrième fonction, Les Belles Lettres, 2012, p. 220-221)

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Chapouthier, Les Dioscures au service d'une déesse, 1935, p. 173 sq.
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires »,‎ 1999 (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4), p. 113.
  • Mircea Eliade, Forgerons et Alchimistes, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 1977, 2e éd., p. 86 et suiv.

Voir aussi[modifier | modifier le code]