Dépurination et dépyrimidination

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Lors de la dépurination (et de la dépyrimidination), le lien se rompt entre une base et le "squelette" du brin d'ADN, ce qui libère la base et laisse une anomalie (un site vacant) appelé site AP.

La dépurination est une altération de l'ADN où se rompt le lien entre une purine (adénine ou guanine) et le désoxyribose auquel elle est attachée. La dépyrimidination, beaucoup plus rare, correspond au même phénomène, mais pour la rupture du lien entre un désoxyribose et une pyrimidine (thymine ou cytosine). Ces deux altérations sont donc très similaires (on les réunit parfois sous le terme de déglycosilation), et ont exactement les mêmes effets: dans les deux cas, la base libérée laisse derrière elle une anomalie de la séquence génétique, en l’occurrence un site vacant, dit site AP (site apurinique/apyrimidique).

Origine[modifier | modifier le code]

Dans l'ADN, chaque base est attachée à un deoxyglucose par une liaison N-H, dite N-glycosidique. Ces liens sont lentement hydrolysés, y compris en conditions physiologiques, au rythme de de 3.0×10-11 s-1 pour les purines et 1.5×10-12 s-1 pour les pyrimidines[1],[2].
Ces rythmes d'hydrolyse spontanée sont certes faibles, mais ils ne sont pas négligeables si on prend en compte la taille du génome humain (environ 2,5 milliards de paires de bases). Au final, on considère qu'il y a environ 9000 à 10000 dépurinations spontanées par jour et par cellule (les dépyrimidinations se produisant à un rythme 20 fois plus lent)[3]. Cela en fait la première cause endogène d'altération de l'ADN, loin devant la déamination (100-500/jour/cellule)[4].
Si les dépurinations et dépyrimidinations spontanées sont des anomalies, leurs analogues provoqués font par contre partie de la vie normale des cellules: lorsque des nucléotides sont endommagés, ils sont autant que possible réparés grâce au système de réparation par excision de base (REB). La première étape de ce processus de réparation est l'extraction des bases endommagées (déglycosilation) par des enzymes spécialisées, les glycosylases, ce qui permet de les remplacer ensuite par des bases intactes[5].

Réparation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réparation par excision de base.

Effets délétères[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Site AP.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gates 2009, An Overview of Chemical Processes That Damage Cellular DNA: Spontaneous Hydrolysis, Alkylation, and Reactions with Radicals, Chemical Research in Toxicology 22:1747–1760
  2. EC Friedberg, "DNA Repair and Mutagenesis", John Wiley & Sons, 1995
  3. Nakamura 1999, Endogenous apurinic/apyrimidinic sites in genomic DNA of mammalian tissues, Cancer Research 59:2522-2526
  4. (en) Committee to Assess Health Risks from Exposure to Low Levels of Ionizing Radiation, National Research Council, Health Risks from Exposure to Low Levels of Ionizing Radiation: BEIR VII – Phase 2, Washington, DC, National Academy Press,‎ 2006 (ISBN 0-309-53040-7, présentation en ligne, lire en ligne)
  5. Wyatt 1999, 3-Methyladenine DNA glycosylases: structure, function, and biological importance, BioEssays 21:668–676