Développement limité
En physique et en mathématiques, un développement limité (noté DL) d'une fonction
au voisinage d'un point, est une approximation polynomiale de cette fonction en ce point, c'est-à-dire l'écriture de cette fonction sous la forme de la somme :
- d'une fonction polynôme ;
- et d'un reste qui peut être négligé lorsque la variable est suffisamment proche du point considéré.
En physique, il est fréquent de confondre la fonction avec son développement limité, à condition que l'erreur (c’est-à-dire le reste) ainsi faite soit inférieure à l'erreur autorisée. Si l'on se contente d'un développement d'ordre un, on parle d'approximation linéaire.
En mathématiques, les développements limités permettent de trouver plus simplement des limites de fonctions, de calculer des dérivées, de prouver qu'une fonction est intégrable ou non, ou encore d'étudier des positions de courbes par rapport à des tangentes.
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[modifier] Définitions
Soit
une fonction définie sur un intervalle
et
. On dit que
possède un développement limité d'ordre n (abrégé par DLn) en
, s'il existe
réels
et une fonction
tels que
:

- avec
qui tend vers 0 lorsque
tend vers
, et ce « plus rapidement » que le dernier terme de la somme, c'est-à-dire que :
Les fonctions
vérifiant ceci sont notées
(voir l'article Notation de Landau). On écrit donc :
. Note : Le nombre
est appelé ordre de développement.
Il est fréquent d'écrire un développement limité en posant
, on a :
, qui se réécrit en 
- Conséquences immédiates
- On a

En utilisant la forme du DLn en
, on a pour h = 0 :
D'où 
- Si une fonction admet un DLn au voisinage de
, alors ce développement est unique.
Soit
, une fonction admettant un DL d'ordre n en
. On suppose qu'il existe deux suites de réels
telles que :
On a alors :



- ...

Et donc :
D'où il y a unicité d'un tel développement limité.
Note : La fonction f peut être à valeurs vectorielles.
[modifier] Opérations sur les développements limités
- Somme
- Si ƒ et g possèdent deux DLn, alors ƒ + g possède un DLn qui s'obtient en effectuant la somme des deux polynômes.
- Multiplication par un scalaire
- si ƒ possède un DLn alors λ·ƒ aussi, obtenu en multipliant le DLn de ƒ par λ.
- Produit
- Si ƒ et g possèdent des DLn, alors ƒ·g possède un DLn. Si ak, bk et ck sont les coefficients de xk dans les développements respectifs de ƒ, g et ƒ·g, le coefficient ck est obtenu par la formule suivante :

- Inverse
- Si u(x0) = 0 et si u possède un DLn au voisinage de x0, alors
possède un DLn. Ce développement limité se trouve en cherchant un DLn de
.
- Composition
- si u possède un DLn au voisinage de x0 et si v possède un DLn au voisinage de u(x0), alors v o u possède un DLn au voisinage de x0 qui s'obtient en cherchant un DLn de Qn o Pn où Pn et Qn sont les DLn de u et v
- Exemple : développement limité d'ordre 2 au voisinage de 0 de

- DL2 au voisinage de 1 de
:

- remarque : le DL au voisinage de 1 de
se trouve en remarquant que
et en utilisant le DL de
au voisinage de 0
- DL2 au voisinage de 0 de
:
- DL2 au voisinage de 0 de
:
- Intégration
- Si ƒ est continue sur un intervalle I autour de x0 et possède un DLn au voisinage de x0, alors toute primitive F de ƒ possède un DLn+1 au voisinage de x0 qui est

- Dérivation
- Il n'existe pas de théorème général sur l'existence d'un DLn - 1 pour la dérivée d'une fonction admettant un DLn au voisinage de x0.
- Par exemple, la fonction définie par
pour tout x non nul et ƒ(0) = 0
- possède un développement limité d'ordre 2 au voisinage de 0, mais sa dérivée, non continue, ne possède pas de DL1 .
- Par contre, si f' admet un DL d'ordre n-1 en xo, alors la partie régulière du DL de f' est la dérivée de la partie régulière du DL d'ordre n de f en xo.
[modifier] Développement limité et fonctions dérivables
Brook Taylor a démontré qu'une fonction f, dérivable n fois sur un intervalle I contenant x0, possédait un DLn au voisinage de x0 :
soit en écriture abrégée
En revanche, le fait qu'une fonction possède un DLn au voisinage de x0 n'assure pas que la fonction soit n fois dérivable en x0. On peut juste déduire, de l'existence d'un DL0 au voisinage de x0, la continuité en x0, et, de l'existence d'un DL1 au voisinage de x0, la dérivabilité en x0. Par contre si la dérivée de f admet un DL d'ordre n-1 en x0 alors la partie régulière du DL de
est la dérivée de la partie régulière du DL d'ordre n de f en x0 .
[modifier] Quelques utilisations
Le développement d'ordre 0 revient à écrire que ƒ est continue en x0 :
Le développement limité d'ordre un revient à approcher une courbe par sa tangente ; on parle aussi d'approximation affine :
.
Son existence équivaut à la dérivabilité de la fonction en x0.
Le développement limité d'ordre 2 revient à approcher une courbe par une parabole, ou loi quadratique. Il permet de préciser la position de la courbe par rapport à sa tangente, au voisinage du point de contact, pourvu que le coefficient du terme de degré 2 soit non nul : le signe de ce coefficient donne en effet cette position (voir également l'article fonction convexe).
Le changement de variable
permet, à l'aide d'un DL0 au voisinage de 0, de chercher une limite à l'infini, et, à partir d'un DL1 au voisinage de 0, de déterminer l'équation d'une asymptote (comme pour la tangente, le DL2 permet de préciser la position de la courbe par rapport à l'asymptote).
[modifier] Quelques exemples
Les fonctions suivantes possèdent des DLn au voisinage de 0 pour tout entier n.
(une conséquence en est la somme de la série géométrique).
par intégration de la formule précédente, changement de x en -x et changement d'indice k = i + 1
(en utilisant la formule de Taylor)
à l'ordre 2n + 1 ou 2n + 2, car le terme en
est nul (comme tous les autres termes de puissance paire), donc
.
; c'est un DL à l'ordre 2n ou 2n + 1, car le terme en
est nul (comme tous les autres termes de puissance impaire), donc
.
Ces exemples sont en outre développables en séries entières.
[modifier] Formulaire
Développement limité au voisinage de 0 de fonctions usuelles :
, où les
sont les nombres de Bernoulli.
[modifier] Approximations linéaires : développements limités d'ordre un
On utilise fréquemment des développements limités d'ordre 1, qui permettent de faciliter les calculs, lorsqu'on n'exige pas une trop grande précision :
en 0 :
, en particulier
,
.
De plus, on a les
[modifier] Développements usuels en 0 de fonctions trigonométriques
- à l'ordre 2 :
ces formules étant souvent connues sous le nom d’approximations des petits angles, et
- à l'ordre 3 :
.

qui tend vers 0 lorsque
tend vers 










possède un DLn. Ce développement limité se trouve en cherchant un DLn de
.
:

et en utilisant le DL de
au voisinage de 0
:




pour tout x non nul et ƒ(0) = 0


.
(une conséquence en est la somme de la
par intégration de la formule précédente, changement de x en -x et changement d'indice k = i + 1
(en utilisant la formule de Taylor)
à l'ordre 2n + 1 ou 2n + 2, car le terme en
est nul (comme tous les autres termes de puissance paire), donc
.
; c'est un DL à l'ordre 2n ou 2n + 1, car le terme en
est nul (comme tous les autres termes de puissance impaire), donc
.








, où les
sont les 







,
.
