D. H. Lawrence

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David Herbert Lawrence

Description de l'image D H Lawrence passport photograph.jpg.
Nom de naissance David Herbert Lawrence
Naissance 11 septembre 1885
Eastwood, Nottinghamshire, Royaume-Uni
Décès 2 mars 1930 (à 44 ans)
Vence, Alpes-Maritimes, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais britannique
Mouvement Littérature moderniste, réalisme

Œuvres principales

David Herbert Lawrence, plus connu comme D. H. Lawrence, (11 septembre 1885 à Eastwood au Royaume-Uni - 2 mars 1930 à Vence en France) est un écrivain britannique. Auteur de nouvelles, romans, poèmes, pièces de théâtre, essais, livres de voyage, traductions et lettres, il est célèbre pour son sulfureux roman « L’Amant de Lady Chatterley ».

Biographie[modifier | modifier le code]

D. H. Lawrence à 21 ans en 1906.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fils de Arthur John Lawrence, un mineur, et de Lydia Beardsall, David Herbert Richards Lawrence voit le jour à Eastwood[1], dans le Nottinghamshire, le 11 septembre 1885. Après l'école primaire, il poursuit sa scolarité à la Nottingham High School de 1898 à 1901. De 1902 à 1906, Lawrence enseigne dans le primaire, dans une école d'Eastwood. En 1908, il obtient son certificat d'aptitude au professorat à l'Université de Nottingham. Durant ces premières années professionnelles, il écrit ses premiers poèmes et quelques nouvelles.

En 1908, il s'installe près de Londres, pour enseigner à Croydon. Ses écrits sont remarqués par Ford Madox Ford, puis par Edward Garnett, deux critiques littéraires, à la fois écrivains et éditeurs. Après une sévère pneumonie en 1911, Lawrence décide de se consacrer pleinement à la littérature. De retour à Nottingham en 1912, il rencontre la baronne Frieda von Richthofen, l'épouse d'un de ses anciens professeurs. De six ans son aînée, Frieda l'initie aux plaisirs charnels, alors qu'il lui fait découvrir la poésie. Il l'épouse deux ans plus tard, après un périple, riche en péripéties, en Allemagne et en Italie.

Maturité et voyage[modifier | modifier le code]

Juste après la guerre, en 1919, Lawrence quitte l'Angleterre et mène une vie d'errance. Il voyage ainsi en Australie, en Italie, à Ceylan, aux États-Unis, au Mexique et dans le Sud de la France. La première étape de son voyage le mène en Italie, dans la région des Abruzzes, puis à Capri et à Taormina en Sicile. Depuis la Sicile, il rayonne en Sardaigne, à Malte, dans le nord de l'Italie, en Autriche et dans le sud de l'Allemagne. Profitant de ses voyages pour expérimenter de nouvelles sensations, Lawrence continue à écrire régulièrement. Pendant cette période, il écrit notamment Women in Love, « Femmes amoureuses », et The Lost Girl, « La Fille perdue »[2].

Répondant en 1922, à l’invitation d'une riche américaine, le couple s’embarque pour les États-Unis. Après une escale à Ceylan, puis une autre en Australie, qui inspirera l'auteur pour ses romans Kangaroo et Jack dans la brousse, ils font escale en Nouvelle-Zélande, et enfin à Tahiti. En septembre 1922, ils débarquent en Amérique, où ils demeureront jusqu’en 1925[2].

En mai 1923, Lawrence et Frieda s’installent au Mexique, près de Guadalajara, où l’auteur s’intéresse à la civilisation indienne. Il écrit alors Le Serpent à plumes. À l’automne, le couple regagne l’Europe, visitent Paris et Baden-Baden. L'année suivante, ils repartent pour New York, en compagnie d’une jeune anglaise, Dorothy Brett. En 1925, l'auteur écrit St Mawr, « L’Étalon ». Apprenant qu’il est condamné par la tuberculose, Lawrence regagne l’Europe à l’automne. Le couple mène dès lors une vie errante, en Angleterre, Allemagne, France, Espagne, Suisse et surtout Italie. En 1926, Lawrence publie The Plumed Serpent. Il effectue son dernier séjour en Angleterre. À Florence, les époux Lawrence se lient d’amitié avec Aldous Huxley et son épouse.

Malgré son état de santé, Lawrence entame, en 1927, la rédaction de Lady Chatterley’s Lover, « L’Amant de Lady Chatterley », un roman qu’il publiera l’année suivante, à Florence. Le livre fait scandale et est saisi par les autorités britanniques et américaines. Il faudra attendre 1960 pour que paraisse dans ces pays une version non expurgée du texte.

En 1929, il publie un recueil de poèmes Pansies, « Pensées », qui est confisqué par la justice. Une exposition de ses peintures provoque un scandale à Londres, et ses tableaux sont aussi saisis par la police. Pour son honneur et la défense de son œuvre, il publie A Propos of Lady Chatterley’s Lover, « Défense de Lady Chatterley », en 1930.

Rattrapé par la maladie, Lawrence s’éteint le 2 mars 1930, à Vence, où il séjournait en compagnie de son épouse Frieda et des Huxley[2] »

Son Œuvre[modifier | modifier le code]

Lawrence est reconnu comme un des meilleurs auteurs de récits de voyage. En 1921, il a écrit Sardaigne et Méditerranée, un récit du mode de vie des Méditerranéens.

Son roman Amants et Fils raconte l'enfance troublée de Paul Morel, entre un père mineur alcoolique et une mère mal mariée, avide de voir ses fils se promouvoir socialement, ainsi que ses difficultés sentimentales au cours de ses premières amours résultant de son attachement affectif extrême à cette mère. Ses œuvres sont une réflexion sur les effets déshumanisants de la modernité et de l'industrialisation, ce à quoi il se réfère en parlant de « monde mécanique » par opposition à un monde « organique » ou « phallique » où la « tendresse », c'est-à-dire une sexualité dépourvue de culpabilité, peut apporter un remède. Lawrence confronte des considérations relatives à la force des émotions et à la force vitale, à la spontanéité, à la sexualité et aux comportements instinctifs faisant de lui une icône dans une période influencée par Freud et Nietzsche.

Ayant passé plusieurs années au Mexique et au Nouveau-Mexique, Lawrence a aussi été très impressionné par les religions ancestrales des Indiens, et a ainsi cherché à explorer les possibilités de régénération de l'homme blanc par un retour au « sacré primitif ». Il se fait ainsi l'un des représentants modernistes fortement influencés par l'œuvre ethnographique de James George Frazer.

Les opinions de Lawrence sur la démocratie, la sexualité, les femmes, la virilité, les races, lui attirèrent beaucoup d'ennemis de son vivant, une persécution officielle, la censure et une mauvaise perception de son œuvre créative durant la seconde partie de sa vie, qu'il passa volontairement en exil se décrivant lui-même comme un « pèlerin sauvage ». L'influent T. S. Eliot participa dans une grande mesure à répandre l'idée que Lawrence était un écrivain « sans moralité » (dans After Strange Gods). À sa mort, sa réputation de pornographe a masqué son véritable talent. À la suite d'Aldous Huxley, Edward Morgan Forster, dans une nécrologie, a contesté cette perception, le décrivant comme « le plus imaginatif des romanciers de notre génération ». La réhabilitation de l'écrivain a débuté dans les années 1950, notamment grâce au critique influent de Cambridge F. R. Leavis, qui a mis en avant son intégrité artistique et son sérieux moral, situant la plupart des œuvres de fiction de Lawrence dans la « grande tradition » du roman anglais.

Ayant senti le lien profond[Lequel ?] existant entre esthétique, sexualité et idéologie, D. H. Lawrence est aujourd'hui considéré comme un penseur visionnaire et un représentant significatif du modernisme britannique, bien que quelques féministes aient mis en cause certains propos sur les femmes et la sexualité que recèlent ses œuvres (Kate Millett, Sexual Politics, Virago, 1970). L'un de leurs principaux arguments repose sur le « phallocentrisme » de Lawrence qui est sujet à interprétation. En prônant un respect mystique à l'égard de ce qu'il nomme le « phallus », Lawrence se rapporte davantage aux cultes dionysiaques phalliques des Grecs Antiques ou au lingam de l'hindouisme qu'à un phallocratisme idéologique tel qu'on pouvait le comprendre après le discours féministe des années 1970.

Ouvrages et publications[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Chérir l'être aimé, l'appréhender en lui-même et lui prodiguer la part de soi tournée vers l'extérieur : c'est cela seul que nous appelons l'amour. » (Psychanalyse et inconscient)
  • « La vie n'est supportable que lorsque le corps et l'âme vivent en parfaite harmonie, qu'il existe un équilibre naturel entre eux, et qu'ils ont, l'un pour l'autre, un respect réciproque. » (Défense de Lady Chatterley)[3]
  • « Il faut voir comment tout désir délicat et créateur, émettant ses subtiles vibrations à la recherche du véritable pôle magnétique de repos en un ou plusieurs autres êtres humains, est contrarié et mis à l'écart par tout un ensemble d'idées, d'idéaux et de conventions incohérents, jusqu'à ce que toutes les formes possibles de perversion et de désir de mort s'installent ! Comment pouvons-nous échapper aux névroses ? » (Psychanalyse et inconscient)
  • « Nous devons être suffisamment conscients, et conscients de nous-mêmes, pour connaître nos propres limites et sentir en dedans et au-delà de nous un plus grand élan. Alors nous cesserons d'être principalement centrés sur nous-mêmes. Nous apprendrons alors à nous laisser aller dans tous nos centres affectifs, à ne jamais forcer notre sexe. Alors nous pourrons procéder au grand assaut contre le mensonge extérieur, ayant vaincu le mensonge intérieur. Telle est la liberté, et la lutte pour la liberté. » (Pornographie et obscénité)
  • « Je n'ai jamais vu une bête sauvage s'apitoyer sur son sort. Un oisillon tombera mort de froid de sa branche sans jamais s'être apitoyé sur son sort. » - « Self-Pity. I never saw a wild thing sorry for itself. A small bird will drop frozen dead from a bough without ever having felt sorry for himself »
  • « Heureux lis, qui ne sera jamais entraîné à une idée fixe, jamais étouffé par la monomanie du bonheur, ou de l'amour, ou de l'accomplissement. Ce n'est pas du laisser-aller. C'est le fait d'être enraciné dans la vie, d'être seul avec soi-même, de vivre la vie comme le lis tant discuté. On travaille, on file, on s'efforce : tout comme le lis. Mais, comme lui, on suit, au milieu de tout, son chemin de vie, et on le suit seul. De même pour l'amour. Là aussi on suit son chemin, joyeusement seul parmi toutes les merveilles de la communion, enlevé, sur les vents, mais jamais enlevé loin de soi-même. » (La verge d'Aaron)

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Études de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Ginette Katz Roy, Myriam Librach (dir.), Cahier Lawrence, Editions de l'Herne, Cahiers de l'Herne, n° 56, Paris, 1988, 398 p. ((ISBN 9782851970633))
  • Anaïs Nin, D.H. Lawrence : une étude non professionnelle, 1932
  • Henry Miller, Le Monde de D.H. Lawrence : Une appréciation passionnée, Buchet/Chastel, 1986
  • Jean-Paul Pichardie, D.H. Lawrence : la tentation utopique, Université de Rouen, 1988
  • Anthony Burgess, D.H. Lawrence ou le Feu au cœur, Grasset, 1990
  • Frédéric Monneyron, Bisexualité et littérature. Autour de D.H. Lawrence et Virginia Woolf, L'Harmattan, 1998
  • Simon Leys, L'ange et le cachalot, Seuil, 1998 : un chapitre sur le roman Kangourou de D.H. Lawrence et sur son séjour en Australie (page 93 à 116)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa maison natale, 8a Victoria Street, est aujourd'hui un musée [1].
  2. a, b et c « David Herbert Lawrence - Bibliographie », sur Édition Sillage (consulté le 19 mars 2012)
  3. trad. de J. Benoist-Méchin (Gallimard), in "Encyclopédie des citations" P.Dupré, Editions de Trévise, 1959, France

Liens externes[modifier | modifier le code]

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