Désert du Douro

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L'expression désert du Douro (Duero en espagnol) fait référence au dépeuplement du bassin du fleuve éponyme au VIIIe siècle. D'après Claudio Sánchez-Albornoz, il s'agissait d'un dépeuplement stratégique mis en œuvre par le roi Alphonse Ier pour la défense du Royaume des Asturies.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est l'historien Alexandre Herculano qui évoqua en premier ce dépeuplement dans son œuvre L'Histoire du Portugal (1846-1850). La théorie fut ensuite développée par Claudio Sánchez-Albornoz.

La théorie de Sánchez-Albornoz[modifier | modifier le code]

Le roi Alphonse Ier des Asturies mena une série de campagnes militaires dans le bassin du Douro, appelé alors les Champs gothiques. À mesure qu'il avançait contre les musulmans, il laissait les villes et villages conquis à l'abandon, pour ne pas affaiblir ses effectifs en établissant des garnisons. La population musulmane était éliminée, les chrétiens déplacés dans ses domaines de la Cantabrie. Alphonse Ier prit ainsi les villes de León, Astorga, Salamanque, Ávila, Osma, Sepúlveda et de nombreux villages.

L'augmentation de population en Cantabrie, conséquence de l'arrivée des chrétiens, entraîna le défrichement de nouvelles terres, la fondation de nouveaux villages, pour former la structure du peuplement que l'on retrouve encore de nos jours.

Ce dépeuplement avait comme objectif de rendre difficile l'avancée des troupes musulmanes vers le nord. Le repeuplement de ces terres se fit à partir du IXe siècle, principalement par des chrétiens des Asturies et des mozarabes venus des royaumes musulmans.

Autres théories[modifier | modifier le code]

La thèse du dépeuplement intentionnel est combattue par d'autres historiens.

Par exemple, Ramón Menéndez Pidal et Américo Castro relativisent l'importance du dépeuplement et soutiennent que l'augmentation de population chrétienne qui suivit ne fut pas la conséquence d'une politique de repeuplement, mais une réorganisation de la population.

Voir aussi[modifier | modifier le code]