Dacia Valent

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Dacia Valent

Dacia Valent est une militante politique italienne née le 12 février 1963 à Mogadiscio (Somalie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Dacia Valent est née d'un père diplomate italien, Lucio Gregorio Valent, et d'une mère somalienne, la princesse Egal Esman Zohra[1].

Elle s'installe en Italie en 1980. En 1985, à Udine où réside la famille, son frère cadet est tué à coups de couteau par deux condisciples qui lui reprochaient d'être un « nègre ». Ce drame personnel pousse Dacia Valent à s'engager sur le terrain social, ce qui la motive à entrer en 1986 dans la police : elle est affectée d'abord à Milan puis, à sa demande, à Palerme[1].

En 1989, alors qu'elle est en service, un individu pris de boisson lui met la main aux fesses, puis refuse de lui donner ses papiers et la frappe en proférant des injures racistes. Les deux collègues qui l'accompagnaient s'abstiennent de lui porter secours. Dacia Valent raconte ensuite son histoire à L'Unità, le quotidien du Parti communiste italien. Cet événement fait l'objet d'une grande couverture médiatique : Dacia Valent devient rapidement en Italie une célébrité, et un symbole des victimes du racisme[2],[1]. Son histoire personnelle, jointe à son physique avantageux et à son aisance devant la caméra, attire la curiosité des médias. Achille Occhetto, alors chef du PCI, la présente sur sa liste aux élections européennes de 1989. Elle y obtient 76 000 voix, le plus grand nombre de votes de préférence de la liste, ce qui lui vaut de devenir la première parlementaire noire de l'histoire italienne[2]. En 1990, elle met le PCI dans l'embarras en écrivant un article qui qualifie Israël d'État le plus raciste du monde et de pays tortionnaire ; Achille Occhetto est contraint de désavouer ses propos pour ne pas compromettre les contacts entre son parti et le gouvernement israélien[3].

Durant le mandat de Dacia Valent au parlement européen, le PCI cesse d'exister pour devenir le Parti démocrate de la gauche (PDS). Elle suit les militants communistes qui refusent la transformation du PCI en PDS, et rejoint le Parti de la refondation communiste. En 1992, elle crée la section italienne de l'ONG antiraciste SCORE, destinée à lutter contre la discrimination raciale et aider les immigrés en Europe[4].

Le comportement personnel de Dacia Valent, qui mène une vie privée agitée, ne paie jamais ses cotisations tout en réclamant de l'argent à la direction du parti, et accumule les dettes au point que ses créanciers se retournent vers le parti, aboutit à la marginaliser au sein de du PRC, dont elle finit par être exclue[2]. Elle siège à partir de janvier 1993 parmi les non-inscrits au Parlement européen[5]. Elle tente ensuite d'obtenir l'investiture d'Alliance nationale (droite), puis se présente aux élections italiennes sur la liste Arco Iris qui regroupe des organisations de minorités et n'obtient aucun élu[1].

Par la suite, Dacia Valent défraie la chronique pour des raisons qui tiennent tant à sa vie privée qu'à ses déclarations publiques. En avril 1995, elle est arrêtée pour avoir, au cours d'une dispute conjugale, blessé d'un coup de couteau son compagnon belge d'origine somalienne Luc Tsfmbae Mutshail[2],[6].

En 2003, elle se convertit à l'islam, expliquant qu'il s'agit pour elle d'un retour à ses racines[7]. Elle fonde la Ligue islamique anti-diffamation (Lega Islamica Anti Diffamazione), association pour laquelle elle crée un numéro vert destiné aux personnes de confession musulmane qui souhaitent signaler des abus présumés dont ils auraient été victimes en raison de leur foi[8], mais ce numéro vert a cessé presque immédiatement de fonctionner.

En novembre 2006, Dacia Valent est renvoyée devant le tribunal pour complicité dans un vol au détriment d'une immigrée polonaise qui s'était adressée à SCORE pour obtenir de l'aide[9].

En octobre 2007, elle est condamnée à un an de prison et 15 000 euros d'amende pour diffamation et menaces contre l'ex-directeur de Telepadania[10].

En 2008, elle cause de vives réactions dans la presse en publiant sur son blog un article intitulé « Salauds d'Italiens, Italiens de merde », dans lequel elle profère des insultes racistes à l'encontre des Italiens. Injuriant les Italiens dans leur ensemble, notamment en tant que blancs et chrétiens, elle les qualifie de « fils de pute » et de « chiens bâtards », qui représentent « ce que la race blanche a jamais produit de pire »[11],[12].

En mai 2010 elle a vandalisé sa page sur la Wikipédia italophone, supprimant tout son contenu et menaçant les administrateurs de les poursuivre en justice[13].

Dans les années qui suivent, Dacia Valent continue de faire parler épisodiquement d'elle, principalement en insultant diverses personnalités sur des blogs. En 2012, elle est condamnée pour avoir diffamé et injurié en public et en privé Souad Sbai, une élue du Peuple de la liberté d’origine marocaine, à qui elle reprochait son engagement contre l'extrémiste islamiste ; Souad Sbai a précisé que durant plusieurs années, chacune de ses prises de positon sur le sujet lui avait valu d'être insultée sur internet par Dacia Valent, qui allait jusqu'à lui téléphoner à son domicile pour la menacer[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d AGENTE, DEPUTATO E UN FRATELLO UCCISO PERCHE' ' NEGRO', La Repubblica, 3 avril 1995
  2. a, b, c et d Dacia, sangue sul tramonto Dacia, sangue sul tramonto], Corriere della sera, 3 avril 1995
  3. ISRAELE, IL PCI SCONFESSA VALENT, La Repubblica, 11 février 1990
  4. immigrazione. costituita sezione italiana della " SCORE ", Corriere della sera, 27 juillet 1992
  5. « Dacia Valent », sur la base de données des députés au Parlement européen
  6. Redazione, Dacia Valent a processo per concorso in rapina, Il Giornale, 16 novembre 2006
  7. Islam: si converte Dacia Valent, adnkronos, 22 novembre 2003
  8. www.ildialogo.org
  9. Il Giornale du 16 novembre 2006, « Dacia Valent a processo per concorso in rapina ».
  10. Varese News, Condamnation d'une ancienne parlementaire communiste pour avoir insulté le directeur de Telepadania.
  11. Dacia Valent, insulti sinistri: "Italiani sporchi bianchi", Il Giornale, 14 octobre 2008
  12. ITALIANI BASTARDI, ITALIANI DI MERDA. FIRMATO DACIA VALENT, lindinpendenza.com, 11 mai 2013
  13. L’article a été supprimé et ne peut plus être consulté
  14. Il tribunale condanna le offese della Valent, L'Opinione, 11 mai 2012